PRÉFACE. III
an ordre d'idées qui nous la fasse comprendre, qu'un calendrier bien fait n'a pour but de nous apprendre l'astronomie.
La majeure partie du public littéraire se trouve donc placée entre deux rangs d'ouvrages dont les uns disent trop et les autres trop peu : il n'y a pas, pour elle, de ressource intermédiaire entre une lecture insuffisante et une lecture impossible. Dans la république des lettres, les grands travaux d'érudition sont des espèces-de domaines privilégiés, substitués, de génération en génération, à l'usage de ces hommes de retraite et d'étude qui forment en général l'aristocratie des lecteurs. Les résumés sont destinés, par leurs auteurs eux-mêmes, à circuler comme une monnaie courante, jusque dans les dernières classes du public qui lit quelque chose. Les livres sur Rome chrétienne font défaut pour la classe moyenne des lecteurs qui n'est ni docte ni ignorante, mais intelligente et cultivée *.
Elle est aujourd'hui très-nombreuse en France. Grâce à la diffusion plus générale" de certaines con-
1 J'apprends en ce moment, par les journaux, que M. de la Gournerie vient de faire paraître un livre sur Rome chrétienne. Le talent, l'instruction et la piété de cet écrivain garantissent le mérite de cette production, dont plusieurs fragments ont déjà été appréciés par les lecteurs de ï 'Université catholique. J'ose toutefois publier mon livre immédiatement après, parce qu'il diffère essentiellement, comme on le verra, du Tableau historique de M. de la Gournerie, par la manière d'envisager le sujet.