‹ Esquisse de Rome Chrétienne (volume 4)Chapitre 28 sur 79 · I. UNITÉ DE DIEU · texte numérisé non relu

I. UNITÉ DE DIEU

. La foi à l'unité de la nature divine se trouve exprimée dans les épitaphes des Catacombes sous une forme très-simple. Le nom de Dieu est invariablement écrit au singulier et d’une maniere absolue. Cela suffisait pour marquer un autre ordre de croyances

que celles qui percent dans les épitaphes paiennes, où ce motest généralement écrit soit au pluriel, soit avec une adjonction qui lui donne un caractère relatif. Toutefois le dogme chrétien est de temps en temps articulé dans ses propres termes. J'aime à lire

sur une tombe des anciens jours les premiers mots du symbole que nous chantons sous les votites de nos majestueuses cathédrales, et que les sauvages CONVErtis redisent dans leurs églises de planches : Il a cru en un seul Dieu t, 30 1)R

Le style lapidaire avait emprunté une autre formule du même dogme à ce passage de PApocalypse : «Je suis l'alpha et l'oméga, le principe et la fin, dit » le Seigneur Dieu *. » Fa théolooie et la poésie chrétienneont commenté de bonne heure cette définition de la Divinité. « De même que l'alpha se déroule jus- » qu'à l'oméga, et que lomépa se replie vers l'alpha, » de même il y a en Dieu, disait Tertullien, le ccurs » du commencement vers la fin, et le retour de ja » fin vers lecommencement, Cest pour cela que Dieu » s'est revêtu de la première et de la dernière lettre » de l'alphabet, figures du commencement ct de Ja

» fin, qui se rencontrent en lui $, »

: CASSVS . VITALIO QUE VIXIT ANN. L. VILI MENSIBYS XI DIES . X . BENYME . FIL . FECERYNT IN PACI QVI . IN VNV DEV CREDEDIT IN PACE,

> E cœmet. Callist.

? Ego sum «et w, principium et finis, dicit Dominus Deus. Apoc., 1, 8.

& Summain et ultimam (litteram) sibi induit Dominus, ini-

Prudence dit aussi, dans son hymne pour lous les jours et toutes les heures : « L'alpha et l'oméga, voilà » son surnom, parce quil est la source et la conclu- » sion de tout ce qui est, a été et sera”. »

Cette formule convenait très-bien pour les épitaphes, à raison de sa brièveté et de son tour hiéroglyphique. Aussi l'A et TA y sont très-fréquemment reproduits pour exprimer la notion du Créateur, que les systèmes des philosophes et les mythes du polythéisme avaient altérée et obscurcie.

Le caractère des lieux qui ont été l'asile primitif de ce vénérable symbole lui communique un intérêt accessoire, mais très-sensible. Les premiers monuments sur lesquels ait reparu la doctrine du commencement des choses sont des tombeaux, monuments de ce qui finit. Cest dans les profondeurs d'un cimetière souterrain que vous recueillez, après la longue nuit du paganisme, les reflets renaissants et purs de l'antique aurore de la création. C'est là que cent mille martyrs de Dieu ont tracé ce nom, que vous iriez lire parmi les débris d’'Athènes, si Socrate mourant nous l'avait laissé écrit de sa main sur une pierre de sa prison. Je l'ai déjà dit ailleurs : quiconque ne sait pas sentir le contraste

tu et finis concurrentium in se figuras, ut quemadmodum alpha ad omega usquè volvitur, et rursùs omega ad alpha replicatur, ita ostenderet in se esse et initii decursum ad finem, et

finis recursum ad initium. De Monogamiä , ce. v.

o o& et & Cognominalur :

JIpse fons et clausula Omnium quæ sunt, fuerunt Quæque post futura sunt, Prudent., Hymn, x1, omni hord atque die,

TRADITION MONUMENTALE. 119 qui existe, dans les Catacombes, entre leurs ténèbres physiques et leurs clartés spirituelles, entre l'aspect lugubre de ce réduit et la splendeur morale de cesanctuaire, ignore une des impressions les plus solennelles que puisse produire l'apparition de Dieu dans les monuments des hommes. Je concois que l'on ait dit:

Et ni l’astre des nuits, ni les célestes sphères, Lettres de feu,

Ne m'avaient mieux fait lire en profonds caractères Le nom de Dieu.

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