‹ Esquisse de Rome Chrétienne (volume 4)Chapitre 37 sur 79 · I. BAPTÊME, PÉNITENCE , EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

I. BAPTÊME, PÉNITENCE , EUCHARISTIE

Nous rencontrons encore ici la discipline du secret, et nous avons à examiner à quel degré elle s'est opposée à l'expression monumentale des vérités religieuses. Interrogeons les épitaphes, les tableaux, les œuvres d'architecture. |

En général, les épitaphes ne devaient pas faire mention des rites sacramentels. Les premiers chrétiens auraient pu sans doute inventer quelque signe graphique qui aurait été l'hiéroglyphe de ces mystères. Mais les articles de foi qu'ils reuferment ne sont pas du nombre des vérités dont l'expression vient naturellement s'intercaler dans quelques mots tracés sur un sépulcre. Alors, comme aujourd'hui, celles des inscriptions funèbres qui avaient un caractère dogmatique , et qui énonçaient la foi à la rédemption, la rappelaient seulement en termes généraux. Elles ne spécifiaient pas les mystères particuliers qui étaient comme une prolongation de ce dogme fondamental dans les actes principaux de la liturgie. Parcourez, dans nos cimetières modernes, les épitaphes conçues en peu de mots, comme celles des premiers siècles, vous verrez qu'elles n’ont trait niau baptème, ni à la pénitence, ni à l'Eucharistie, quoique les églises voi-

sines de ces cimetières soient toutes pleines de la foi à ces dogmes.

Cependant il pouvait se rencontrer de temps en

temps une circonstance particulière qui engaget à

faire quelque mention du sacrement qui avait ouvert au défunt la porte de l'Église. Mais alors, conformément à la loi du secret, le nom sacramentel, le mot baptême, ne figurait pas. On le remplaçait par des expressions discrètes, telles que le mot d'acception ou réception. Nous en avons un exemple dans cette épitaphe :

Euphrosine à son époux très cher Kampanus qui a vécu avec moi xu ans deux mois v jours : il a péri à xxxv ans : depuis le jour de son acception, il a véeu Lvu jours!. L'allusion au baptême se trouve aussi dans le titre de néophyte.

Constance vierge en paix néophite ?.

À Festiva sa très douce épouse Gennadius, à son très doux fils #éophite ?, : D M EVFROSINE COIVGL KA RISSIMO KAMPANOQVIVIXIT MECVAN BENE XII, MESES DVO DIES V, PERIT AN, XXXV, EX DIE ACCEPTIONIS SVE VIXIT DIE LVII, À CONSTANTIA VIRGO IN PACE NEOFITA.

-Lupi. Ep. Sever., p. 116.

Ÿ FESTIVAE DVLCISSIME CONIVGI GENNADIVS

DYLCISSIMO FILIO NEOFITO.

Act. S. Vict, Marang., p. 87.

À Felix fils bien méritant qui à vécu xx11 ans x jours, qui est sorti du siècle vierge et néophite en paix ; ses parents ont fait (ce monument) ; il a été déposé le mi jour des nones d’août !.

Déposition de Cyriacète . le in des ides . laquelle a vécu xx ans . 1 jour . est morte néophite vierge , en . paix ”.

Il est aisé de découvrir pourquoi ces épitaphes ont fait allusion au baptême. ‘Fous ces fidèles étaient morts peu de temps après avoir reçu ce sacrement. Aussi l'inscription funèbre, composée par Gennadius, contientsans addition le nom de sa femme et n'ajoute letitre de néophyte qu'au nom de son fils. On conçoit que les parents d'un défunt aient tenu quelquefois à marquer en des termes compatibles avec la loi du secret le court intervalle qui avait séparé sa naissance spirituelle de sa naissance dans l'éternité : une pareille mention n'avait aucun genre d'inconvénient. De là ces exceptions au silence habituel des inscriptions funèbres sur le baptème. Mais iln'y avait pas lieu, relativement à l'Eucharistie, de faire

1 FELICI FILIO BEREN TI QVI VIXIT ANNOS XXI DIES X QVI EXIVIT VIRGO DE SAECVLY ET NEOFITVS IN PACE PARENTES FECERYNT DEP , IL. NONAS AYG, Marang,, bid,, p. 129.

? LP, CYRIACETIS . Ii ÎDVS . QVAE , VIXIT ANN . XX . DIES 1. QVE NOFITA MORTVA

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