‹ Esquisse de Rome Chrétienne (volume 4)Chapitre 51 sur 79 · LOCUM ANTE DOMNA EMERITA · texte numérisé non relu

LOCUM ANTE DOMNA EMERITA

Épitaphe datée du consulat de Théodose et Valentinien, qui correspond à l’an 426.

nument arqué qui renfermait le corps du martyr saint Hippolvte :

Dracontius . Pélagius . et . Julia . Etélia Antonina . se sont préparés une place & près d'Ippolite sur l'Arcosolium avec leur fille ?,

Nous observons encore aujourd'hui dans les Catacombes les traces matérielles de cette pratique”, aussi respectable par le sentiment qui lui a donné licu, qu'elle a été de temps en temps inopportune par 1E dégâts qu'elle a causés. On se permettait quelquefois, pour creuser ces tombes, d'endommager les peintures qui ornaicnt les murs de la AR AQIE sépulcrale du martyr: rien n'indique que cela ait eu lieu avant le 4siècle. Mais ce qu'il y avait d’excessif dans cette pratique prouve la ferveur même de la dévotion envers les saints, comme certaines branches disgracieuses d'un arbre, qui nuisent par leur longueur démesurée à l'effet pittoresque de son feuillage, attestent du moins l'abondance de la sève.

On savait alors, comme nous le savons aujourd'hui, que la médiation du Christ est l'unique source du salut et des grâces divines, que les saints prient en lui et par lui, et que leurs prières n'ont de puissance que celle qu'il leur communique. L’intercession des âmes justes est, dans l'ordre surnaturel, ce que sont les causes secondes dans l’ordre naturel. Si

1 DRACONTIVS . PELAGIVS . ET . IVLIA , ETELIA ANTONINA . PARAVERVNT « SIBI LOCUM à « T . IPPOLITVS SYPER . ARCOSOLIV PROPTER VNA FILIA,

* Voyez, sur ce point et sur les inscriptions qui s'y rapportent, les Monumenti prinutivi, etc., du P. Marchi, p.150.

le recours à la protection des saints, pour qu'ils nous aident contre les tentations et les maux de cette vie, était une dérogation à l'efficacité souveraine des mérites du Rédempteur, l'usage des moyens humains pour se préserver des maladies du corps serait aussi attentatoire à la puissance souveraine du Créateur. Il faudrait condamner l’activité finie des créatures, par respect pour l'activité infinie de la causesuprême; il faudrait, comme le font les panthéistes, nier l'existence du fini, pour maintenir dans son intégrité l'idée de l'infini, qui renferme tout. La plupart des protestants ne se doutent guère que la raison qu'ils allèguent contre l'invocation des saints n'est qu'une application étroite, du plus vaste principe d'erreur. Mais la lumière, qui fait voir le fond des choses, luit pour plusieurs. Ils comprennent qu'en brisant ce culte comme un accessoire étranger, un faux ornement de l'édifice du Christianisme, le coup qu'on croit retenir dans cette limite porte sur les bases les plus profondes: la terre, comme dit Pascal, s'ouvre jusqu'aux abimes.

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