‹ Esquisse de Rome Chrétienne (volume 4)Chapitre 59 sur 79 · EE · texte numérisé non relu

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TRIUMPHARUNT DE IPSIS- TRIUMPHATORIBUS QUANTO FORTIUS SUPERATIS TANTO GLORIOSUS TRIUMPHANTIBUS.

1! 5. P, Q. R. $. FL. DOMITILLAE V. ET M. ROM. QUOD GENTEM FLA- VIAM URBEMQUE A XII RO. IMPP. A. À. GENTILIBUS SUIS REBUS PRAE- CLARÈ GESTIS DECORATAM: UNA CUM IMPERIO VITAQUE PRO CHRISTO TRA= DITIS' OMNIUM PRAECLARISSIMÉ ILLUSTRAVERIT,

MONUMENTS RELATIFS A LA VIE PIEUSE. 295 » monde florissant. Ea vie pour eux était longue, le » bien-être assuré, la paix continuelle, et pourtant » ce monde, tout fleuri qu'il était en lui-même, avait » déjà séché dans leurs cœurs. Voilà qu'aujourd'hui » il a séché en lui-même, mais c'est seulement dans » nos cœurs qu'il fleurit encore. Partout la mort, le » deuil, la désolation; nous sommes frappés de » toutes parts, de toutes parts nous sommes remplis » d’amertume, et cependant, aveuglés par nos désirs » charnels, nous aimons les amertumes même de ce » monde, nous le poursuivons tandis qu'il nous fuit, » nous nous attachons à lui lorsqu'il tombe, » Ces éloquentes paroles, mises à la suite des inscriptions consacrées aux trois martyrs, complètent dignement la pompe triomphale qui leur avait été décernée : car toutes les fêtes chrétiennes doivent avoir un épilogue moral qui convienne à tous les temps. Le monde, quoique plus paré, plus fleuri aujourd’hui qu'il ne l'était dañs le siècle de saint Grégoire, n'a pas cessé d'être une chose qui fuit et qui tombe. Dans la destinée des fleurs qu'il produit, il n’y a toujours rien de durable que les ruines où elles naissent. Les ares de triomphe ressemblent beaucoup à des tombeaux, à moins qu'ils ne figurent la seule victoire qui mette sous nos pieds tout ce qui nest immortel que dans le passé.

Les personnes qui ne comprennent pas l'utilité morale de ces fêtes religieuses me semblent encore plus singulières que celles qui n'en sentent pas Îe caractère poétique. Une sentence morale, écrite avec du noir et du blanc sur les murs nus d'une salle quelconque , leur semble une fort bonne chose : elles ne

veulent pas voir que ces processions sont des inscriptions animées, qui rendent, par leurs signes mobiles et variés, par leurs évolutions, leurs chants, leurs emblèmes, mille nuances du sentiment religieux que l'alphabet est impuissant à exprimer.

Toutes ces cérémonies romaines ne sont pas sans doute aussi favorisées par les circonstances que celle que nous venons de décrire : mais plusieurs autres, telles, par exemple, que la procession des pèlerins à Saint-Pierre, le jeudi-saint , et celle des confrères de la Croix, au Colisée, ont un caractère spécial qu'on pourrait a ppeler le timbre de Rome. Ce caractère se fait sentir dans celles même qui sont communes aux autres villes catholiques. Rome a deux processions bien remarquables, celle de la Saint-Marc et celle de la Fête-Dieu. La première, cérémonie de pénitence, correspond au côté triste et douloureux de la vie humaine; la seconde, toute radieuse, représente spécialement la transfiguration future. Mais, outre cette sisnification générale, la pensée se reporte sur certains détails historiques, qui ne sont pas indifférents pour la piété chrétienne. Que rappelle la première de ces processions, qui va d'une basilique du 4 siècle à une autre basilique de la même époque, de celle de Saint- Marc à celle de Saint-Pierre? Saint Marc, qui a été le disciple chéri de saint Pierre, qui à écrit l'Évanpgile sous sa dictée, allait souvent le voir, lorsqu'il n'habitait pas sous le même toit. Cette intimité de l'apôtre et de l'évangéliste, si brièvement retracée dans lhistoire, cet épisode en quelque sorte domestique du grand fait de la prédication chrétienne, semble se perpétuer dans cette députation annuelle qu'une de

MONUMENTS RELATIFS À LA VIE PIEUSE. 297 ces basiliques envoie à l'autre, à peu près comme le repas que les Dominicains et les Franciscains prennent chaque année en commun, continue le baiser fraternel de saint Dominique et de saint François d'Assise. C'est un mérite particulier de plusieurs usages religieux que de conserver la mémoire de certaines choses humbles et douces, qui ont à peine obtenu une petite place parmi les récits éclatants de l'histoire.

Quant à la procession générale de la Fête-Dieu, sous la colonnade du portique qui entoure la grande place du Vatican , l'enceinte qu’elle parcourt évoque autour d’elle le souvenir de la première procession qui ait été faite par des chrétiens. Celle-ci a eu également lieu au Vatican, dans une fête aussi, mais dans une fête dont Néron avait été l'ordonnateur. Plusieurs d’entre eux, destinés à être dévorés par des chiens, défilèrent, revêtus de peaux de bêtes, dans ces mêmes lieux où nous suivons du regard cette longue rangée de chasubles d’or et de tuniques de lin. Des flambeaux, émblèmes de la lumière céleste, y ont succédé aux clartés de cette nuit infernale, où d'autres chrétiens, enduits de poix, servaient de torches. A la place du char que Néron, habillé en cocher, s'amusait à faire rouler sur ces prés sanglants, nous voyons s'avancer, sur un pavé de fleurs et de palmes, un autre char surmonté d'un autel, où le pontife, prosterné devant l'hostie, demande la grâce d'une charité sans bornes. Quelques peintres ont représenté la procession de la Fête-Dieu au Vatican : n'est-il pas à regretter qu'aucun d'eux n'ait eu l'idée de lui donner pour pendant un tableau retraçant l'autre pro-

cession ? En général, les artistes modernes ont reproduit séparément les scènes des temps de persécution, et celles des temps paisibles, qui se sont accomplies à la même place; ils ont craint de les mettre, les unes à côté des autres, dans des peintures à plusieurs compartiments.. Je crois qu'ils ont été abusés en cela par la fausse idée que l'unité de temps doit répir despotiquement la peinture sacrée. Les artistes du moyen âge, plus profondément pénétrés du sentiment chrétien, entendaient autrement la liberté de leur art. Je laisse aux hommes compétents le soin de juger si le genre de combinaison qui vient d'être indiqué à propos de la procession du Vatican, permettrait à la peinture religieuse de produire quelques effets nouveaux, qu'elle ne devrait peut-être pas dédaigner. Je signalerai aussi à l'attention des artistes comme à la piété des fidèles les grandes processions du jubilé, aussi édifiantes que-pittoresques. Mais celles-ci font partie d'une autre catégorie d'institutions dont nous allons parler séparément, car elles correspondent, sous d’autres rapports, aux sentiments sociaux, {ransportés dans la sphère de la religion. $

Parmi les instinets que la civilisation développe et perfectionne, ilen est trois qui s'offrent ici à nos observations. L'un produit les sociétés particulières, fondées sur la similitude-des professions; le second est le sentiment de la patrie, qui s'épure en devenant moins exclusif; le troisième enfin demande, pour être satisfait, des réunions qui ne soient pas circonscrites entre les barrières de chaque pays, et dans lesquelles les nationalités diverses se donnent la main.

Le catholicisme laisserait de côté un élément social très-utile, s'il népligeait de coordonner à un but religieux les sociétés particulières, fondées sur la similitude des professions, les corporations des arts et métiers. Dès qu'une agrégation se forme dans l'ordre des travaux temporels, il tient à y créer une unité spirituelle. Il donne aux ateliers un autel pour centre. Chaque association se transforme, à certains jours, en société de prières. Elle adopte un saint pour son président céleste. Les travaux les plus grossiers cherchent leur type dans quelque chose qui brille aux régions du ciel, et se placent, pour ainsi dire, sous une constellation particulière de pensées élevées et pures. Dans une ville voisine de Rome, les portefaix ont choisi pour leur fête patronale celle de Notre-Dame de Lorette, parceque, suivant une pieuse croyance, la maison de la sainte vierge a été portée par les anges, heureux de se charger de ce merveilleux fardeau. Gette manière de les considérer comme des espèces de portefaix célestes ne rabaisse pas les anges, mais elle rehausse les portefaix.

: Ce que Rome a de spécial, dans ce genre d'association, se rapporte principalement aux points suivants : 1° leur nombre : elles enlacent toutes les professions, depuis les plus élevées jusqu'aux plus humbles ; 2° la beauté de plusieurs des églises qu'elles ont construites : voyez entr'autres celle de Sainte-Marie du Jardin : cette église, bâtie aux frais des jardiniers, des fruitiers, des vendeurs de maccaroni, etc., est plus riche en peintures que certaines chapelles royales; 3° les noms célèbres qui sont mêlés aux noms les plus obscurs sur les listes des confrères: pour men citer

qu'un exemple, il y a dans l'église de Saint-Josephdes-Charpentiers, une inscription qui rappelle que l'empereur Joseph IT s'est fait recevoir dans cette confrérie; 4° les honneurs qui leur sont rendus : l'ordonnance qui assigne à chaque métier la place qu'il doit occuper dans la procession de l’Assomption, est gravée sur une pierre placée près des statues des deux premiers Césars dans une des cours du Capitole.

La religion, qui bénit les associations particulières, doit aussi sanctifier le sentiment de la patrie en adoucissant sa tendance à l'égoisme national. Rome correspond mieux que toute autre ville du monde à cette action de la piété sur le patriotisme. Si un peuple possédait une cathédrale, entourée d'un portique auquel chacune des provinces aurait fourni une arcade ou une colonne, qui serait son œuvre, qui porterait son nom, ce monument sérait un harmonieux emblème des diversités que renferme l'unité de ce peuple. Le monde chrétien se trouve avoir quelque chose d'analogue. A l'ombre de la grande basilique des Papes, la plupart des nations chrétiennes ont chacune son église, ses fêtes, ses tombes nationales. Chacun de nous rencontre les reflets de l'histoire de sa patrie sur quelque monument sacré; chacun y respire, dans l'atmosphère de la religion, l'air de son pays: Des établissements nationaux, réunis dans une même ville par la politique ou le commerce, y représentent bien moins la concorde que la division. Les comptoirs sont des rivaux, les autels sont des frères. C'est là une des causes d'un sentiment qu'éprouvent presque toutes les personnes qui habitent

Rome pendant quelque temps loin de leur pays natal. On ne se sent nulle part aussi peu étranger que dans cette ville. Ce sentiment n’est pas exclusivement propre aux catholiques; ceux qui ne le sont pas en recoivent à quelque degré les émanations. L'antique fraternité religieuse les y obsède de ses monuments et de ses souvenirs. S'ils ne comprennent pas encore Ja force divine de l'unité, ils sentent du moins à Rome l'impression d'un souffle qui pousse à l'union. Cette impression peut avoir un singulier contre-coup que j'ai eu l'occasion d'observer dans quelques-unes des personnes dont je parle. Elles demandent à leur imagination un moyen de s'étourdir sur les mouvements secrets du cœur. Elles s'évertuent à.se fâchér des petites choses qui les choquent, pour se défendre contre l'ascendant des grandes qui les touchent, et Rome a le privilége, peut-être unique, d'être une villequ'on boude parce qu'on l'aime.

Les monuments nationaux, que Rome possède, correspondent déjà, par le fait même de leur réunion, à quelque chose de plus général et de plus élevé que le simple patriotisme. Maisil y a uneinstitution spéciale,

destinée, indépendamment de ses effets individuels et

directs, à satisfaire le pieux sentiment de la fraternité des peuples. Elle convoque, dans le centre de la catholicité, de grandes réunions d'hommes où les nationalités s’oublient sans se détruire. C'est linstitution du Jubilé universel.

L'établissement du Jubilé a été provoqué par l'anciénne coutume dé faire des pèlerinages à Rome. Cet usage date de loin. On le voit commencer à travers les persécutions des premiers siècles. Quoique les ré-

cits de cette époque aient été préoccupés de bien

d'autres choses, quelques-uns de ces voyageurs dela prière ont laissé la trace de leurs pas dans ces chroniques sanglantes. Marius, Marthe, Audifax, Abacum, Maur et Pancrace, venus de la Perse, de l'Égypte et de la Phrygie, visitèrent la tombe des Apôtres pour y prier, et ils y obtinrentlatombe du martyre. Quand la paix de l'Église eut donné la liberté aux prières et aux voyages, toutes les routes de l'empire virent passer des pèlerins qui allaient toucher uu autre but que la borne milliaire du Capitole. Saint Paulin parle de la coutume solennelle qui l’appelait au tombeau des Apôtres'. Pemmachius établit à Ostie un grand‘hospice pour recévoir les pèlerins. Après les: pauvres vinrent les Césars’. Les annales du moyen âge nous apprennent que l’empressement universel pour ce pèlérinage central contribua puissamment à à répandre

parmi lee peuples les germes de culture sociale dont Rome était Ailes et à resserrer les liens de toutes les parties de la république chrétienne. En exhortant Les fidèles à visiter le tombeau des Apôtres, les papes ne leur avaient indiqué aueun temps déterminé pour ce pieux voyage. Gependant, à une époque inconnue, on s'était mis à le faireau commencement de nd siècle. La tradition de cette coutume exis-

‘ Deinde, nos ipsos Romæ cum solemni consuetudine ve] beatorum Apostolorum venissemus, etc. Epist. A6 ad Delphin.

2 Ut Romam frequentibus concursionibus adæquè desideremus inspicèré, causa nobis est amplectendæ religionis ut terminis sanctorum nostram exhiberemus præsentiam., Z'pist. Gallæ Placidiæ ad Pulcheriam. August. — Cm adyenissemus in urbem Romam ad divinitatem. placandam , sequenti die ad Basilicam apostoli Petri processi. Æpesé. Valentinian. ad Theod. jun.

tait encore vers la fin du 13°, comme nous le voyons par les chroniques contemporaines : « L'an MCCC, » dit Guillanme Ventura d’Asti, une innombrable » foule d'hommes et de femmes de tout pays chré- » tien accoururent de l'Orient et de l'Occident à » Rome, et ils dirent au pape Boniface : Donnez- ». nous votre bénédiction avant que nous mourrions. » Nous avons entendu dire aux anciens que tout » chrétien qui aura visité, à la centième année, les » corps des bienheureux apôtres Pierre et Paul, » recevra une indulgence plénière *. » L'institution du Jubilé fut la sanction officielle de cet antique usage. Fr Comme grande époque ecclésiastique, le Jubilé est, dans l'ordre religieux, le complément d'une suite de faits, qui forment ce qu’on pourrait appeler l'organisation du temps. L'humanité doit rhythmer son

1 Notum facio omnibus fidelibus christianis, quod de anno wcce ab Oriente et Occidente tam viri quäm mulieres ex omni genere christiano in innumerabili quantitate veloces Romam pergentes dixerunt Bonifacio : Da nobis benedictionem tuam antequam moriamur. Audivimus ab antiquis quod quisquis christianus omni anno centesimo visitaverit corpora beatorum apostolorum Petri et Pauli liber sit tam à culpà quan à pœnà. Tum dictus Bonifacius et ejus cardinales, congregato concilio, ete., c. xix. Cette chronique a été insérée par Muratori dans le tome x1 2erum Italicar. — On publia à cette époque une exhortation pour le jubilé, adressée à divers ecclésiastiques. Cette pièce, qui a été copiée par le P. Zacharie dans un monastère des Pères de Wallombreuse, de Pistoie, fait aussi mention de pèlerinage séculaire, et elle dit à ce sujet : « Ex millenorum » tamen testimoniis qui et adhüc faciente Domino supervivunt, » et aliàs ex multis qui illud à progenitoribus asserunt aëci- » pisse, aliqualis habetur credibilis certitudo. ».

504 An CHAPITRE X. tempsen fixant certains intervalles pour le retour des mêmes actes. Elle a besoin d’ avoir, comme les astres, des mouvements périodiques, de rattacher certaines solennités morales aux époques. qui sont comme les solennités de la nature: La philosophie matérialiste trouve que cette nécessité de rhythmer le temps est bien métaphysique, bien mystique même, Oui, sans doute, la raison en ést très-métaphysique, elle doit tenir à de profonds mystères; mais le fait est là. Ce besoin a toujours existé : tous les peuples, tous Îles gouvernements l'ont senti. Son. absence est un des signes de l'état sauvage le plus dégradé. La société réligieuse doit satisfaire, dans l'oxdre qui lui. est propre, cet instinct natur el Vs À l'origine, le temps a été divinement rhythmé pour l'homme par l'institution de la sémaine. Cette période primitive, qui fixe les jours de travail et celui du repos, fut dès lors la règle de la famille, de la première des sociétés; elle a régi l'époque patriarchale. Quand la postérité des patriarches est devenue un peuple, la division septennaire a été pr -omulsuée comme une loi pour la société politique. Mais d’autres divisions du temps Ë \ ont été ajoutées, qui avaient particulièrement un caractère national, qui se laïent à l'existence même dela nation. Des fêtes, réparties dans le cours de l'année, ra ppelèrent les principaux événements qui avaient accompli la délivrance du peuple hébreu. Les années eurent. aussi leur période septennaire. Outre célle de septans, qui fixa un temps de repos

- FAIT Dei soleminitatibus festivis et diebus. statutis dicamus sacramusque memorias, ne velamine temporum me grata subrepat oblivio. $. Aneust: dé Civit, Dei; lib, x, c.

pour les travaux de tout le peuple, la période de sept semaines d'années fut suivie de l’année du jubilé, ainsi nommée parce qu'elle était un temps de réjouissance pour toute la nation: les propriétés vendues retournaient alors à leursanciens possesseurs. Quand l'Église chrétienne naquit dans le sein de la Synagogue expirante, l'institution primitive de la semaine devint la règle fondamentale du temps pour le peuple chrétien. Mais l'année eut aussi son rhythme. De même que le jour de la résurrection ou le dimanche fut substitué à l'ancien sabbat des Juifs, de même certaines fêtes principales, telles que Noël, l'Épiphanie, Pâques, la Pentecôte, remplaçant les fêtes hébraïques, eurent pour objet de rappeler non plus les faits de la délivrance matérielle d'un peuple particulier, mais les mystères accomplis pour la délivrance du peuple universel de Dieu. Toutefois l'Église ne prit pas d'abord dans la loi mosaïque l'institution d’une période d'années. Durant l'époque des persécutions, cette mesure n'eût guère été praticable. Dans l'époque suivante, la sollicitude des papes et des conciles fut absorbée, d’un côté, par la lutte contre les grandes hérésies qui sélevèrent, et, d'un autre côté, par la nécessité d'affermir et de faire entrer dans les habitudes des peuples les institutions catholiques. Après la conversion des Barbares, l'usage fréquent des pèlerinages à Rome s'étant établi tout naturellement, ilny avait pas de motif pressant d'y convoquer les fidèles par une invitation spéciale; et si, au lieu de les y appeler, on eût établi un jubilé auquel ils auraient pu participer dans leurs propres pays, cette mesure aurait ralenti le mouvement salutaire Il, 20

qui portait les populations vers Rome. Cependant la division du temps pour le peuple chrétien seniblait attendre uncomplément. Les semaines, les saisons, les années, avaient leur rhythme sacré: le siècle n'avait pas le sien, le siècle, cet espace si solennel, dans les limites duquel s'agite et s'épuise d'ordinaire toute vie humaine. Il y avait là une convenance religieuse à sätisfaire, C'est probablement le sentiment instinctif de cette convenance qui fit naître la coutume d'un pèlerinage à Rome tous les cent ans. Aussi le jubilé fut d’abord attaché à la période séculaire. Bientôt après, vu l'erapressement des fidèles, les papes la réduisirent d'abord à celle de cinquante ans, qui avait été la période du jubilé hébraïque, puis à trentetrois ans, correspondant à la durée de la vie terrestre du Sauveur, puis enfin à vingt-cinq, afin que les chrétiens eussent le bienfait de l’année sainte deux fois de plus par siècle que ne l'avaient eu les Israélites. L'Église a eu moins d'égard à la solennité du retour séculaire qu'aux désirs du peuple fidèle. Mais, en revenant quatre fois par centaine d'années, le jubilé constitue toujours le rhythme sacré du siècle , à peu près comme les féries des Quatre-Temps forment les compartiments de l'année ecclésiastique. Ainsi fut complétée la division du temps pour les chrétiens, par l'adoption d'un usage dont le type se trouve dans la loi mosaïque, et que le Christianisme spiritualisa, en même temps qu'il l'étendit à tous les peuples. Avant de s'ouvrir pour toute l'Église, l’année sainte est célébrée à Rome, où elle attire des fidèles de toutes les parties du monde. De là une seconde face du jubilé, non plus comme époque, mais comme réu-

MONUMENTS RELATIFS À LA VIE PIEUSE. 307 nion religieuse, Dans l'ancien monde, les populations unies par les liens d’une nationalité cominune avaient leurs assemblées sénéralés. La confédération Latine se réunissait sur le mont Latial, la confédération Grecque à Olympie. De la région des affaires et des jeux transportez cette institution dans la région dé la conscience : supposez qu'elle s'adresse, non plus aux rejetons d'une même souche nationale, mais à des individus de toute race et de toute langue : vous la trouvez réalisée dans le jubilé chrétien. On ne sé ceint plus pour les combats du césté où du pugilat, mais pour les exercices de la lutté contre le mal. Les âmes parcourent la carrière dé la pénitence sur un char invisible dont les anges tiennient les rênes, et la couronne est à tous. Cest une belle chose que d'avoir misen contact sympathique tañt de nationalités diverses dans un foyer commun dé croyance et d’amour | Les jubilés font à un certain dégré quelqué chose d’analogue à ce que les croisades ont produit, lorsqu'elles ont mêlé les peuples dans des expéditions communes. Les croisades ont été un jubilé militaire : les jubilés sont des croisadés pacifiques. Honte à la politique qui voudrait porter atteinte à cette création de la confraternité chrétienne ! Lors du dernier jubilé, en 1825, des gouvernements ont entravé la liberté du voyage de Rome, de peur que dés conspirateurs ne prissent dés passeports de pèlerins. C'est une grande misère que de rêver des terreurs dans les joies du monde chrétien. L'ordré public sérait bien désespéré, s'il n'était pas à l'épreuve d’un jubilé. Quand il n’y aura plus d’autres conjurations à craindre que celles qui s'ourdissent sur la place de Saint-

Pierre, l'Europe pourra dormir tranquille. Espérons que ces cordons sanitaires contre la piété ne se renouvelleront pas pour le jubilé prochain. Dans quatre ans, toute l'Europe sera couverte d'un réseau dechemins de fer, dont jusqu'alors lestronçons n'auront guère porté que des voyageurs d’affaires et de plaisirs. Laissez-le inaugurer par les convois de la Providence vers la seule ville qui soit un centre d'unité plus haute que les unités nationales. Toutes les voies de communication qui s'ouvrent pour l’humanité cherchent Dieu.

Ce qu'il y a de beau et d'imposant dans le caractère du jubilé, soit comme époque, soit comme une réunion religieuse, est complété par un symbolisme digne de ces grandes pensées. Quelques églises principales, Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-Jean-de-Latran, Sainte-Marie-Majeure, deviennent un emblème du Paradis d’où l'homme pécheur a été exclu. Les portes en sont fermées, comme autrefois l'entrée de l'Église était plus ou moins interdite aux pénitents, lorsque la pénitence publique était en usage. Le jour fixé pour l'ouverture du jubilé, le Pape vient devant “celle des portes de Saint-Pierre qui reste toujours murée d'un jubilé à l'autre. Il la frappe trois fois avec un marteau d'argent, en répétant à chaque fois trois versets auxquels l'assistance répond : « Ouvrez-moi, » dit le pontife, les portes de la justice. » Réponse : » Après que je serai entré par elles, je rendrai gloire » à Dieu.» Le Pape: « J'entrerai dans votre mai- » son, Seigneur. » Réponse: « Pénétré de crainte, » j'adorerai dans votre temple. » Le Pape: « Ou- » vrez les portes , puisque Dieu est avec nous. » Ré-

ponse : « Parce qu'il a fait éclater sa puissance dans » [sraël. » Le cardinal grand-pénitercier et deux pénitenciers mineurs frappent aussi la porte avec le même marteau. Des cardinaux commis à cet effet par le pape font une cérémonie semblable dans chacune des trois autres basiliques. L'ouverture de la porte sainte signifie que l’année d’indulgence a commencé, que les peines dues au péché seront remises à tous ceux qui auront accompli, avec un vrai repentir de leurs fautes, les exercices prescrits. Chacune de ces églises qui avait d’abord symbolisé, par ses portes fermées , l'exclusion du paradis, devient alors un emblème spécial du ciel ouvert. A partir de ce moment, un recueillement religieux enveloppe Rome tout entière. Les jeux publics, les spectacles, sont suspendus pendant toute l'année. Ce ne sont pas quelques individus, ce nest pas une commu nauté, c'est une ville qui entre alors en retraite, qui devient comme un vaste cloître, préparé pour les hôtes que tous les pays chrétiens lui envoient. Chaque année jubilaire a vu un grand concours de pèlerins. Lors du premier jubilé, il fallut diviser je pont Saint-Ange dans toute sa longueur par une barrière : ceux qui allaient à Saint-Pierre passaient d'un côté en même temps que ceux qui en revenaient passaient de l'autre: Dante a fait mention de cette particularité ". Depuis 1 575, on a conservé les listes

; Nel fondo erano ignudi i peccatori :

Dal mezzo in qua ci venian verso ?l volio; Di là con noi, ma con passi maggiori :

Come i Roman, per l’esercito molto, L’anno del Giubbileo su per lo ponte Hanno a passar la gente modo tollo-

des pèlerins inscrits sur les registres de l'hospice de la Trinité, où ils ont été logés et nourris. Toutefois elles ne peuvent représenter le nombre total, puisqu'une partie des pieux voyageurs a été reçue dans différentes communautés, et que d’autres n'ont pas demandé le toit et le pain de la charité. Le concours le plus nombreux signalé dans ces listes a été celui de 1625, sous le pape Urbain VIE. Il s'est élevé au nombre 582,760, dont 460,269 hommes et 122,491 femmes : c'est beaucoup, si l’on songe au peu de facilité qu'on avait alors pour voyager. Le minimum a eu lieu en 1675 et 1745 : les listes ne portent, pour la première de ces années, que 1 16,348, et, pour la seconde, 194,832. Au jubilé de 1825, le nombre des inscrits est de 273,299, 181,914 hommes et 91,385 femmes. Il y a lieu de croire que celui de 1850 sera remarquable par l'affluence des pèlerins. Le sentiment catholique grandit, et les routes s'abrègent.

Les personnes étrangères, par leur genre de vie, à ce qui se passe dans le monde religieux, ne sont pas à portée d'apprécier la salutaire influence des jubilés. L'expérience prouve que beaucoup d'hommes qui ont perdu l'habitude des pratiques chrétiennes ne se décident à y revenir que lorsque quelque chose de solennel et d’extraordinaire vient donner une secousse à leur âme inerte et pesante, Les prêtres, employésau saint ministère, savent à quel degré l'année sainte excite la charité envers les pauvres et la cha-

Che dal!’ un lato tutti hanno la fronte

Verso ?1 castello, e vanno a santo Pietro;

Dall alira sponda vanne verso ?l monte.

Inferno, cant, xvin, x. 25,

rité envers les injures. Combien d'ennemis réconciliés rentrent dans la possession du trésor de leur ancienne amitié! Combien de pécheurs, entraînés par le mouvement commun des âmes, se disposent à recevoir de Dieu la remise de la grande dette de l'homme ! Mais, sans connaître la statistique morale du jubilé, les esprits qui s'occupent de philosophie sociale doivent admirer du moins la pensée de cette institution, On peut la caractériser par un seul mot qu'ils comprendront : les jubilés sont les jeux olympiques de la piété chrétienne.

Nous avons signalé, dans le chapitre qu'on vient de lire, quelques monuments, quelques institutions qui contribuent à former pour la piété une espèce de monde correspondant aux instincts naturels de l’âme, transportés dans la sphère de la religion. Cet ordre, comme tout ce qui est vivant, s'est développé avec le temps. Chaque âge lui a fourni son tribut, et il est à croire que, dans l'époque où nous entrons, Rome saura faire produire au riche fonds qu'elle possède d'autres fruits encore qui auront pour la piété une saveur nouvelle. Le renouvellement opportun de quelques usages très-anciens pourrait peut-être y contribuer, Il en est un qui semble bien approprié aux désirs et aux préoccupations actuelles. Depuis que la foule des étrangers, de plus en plus nombreux à Rome, met tant d'empressement à visiter les souterrains sacrés, plus d’un cœur chrétien a formé le vœu d'assister quelquefois à une messe célébrée sur un vieil autel des Catacombes. La crypte qui serait choisie à cet effet y serait admirablement adaptée, si on lui redonnait, comme cela serait possible, des

accessoires et des instruments du culte, appartenant à cette époque antique. Des vases portatifs, qui ont vraisemblablement servi pour l'eau bénite, ont été retrouvés dans les galeries souterraines: ils pourraient être placés à l'entrée de cette crypte. Elle serait éclairée par quelques-unes de ces lampes que les fouilles nous ont rendues. Les unes sont en terre cuite. les autres en airain. Elles présentent des emblèmes chrétiens, le Palmier, l'image du bon Pasteur, la Colombe, qui figure l'Esprit de lumière. On voit encore dans les murs des Catacombes quelques trous noircis par la fumée, dans lesquels on posait des lampes. Une de celles qui ont reparu avec des chaïînettes pourrait être de nouveau suspendue à la voûte de la chapelle. On n'aurait pas besoin d'y por: ter des tableaux : les antiques peintures sont encore là. Quelques fioles recueillies dans ces mêmes lieux feraient l'office de burettes, qui seraient placées sur les petites crédences en tuf construites jadis pour cet usage. Qui n'aimerait à y revoir une de ces patènes dont quelques-unes ont servi à recueillir le sang des martyrs? Le musée chrétien du Vatican ne pourrait-il pas prêter un des calices que ces souterrains lui ont donnés? Joignez à cela quelques paroles d'exhortation prononcées par le prêtre, assis sur un de ces siéges pontificaux qui ont été les chaires des homélies primitives. Les rites latin, grec, syriaque, chaldéen, arménien, viendraient officier sur cet autel. Je crois que la messe des Catacombes laisserait un souvenir profond à tous ceux qui auraient pu y assister. Des personnes pieuses, encore étrangères à la foi catholique, demanderaient à être ad-

mises à cette solennité souterraine qui les reporterait aux premiers temps : elles en sortiraient plus rapprochées de nous. Cette messe serait d'une consolation particulière pour les chrétiens venant des pays où l'Eglise est martyrisée de nouveau. Des âmes, crucifiées par la seule vue de ce qui s'y fait et de ce qui s'y prépare, des pèlerins de l'exil, des confesseurs de la foi, des religieuses portant les stypgmates de glorieuses souffrances , aimeraient à s'agenouiller, à communier à l'autel des anciens martyrs. Ils leur emprunteraient leurs prières pour les persécuteurs, leur confiance dans la justice de l'avenir et leur foi dans la justice de Dieu.

Heureux celui qui est intelligent sur le nécessiteux et le pauvre. Ps. xL.

Vavais délivré le pupille qui n’avait point de défenseur : la bénédiction du mourant tombait sur moi, et j'ai consolé le cœur de la veuve. Job., C. XxIX.

Confortez les mains défaillantes et fortifiez les genoux débiles. Isaie, ©. XXxY.

N'oubliez pas l'hospitalité : car elle a caché quelquefois des anges qui ont élé reçus sous son toit. S. Paul , aux Hébr., ©. xul.

Lorsque vous faites un repas en commun , appelez

. Jes pauvres, les infirmes, les boiteux et les aveugles :

vous serez heureux de ce qu’ils ne peuvent vous don-

ner une rétribution, car cela vous sera rétribué dans la résurrection des justes. 4S. Luc, Évang., c. x1v.

Nous avons des histoires générales de la littérature, de la philosophie, de l'astronomie, des mathématiques, de l'industrie et du commerce : l’histoire générale de la charité est encore à faire. Serait-ce que les écrivains, qui ne travaillent que pour la gloire, n'ont pas dans le cœur ce qu'il faudrait y avoir pour traiter un pareil sujet, et que ceux qui en seraient dignes sont plus pressés d'agir que d'écrire, plus désireux de continuer l’histoire de la charité que de la retracer ? Mais pourtant il y a toujours des hommes

à qui Dieu a donné la mission de fournir, par des livres utiles, leur contingent de bienfaits à la société: d’où vient donc que la charité attend son historien ? C'est peut-être parce que cette histoire existe déjà dans une autre, dans celle de l'Église, dont elle forme la moitié, et qu'avant de la détacher de cet ensemble , pour présenter à part une exposition complète des œuvres de la charité, il a été bon d'attendre que la science de l'économie sociale ait ouvert plusieurs des points de vue sous lesquels ce magnifique tableau doit être regardé, L'époque actuelle est mûre pour cette production, qui ne peut désormais tarder bien longtemps. Je suis conduit, par le plan de mon livre, à écrire une simple note pour cette future histoire. Les annales de la charité chrétienne à Rome sont trop longues, pour que je puisse en offrir ici un abrégé satisfaisant. La statistique des établissements de bienfaisance, qui existent dans cette ville, les détails de leur organisation matérielle doivent trouver leur place dans un livre d’un autre genre que le mien, et ce livre existe déjà ‘. Je me borne à saisir, dans les monuments de Rome, quelques linéaments de cette glorieuse histoire, pour faire ressortir un fait capital: c'est que dans les grandes mesures de charité, Rome a presque toujours eu l'initiative, qu'elle en a conçu la pensée, ou qu'elle lui a fait faire le premier pas.

‘ Voyez le beau livre que Mgr Morichini a publié sous ce titre : Degl’ Instituti di Publica Carita ed Instruzione primaria e delle Prigioni in Roma. 2 vol. Rome, 1842, La science et la charité s’y unissent à des vues élevées sur les besoins de la société et à un généreux esprit de réforme et de progrès.

Lorsqu'on remonte aux origines chrétiennes, savez-vous quel est le grand monument de bienfaisance qui s offre le premier à vous ? Ce monument est sous terre: ce sont encore les Catacombes. À cette époque primitive, dans quelque direction que vous vous tourniez, vous vous trouvez en face d'elles. Cimetières, retranchements du siége que les chrétiens livraient au paganisme, temples RARE saleries de tableaux, berceau de l'architecture sacrée, ES lapidaires, nous les avons vus paraître sous tous ces aspects, et voilà que nous les rencontrons encore à la tête des monuments de la charité. Rappelez-vous ce que nous avons dit ailleurs de l'odieux mépris de la société païenre pour les restes mortels des pauvres gens et des esclazes, qui formaient l'immense majorité de la population de Rome: rappelez-vous les Puticoles des champs Esquilins. Tout individu qui n'avait d'autre titre que sa qualité d'homme, avait à peine la sépulture de l'animal. Le Christianisme voulut que tout être humain éût une tombe décente. Les familles qui étaient en état de payer le travail des ouvriers chargés de creuser leurs sépulcres se faisaient un devoir d'en acquitter le prix, afin de n'être pas à charge à l'Église, comme le disent quelques épitaphes'. Mais

2 DAFNEN VIDVA Q. CVN VIX.....

ACLESIA NIHIL GRAVAVIT A.....

(Sur un fragment qui se trouve dans le pavé de Sainte- Marie, au delà du Tibre. — Cité par le P. Marchi, Mon. crist., p. 98.)

REGINE VEMERENTI FILIA SVA FECIT VENE REGINE MATRI VIDVE QVE SE DIT VIDVA ANNOS, LX. ET ECLESA

MONUMENTS ET INSTITUTIONS DE CHARITÉ. 317 cela même prouve qu'en général les frais nécessaires pour les sépultures étaient supportés par le trésor commun de l'Église, produit volontaire de la charité. Pour se former quelque idée de ces dépenses, il faut d'abord recueillir les renseignements consignés dans d'autres inscriptions funèbres. L'illustre savant, à qui nous empruntons ces particularités, commente à ce sujet deux épitaphes, indiquant chacune la somme payée au fossoyeur pour un sépulcre. D'après l'une d'elles, qui est de l'année 426, une tombe à deux corps, pour un mari et sa femme, avait coûté un sol et demi d'or ‘. Suivant l'autre, qui est vraisemblablement antérieure, deux sols d'or avaient été le prix d’une pareille sépulture *. Les lumières, que l'archéologie a obtenues sur la valeur comparative des monnaies, permettent d'évaluer à peu près la première de ces sommes à vingt-deux fr. soixante c., et la seconde à trente fr. Ces calculs ne portent que sur le prix des tombes, sans compter les autres frais de sépulture. Quoique ces épitaphes, du moins celle qui donne une date, n'appartiennent pas aux trois premiers siècles, elles ont fourni des inductions sûres

NYNQVA GRAVAVIT VNIBYRAQVE VIXIT ANNOS LXXX. MESIS. V DIES XXVI.

(Du cimetière de S. Saturnin, citée ibid.) 1 Cette épitaphe, tirée du cimetière de Commodille, sera publiée par M. de Rossi dans le grand ouvrage qu'il prépare.

à COMPARAVI SATVRNINVS A SVSTO LOCYM VISOMVM AVRI SOLDOS DVO INLVMINARE MAICRE QUE POSITA EST

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