‹ Esquisse de Rome Chrétienne (volume 4)Chapitre 66 sur 79 · HÆC EST ARA PRIMOGENITI DEI · texte numérisé non relu

HÆC EST ARA PRIMOGENITI DEI

» C’est ici l'autel du premier né de Dieu. »

On a cru que la pierre de cet autel ou un débris de cette pierre s'était conservé à l'endroit où nous voyons aujourd'hui l'autel de la Chapelle sainte, ou du moins que cette chapelle, isolée du reste de l’édifice, marque la place de l'autel augustal. De là est venu le nom donné à l'église elle-même. Elle avait été longtemps désignée sous le titre de Sainte-Mariedu-Capitole *. Le nom d’autel, dra, n'était donné

1 Eusebius narrat Augustum , etc. Georg. Cedrenus, Æistor. compendium , édit. de Goar, in-fol. Paris, 14647, pag. 182.

2 Augustus Cæsar facto sacrificio Pythiam interrogavit quis post ipsum imperaturus esset. Illa vero respondit : J{le Puer hebrœus diis beatis imperans , hanc ædem relinquere et. ad Orcum redire jussit. Abi igitur nunc silens ab aris nostris. Augustus igitur ex oraculo egressus in Capitolio aram erexit, eui latinis litteris inscripsit : Hæc est ara primogeniti Dei. Lexic., Suid., art. Aÿyouoros. — Voir, dans les Annales de Philosophie chrétienne, les textes des divers auteurs anciens concernant cette prophétie, recueillis par M. Bonnetty, dans une prophétie ayant pour titre : Sur une Prophétie de la Pythie de Delphes , concernant Jésus-Christ, tome xiv, p. 62 (2° série).

8 Dans la chronique du monastère de S. Cosimato in Vico aurea (S. Cosma in Transtevere), on lit le nom d’un abbé

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qu'à la partie de l'église qui vient d'être indiquée. Pierre Mallius et Jean-le-Diacre, dans leur Catalogue des abbayes de Rome, dédié au pape Alexandre HT, disent : L'église de Sainte-Marie-du-Capitole, où est l'autel du Fils de Dieu. Chaque église ayant un ou plusieurs autels, on n'était pas dans l'usage d'emprunter le surnom d’un édifice sacré à cette partie qui lui était commune avec tous les autres, et qui n'avait par là même rien de distinctif. Mais il y a eu ici une exception à raison de l’origine extraordinaire qu'on attribuait à cet autel. On a complété la dénomination en disant l'autel du ciel (ara cæli), soit parce qu'il est le plus éminent par sa situation au sommet du mont Capitolin, soit parce qu'on le considérait comme ayant été le premier monument qui ait annoncé à l'antique Rome le rapprochement du ciel et de la terre.

Cette légende a été figurée dans la fresque que Cavallini a exécutée sur la voûte de l'abside. Il y a représenté la Vierge avec l'enfant Jésus dans ses bras, et à ses pieds l'empereur Auguste, auquel la sibylle Tiburtine montre le Christ”. Cette fresque a été la traduction d'un chant liturgique très-ancien. D'après une rubrique particulière, les relisieux Monasterii S. Mariæ in Capitolio, en 985. Dans les Actes d’un concile romain sous Benoît VIIT, en 1045, il y a cette souscription : £go dominus abbas Capitolu.

1 La meglior opera, che questi facessi, fu nella chiesa d’Aracieli sul Campidoglio, dove dipinsse in fresco nella volta della tribuna maggiore la nostra Donna col figliuolo in braccio circundata da un cherchio di stele, et abbasso Ottaviano impera-

tore, al quale la sibilla Tiburtina monstrando Gesu Christo, etc. Georgio Vasari nella Vita di Cavallini.

d'Ara-Cæœli devaient se réunir tous les jours, après Complies, autour de l'autel de la chapelle sainte, et y chanter ces paroles :

Ici dans un cercle d'étoiles,

A la lumière d’un oracle de la Sibylle,

Le roi l’a vue dans le ciel.

O Mère du Christ, dirige-nous

Et élève-nous vers le bien

En repoussant les traits ennemis.

Prie pour nous, Échelle qui touche aux astres,

Afin que nous ne soyons pas tourmentés par l’armée infernale *.

Je remarque en passant que ce titre donné à la Vierge: Échelle qui touche aux astres, offre quelque analogie avec le nom d'Ara-Cœli, qui est devenu le nom de cette église. Il semble aussi que le souvenir de l'armée infernale reparaît ici avec un à-propos

1 Nostri religiosi nel præsepio, che in questo ogni anno s0l fuarsi, rinovano questa memoria, € ogni giorno, dopo il solenne canto delle compiete, innanzi l’altare di cui favelliano, cantano ab immemorabili, la sequente antifona , versetio, responsiorio, ed orazione :

« Stellato hic in circulo sibyllæ tunc oraculo, te vidit Rex in cœlo : à Mater Christi, dirige nos, et ad bonum erige pulso maligno. telo.

Ora pro nobis scala tangens astra, Ne nos affligant damnatorum castra. »

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