‹ Esquisse de Rome chrétienne (volume 5)Chapitre 12 sur 52 · II. CRÉATION · texte numérisé non relu

II. CRÉATION

La doctrine chrétienne sur la création se réfléchit sous un point de vue spécial dans certains tableaux dont le sujet était en opposition avec les sjstèmes hétérodoxes. Plusieurs sectes du 11" jet du IIP siècle avaient admis que la matière était ou mauvaise en elle-même ou la production dun être mauvais. Cette réprobation retombait particulièrement sur le corps, l'enveloppe charnelle qui avait emprisonné l'âme de l'homme primitif.

Contrairement à cette erreur , les artistes des Catacombes ont représenté nos premiers parents dans létat dinnocence. On ne se serait pas permis de ligurer sur les monuments religieux l'œuvre du principe du mal, sans y joindre quelque indice improbateur : ces tableaux étaient dès lors, par le simple fait de leur apparition parmi les peintures sacrées, une protestation contre la doctrine qui calomniait la création de la matière. Ils avaient aussi un autre à-propos dogmatique. On sait que Tatien, le représentant le plus remarquable de la secte des Encratites, avait soutenu qu'Adam est damné. Cette idée, contraire à un passage du livre de la Suçiessc (1), était repoussée par le sentiment commun des docteurs orthodoxes. L'Adam céleste, ou le Christ, avait sauvé l'Adam terrestre; la rédemption avait lavé la faute de celui qui lavait provoquée. Saint Épiphane nous imii(pu' en outre une raison particulière delà vénération que l'on avait pour Adam. Comme il n'avait été ni assujetti aux prescriptions de la loi judaïque, ni adorateur des idoles, il étaiteonsidéré comme le type primitif du Christianisme.

Ces peintures sont les plus anciens travaux où lart ait jiroclamé à sa manière que tous les peuples ne forment qu'une môme familh;. Ce sont les premiers tableaux qui aient représenté les premiers hommes. Le genre humain, renaissant à l'unité, se ressouvint de sa naissance et de son unité originaire. La création et la rédemption se rapprochèrent dans les monuments comme elles étaient unies dans les conseils de Dieu. La foi au Christ, l'Adam nouveau, évoqua de son tombeau de qua-

(1) Eduxit illum à delicto suo. Sapient.y x , 2.

TUADITION MONUMEPiTAI,!!:. ÎJ;i

Ire mille nus In vriiérablo iuKtgcde lancion Adnni : Eve reparut avec cnnliance à côté de la Vierge bénie, véritable Mère I i\cs vivants (i).

Tandis que ces peintures passaient sous nos yeux, le lieu

! où elles se montrent, la place qu'elles y occupent, me rappe-

1 laient un beau passage de Klopslock. C'est celui où nos pre-

! miers parents, reparaissant sur cette terre, sont conduits au

I pied delà croix, sur lautel du Calvaire, pour y coutempler

la céleste victime. Quelque chose d'analogue a eu lieu pour

leurs images : elles ont fait leur j)remière apparition près de

[ ces sépulcres des martyrs, formant des autels et des Calvaires

I mystiques sur lesquels un rit divin reproduisait l'élernel

sacrifice (2).

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