‹ Esquisse de Rome chrétienne (volume 5)Chapitre 19 sur 52 · CONTINUATION DU MÊME SUJET. I. BAPTÊME, PÉNITENCE, EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

CONTINUATION DU MÊME SUJET. I. BAPTÊME, PÉNITENCE, EUCHARISTIE

Nous rencontrons encore ici la discipline du secret, et nous avons à examiner à quel degré elle s"est opposée à l'expression monumentale des vérités religieuses. Interrogeons les épitaphes, les tableaux, les œuvres darchitecture.

En général, les épitaphes ne devaient pas faire mention des rites sacramentels. Les premiers chrétiens auraient pu sans doute inventer quelque signe graphique qui aurait été Thiéroglyphe de cesmystères. Mais les articles de foi qu'ils renferment ne sont pas du nombre des vérités dont Texpression vient naturellement sïntercaler dans quelques mots tracés sur un sépulcre. Alors, comme aujourd'hui, celles des inscriptions funèbres qui avaient un caractère dogmatique, et qui énonçaient la foi à la rédemption, la rappelaient seulement en termes généraux. Elles ne spécifiaient pas les mystères particuliers qui étaient comme une prolongation de ce dogme fondamental dans les actes principaux de la liturgie. Parcourez, dans nos cimetières modernes, les épitaphes conçues en peu de mots, comme celles des premiers siècles, vous verrez qu'elles n'ont trait ni au baptême , ni à la pénitence, ni à TEucharistie , quoique les églises voisines de ces cimetières soient toutes pleines de la foi à ces dogmes.

Cependant il pouvait se rencontrer de temps en temps une circonstance particulière qui engageât à faire quelque men-

lion du sacrement qui avait ouvert au défunt la porte de l'église. Mais alors, conformément à la loi du secret, le nom sacramentel, le mot baptême, ne figurait pas. On le remplaçait f)ar des expressions discrètes, telles que le mot d'acception oi\ réception. Nous en avons un exemple dans cette épitaphe : Euphrosine à son époux très cher Kampanus qui a vécu avec moi xn ans deux mois v jours : il a péri à xxxv ans : depuis le jour de son acception, il a vécu lvii jours (t).

L'allusion au baptême se trouve aussi dans le titre de néophyte.

Constance vierge en paix néophite (2).

A Festiva sa très douce épouse Gennadius, à son très doux fils néophite (3).

A Félix fils bien méritant

qui a vécu xxu ans x jours,

qui est sorti du siècle vierge et

néophite en paix ;

ses parents ont fait (ce monument) ;

il a été déposé le un jour des nones d'août (i).

(1) D M EVFKOSINE COIVGI KA

lussnio

KAMPAS0(,)V1VIX1T lUECVAS BENE Xll. MESES DVO DIES V. PERIT AM. XXXV. EX DIE ACCEPTIOMS SVE VIXIT DIE LVII.

(2) CONSTAÎiTIA VIRGO I.\ PAGE NEOIITA.

Lupi. Ep. Sever., p. 11(5.

(Ô) FESTIVAE nVLCISSIUE CONIVGI GENNADIVS

OVLCISSIMO FILIO KEUI'ITO.

Jet. S. Fict. Maïaiig.. p. 87.

(4) FELICI FILIO BKREN

Page 1