‹ Esquisse de Rome chrétienne (volume 5)Chapitre 23 sur 52 · QVE . BIXIT . ANN. XXI · texte numérisé non relu

QVE . BIXIT . ANN. XXI

E. Cœmet. Callist., dans Bodctli, t. II, 5ô9.

\hO CHAPITRE IX.

La fiole de sang, signe du martyre, était jointe à cette tomI)e. Au-dessous de l'inscription , le monogramme du Christ, entouré d'une couronne, est placé entre l'emblème de la fixité et Temblème de la liberté; dune part , une ancre de vaisseau, de l'autre, un oiseau qui prend son vol.

Legura Restituta a vécu XV ans vierge ; elle est décédée

en paix (i) (avec la fiole de sang,.

On lit dans un fragment d'épitaphe :

Elle a vécu xvi ans,

sept mois ,

xviiii jours; [que) tu (sois reçue) en paix

avec ta virginité (îJ).

Ptolmais . A . I ., qui chantait

des hymnes à Dieu ,

vierge de quinze ans,

moi sa mère par amour pour elle

j'ai posé (3) {cette pierre).

Ces inscriptions témoignaient seulement du respect pour la virginité. Elle avait déjà été en honneur chez les anciens Romains, et l'on trouve quelquefois le titre de vierge dans leurs épilaphes. Ce sentiment fut porté à un plus haut degré chez les chrétiens : le panégyrique de la virginité par saint Paul

(1) LEGVRA RESTITVTA Vl.TIT

A>XOS XT . BlIKiO DKCKSSIT IM PAGE.

E. Cœmet. Callist., Aiiinghi, t. I, p. 59-3.

(?) yVE VIXIT A^S. .\V1

ME^CSIBVS SEPTE.U

DIES Xyuil TE 1> PAC

E CVM VIUGINITATE

TVA.

In Mus. coUeg. Rom., dans Lupi, p. 170. (ô) E. Cœmet. ri/r/acœ., Boldetti, t. II, p. 416. Le commencement de celte épitaphe parait devoir étie lu autrement qu'il ne l'a élt' pai' Boldetti. Au lieu de ces mots : qui chantait des Itymnes à Dieu, il faudrait lire : toujours mémorable en Dieu. — C'est une formule très-usitée dans les inscriptions grecques.

lUADITION MONrHEr^TALE. ïo!

anraîl snlfi lui seul pour inspirer celle vénération. 'SlnU il y a d'autres épitaphes qui ont •quehjue chose de plus earacféi'i>ti- <jue : le titre de vierge y est joint à un autre titre, et leur léunion exprime, «on pas seulement la vii*ginilé, mais la virginité consacrée à Dieu.

Les anciens fastes de î Eglise romaine font mention dim rég.lement quun Pa|ve du u*" siècle, saint Soter, fit pour les religieuses. 11 y est (Hiestion de cet étal comme dune institution, non-seulement préexistante à ce règlement même, mais investie jusqu'à cette ép(K}ue de privilèges particuliers pour le service des autels, puisque le Pape décide, par une mesure restrictive, que les religieuses ne pourront désormais ni louclver la palle du calice, ni servir de Iburiféraircs dans le lieu saint {i).

Les inscriptions funèbres des premiers siècles rendent aussi témoignage à lantiquité de la vie religieuse. Le litre de vierge t.mii'€^ eoufiturée , detola (2), y est formellement inscrit :

Furia Helpis xitrge vouée ^5)

»\ec une colombe entre tlrux \ascs ù snse „

]N'ous trouvons dans une inscription le titre de r/er^e bénie j si cette expression ne signifie pas précisément la même chose <iue celle de vierge dévouée, elle indique toujours une conséci'ation :

Douce àme, Aufemie, viergebénie, qui a vécu xxk ans,

elle dort en paix (4) i u ««»<■ <i ■ sang .

(1) Hic (Soter) consliluit iil nulla laonacha pallam sacratam continçeref . j)ec incensiim pouerel iotra sanctam ecclesiam. Catalan, rom. Pontif. , editus à Papebrochio ad lojn. ï api ilis.

(2) On sait que le mol devotus avait dans fancienne langue latine cette sifinificatioa, et cou pas ceUe qui est allaflice au mot français dévot.

(.") FVBI.V IIELPIS

viRGO DEVOTA. Airinghi . t. II. p. 509.

(4) XMMA DVLCIS , AVFEMIA VIRGO

BENEDICTA . <i\h VIVIT . A> XXX DOnHIT . IN . PAGE.

£. Cœmet. Thrason. — Maïaiigoni, Append. de Cœmet. S. Thras. et Saturnin., p. 88.

Le titre de sercante de Dieu était le nom proj3re des religieuses. On désignait sous ce nom les monastères de femmes (1). Si quelqu'une devenait infidèle aux devoirs de son état, elle devenait, dit saint Ambroise, la servante de la mort (2).

Nous ne citons l'inscription suivante qu'avec réserve, parce que sa phraséologie peut faire soup(,*onner qu'elle n'appartient pas à la haute antiquité. Elle a été extraite, suivant JNardini, du cimetière des saintes Sabinella et Savinilla, près de JVepi :

Marculus , citoyen de Nepi , ce xxii jour

de juillet couronné par le martyre décapité,

git ici, lequel, moi Savinilla, serrante de Jésus-Christ,

ai enseveli de mes propres mains (ô).

Un sarcophage des catacombes de sainte Agnès a offert, dans sa partie supérieure, cette épitaphe :

Aur . Agapetilla

servante . de Dieu . laquelle

dort . en . paix .

elle a vécu xxi ans,

m mois, un jours;

son père a fait (ce monument) (i).

Ce tombeau a été trouvé dans un compartiment du cimetière

(1) Monaslcrium Euprrepiie, qiiœ ancillarum Z>ei: congrejjalio esse dignoscelur. S. Greg. I. ex regist. D. Gieg. , lib. XII, ep. 19.

(2) Cseterum quœ se spopondil Chiislo et sanctum velamen accepit, jarn nnpsit, jam immorfali jiincta est viio. Et jani si voluerit niibere commuiii lego connubii, adulterium perpétrai, ancilla mortis eHicitur. S. Aml)ios.. de Lapsii virg., c. V, n. 21.

(ô) MARCvLvs civis >EPEsi>vs H vc un: xxu .

JVI.Il MARTYRIO COnO^IATVS CVPITE THVNr.VTVS

ja<:kt (JVf.1I ego saviuii.i.a .iesv ciiRrsTi a>cil

LA PROPRIIS !ttA?(lBVS SKPEI.IVI.

.Naidin., Discors. sop. la cathed. ( iscov. di Nepi, c. VIII.

(4) AVR . AGAPETILLA

A>CILLA . DEl . (JVE

D0R.1IIT . n . PAGE

VIXIT . AKMS . XXI

jnK>SES III . DIES llll

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