‹ Esquisse de Rome chrétienne (volume 5)Chapitre 42 sur 52 · TEMPLE DE JIPITER CAPITOLIN · texte numérisé non relu

TEMPLE DE JIPITER CAPITOLIN

très, ainsi que les supplices des esclaves ou des captifs, triste mémorial des anciens triomphes. Un seul débris avait échappé; c'était une pierre ronde, sur laquelle on lisait ces mots: A /sis fructifère (1). La simplicité des âges précédents ne s'en était point scandalisée; elle avait pensé que le temple de Jérusalem avait reçu quelques dépouilles des Philistins, et quil n'était pas si mal qu'une pierre dédiée à l'Isis égyptienne, fausse mère de la vie terrestre, fût déposée, dans cette église, aux pieds de la Vierge, véritable mère des vivants. Elle aussi disparut un peu plus tard. Il ne reste qu'une seule inscription antique; la troisième colonne, à gauche en entrant, porte ces mots :

A CVBICVLO AVGVSTORVM.

De la chambre des A ugiistes.

Soit que celte colonne ait fait partie d'un édifice contigu au temple, soit qu'elle ait été enlevée aux ruines du palais des Césars, cette inscription est demeurée fort à propos pour perpétuer en cet endroit le nom et la mémoire d'Auguste, directement liés, comme nous allons le dire, au caractère spécial de l'église du Capitole.

Une tradition, dont il est impossible d'assigner l'origine, a, pour ainsi dire, incorporé dans ce monument chrétien le souvenir de l'homme sous le règne duquel le Christ est né. Eusèbe de Pamphilie rapporte qu'Augutc, ayant consulté l'oracle de Delphes sur son successeur, fut averti par sa réponse que le moment était arrivé où un enfant hébreu allait exercer son empire sur les dieux eux-mêmes. Cette légende a été recueillie plus tard par IN'icéphore, Cedrenus (2) et Suidas (5). Mais ce

(1) IsiDi Fructiferae posvit.

(2) Eusebius narrât Aujjustum, etc. Georg. Cedrenus, Histor. compendiiuii, édit. de Goar, in-fol. Paris, IG47, pag. 182.

(3) Aufjustus Cœsar, facto saciificio, Pythiani inlcirojjavit qnis post ipsum imperaturus csset. llla vcro rcspondil : Ille Puer hebrœus diis beatfs imperans, hanc œdem relirtquere et ad Orcuin redire jiissit. Jhi irjitur nunc silens ah aria nostris. Auguslus igilur ex oraciilo efjressus in Capilolio arain eroxit, çiii latinis litt^ris inscripsil : Usée est ara primogeniti Dei. Jjexic. .

dernier ajoute une particularité qu'il a dû emprunter à une tradition antérieure: r Auguste, dit-il, ayant obtenu la ré- ' ponse de l'oracle , établit au Capitole un autel sur lequel il » mit cette inscription en lettres latines :

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