‹ Esquisse de Rome chrétienne (volume 5)Chapitre 43 sur 52 · H.EC EST ARA PRDIOGEMTI DEI · texte numérisé non relu

H.EC EST ARA PRDIOGEMTI DEI

:> C'est ici l'autel du premier né de Dieu. '»

On a cru que la pierre de cet autel ou un débris de cette pierre s'était conservé à l'endroit où nous voyons aujourd'hui l'autel de la Chapelle sainte^ ou du moins que cette chapelle, isolée du reste de lédifice, marque la place de l'autel augustal. De là est venu le nom donné à l'église elle-même. Elle avait été longtemps désignée sous le titre de Sainte-Marie-du- Capitole (1). Le nom d'autel, dra, n'était donné qu'à la partie de l'église qui vient d'être indiquée. Pierre Mallius et Jean-le- Diacre, dans leur Catalogue des abbayes de Rome, dédié au pape Alexandre III, disent : L'église de Sainte-Marie-dît-Capitolc, oie est l'autel du Fils de Dieu. Chaque église ayant un ou plusieurs autels, on n'était pas dans l'usage d'emprunter le surnom d'un édifice sacré à cette partie qui lui était commune avec tous les autres, et qui n'a\ait par là même rien de distinctif. Mais il y a eu ici une exceplion à raison de l'origine extraordiuîiire qu'on attribuait à cet autel. On a complété la dénomination en disant X'autel du ciel {ara cœii), soit parce qu'il est le plus éminent i)ar sa situation an sommet du mont Capitolin, soit parce qu'on le considérait (îomme ayant été le premier monument qui ait annoncéà l'anlique Rome le rappro- | chôment du ciel et de la terre.

îletle légende a été figurée dans lu fresque que Cavallini a

Suid. — Voir, dans les y/nna/es de Philosophie chrétienne, les textes desdivers auteurs anciens concernant cette prophétie, recueillis par M. Bonnetty , dans une dissertation ayant pour titre : Sur une Prophétie de la Pythie de Delphes, concernant Jésus-Christ , tomexiv, p. 62 (2= série).

(1) Dans la chronique du monastère de S. Cosimato in Vico aurea (S. Cosma in Traustevere) , on lit le nom d'un abbé Monasterii S. Mariœ in Capitolio, en 981). Dans les Actes d'un concile romain sous Benoit VIII, en 1015, il y a cette souscription : Ego dominus abbas Capilolii.

TEMPLE DE jrPITER CAPITOLIN. ^09

exécutée sur la voûte de lahside. Il y a représenté la Vierge avec Tenfant Jésus dans ses bras, et à ses pieds l'empereur Auguste, auquel la sibylle Tiburtine montre le Christ (1). Cette fresque a été la traduction d'un chant liturgique très-ancien. D'après une rubrique particulière, les religieux d'Ara-Cœli devaient se réunir tous les jours, après Complies, autour de lautel de la chapelle sainte , et y chanter ces paroles :

Ici dans un cercle d'étoiles, A la lumière d"un oracle de la Sibylle , Le roi Ta vue dans le ciel.

0 Mère du Christ, dirige-nous Et élève-nous vers le bien En repoussant les traits ennemis.

Prie pour nous , Echelle qui touche aux astres, Afin que nous ne soyons pas tourmentés par Tarmée infernale (2).

Je remarque en passant que ce titre donné à la Vierge : Échelle f/ui touche aux astres, oiïre quelque analogie avec le nom d'AraCœii, qui est devenu le nom de cette église. Ilsem-

(1) La meglior opéra, che questi facessi, fu nella chiesa d'Ara-cieli sul Campidoglio, dove dipinssein fresco nella volta délia Iribuna maggiore la nostra Donna col figliuolo in braccio circundata da un cherchio di stèle, et abbasso Ottaviano imperatore. al quale la sibilla Tiburtina monstrando Gesu Christo. etc. Georgio Vasari nella fita di Cavallini.

(2) Nostri religiosi nel prsesepio, che in questo ogni anno sol fuarsi, rinovano questa memoiia , e ogni giorno, dopo il solenne canto délie complète, innauzi l'altaiedi cui favelliauO; cantano ab immemorabili^ la sequente antifona, veiselto, responsioiio, ed orazione ,

« Stellato hic in circulo sibylloe tuncoraculo, te vidit Rex io cœlo . ô Mater Christi . dirige nos, et ad bonum érige pulso maligno telo.

Ora pro nobis scala tangcns astra, Ne DOS affligant damnatorum castra. »

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