‹ Esquisse de Rome chretienneChapitre 13 sur 96 · ÉGLISE DE SAINT-GEORGES EX VELABRE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE SAINT-GEORGES EX VELABRE

Cette «'dise nous offre, sur la façade de son portique, le certificat de son antiquité. C'est une lettre de saint Grégoire 1er qui prescrit d'en avoir soin !. Toutefois des savants ont contesté que celte lettre soit relative à l'église dont il s'agit. Suivant

1 Quia ecclesiam S. Georgii positam in loco qui Ad Sedem dicitur, minorem quam oportet diligentiam habere cognovimus, utile esse perspeximus. quoniam monasterium tuum eidem ecclesiœ noscitur esse conjunctum, ejus tibi curam coiiimittere, bortantes ui et sollicitudinem ilîic congruam studeas adbibere, et psalmodiae oflicium solemniter exhibere facias. Et quia ecclesiam ipsam r^paratione certum est indigere, volumus ut quidquid illuc accedere poluerit,

iccipere atque in ejus reparationem ut praevideris debeas erogare. Hanc vero sollicitudinis curam, quam tibi hujus pagina prrecepti mandavimus, tam te, quam etiam succès-

- tuos, qui monasterii regimen, Deo auctore, suscepcrint, exhibere, etqua? constituimus. per omnia volumus obser \are. [S. Gregorius ad Martinianum abbatem, 1. xt, Epst. 73 dans Pat. latine, t. 77, p. 1212).

eux. il est plus probable qu'il y est question d'une église de Saint-Georges située en Sicile.

Ils ont conjecturé d'abord que l'abbé Marti nien, auquel elle est adressée,, doit être un personnage, ayant le même nom et le même titre, qui habitait Palerme et auquel saint Grégoire a écrit deux lettres que nous trouvons aussi dans le recueil de sa correspondance. On répond à cette objection en citant une lettre, également consignée dans ce recueil. Son contenu suppose qu'un Marti oien abbé, dont il y est fait mention, n'était pas établi en Sicile, mais à proximité de la résidence papale.

Les mémts savants objectent que l'église en question était située, comme le dit saint Grégoire, près du siérje [ad sedem), et qu'on ne connaît aucun lieu ou édifice de l'ancienne Rome qui ait porté ce nom. Mais n'y a-t-il pas plusieurs lieux, plusieurs monuments romains dont on ne trouve le nom, ou un des noms, que dans une mention accidentelle faite par un seul auteur? D'ailleurs les mots ad sedem sont plutôt une preuve qu'une objection, dans le sentiment des antiquaires qui placent, à côté de l'endroit où l'église Saint-Georges a été fondée, le tribunal^ le .$%£ judiciaire d< Libon. dont parlent les auteurs anciens \

rum, Pu.ttalque Libonis. Horat. I Epis t. xix, 8). Ovide a dit à propos des usurier.- :

Qui Puteal Janurnque timet celeresque kale. dia amoris, v. 561).

On a dit enfin : Esl-il à présumer que saint

►ire ait pris la peine d'écrire une lettre à un personnage <jiii habitait Rome, à quelques

pas «le sa demeure? Cette observation est encore moins concluante. D'abord, il existe plusieurs lettres de ce Ponlife à des individus qui demeuraient a Rome. D'ailleurs, on ne lait |>as attention «pie cette lettre n'est pas une simple epitre, mais un rescrit officiel, adressé à l'abbé Marti nien et à successeurs.

Les Bénédictins de Saint-Maur, dans une «le leurs notes sur les lettres de ce Pontife, inclinent à croire que cette église date du 4* siècle \

Dans tous les cas, elle est inscrite sur la liste des plus anciennes abbayes de Rome. Son architecture otïre la simplicité des basiliques primitives. Ses murs sont incrustés de plusieurs débris de l'antiquité chrétienne, parmi lesquels je remarque cette épitaphe si belle dans sa brièveté :

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