PAULA IN DEO
Paule en Dieu.
L'endroit dans lequel cette église est bâtie, cou-
1 Quandoquidem ecclesia illa, jam tum, id est an no 601, reparatione egebat tanta, ut ejus curam sibi non negligendam ipse Pontifex Romanus censerei, vel hinc cognosc: datur, quod ea, ubicumque sita, fuerit perquam antiqua, ac verosimiliter ip>o, quo S. Georgias passus est, seculo, faiûcata, scilicet, quarto ineunte. (Nota Patr. Maurin. ia Epis:. 73 ad Martinianum, Pat. lat., t. 77, p. 1212).
Ôb CHAPITRE XIX.
veri d'eaux marécageuses pendant les premiers temps de Home1, a été le centre d'une foule de lieux illustres. La place où se trouvait le grand Autel qu'on disait avoir été érigé par Hercule, les étonnantes constructions des Tarquins pour l'écoulement des eauv, l'arc de Janus, la citadelle de la roche Tarpéienne. le forum romain, le mont Palatin, le cirque Maxime, forment son entourage.
Lorsqu'on cherche quels ont été les édifices, successivement construits en cet endroit, et auxquels la Basilique chrétienne a succédé, on arrive à reconnaître sa vraie signification.
Ce lieu, à l'entrée du grand marché aux bœufs, forum boarium, était un des quartiers les plus commerçants de l'ancienne Rome. C'est dans ces quartiers surtout que se trouvaient les basiliques civiles des anciens Romains. On s'y rendait pour traiter les affaires commerciales : les tribunaux y étaient établis. Le local dont nous parlons a eu sa basilique 2. La plupart des antiquaires se sont.
1 At, qua Yelabri regio patet, ire solebat Exiguus puisa per vacla linter aqua.
(Tibul. ii Eleg. v, 33).
Q;;a Velabra soient inCircum uucere pompas, Nil praïter salices, cassaque canna fuit... Hic, ubi nunc fora sunt, lintres errare videres , Quaque jacent valles, maxime Circe, tuœ.
Ovide, Fast. vi, 405 ; u 1590).
* Idco mulia ibi mercimonia, quam basilica} pro actis judi~
rangés à l'opinion du vieux Marlianus qui nous dil : a La basilique Sempronienne était située là ». où nous voyons l'église Saint-Georges1. »
Cel édifice, construit par Sempronius, s'élevait, d'après une indication fournie par Tite-Live, près «lu S'ujne de Vortumne (Vortumni Signum , tjue ces antiquaires placent en ce même lieu2. Or te passage de Tite-Live nous apprend que cette basilique a été fondée sur remplacement de la maison de Scipion l'Africain \ Cette maison existait, lorsque Sempronius voulut faire une basilique. 11 l'acheta. Soit qu'il l'ait abattue pour en employer les matériaux, soit qu'il en ait fait entrer les murs dans la nouvelle construction, ce qui est peut-être plus vraisemblable, l'édifice Sempronien lui, par sa situation et ses pierres mêmes, l'héritier de cette illustre demeure. Les idées de négoce et oe procès, que la basilique attacha, pendant plusieurs siècles, à ce lieu, ne peuvent y effacer la splendeur d'un pareil souvenir.
cum et antiquitus mercatorunï excrcebantur. (Donatus, De Ur - Roma).
1 Apud a?dem nu ne B. Georgii fuit domus P. Africani, ubi deinde Tiberius Sempronius basilicam fecit (Barth. Marlianus Urbis Romœ topograph., liv. ni, c. 13).
2 Donat. De urbe Roma. Lu, c. -23.
3 Tiberius SemproDius ex ea pecunia, quœ ipsi attributa erat, aedes P. Africani pone xeteres (tabernas) ad Vortumni signum, lanienasque et tabernas conjunctas inpublicum émit, Ifcsilicamqiie faciendam curavit, quœ postea Semproiua appellata est. (Titus Liv., 1. xliv, c. 16).
TOMK III. 3
C'est là que Rome chrétienne, dans l'époque même où elle a commencé à produire en liberté ses monuments, a dédié une Église, un trophée à un des plus grands héros chrétiens des premiers siècles1. L'intrépidité du soldat n'avait été, dans saint Georges, que le rayonnement et l'ombre de son éternel combat contre le mal. La liturgie grecque lui a donné le titre de grand martyr, de remporteur de victoires 2. Rome le salue, dans ses prières, comme le défenseur de l'Église universelle. Elle l'a choisi aussi pour un de ses protecteurs spéciaux, et pendant longtemps le peuple romain a porté, chaque année, à celte basilique, un étendard militaire dont il lui faisait
hommage.
L'admiration pour saint Georges s'est produite très-anciennement dans une légende allégorique, souvent adoptée par la peinture. Elle le représente perçant de sa lance un Dragon, prêta dévorer une femme abandonnée, qui est la tîgure
' Martyris egregii pollens micat aula Georgi,
Gujus in hune mundum spargitur altus honor
Careere, caxle, famé, vinclis, site, friçore, flammis Confessus Christum, duxit ad astra caput ;
Qui yirtute potens Orientis in axe sepultus Ecce sub Occiduo cardine prcebet opem.
(Fortunat. Carminum, 1. n, c. 16, Pat. lat. t. 88, p. 107).
2 Voir Memor. istor. del sacr. Temp. di S. Georgi, dal Federci di San-Pietro ; Roma 1791, p. 59.
des malheureux el des faillies. Saint Georges est nu le prolecteur populaire des guerriers chrétiens. La chevalerie avait pour principal palron parmi les anges saint Michel, qui a terrassé le dragon infernal. Elle avait, pour premier patron parmi les saints, le guerrier qui a mérité d'être représenté comme le lieutenant terrestre de l'Archange.
Tel est le souvenir que la basilique de Saint- Georges a implanté sur le sol de la demeure de Seipion. Au modèle du guerrier antique eile a suhslitué le type du chevalier chrétien.
L'ÉGLISE DE SAINT-PIE RRE-ÈS-LIEX S SUR LESQUILIX1.