‹ Esquisse de Rome chretienneChapitre 15 sur 96 · Observations préliminaires · texte numérisé non relu

Observations préliminaires

C'est sur FEsquilin que se livra, on peut dire, le grand combat enlre la divinité du Christ et la divinité des Césars.

Comme nous le verrons, le culle des chaînes de Pierre captif y lutta contre le culte d'Auguste-Dieu, et demeura vainqueur. Un pécheur chassa le maître du monde.

Décrivons d'abord le lieu de la lutte.

Au commencement du règne d'Auguste, YEsquilin était encore un lieu désert destiné à recevoir les immondices de la ville, et servant de charnier pour les personnes de basse condition. C'était un lieu mal famé, où Horace place le Ihéâ-

1 Ce chapitre est celui qui a été perdu. Cl est en entier de M Bonnetty. ..IBRARY

ÉGLISE DE BAINT-PÎERRE-ES-L] 41

Ire des opérations magiques de la vieille Canidie1. Mécène lit nettoyer ce quartier et y construisit ses célèbres jardins, son palais, et la tour du liant de laquelle Néron contempla Pincendiede Rome, et alors tout auprès vinrent habiter Virgile, Marcus Crassus, un des trois triumvirs, Properce, Pline le Jeune. Perse, et un grand nombre de patriciens, qui donnèrent à ce quartier le nom de Ficus pair icius.

L'Esquilin forma dès lors deux régions de Rome, la 5' pour le haut Esquilin où se trouvaient 8 luci ou bois sacrés, <> temples, G œdes ou petits temples, parmi lesquels celui de Venus Verticordia ou la protectrice de la chasteté, tout à fait supprimée dans nos Appendix de diis, falsificateurs de la religion païenne 2, 6 œdiculœ ou chapelles, 3 êacella et ~2arœ ou autels publics, et le champ scélérat où l'on enterrait vives les Vestales coupables3.

L'Esquilin inférieur formait la 3* région où se trouvaient les temples d'Isis et de Sérapis, celui de la Concorde civile, 8 œdiculœ. Là étaient aussi les palais des Bruttiens et des Pompéiens, habités par Antoine, les thermesde Titus, de Trajan, de Dioctétien, et surtout le palais de Néron, qui couvrait presque toute cette région.

1 Horace, Y Odes, v, 100.

2 Voir une dissertation sur cette Vénus pudique dans le.* Aimait* de Philosophie, t. i, p. 150 (6e série),

3 Voir Panvinius, Urbs Roma, regio Ve.

Ce palais, bâti une première fois sous le nom de Domus transitoria, fut détruit dans le grand incendie qui consuma une partie de Rome et qu'on accusa Néron d'avoir lui-même allumé. Alors il le fit rebcàtir et il devint la fameuse Maison dorée, dont Suétone décrit ainsi les extravagantes beaulés :

« Pour en faire connaître l'étendue et la ma- » gnificence, il suffira de dire que dans le vestibule » s'élevait une statue colossale de Néron, haute » de 1 20 pieds. Les portiques avaient trois rangs de » colonnes et un mille de longueur. On y voyait » aussi un étang, pareil à une mer, entouré de )> constructions qu'on aurait prises pour une » ville, et de plus, des campagnes semées de » champs, de vignobles, de pâturages et de forets, » avec une grande multitude de bestiaux et de » bêtes fauves. Les autres parties de l'édifice » étaient entièrement couvertes d'or, et incrus- » tées de pierres précieuses et de moules perlières ; » les salles à manger étaient lambrissées avec des » planches d'ivoire mobiles pour répandre, par » les ouvertures, des fleurs et des parfums sur les y) convives ; la salle principale élait une rotonde, » dont le dôme tournait, nuit et jour, comme le » ciel , les bains étaient alimentés par l'eau de la » mer et par les sources d'Albula. Le jour où ce » palais fut achevé et inauguré, Néron se cono tenta de dire, pour témoigner sa satisfaction,

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