‹ Esquisse de Rome chretienneChapitre 16 sur 96 · ÉGLISE DE SAINT-PIERRE-ES-LIEN · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE SAINT-PIERRE-ES-LIEN

d <jifil commençait enfin à être logé comme un

a km) nue '. »

Tacite, après avoir parlé de l'incendie, stigmatise en ces termes la prodigalité «lu maître, e( nous donne le nom des exécuteurs de ses fantaisies.

« Néron mit à profit la destruction de sa pairie, » et bâtit un palais où l'or et les pierreries

n'étaient pas ce qui étonnait davantage ; ce d luxe est depuis longtemps ordinaire et commun.

Mais il renfermait des champs cultivés, des lacs,

des solitudes artificielles, bois, esplanades, persil p( clives lointaines. Ces ouvrages étaient conçus

et dirigées par Celer et Severus, dont l'auda- » cieuse imagination demandait à l'art ce que re- » fusait la nature2. »

Dans ce même palais, Néron avait élevé un temple à la Fortune Scia, avec une sorte de pierre (l'albâtre oriental), trouvée récemment en Cappadoce, " transparente comme le cristal, dit d Pline, dans laquelle, même quand les portes o étaient fermées, la clarté du jour continuait à » s'y montrer d'une manière ditTérentede celle de

1 Suétone, Néron, c. 31.

2 CaHeruui Xero usus estpatriœ ruinisc\,tmxitque domum in qua haud perinde gemmai et anrum miraculo essent, solita pridem et luxu vulgata, quam arva et stagna et in modum solitudinum hinc silvae, inde aperta spatia et prospectus, magistris et machinatorSLus Severo et Gelere, quibus ingenium et audacia erat, etiam quœ natura denegavisset, per artem tentare (Tacite, Annal., xv. 42).

14 CIIAPITIiE XX.

t> la pierre spéculaire, connue si la lumière y était » renfermée, et non transmise1. »

C'est dans le vestibule de celte maison que se dressait le colosse néronien de 120 pieds de haut, fait par Zénodore. Néron voulait qu^on le jetât en or ou en bronze; mais l'artiste trouva cela au-dessus de son art2.

Les Romains stupéfaits regardaient disparaître leur ville, absorbée par la maison de leur empereur, et l'un d'eux osa afficher sur ses murs ces deux vers :

Roma domus fiet ; Yeios rnigrate, Quintes,

Si non et Yeios occupât ista domus 5.

Rome deviendra une maison; émigrez à Véies, Romains,

Si toutefois cette maison n'envahit pas aussi Véies.

Pendant que Néron bâtissait ce palais, il ne savait pas qu'a côté de lui, en face de sa maison et chez un de ses sénateurs les plus distingués*, Pudens, que Paul appelait frère5, habitait un Juif du nom de Pierre, qui comptait déjà 24 ans de

1 Pline, Hist. nat., 1. xxxvi,c. 40.

: Pline, xxxiv, c. 7.

3 Suétone, Néron, c. 49.

4 Tillemont accumule des textes pour prouver que Pudens n'était pas sénateur Mémoires Ecoles, t. i, 172) ; mais Blanchini fait bien concorder tous ces textes, et prouve que ce Pudens appartenait à la noble famille des Cornélius Scipions. (Notes sur Anastase, dans Pat. lat. t. 127, p. 1225). Martial parle souvent de cette famille (iv, Epig. 13;.

° llïim., vi, 21.

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