‹ Esquisse de Rome chretienneChapitre 41 sur 96 · TO.UE I · texte numérisé non relu

TO.UE I

AJPITRB XXI,

chées, et les hommes sont le plus brûlés par les ardeui ilcil. Alors la B. Mère de I

Irer aux hommes la place de la

Basilique qui devait lui être bâtie, lit ce miracle : Pendant une nuit de ce mois, aux noues d'août le 5), tout-à-coup, contre la natu: ce temps. l'air se resserra par une si grande congélation du froid et s'épaissit par une si grande condensation des nuées que, ia pluie étant survenue, il tomba une grande quantité de neige, qui. recouvrant seulement le lieu où devait être bâtie la Basilique, opéra en même temps le miracle, et le grand froid.

La même nuit, la sainte Mère de Dieu voulut montrer la même vision au Pontife sus-nommé, au patricien et à son épouse. Cette vision confirma la révélation par l'aspect du miracle, et confirma la vision secrète par le changement subit du temps.

Leçon 3tte. — La très-sainte Vierge, apparaissant au sus-dit Pontife, voulut ainsi l'instruire par l'oracle de cet avertissement :

« La bonté de tes œuvres et la vigilance de ta n sollicitude, par lesquelles tu es connu comme >< plaisant beaucoup à Dieu tout-puissant, t'ont

rendu recummandable de telle manière que

» ce qui jusqu'à ce moment n'avait été opéré

r personne en l'honneur de mon nom,

c il me plaît de le faire exécuter par toi afin

MAJEUF

8 0.ue tu sois une cause de salut pour tous

ceux qui imiteront la dévotion de ton cœur.

» Mais afin que (os pensées n'hésih nt pas ambi-

ird du mystère de celte dévotion,

que je confirme parles présentes paroles, j'ai

» voulu la présenter à l'admiration de tous par

' un grand miracle, de telle sorti.' que, contn la

nature du temps, j'ai couvert une place d'un .

admirable neige, qui marque la candeur et le

don de l'Esprit Saint.

» En ce lieu je t'ordonne de bâtir une Basilique

" Qn mn" nom; lu auras en cet ouvrage pour

» aide convenable Jean le patricien, qui se hâ-

» fera de venir vers toi dès le grand matin,

prêt à obéir .humblement à tes ordres. Dirige-

» toi incontinent vers le mont appelé Superagium

• avec lui, avec tout le clergé et le peuple de la

» ville, et lu y trouveras le lieu que j'ai réservé

xpressément pour cela, et bientôt tu commen-

» ceras à y bâtir l'Église de mon nom. »

Or comme- Libère était étonné de la grandeur de cette vision, et que son esprit hésitait sur la difficulté de connaître la personne qui lui pariait, il entendit aussitôt la réponse : « Qu'elle • était Marie la Mère de Dieu de qui Jésus- Christ le (ils de Dieu en est sorti, comme » l'époux de sa couche, incarné pour les hom- I mes. »

Cela dit, la bienheureuse vision disparut de ses

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yeux et dans le même moment elle apparut au Patricien et à son épouse, et leur adressa ces paroles :

Leçon Y. — « J'ai regardé d'un œil favo- » rable le dévouement de Ion cœur et ton projet » plein de fui, par lequel tu as choisi spéciale- » ment la protection de ma défense, et je l'ai » accepté avec ma mi -cri corde accoutumée à » l'égard des fidèles du Christ. C'est pourquoi je » veux que tu saches que, voulant te donner un )) successeur perpétuel de tes biens et de tes hé- » ritages, tandis que tu me construis une Mai- » son sur la terre, je te prépare un grand trésor h et une Demeure éternelle dans les cieux. Je te » commande donc de faire ceci : Quand tu seras o levé de grand matin, hàte-toi de te rendre » auprès du pape Libère. J'ai choisi un lieu spé- » cial pour y bâtir ma Maison, et, afin qu'elle » soit toujours solennellement honorée, j'ai n voulu manifester ma volonté par un grand » miracle, en sorte que, à cette époque même, » la neige couvrira ce lieu et n'en couvrira pas » d'autre que celui où, en mon nom et avec le b conseil du pape Libère, je t'ordonne de bâtir » en mon nom une Basilique. »

Lt lorsque la sainte Mère de Dieu eut indiqué son nom à Jean et à son épouse, la vue de la sainte révélation disparut de leurs yeux et les laissa dans une si grande admiration qu'ils pas-

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sèrerit le reste de la nuit sans dormir <■! se répandirent en louanges divines. Leçon .">'. — Lorsque le patrice Jean fut sorti

de grand matin des portes de son palais pour se. rendre chez le Pontife, ainsi qu'il l'avait entendu dire en songe, il vit tout le lieu désigné couvert de neige. Continué par cette preuve de la réalité de la vision, il se hàla d'obéir aux ordres reçus dans la vision. Arrivant donc rapidement au palais de Latran, il se mit à frapper avec insistance à la porte, croyant que le Pontife ignorait ce qui lui avait été révélé aussi à la même heure. Mais lorsque débarrassé des obstacles, il fut parvenu au Pontife et que, tout anxieux, il désirait lui apprendre ce qui lui avait été révélé, le pieux Pape prévint ses paroles en disant :

«: Il faut, mon cher fils, que nous rendions de » grandes actions de grâces à Dieu tout puissant, >• qui, quoique indignes et privés de toute gran- » deur de mérites, nous a choisis pour une » spéciale dévotion à sa Mère, et a daigné décla- » rer, à notre grand clonnement, ce qu'il a voulu >• accomplir par nous. C'est pour cela qu'en ■ changeant la température du temps, il a remué » tous les coeurs de peur et d'admiration. Aussi » je désire que tu saches, que des messagers, en- » voyés de notre part, ont déjà appelé auprès de » nous tout le peuple et tout le clergé de la ville; v de plus, j'ai reçu Tordre que, lorsqu'ils seroni

» assemblés auprès de nous, nous nous

diriger ensemble vers le mont Saper agiurîi,

b pour rechercher avec soin le lieu que la B.

Mère de Dieu, par la chute inopinée des neiges,

s'est réservé pour être orné d'une prérogativ<

b spéciale.»

Pendant que le Pontife parlait ainsi, le Sénal et les plus distingués de tout le peuple, étaient arrivés devant les portes du palais, grandement excités, par l'appel qui leur avait été fait, et par la nouveauté du miracle, et demandant avec de ides instances à voir le Pontife.

Leçon 6e. — Quand le Pontife fut sorti avec le Patrice et tous les Cardinaux, il se mit à leur parler ainsi :

« Il convient, mes frères, de nous réjouir beau- -:■ coup dans le Seigneur et de le louer de ce que, :v par sa divine clémence, il a établi cette illus- » tre ville pour être la tête et le fondement delà ); Religion chrétienne, et ait placé en elle la ), Primauté de toute l'Eglise parles mérites des » BB. apôtres Pierre et Paul. En ce jour il

> daigne l'amplifier et la décorer de présents

> pieux et de dons spirituels en nous gratifiant d d'une protection telle que personne ne puisse » nier que d'immenses bienfaits divins nous sont ;< arrivés du ciel. Très-chers frères, la neige que » vous voyez être tombée du ciel, dans ce temps o de brûlante chaleur, est l'indice du bienfait

BÀINTE-MÀIUE-JO loi

Dieu loul-puissanl a voulu lais ^ tombi r sur c Ue terre ; c'est pour montrer vous devenir blancs, si nous nous is avec un espril de dévotion de l'œuvre d qu'il a daigné nous commander pur la \ : sainte Mère. »

Lorl me le Pontife eut < xposé, dans tous

ses détails, ce qui avait été révélé à lui-même et à *i le Patricien, f xièrent unanimement:

« Que Dieu u". »

-. en chantant les louanges divines, se rendirent avec le Pontife au lieu désigné, et le ni couvert d'une neige épaisse.

Bientôt le Pontife, tout joyeux, prenant une bêche, commença de ses propres mains à fouiller, suivant que la neige l'avait marqué, la terre qui aussitôl fut mise à découvert tout àl'enlour.

Après avoir vu le miracle, et célébré les offices divins, en rendant grâces à Jésus- Christ et à »a Mère, tous rentrèrent chez eux, remplis d'une grande joie.

Ensuite le Patrice, et, avec lui son épouse, construisirent de leurs deniers à la B. Vierge un temple que le Souverain-Pontife consacra quelque temps après en l'honneur de Dieu et de la I>. Vierge \

ilicx S. Maria- Majoris de Urbe a Libéria papa I usque ad p<*vh '■ max. Descriptio et delineatio, auctore

abbatc Paulo de Angelis, libri xn.(Lib. n, c. 2).

Nous y ajoutons la traduction de la Séquence qu'où chantait à la messe.

« En l'honneur de la Mère de Dieu, qui est le salut de notre espérance, en celte heure même de ce jour, chantons doucement un cantique.

» Vous êtes la More vraiment admirable, devenue miraculeusement blanche, et qu'il faut humblement invoquer, louer et intercéder.

» Voilà que la Vierge clémente, en ce joursplendide, a voulu qu'un Temple lui fût élevé dans les murs de cette ville.

» D'une manière admirable et étonnante agissant contre le temps, elle a blanchi le soi de son Église avec une neiire très-réelle.

» La Vierge se montre en vision au Grand-Prêtre, et lui dit : « Toi-même avec ton clergé et le Pa- )> trice soyez témoins de l'admirable chose que j'ai d faite.

» Va. c'est moi-même qui l'ai fait, voir l'Eglise » dont j'ai marqué la forme quadrangulaire. »

» C'est ainsi, Vierge, que d'une manière ad mi rable vous nous avez construit une Eglise, ornée de pierres carrées de porphyre par le miracle d'une neige très-réelle.

» C'est vers vous, Vierge-Mère immaculée, que nous soupirons constamment : daignez nous recommander à votre Fils. — Amen1. »

1 Voir le texte à l'Appendice xvm, à la fin du volume.

LA BASILIQUE VATIGANE

Toute construction peut se développer plus ou moins suivant (rois dimensions, en profondeur, en surface, en élévation. L'architecture chrétienne a commencé par se développer dans ie premier sens : elle est née dans les profondeurs de la terre. Les églises des Catacombes n'étaient remarquables ni par leur hauteur, ni par leur étendue. Leurs voûtes étaient basses : des cryptes spacieuses, creusées dans le tuf granulé, n'auraient pas offert assez de solidité, ou elles auraient exigé de trop grands travaux. On préférait multiplicités lieux de réunion. Chacun d'eux ne contenait guère que la quantité d'air respirable qui était absolument nécessaire ; il fallait même quelquefois ouvrir, dans la partie du sol qui formait la voûte, une espèce de tuyau pour faire pénétrer l'air extérieur. D'ailleurs chaque église était divisée en deux parties : l'une pour les hommes,

l'autre pour les femmes. Ces deux parties étaient situées non pas parallèlement, mus de manière que l'une était comme la prolongation de l'autre. Elles ne communiquaient ensemble que par un étroit corridor, de sorte que le regard ne pouvait embrasser qu'une moitié de l'église. L'architecture chrétienne des Catacombes n'est imposante que parce qu'elle est souterraine : elle a la majesté du

tombeau.

Au 4e siècle elle sort de terre, et se développeen surface. L'église de cette époque couvrait, toute proportion gardée, un plus grand espace que celui de nos églises actuelles. Outre le corps de réditice, elle renfermait le portique quadraneulaire, où se tenaient les pénitents et les catéchumènes pendant une partie du service. Une centaine de chapelles des Catacombes auraient pu tenir dans la vaste enceinte de quelques basiliques Constanti niennes. Les principales, telles que la basilique de Latran et celle du Vatican, avaient à côte d'elles les palais Apostoliques qui en étaient comme la prolongation.

Toutefois l'édifice chrétien n'a pas acquis dèslors, en hauteur, les proportions qu'il devait atteindre plus tard. 11 dominait les maisons des particuliers; mais les basiliques civiles, les palais, les tours rivalisaient avec lui. Les pensées, 'réalisées dans l'architecture sacrée, ne demandaient-elles pas un autre développement,

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