Opinion de M. Alexandre de l'Institut
D'abord, il ne fait pas de difficulté d'avouer que celte tradition était déjà répandue et. admise au 0e siècle. Ce qui\ dit-il, n'est pas une preuve méprisable d'antiquité ; aussi n'est-elle pas touta fait dépourvue de fondement. D'après lui, on a été trompé par l'inscription de quelque antique autel, qui avait existé au Capitole du temps de Constantin, et qui, en effet, aurait porté l'inscription, au Bleu premier né, formule païenne ou d'une origine inconnue ; peut-être due à la secte des Néo-Pylhagoriciens et des Orphistes, qui admettaient un Dieu protogonus ou Dieu premier-né t dans leurs hymnes \
1 Oracula Sibyllina, t. n, p. 303 ; Paris, Didot 1856. « Voir Y hymne Y des chants orphistes; dans la collection de Lectius, t. i, p. 5
APPENDU i: II. 1 : ■;»
L'autel ayant ensuite disparu on ne sait quand, le souvenir en resta, et c'est sut ce souvenir que
l'on éleva dans la suite Y église de Sic-Marie in Capitolio, et la piété des peuples ayant augmenté à l'égard de la Ste Vierge, c'est de là que vint la croyance qu'elle était apparue couronnée d'étoiles a Auguste, et lui avait montré le divin Enfant.
Celte couronne d'étoiles parait à M. Alexandre avoir été prise de ce que dit, à la fin du ùe siècle, Paul Diacre, que, lorsqu' Auguste arriva à Rome après l'assassinat de son oncle, une couronne ou
arc céleste entoura le soleil \
Très-antique est aussi, d'après lui, la dénomination d'Ara Cœli donnée à cette église, au 12° siècle, parles Souverains-Pontifes eux-mêmes; ce que -prouve une Huile de l'anti-pape Anaclet qui, vers 1130 et 1134, donna l'église de Sainte- Marie aux Bénédictins2.
C'est ce pontife qui lit construire l'autel que l'on y voit, et qui fut orne plus tard des colonnes qui y sont encore, et où Ton voit Auguste à genoux et la Ste-Yierge avec l'enfant Jésus, ayant le nimbe en forme de couronne, avec cette inscription qui parait être, dit M. Alexandre, du l^p siècle:
1 Paulus Diacomis, Uist. Misccll., 1. vin, clans Pat. lat., t. 105, p. 857.
- Voir Wadding, Afin. Fratrum. min., t. in. — Angclus -ira, Opusc. phi loi., 1. xx, p. Iu3.
2n > APPENDICE II.
i Toi, qui montes à cette vénérable église de u la Mère divine,, et qui lut la première de toutes » celles qui lui furent élevées dans le monde, )) sache que César Octayien éleva cet Autel, lors- » que le divin EnfanI du ciel lui apparut1. »
Quant a la mention de la Sibylle tyburtine, qu'on trouve pour la première fois dans la chronique de Martinus Polonus, M. Alexandre croit que ce seraient les Frères Mineurs, qui, vers \'rlQ, pour donner plus de vogue à leur église, auraient fait intei venir celte Sibylle. Ceci est fort douteux. Aussi M. Alexandre ne donne-t-il cetfe supposition que comme vraisemblable'1.
On voit comment M. Alexandre n'appuyé son opinion que sur des conjectures, auxquelles il ajoute lui-même peu de foi.