‹ Esquisse de Rome chretienneChapitre 72 sur 96 · S. BERNARD · texte numérisé non relu

S. BERNARD

Bienheureuse Vierge, que ceux-là passent sous silence votre miséricorde, qui se souviendront de n'avoir pas été assistés par vous lorsqu'ils vous ont invoquée dans leurs nécessités. Nous vous félicitons de vos autres vertus; mais, pour celle-là, nous nous en félicitons nous-mêmes. Oui, notre misère peut recourir à cette miséricorde avec une enlière confiance. Dans votre tendre compassion pour nous, ô Vierge bénie, l'ai les éclater partout la grâce que vous avez reçue de Dieu, et obtenez, par vos prières, pour lis p h heurs le pardon, pour les âmes malades les remèdes qui les guériront, pour les cœurs faibles la force et le courage, pour ceux qui sont en danger le secours dont ils ont besoin, et pour les justes la délivrance à laquelle ils aspirent. Ainsi soit-il.

io.

APPEXDICE V.

(Tome i, p. loi, ia-8°; p. 167, in-12.j

Mgr Gerbet indique ici qu'il voulait donner dans Y Appendice les textes qui prouvent que le corps de S. Pierre a été inhumé au Vatican. Nous croyons qu'on no trouve nulle part des textes plus explicites et plus nombreux que ceux que le savant Aringbi a insérés dans sa Borna Subterranea, voilà pourquoi nous reproduisons si dissertation en la traduisant en français. Les lecteurs de Y Esquisse y apprendront à peu près lout ce que l'on sait sur l'inhumation du saint Apôtre.

ROMA SIBTERRA^EA

L. II. CHAP. V. — Du lieu du martyre et de la se pulture du bienheureux apôtre Pierre.

I. — Les écrivains ne sont pas d'accord sur le lieu certain et précis où S. Pierre consomma

PENDICB V.

glorieux martyre par le ^ 1 1 j » p lî < -* - de la croix. Nous avons cru nécessaire d'examiner el de soumettre au jugement du prudent lecteur chacune

de ces opinions diverses <|in se contredisent, opinions exposées dans les Monuments sacrés des sept églises, que Severanus1 a fait paraître, ouv rage souvent cité par nous dans ce volum qui ont été également relatées par Bosio.

II. — Il y en a donc qui pensent que le martyre de S. Pierre eut lieu au haut du Jani là même où existe actuellement une église du même apôtre vulgairement dite in monte aureo, et au m dieu du cloître du monastère, qui est conligu, où Ton voit un édicule de forme parfaitement ronde el d'une merveilleuse structure, érigé en son honneur par Philippe II, Roi d'Espagne ; c'est à cet endroit même qu'ils soutiennent que la croix du bienheureux apôfre fut plantée. Les défenseurs de ce sentiment font surtout valoir cet argument, que, dans la description du martyre, on lit, que <, Pierre fut » attaché à la croix près de la Naumachie. » Mais les écrivains des antiquités romaines placent la Naumachie dans les quartiers au-delà du Tibre au pied du Janicule. Les mêmes invoquent encore la tradition en leur faveur, et ils

1 Memorie sagre délie sctle Chicse di Roma, e di altri Inogiii clic si Irovanoper le strade di esse. In-S°, Rorna IC30.

disent que c'est ce glorieux souvenir qui a inspiré à tout le peuple romain ce sentiment de respect et de religieuse vénération qui se manifeste encore aujourd'hui. En outre , pour corroborer encore davantage leur assertion, ils pirlent d'une révélation à'slmadei, personnage très-estimé de son temps à cause de la sainteté de sa vie, car ils disent que c'est de Dieu luimême qu'il a appris que la sus-dite colline avait été illustrée par le martyre de l'apôtre Pierre.

III. — D'autres défendent une opinion contraire et soutiennent opiniâtrement que le B. Apôtre a été crucifié au même endroit du Vatican, où il fut ensuite enseveli par la main pieuse des fidèles, ex ou l'on voit encore la Basilique construite sous son nom si célèbre dans le monde entier. Et quoique, sur cette matière sujette à dispute et qui souffre la controverse, les uns et les autres aient en leur fa- Vjur des écrivains estimés sur l'autorité desquels ils s'appuyent, et que nous n'ayons pas le dessein de rien établir ou définir de certain làdessus , toutefois nous croirions faire la plus grande injure à la gloire et à la dignité de la montagne du Vatican, dont il s'agit présentement, et diminuer considérablement la sainteté de ce lieu, si nous n'exposions les nombreuses raisons qu'ils présentent, et à notre avis plus

APPENDICE v. 2G5

solides, plus propres à convaincre sur ce point el qui facilitent la tâche de l'écrivain. S'il faut nous en tenir à la tradition, certes, c'est ui:c tradition bien plus ancienne; admise presque par tous jusqu'à notre époque, constamment, dans le cours de tant de siècles et qui s'est accru.' de jour en jour par un consentement plus général savoir : « Que Pierre a été autrefois attaché au ., bois de la croix et inhumé sur le Vatican, où » l'on voit maintenant se dresser l'Eglise qui » porte son nom. »

Car là, comme le dit Julius Herculanus \ existait un lieu qui, d'après l'opinion commune de tous transmise jusqu'aux descendants, était ouvertement désigné comme celui du crucifiement du B. Pierre, et qui, sous ce titre, était en très-grande vénération parmi les fidèles. Pour ce qui concerne l'argument que font valoir en leur faveur certains écrivains, tiré de la Naumachie placée sous le Janicule , il est vrai qu'il y a eu ceile que César fit construire près de ses jardins vers le Tibre; cependant il ne suit pas de là qu'il n'y en ait pas eu également une autre sous le Vatican puisqu'il en existait anciennement à Rome cinq à six, au témoignage de Publius Victor2, et que les livres des antiquités pro-

1 De memoria S. Pétri.

» Publius Victor : Naumachix Y, alias VU; de regiombut

fanes nous apprennent qu'il en a existé plusieurs construites par divers personnages et qu'on y a livré fréquemment des batailles navales en présence du peuple. Les mêmes archéologues, Andréas Fulvhis \ Martien tus 2, L. Faunus 3 et autres très-certainement placent au Vatican une Naumachie, dont Anastase lait mention en plusieurs endroits \ Le Pape Paschal en parle aussi dans ses lettres où l'hospice de S. Pérégrin est formellement appelé «dans la Naumachie5. Il est avéré qu'il a existé autrefois sous la colline même du Vatican et près de l'église de S. Pierre, où de notre temps Ton voit encore la très-petite église du même S. Pérégrin. Ajoutez à cela que dans les archives de la même Basilique l'on conserve plusieurs diplômes d'après lesquels le lecteur peut assez clairement conjecturer que toute cette plaine qui s'étend au pied de la colline

Urbis, dans Reipub. romanx comment. d'On. Panvinus, p. 268, in-S°, Paris, 158$.

1 And. Fulvius, de Urbis Romœ antiquitatibus 1. m. c. 20, Romœ, 1513, in-4°.

2 J. Barth. Marlianus, Tvpog raphia antique Roms, 1. vu, c. 10, Romœ 153 i, in-8°.

3 L. Faunus, Monumenta antiqua, 1. v, c. 9, Yenet. 1 5 i 6 . In -8».

4 Anastase le Bibliothécaire. Hist. de Vitis pontificum Rom. ; dans Pat. lat., t. 128, p. 1266.

6 Paschalis papœ, Epist., dans Pat. lat., t. 102, p. 1081.

s'appelait « ù la Naumachie, >> On lit positivement dans les actes ' mêmes du marlyr Sébastien, au sujet de Zoê, femme d'une sainteté remarquable, que tandis qu'elle priait au tombeau du 1). Pierre, les païens furieux se précipitèrent sur elle et la conduisirent sur-le-champ vers le préfet de la région de la Naumachie.

IV. — 11 est donc évident pour ceux qui liront ceci, que dans les temps anciens il a existé une Naumachie, comme il est permis de le penser, [»res du tombeau duB. Apôtre, que les historiens du même martyre ont très-certainement voulu désigner, et non une autre qui était située dans le quartier au-delà du Tibre; et ce qui vient rendre cette conviction encore plus forte, c'est que dans les actes du B. Apôtre qui sont répandus sous le nom de Lia, non-seulement il est dit que Pierre fut crucifié près de la Naumachie , mais aussi près de l'obélisque de Néron. En effet, voici ce qu'on y lit : « Enfin une foule très-considérable

arriva avec l'apôtre et les appariteurs vers le »» lieu qui est appelé la Naumachie, près de » l'obélisque de Néron sur la montagne \ » Comment pourrait-on rapporter ces paroles à la -Naumachie existant eous le Janicule. qui est si éloigné de cet obélisque ?

1 Acla S. Sebastiani, martyris, dans les Bollandistes. 1 Acte Uni papas, dans ibid.

Ce qui donne un nouveau caractère d'évidence à ce que nous avançons, c'est un livre Sur la Passion du D. Pierre, écrit en caractères grecs, conservé dans la bibliothèque Vaticine où on lit ces paroles traduites exactement du texte grec en français. « Pierre est conduit vers cette partie b de la montagne du Vatican qui a au-dessus un » arbre, un terébmthe, et au-dessous dans la h plaine qui s'étend à ses pieds une Naumachie. » Et aussitôt au sujet du tombeau du même apôtre l'auteur du livre ajoute : — « Ils enlevèrent » secrètement le corps de S. Pierre et le dépo- » serent sous le terébinthe près de la Nauma- >-. chie, dans un endroit qu'on appelle Vati- » can \ »

Ces paroles démontrent d'une manière trèsclaire que le même lieu du crucifiement et de la sépulture est décrit et designé, puisque d'abord il est dit que Pierre a été attaché au gibet sur la montagne où était un terébinthe, et qu'ensuite on ajoute qu'il fut inhumé dans le même endroit sous un terébinthe. C'est ce que désigne et indique avec évidence Damase, qui dit que S. Pierre fut enseveli près du lieu où il fut crucifié, savoir, près du palais de Néron sur le Vatican, près de la voie triomphale 2.

Libei ru Pétri, ex Biblioth. Vaticaaa.

asas, papa; dans Pat. lot. t. xm?

A'. — Voici ( ncore une preuve qui, à mes yeux, parail être Irès-convaincanfe : c'est que, chez les Romains, c'était un ancien usag<

que les hommes coupables et criminels fussi ni exécutés hors des murs de la ville. Or, le Janicule, déjà depuis Ancus Martius, 4e roi de Rome, renfermé dans un verger, avait été réuni à la ville, comme l'attestent Pline ', Slrahon 2, Eulrope 3 et plusieurs autres. C'est pourquoi, d'après cette mémorable coutume des Romains, il n'est pas vraisemblable que S. Pierre ait été crucifié sur le Janicule, qui autrefois faisait partie de la ville, mais bien plutôt sur le Vatican, dont il s'agit ici, car alors il était hors des murs, et séparé de la ville par un très-grand intervalle.

C'est pourquoi Pierre Comeslor, dans son Histoire scolaslique, s'efforçant de décrire et de faire en quelque sorte toucher avec le doigt, d'après quelques indices certains, le lieu du martyre du B. Apùtre, dit en termes formels, non-seulement que S. Pierre a été attaché au gibet de la croix sur le Vatican et hors de la ville, mais à cet en-

1 i'hne, Hist. nat.} ni, 9, ri. 16.

: Strabon , Geographica , 1. v, p. 358; in fol. Aniàt, - vJivitati adjecit et Janiculum (Eu trop e, Ancus Marti s, 1. I, ■:. o .

droit spécialement où existaient anciennement des fabriques de poteries que l'on y voit encore de nos jours, comme nous l'avons démontré plus haut! — « Mais Pierre, dit Comesfor, • fut crucifié sur le Vatican, savoir dans le quartier qui est hors de la ville où l'on confection- » nait des urnes pour le vin1. »

Ajoutez à cela que .Néron, comme le plus cruel dis hommes, désirait de toute l'ardeur de son àme arroser du sang innocent des chrétiens ses jardins du Vatican et le cirque en montrant au peuple de nouveaux spectacles d'une cruauté sans exemple, et rendre ce lieu insigne et mémorable pour attestera la postérité un forfait nouveau et inouï. Pour nous, qui considérons les choses de plus haut, il nous parait croyable que ce tyran a voulu rendre célèbre cette colline de Vatican afin que rien ne manquât à sa barbarie et à la gloire du nom chrétien et y verser le sang de Pierre, le grand-prétre, parce qu'il n'ignorait pas que le peuple chrétien, comme nous l'avons dit, avait coutume de se rendre continuellement sur cette même colline pour y être instruit par le Prince des Apôtres des vérités saintes de la foi et de la loi du Christ.

• Petrus vero cruciûxus in Vaticano, in vico scilicet, qui

. ra civiîatem ubi Mebant dolia (Pet. Coineilui, UîsL EccL, c. 123; Pat. lat., t. 198, p. Vi

VI. — Nous avons encore pour preuve du même sentiment une Irès-ancienne tradition, appi sur le témoignage de quelques écrivains d'après

lesquels la Croix sur laquelle le B. Pierre fut cloué par ordre de Néron, aurait été élevée entre deux bornes ; or, personne n'ignore sans doute qu'autrefois ila existe des bornes même dans les cirqufe. Mais si par bornes à cet androit il faut entendre des pyramides sépulcrales, surtout puisque dans certaines peintures et sépultures trèsanciennes nous voyons le Crucifiement de S. Pierre représenté au milieu de semblables pyramides, nous savons d'une manière certaine qu'il en a existé deux sur cetle parlie du Vatican : une qui était dite de Sciinon l'Africain, dont parle Acron, interprèle d'Horace \ et l'autre non loin d'elle, que le peuple romain appelait le Souvenir de Romulus, dont fait mention le Pape L('on IX dans le diplôme par lequel il confirme par son autorité apostolique les privilèges de la basilique du Vatican, ainsi que Cencius Camerarius qui établit la même pyramide dans la Naumachie, Benoît chanoine qui la place

■ Devicta Garthanine virtute Scipionis Àiïicani, cura Afri adversus Romam denuo rebellarent, consulte) oraculu, responsum est, ut sepulcnrum Scipioni fieret, quod Carthairiaeru re.-piceret. Tune levati cineres ejus sunt, pyramide in Vatiemo eonstituta, et huniati in sepulchro ejus in jorta Cartliaginem respiciente (Acron, in Horatii ode ni, 9, 1. m).

près du portique de la même église, et Jacques Cajetan, card. diacre de Saint-Georges, dans l'opuscule qu'il fit paraître sur l'année du Jubilé.

Il a très-bien pu arriver que le B. apôtre du Christ ait été crucifié par la main des bourreaux entre ces bornes dont nous venons de parler, ou plus probablement entre d'autres de ce genre, dont le souvenir n'est pas parvenu jusqu'à nous et qui étaient parfaitement connues des anciens ; car parmi les marques honorifiques qui ont illustré le Vatican, ce genre de gloire ne lui a pas manqué, comme peut le conjecturer le docte lecteur d'après ce que nous avons déjà dit.

VIL — Mais, en vérité, nous regardons comme insoutenable l'opinion de ceux qui affirment opiniâtrement que c'est sur hJcw.lcuJe que le Prince des apôtres a consommé son martyre et qui, pour nous faire en quelque sorte toucher du doigt le lieu consacré par celte mort glorieuse, le placent entre ces deux bornes dont Tune serait celle dont nous avons constaté l'existence près du mole d'Adrien, et l'autre, la pyramide de Cestius, qui est située vers la triple porte que l'on appelle aujourd'hui de Saint-Paul, lesquelles sont cependant distantes Tune de l'autre au moins de deux mille pas.

Vlll. — Nous trouvons aussi moins probable le sentiment de ceux qui assignent pour une de ces bornes, soit le môle d'Adrien, soit p'ulôt

l'obélisque du Vatican, el pour l'autre, afin de tout coordonner parfaitement, désignant la même pyramide de Cestius. Nous sommes peu dis] à embrasser l'opinion de Blondi qui, tâchant de

placer la mort de Pierre sur la croi\ entre deux bornes, soutient que la croix fut plantée à l'endroit où se trouvait autrefois l'église de Sainte- Marie d\ic vulgairement Transpontina* La raison qui le porte à l'affirmer, c'est que ce lieu est mitoyen entre la pyramide que nous avons dit être attribuée à Scipion l'Africain, et le môle d'Adrien, lequel cependant ne présente aucune forme de borne, et qui n'avait pas été encore construit à cette époque. C'est pourquoi, comme nous l'avons dit en commençant cette dissertation, nous ne voulons rien définir de certain touchant Tune et l'autre opinion , mais soumettre au lecteur judicieux les raisons de part et d'autre, et le laisser juger lui-même quelle est celle qui lui parait plus probable et mieux s'adapter au récit dans toules ses circonstances. Qu'il nous suffise de savoir, ce qui est le but essentiel que nous nous sommes proposé, que presque tous tiennent pour certain et avéré que le lieu où le B. Apôtre a été d'abord inhumé est la colline du Vatican, et qu'à cause de son glorieux sépulcre le cimetière situé sur cette même colline a reçu l'éclat de son nom et le culte de vénération qu'on lui rend dans le monde entier; ce que

nous avons déjà prouvé par dos arguments si forts et «les raisons si convaincantes que, comme nous le croyons, personne ne peut le révoquer en doute.

pendant nous pensons que nous ne devons pas ici passer sous silence le témoignage respectable de S. Isidore d'Espagne, qui désigne assez clairement et assez distinctement le lieu du tombeau du même Apôtre, quand il dit qu'il a été enterré vers l'orient à la 3e pierre milliaire de la \ille. Or il faut entendre, pour éviter toute erreur, que les milliaires étaient comptés à partir de la colonne qui fut autrefois érigée sur le forum de Rome. Voici les paroles de S. Isidore : « S. » Pierre a été inhumé à Rome dans le Vatican » près de la voie triomphale, à la troisième pierre ] de la Ville, vers l'orient \ »

IX. — Et dans les Actes des apôtres Pierre et PuuL d'après un manuscrit, codex de Latran, on lit ceci : — « Et disant cela S. Pierre rendit » l'esprit. Aussitôt apparurent en cet endroit des : hommes saints, que personne n'avait vus aupa- ; ravant, ni ne put voir ensuite. Car ceux-ci » disaient qu'ils étaient venus de Jérusalem à 0 cause de lui, et eux-mêmes, avec Marcelius, a homme illustre qui avait cru et, abandonnant

1 S. Petrus sepultus Romce in Vaticano secus viam triuni phal^m, tertio lapide ab Urbe, ad Orientalem plagam (Isidorus, ■y et obiiu patrunij c. 68; Pat. lat., t. 83, p. 149).

ion, avail suivi Pierre, enlevèrent son corps n clandeslinemenl el le placèrent vers un térém binthe près de la Nauraachie, dans un endroit d qni esi appelé Vatican1, » Or nous croyons d'une manière certaine que ce Marcellus, que la tradition nous montre avoir donné la sépultur corps du B. Pierre, puisqu'il est qualifié d'homme illnstre, n'est autre que celui que les Actes de S. Martial appellent un personnage consulaire qui avait reçu dans sa maison le B. Pierre e! Martial, hospitalité qui h lit qualifier d'illustre.

X. — Mais Eusèbe nous fournit un argument très-fort et irréfutable, lorsqu'il écrit que c'était un sentiment généralement adopté, même de son temps, que le cimetière situé sur le Vatican tirait son surnom et son appellation du Prince des apôtres, et qu'en outre il était designé sous le nom « de cimetière de Pierre. » comme un autre placé sur la voie d'Ostie portait le nom de S. Paul. Mais comme Rufin a largement paraphrasé, selon son habitude, les paroles d'Eusèbe, et comme un

1 Et hoc dicens S. Petrus emisit spiritum. Statim apparuerura ibi viri sancti, quosnemouinquamviderat antea, nec postea videre potuit. Isti enim dicebant se propter ipsum de Hierosolymis advenisse. Et ipsi, una cum Marcello illustri viro, qui crediderat et, relinqueus Simonem, Petrum secutus fuerat, abstulerunt corpus ejus occulte, et posuerunt eum ad Terebinthum, juxta Xaumachiam, in locum, qui appellatur Yaticanus {Codex manusc. La'cranensis).

interprète anglais par la redondance des mois a plutôt obscurci qu'exposé ces choses, nous plaçons fidèlement sous les yeux du lecteur le texte lui-même dans toute sa simplicité : — « La Iran dition porte que Paul fut décapité à Rome et » Pierre crucifié sous le môme règne de Néron, » et ce qui confirme l'événement, c'est que là » même jusqu'à présent les cimetières portent le » surnom de Pierre et de Paul1. » Et il ajoute aussitôt à ces paroles le témoignagne constant de Caïus. auteur très-ancien, au sujet de ce tombeau du Vatican, qu'il exprime en ces termes : « — bit de plus, Caïus affirme ceci touchant les » lieux où les tabernacles sacrés des mêmes apô- » très ont été déposés : — « Je puis vous montrer » les trophées des apôtres ; car si vous voulez » aller au Vatican ou sur la voie d'Oslie vous trou- » verez les trophées de ceux qui ont fondé celle » église 2. .»

1 Ensèbe, Hist. EccL, 1. n, c 25; Pat. gr., t. xx, p. 208 et 209.

: Aux autorites citées par Aringhi, nous croyons devoir ajouter celle d'un auteur très-ancien, S. Grégoire de Tours. C'est, d'après ce dernier, dans un vieux temple du Vatican que S. Pierre aurait été inhumé, et les 96 magnifiques colonnes, qui décorent la basilique de S. Pierre à Rome, auraient orné jadis l'ancien temple. Voici ses paroles : Sepultus est [S. Pelrus) in templo, quod V'.cito.Oatui- antiquitus Vaticaaum quatuor ordincs columnarum valde admirabilium, numéro nonaginla sex, habens. (Grcgr. Turon. De gloria marlyrum, 1. i, C.28; Pat. lit., t. 71, p. 728). Noie du traducteur.)

ArPEN'DICE v. 277

XI. Il peste démontré avec la plus grande évidence que tout ce que nous avons dit jusqu'ici, en

donnant nos preuves, et en nous appuyant sur l'autorité des historiens, que le B. Apôtre Pierre fut i nseveli par la main pieuse des fidèles, après avoir reçu la couronne du martyre, clans le lieu même où Ton voit s'élever aujourd'hui sa sacro-sainte Basilique que vénère le monde entier. Pour ce qui concerne le Tombeau où le corps sacré fut déposé nous en avons certainement une idée juste et exacte, d'après certaines peintures trèsantiques qui étaient restées jusqu'à nos jours sur le fronton du portique de l'ancienne Basilique, où tout était retracé, et qui représentaient admirablement cette cérémonie. Car elles offraient le coffre de pierre dans lequel, après avoir reçu la couronne du martyre, le digne apôtre du Christ fut déposé par la main de ses pieux, disciples. Pour conserver le souvenir de cette histoire et de ce tombeau, avant qu'elles fussent détruites en même temps que le portique, ces peintures furent copiées avec le plus grand soin par un pinceau habile qui les reproduisit dans leurs moindres détails laissés à la postérité. On en conserve une copie dans les archives de cette même Basilique, dont nous mettons une Gravure sous les yeux de nos lecteurs l.

1 Voir dans le vol. d'Aringhi la grande planche, t. i, p. 2-20.

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