‹ Esquisse de Rome chretienneChapitre 74 sur 96 · Cornélius; Pat. lat., t. 127, p. 1354 et les notes · texte numérisé non relu

Cornélius; Pat. lat., t. 127, p. 1354 et les notes

paiement à celte partie (Je la montagne où fut déposé le corps de S. Pierre. Et qu'il nous soil permis ici de rappeler ce que nous lisons dans le Bréviaire Romain, qui confirme notre témoignage : — « Parmi les lieux: sacrés qui ont été )> autrefois en vénération parmi les chrétiens, les i plus célèbres et les plus fréquentés furent ceux y> où étaient les corps des martyrs ou quelque » vestige ou monument de leurs corps sacres ; » et parmi ces lieux sanctifiés a toujours figuré » en première ligne l'insigne partie du Vatican, » qu'ils appelaient la Confession de Saint-Pierre ; » car c'était là que se rassemblaient les chrétiens » de toutes les contrées du monde, comme vers )> la pierre de la foi, le fondement de l'Eglise, et » qu'ils vénéraient avec la plus grande religion et ^ la plus grande piété l'endroit consacré par le » cépuicre du Prince des Apôtres \ »

Nous avons cru devoir placer sous les yeux du lecteur ces documents puisés dans les annales de l'Eglise.

XVIII. — Mais puisque par hasard il a été ici question fort à propos de la sacrée Confession des apôtres, si quelqu'un veut avoir quelque connaissance de l'antiquité, si digne d'être étudiée, qu'il examine attentivement ce que Cassiodore

xBi cci ure romain au 18 novembre.

écrit sur les Confessions des apôtres; \oiei ses expressions qui sont (rès-claires.

u Nuis possédons quelque ehose des apôtres

» qui leur est propre, si toutefois à cause de nos

péchés cette chose n'est rendue étrangère pour

» nous, puisque Rome a eu le bonheur de mériter d'avoir dans son domaine ces Confessions que 1 l'univers entier désire si ardemment de voir1. » Telles sont les paroles de Cassiodore. Mais que faut-il entendre par ce mot de Confession, qui est employé si fréquemment? Baronius a traité longuement et savamment la question dans ses noies sur le Martyrologe romain, où il s'exprime ainsi : — « La Confession chez nous est la » même chose que le Martyre chez les Grecs, quoi- » que le sens de ces expressions ne soit pas abso- » lument le même chez eux que chez nous : car » les Grecs appellent quelquefois du nom de » Martyre toute la Basilique dédiée aux martyrs, » comme on peut le voir dans les actes du con - » cile de Chalcédoine où il est souvent fait » mention du Martyre de sainte Euphémie, et » dans plusieurs auteurs très-fréquemment. D'a- » prè.^ la dernière loi sur la violation des tom-

1 Tenemus aliquid sanctoram Apostolorum proprium, si peccatis dividentibus non reddatur alienum, quando Gonfessiones illas, quas \idere uiiiversitas appétit, Roma felicior in suis sinibus habere promeruit (Cassiod. Yariarum, 1. xr, Bpiit. 2; Pat. lat., t. 69, p. 828).

» beaux du code Théodosien, on appelle encore » Martyre le lieu où le martyr est inhumé. Nonù seulement on avait coutume de désigner sous » le nom de Martyre les églises érigées en leur 9 honneur, mais ausi bien d'autres. »

Mais le même Baronius ajoute :

« Les latins n'ont donc pas voulu quelquefois d entendre la Basilique par le nom de Confes- » sion, comme quelques-uns l'ont cru faussement d d'après ce canon, mais on trouve plutôt celte » expression employée, afin de signifier qu'on 9 comprenait par ce mot le lieu placé sous l'au- 9 tel principal ou les reliques des saints martyrs 9 ou leurs corps tout entiers étaient déposés ; et i cela d'après l'ancien usage de l'Eglise et la tra- 9 dition apostolique, conformément à ce passage

> de l'Apocalypse : — « J'ai vu sous l'autel les

> âmes de ceux qui ont été tués à cause du Verbe

> de Dieu et du témoignage qu'ils avaient rendu ] . n 9 il y a encore un grand nombre d'autres passages « sur le même sujet, que je passe sous silence

> pour abréger. C'est très-certainement dans ce • sens qu'il faut entendre les paroles, lorsqu'il

> priait auprès de la Confession du B. Paul, c'est- )> à-dire au lieu mime où le corps sacré de Paul

> était placé. Et Caïus, ancien Théologien, cité par

Vidi subtus altare animas interfectorum propter Verbiim •Lpropter testiLionium quod habebant [Âpoc. vr, 0;.

» Eusèbe, appelle Trophées des apôtres Pierre et Paul* ce que nous nommons Confessions2. » Ti ls sont les passages de Baronius, favorables

t notre sentiment. Nous pourrions en reproduire bien d'autres. — sur le mot de Confession si souvent répété dans les actes sacrés des martyrs. Mais parlons des monuments ultérieurs delà basilique du Vatican.

CHAPITRE. VI. — La Basilique du Vatican est élevée par Constantin sur le cimetière, et le corps du bienheureux Pierre y est replacé.

I. — Dieu très-bon et très grand, dont la na- > ture est bonté, la volonté puissance, dont l'œu- » vre, comme dit S. Léon, est miséricorde3, » porté à la commisération et ému par les veilles et les jeûnes assidus que pratiquaient les tidèles dans le monde entier et surtout par les ardentes supplications qu'ils lui adressaient sur le tombeau du B. apôtre Pierre, comme un encens d'agréable odeur, résolut dans ses décrets éternels de mettre enfin un terme aux cruelles et sanglantes tempêtes des persécutions déchaînées contre l'Eglise et de

1 Eusèbe, texte cité ci-dessus, p. "270.

8 Baronius, Notx ad martyrol., au 5 juillet.

a Cujus aatura bonitas, cujus voluntas potentia, cujus opus m*sericordia (S. Léo, de Nativi. Domini, sermo 22; Pi*,, lat., t. 54, p. 104).

prêter une oreille favorable aux prières de ses enfants, qui s'écriaient avec le roi Prophète : « Dieu nous a-t-il donc rejeté pour toujours? ne » se rendra-t-il point plus favorable ' ? » 11 fait aussitôt jaillir miraculeusement la lumière du sein des ténèbres , et dessillant les yeux du fils de Constance et d'Hélène, de Constantin Auguste, fascinés malheureusement par le culte insensé des idoles et les erreurs de vaines superstitions, il fait briller à ses regards la lumière céleste, et après l'avoir purifié de toute souillure sur les fonts sacrés du Baptême, il l'établit le tuteur, le vengeur, le défenseur de l'Eglise, le protecteur de la foi, le fondateur de la paix et l'intrépide champion de sa religion immaculée dans tout l'univers.

C'est pourquoi, afin que la gloire du nom et du Sacerdoce chrétien se répandit et fût connue en tous lieux, il lui inspire à lui, le premier parmi les Empereurs, illustre par sa piété et son amour de la religion, la pensée d'élever en son honneur et celui des saints les temples les plus magnifiques et d'ordonner par une loi que d'autres en élèveraient également à son exemple. Ce pieux Empereur ne se contente pas d'ériger à la gloire du Dieu immortel plusieurs Basiliques avec la plus grande magnificence ; mais, afin que toutes les

1 Nuaiquid in œternum projiciet Deus, aut non apponet ut complacitior sit adhuc [Psal. lxxvi, 8j?

uations ot (ous les peuples soumis à l'empire romain puissent satisfaire leur piété, il leur accorde la faculté et la liberté de construire des temet des églises, honorant beaucoup plus Dieu en invitant tous les peuples de l'univers par un édit à lui rendre le culte qui lui est dû, qu'en construisant lui-même les temples et les basiliques de ses propres mains.

IL — Mais parmi les temples chrétiens que fonda le pieux Constantin, il faut surtout mentionner celui du « Vatican, » bâti le premier, avec une célérité merveilleuse, sur le tombeau même du Prince des apôtres dans lequel furent déposées et rangées par ordre les reliques des saints Pontifes et martyrs. Car le très-digne Empereur, le 8e jour après son baptême, s'approchant de la Confession du B. Pierre dans l'altitude de suppliant, après avoir déposé le diadème impérial, s'être dépouillé de sa chlamyde royale, prosterné à terre, versant d'abondantes larmes, adressa au Très-Haut ses très-humbles prières; ensuite le premier de (ous, il mit la main à l'œuvre de la construction de l'édifice sacré. Remplaçant le sceptre qu'il venait de déposer par le boyau, il remplit en l'honneur des douze apôtres douze corbeilles de la terre qu'il avait creusée de ses propres mains dans les fondations, et cessant de se montrer empereur pour remplir le rôle de manœuvre, il ne rougit pas de les porter par de-

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