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• plus haut que les cèdres du Liban; les hom- » mes se multiplieront dans les villes comme » l'herbe dans les prés1, » et il a fini en chantant ainsi que chantait David à la vue d'une terre promise, dont l'Eucharistie nous donne ici-bas le printemps, et dont l'été splendide nous est réservé dans les cieux.
Un Arabe, Luigi Rihmani, de Mossoul, va nous expliquer dans la langue de Mahomet saint Paul gémissant sur les fils d'Ismaël, et disant aux fils d'Isaac, les chrétiens, ses frères, entants non de la chair mais de l'esprit d'Abraham : a Vous » n'avez pas reçu un esprit de servitude qui fait » vivre dans la crainte, mais un esprit d'adoption ï> par lequel nous crions : Père, merci 2 ! »
Un autre élève, originaire de Mardin, Raphaël IkrdehanL développera, dans la langue des Kurdes, qu'on croit descendus des anciens Chaldéens, ce passage du Psaume des enfants de Corée : « La miséricorde et la vérité se sont ren- » contrées. La justice et la paix se sont em- » brassées 3. r> Un chœur à deux parties, d'un cachet tout-à-fait oriental, s:est épanoui comme une gerbe radieuse sur cette poésie; et les représentants de la langue de Sem, les compatriotes
i Psaume, lxxî, iô.
: Rom., vin, 16. L'italien porte : Padre merce. Suit-il la V-'rsion arabe?
- Psnimc, lxxxiv, 1 ; .
ou les proches voisins des Hois Mages, ont ainsi pris congé de nous.
Les Arméniens, Paul Kanbekîan, de Trébi-
zonde, dans le Pont ; Ruben Bokosian, de Constantinople, l'un avec Y arménien littéraire, Vautre avec \' arménien moderne, et celui-ci accompagné de deux chanteurs aux mélodies modernes aussi, s'étaient glissés entre le syrien et l'arabe pour s'exercer sur des versets de Baruch et d'isaïe, relatifs pareillement aux allégresses de Jérusalem.
Deux Indiens, Antoine Maria, de Snbathoo, Jean-Joseph Denehy, de Mayssour, ont développé à leur tour en indoustani et dans Vidiome de Kanara, ces versets d'Isaïe : « Voici que je t'ai » établi la lumière des nations, pour être le salut » donné par moi jusqu'aux derniers confins du » monde. Un bourgeon sortira de la tige de Jessé, » une fleur s'épanouira de sa tige, et sur elle se » reposera l'Esprit de Jéhovah \ » Les langues indo-européennes n'ont été représentées, dans cette première partie de l'Académie, que par ces deux filles du sanscrit, la sœur aînée, comme on sait, de toutes nos langues d'Europe, le basque et le finnois ou hongrois à part.
Un Turc, Paul Garzighian, de Constantinople, s'est complu , à lui redire, cette onzième prophe-
i Isaïe, xlix, 6 ; ix, 2.
lie d'Isaïe, qui contient une allusion saisissante et si louchante à sa nation, à ces vainqueurs qui ont placé le croissant sur le dôme de Sai nie- Sophie et se sont mis en rcule tant de fois pour le placer sur le dôme de Saint-Pierre : g Ils vien- » dront à toi les fils de ceux qui t'ont humiliée, ) ils adoreront les traces de tes pieds ceu\' qui i t'ont insultée, et ils t'appelleront la Cité du » Seigneur, la Sion du saint d'Israël \ »
m Prenez l'Enfant et sa Mère et fuyez en » Egypte, et restez là jusque ce que je vous aver- » tisse. carHérode doit le chercher pour le per- » dre : » Un Egyptien, Jean Scihata d'iluadadba, a rappelé ces paroles de l'Ange à Marie 2, dans lt copte thébatn, l'idiome qui confine de plus près à celui de l'antique Egypte et qui a été consacré par les lèvres de saint Antoine et de ses solitaires.
« Voici que Jéhovah montera sur une nuée lé- »• gère et entrera en Egypte, et à sa présence se i troubleront tous les simulacres d'Egyple3, » a répondu André Berzide Earginli en copte mempïdtique, rappelant Joseph et les Pharaons à la cour desquels fut élevé et plus tard vint commander, au nom de Dieu, Moïse ; un cantique a trois u couronné son hymne,
1 haïe, lx, 14.
- Matth., u, 13.
haïe, xix, 1.
Tu nègre superbe est apparu à ce moment, le lï. I). Guillaume Samba, de Vile Sainte-Marie, côtes de la Sénégambie. Il a été salué de brillants applaudissements. Dans un discours d'une pantomime qui donnait l'intelligence de sa parole, et à la lin, dans un cantique enlevant, il a fait vibrer ces paroles si pleines d'allusions :
« Dissipez les nations qui aiment la guerre ! j> De l'Egypte viendront des ambassadeurs ; l'Ed thiopie étendra un jour les mains vers Dieu \ o
Après une seconde symphonie, sont venues les langues d'Europe, le grec littéraire, le grec moderne, le latin parlé par un Albanais de Bulgarie, le français par un Flamand belge, Y italien par un Albanais de Scutari qui a jeté en finissant le cri de paix/ paix! paceï pace ! le celtique par un élève originaire de Saint-André, dans la Nouvelle- Ecosse, X irlandais, le hollandais, X allemand, le fuisse, le danois, X anglais, le slave, Xillyrien. le bulgare sur les lèvres d'un enfant, X albanais.
Cette trentième langue, en laquelle nous avons entendu «les (ils de Sem, de Cham et de Japhet » célébrer les grandeurs de Dieu 2, y> dans la vocation des Gentils, a clos cette Pentecôte de l'Epiphanie, moins abondante en idiomes que 'Tau très précédentes, mais qui ne le cède certes
« Psaume, lxyii, 32.
2 Actes, ir, il.
à aucune en intérêt religieux: et dramatique. On a pu remarquer l'affinité du grec tel que le parlent les Grecs avec le latin tel que le parlent les Italiens. Cela prouverait au besoin pour la vérité de la prononciation actuelle des deux langues.
C'est en vers latins, .et en vers français qu'ont parlé les représentants de ces deux langues. Le premier a dit avec une'grande abondance de beaux vers sur ce texte d'Isaïe : « Me voici, moi et mes » fils que m'a donnés Jehovah en signe et en )> mémorial à Israël de la part de Jehovah des y> armées, qui habite sur la montagne de Sion \ » Il a appliqué, par un trait spirituel, d'un genre familier au mysticisme romain , ces paroles à Ilachcl et à l'Eglise : et il nous a fait en traits de feu le tableau du massacre des Saints Innocents.
Le poète latin a montré, au berceau de l'Eglise, «la troupe -des lions, lurba leonum, s' élançant sur ses nouveaux-nés dont le sang innocent coule de toutes parts : finit insons undique sanguis. Une nouvelle Rome, nova Roma. sort radieuse de cette Mer affreusement Rouge où est allée s'ensevelir l'ancienne.
Les vers français n'ont pas été aussi forts ; mais les pensées n'en étaient pas moins nobles, ce Le j) monde va périr. » a dit en commençant le poète.
1 haïe, vin, 18
Il parlait du vieux monde. •< .Mais quel est cet » curant?» s'est-il écrié en regardant vers Btthlehem? Puis il a suivi le Fils de .Marie au Calvaire,
il l'a suivi à Home, en la personne de son Vicaire, installe là sur un Calvaire à perpétuité, toujours mouillé de sang et de larmes, et toujours vivifiant, toujours plus ou moins sombre et toujours radieux. « Toi seule es le Calvaire! » a-t-il dit en apostrophant la Rome des Papes, fondée par la croix de Pierre et par sa tète plantée avec sa croix dans le sol de Romulus. C'est à Rome que la vérité est assurée à. jamais au monde au prix de la souffrance. Mais elle assurée, elle, non son ombre, non sa réduction., non un jour et non pas l'autre, mais la vérité, c'est-à-dire l'infaillibilité.
« La voix du vieillard infaillible,» disait bien le poète, en montrant la Papauté crucifiée. Dieu qui honore le monde, ne veut pas qu'il ait à s'incliner , avec ce qu'il a de plus haut, l'intelligence, devant un homme institué son Vicaire, qu'après lui avoir conféré le privilège de n'être point une idole et de ne représenter jamais un mensonge. C'est dans l'assurance, dans la clarté, ce n'est pas dans le doute, ni dans les nuages que marche notre foi, allant droit à la vision béalifique, jamais en arrière, jamais de côté. Et c'est ainsi, il ne se peut autrement, que se réalise le mot sacré du Verbe fait chair . prononce la nuit même où commençait la Passion : a Un seul
» bercail, un seul pasteur. » Je viens de citer le dernier vers de notre poète français, dont voici le nom flamand : Jérôme van Aertselaer. Au nom de tous les cœurs bons , tournés à cette heure des points divers du globe vers le Concile du Vatican tenant en sa main de la part de Dieu les espérances de l'Eglise, je suis heureux d'inscrire ici l'augure sincère de cette divine parole dans les cœurs mauvais à qui « le schisme est unité, » comme dit bien Tertullien , cherchant en vain à faire leur devise, qui restera la nôtre : TJnum ovile et unus Pastor.
Au milieu de la seconde partie de l'Académie, après la muse française et une muse italienne, qui est venue en compléter l'inspiration, un chœur à quatre voix et à grand orchestre, de près d'une demi-heure de durée, composé par D. Loretto Jacovacci, recteur et professeur de chant au collège Urbain, avec un sentiment, un coloris e* une grandeur de style admirables, a résumé toute la pensée de la séance. En voici la dédicace et les paroles : .