‹ Esquisse de Rome chretienneChapitre 88 sur 96 · De l'inscription hébraïque du titre de la Croix · texte numérisé non relu

De l'inscription hébraïque du titre de la Croix

Quand le litre de la Croix fut découvert le 1er février 1492, les savants cherchèrent a l'expliquer. Dès le 4 du même mois , Léonard de Sarzane fit part de cette découverte et de ses conjectures à Jacques de Yolterre *; et une copie en fut prise sur une lame d'argent. Voici comment le savant M. Drach rend compte de cette lettre et de la copie :

« Sa lettre nous apprend que l'hébreu, qui était alors moins méconnaissable qu'aujourd'hui, portait assez lisiblement : "fa n» ww. Ce sont là précisément les mots que j'ai reconnus dans les traits qui en restent, sauf l'orthographe du nom béni et adoré de Jésus que Léonard de Sarzane n'a certainement pas bien lu ; car le nom du Sauveur s'écrivait snen comme nous le voyons dans le texte syriaque de l'Evangile, et dans le Talmud et les autres livres anciens des rabbins, qui citent sous le même nom W1 plusieurs docteurs de leur nation. Ce n'est que dans les temps plus rapprochés des nôtres, et par un excès d'impiété, que les Juifs, supprimant la dernière lettre, le jr, com-

1 Leonardus Sarzanensis Jacobo Volaterrano, du 4 février 1492, lettre insérée par Benoît XIV, dans son livre : De Servorurn Dei beatificatione, etc., Appendice 3, ad partem 2, 1. iv.

A.PPENDK É XIV. 369

raencèrent à écrire rcr», ainsi que L'avoue Rabbi Elie Hallévi dans son Lexicon rabbinique intitulé hntt/ùschbi, >2Dnn; article ïcp.

» La copie du titre hébreu, gravée sur argent, qui se conserve dans la chapelle des reliques de la même basilique, el qui parait fort ancienne, et remonte peut-être bien près de 1492, se trouve encore conforme à mes trois mots, si ce n'est que l'auteur , trompé visiblement par l'orthographe suivie dans les livres modernes des Juifs, écrit KP au lieu de sncr*. Il ignorait sûrement que îcn est, comme vous savez, dans l'intention des rabbins, un blasphème abominable ; car ils en font les lettres initiales de trois termes hébreux, qui signifieraient : deleatur nomen et memoria ejus. Tout ceci me porte à penser que, lors de l'invention du titre en 1492, les deux derniers mots"ns; et pD étaient encore assez lisibles, mais que le premier, jncp, était déjà corrodé et défiguré par le temps ; ce qui laissait le champ libre aux conjectures.

» Nous sommes aussi en droit de conclure que les caractères gravés sur le titre en argent ne sont pis ceux du vrai titre, puisque Léonard de Sarzane, écrivant les trois mots hébreux en écriture cursive des Juifs du rit portugais, remet à un autre moment pour transcrire et envoyer à Jacques de Volterre les vrais caractères du titre. Or, il lui eût été aussi facile de tracer sur-le-champ l'inscription hébraïque telle qu'elle est sur le titre en

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