B SUR LES MOEURS BT L^HISTOIRE
des traits principaux. Il en est d*un peuple comme d'un particulier : vetil-on bien apprécier le caractère d'un individu , savoir de quelle manière il sent , pense et agit, et lui faire sa juste part de louange ou de blâme , il est nécessaire de se mettre en rapports fréquents avec lui, de l'observer chaque jour, de respirer, s^il^e peut, l'atmosphère morale qu'il respire , et de posséder en un mot le secret de ses lectures , de ses relations , de ses habitudes. De môme , il faut être resté long-temps au milieu d'un peuple et avoir vécu de sa vie , pour qu'il nous regarde comme un des siens et se montre h découvert. S'il en est ainsi , j'ai acquis le droit de parler de la Corse, où j'ai eiercé long- temps les fonctions de premier avocat-général, et bien souvent celles de procureur -général par intérim. Là, se sont écoulées mes plus belles années ; j'y ai laissé des amis dévoués et le souvenir peut-être de quelque bien. Toutefois , mes sympathies pour les habitants ne m'ont pas aveuglé sur leurs défauts , et les sentiments d'affection que j'ai voués au pays , n'ôteront rien à l'impartialité de mes jugements. Les Corses d'ailleurs ne demandent pas à être flattés , ils désirent seulement ne point être calomniés.
PK LA COK&£«