SUR L*HISTOIRE ET LES MOEURS
Cour, en dale du 28 mai 1847. l'ont adoptée denouveaa. Par quel moyen arracher aux Corses les armes qu'ils tournent si souvent contre eux mêmes? Faut-il établir pour nie une loi spéciale, qui prohibe absolomeit le port d'armes, ou qui autorise l'administratioo i délivrer des permis dans des cas particuliers? ITj aurait- il pas les inconvénients les plus graves, à placer un département français sous le coup d'une législatÎM exceptionnelle et toujours blessante pour la fierlééei habitants? Que d'abus , que de réclama tioDs fenit éclore le pouvoir discrétionnaire remis aux mains k l'autorité locale 7 comment oser reprendre les idiv du XVP. siècle , revenir aux errements du goaiv* nement génois et de l'ancien régime , saB&j. tak compte du progrès des lumières et des exigencéTooM* titutionnelles? On sait d'ailleurs à l'aide de quel eode draconien on avait cherché, autrefois, à erapécberle I port d'armes. Les Corses veulent jouir de Umtes hs prérogatives attachées au titre de Françah ; ih ne consentiraient jamais é plier la tète sous le joug 4e pareilles lois. Des auteurs ont soutenu que le désarmement n'avait jamais été effectué, même avec eei lois de sang. En 1769, lors de la conquête de Itle^oi comptait sur la remise de 60,000 armes à feu. D'aprèf l'historien Pommereuil , on n'en obtint que 12,000; 01 pendit quelques malheureux aux avenues des villeSi et on en resta là ; il n'est pas bien prouvé que, sous la république de Gênes, le manque d'armes ait mis les Conef une seule fois dans l'impossibilité de s'insurger, n qu'un assassin ait dû renoncer à ses projets meurtrieri) faute de trouver une arme pour commettre son criaie.
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Au surplus, on aurait torl de croire que les Corses porleot, en général, des armes par pur caprice et sans néceisité. Non , un tel usage est le résultat des nuBors, de la situation du pays , des dangers terribles auxquels exposent les inimitiés particulières. Elles sont liras les personnes , surtout dans Tintérieur de Ttle . fD poissent se vanter de ne pas compter un ennemi , du un envieux , un jaloux de leur fortune , un homme fi,à tort ou à raison, se tient offensé par elles, ennemi fri trop souvent , dans la sincère expression de ces ooars^ est un ennemi qui tue ou qui fait tuer. Au fliliea de telles habitudes, dans une contrée couverte de Binquis et de broussailles qui recèlent encore tant de malCBiiteurs, comment interdire le port d'armes? D n*j a pas de sécurité , et vous voulez qu'on y voyage sans aucune arme? La société ne peut y protéger suflBsamment les individus, et vous parlez de leur enlever les moyens de pourvoir à leur sûreté perlonneUe? Celui qui a un ennemi , marche armé ; s*il m çeiil porter d'armes , il faudra donc qu'il s'enferme chez hà ou qu'il livre sa vie. L'alternative est dore pour tous , affreuse pour ceux qui sonl obligés de traverser nuit et jour des endroits écartés , des èhamps déserts , de sombres forêts , qui ont besoin de travailler pour vivre et nourrir leur famille.
Concluons sur une question si délicate qui divise leg meiDeurs esprits. Il est des villages où le port des armes n'existe plus , les mœurs l'ont aboli ; dans AWres , il n'y a pas assez de sécurité pour qu'il soit possible de le défendre absolument. De quelle manière empêcher des gens , qui tremblent pour leur vie , de
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porter au moiiis des pistolets de poche el deiisljleU cachés soas leursyétevente? Dans les eanâons €4osl usage n'est qu'une YieHIê habitude^ sans «lililé coaque , là où. les insulaires ne portent des aoie pour en faire parade , des arrêtés municipaiii. pemwni régler l'exercice de ce droit. La loi da 14 décienihn 1789 met dans les attributions des marna. U, poUii» des lieux publics. Un arrêta du. maire de Baaliaai bien forcé les paysans à déposer leors d'entrer en TÎlie ; pourquoi n'en serait-il pas dans les communes rurales 7.
Quant à moi. qui ai vu de près, les difficnllés ,. qm» suis souvent mesuré avec elles , je croia aprèsi ImM les expériences.faites , que le port: habituel desdiMi est plus encore un effet qu'une cause. II. fanl: fn»if% garde de ressembler à^ ces animauK qui moiiinli h pierre qui les a frappés, parce que^ leiin< ipsljp^. ne peut remonter jusqu'au bras qui Vm kmrii Les armes ne sont dans les mains des. CteWt (pio^ l'instrument du crime ; si on yeutarréten l'oKiMkdt^ sang, il'faut s'attacher à rendre liss Corses iniiilciuii à supprimer , non pas les moyens de nairoifee qv semble impossible, mais à diminuerlespréîugée^aljki passions des habitants ; pour désarmer le bnaa, ^«É nécessaire de désarmer, les haines ; il faut cjiâagwte cœur, il faut disposer les âmes, dès le preflmr'â||^»i regarder le port continuel des armes commetiK plMi sauvagQ et la plus funeste des habitudes^ lemeiiflit< comme l'acte le plus immoral et le plus b«rbaie:).ki> pardon des injures comme la plu» sabUineileB TeiiMlt. Est-ce avec des lois cmitre le port^d'iarpiesi, qiia*iiiii
Ira à assainir les mœurs et à déraciner de fu- Desies habitudes 7 Dés lois ! Eh ! pendant des siècles , eomliien n'en a-t-on pas fait pour empêcher le port dT armes 7 Où en* est-on aujoitrd'hui' A cet égard? Au néme point qu'il y a aoo ans ; les lois ont tout épuisé pour détruire cet usage ; on Ta érige en crime capital, pp a mis i l'écart toutes les formes de procès , on a pendu au premier arbre , on a organisé la terreur et ïk tjrrannie. De telles violences, qui peuvent bien comprimer on instant, mais qui ne civilisent guère , n'ont ev définitive rien produit. Quid leges, sine mnfpbus ^ fftauB proficiunt ! Sampierp en réveillant le sentiment 4e la nationalité , Paoli avec le mot d'indépendance , npipendirent le cours des guerres civiles et opérèrent des o|ierveilles. En occupant l'activité du peuple epree^.eii. tournant son esprit vers les arts agrj^les, et industriels, en agissant sur ses mœurs par une, éducation toute française , on réussira aussi à améliorer 86|B état| et i détruire l'affreuse maladie du meurtre ^pii:laît tant de ravages dans le pays. De semblables aryens ^nt d'un effet lent , sans doute , mais les. nations comme les individus ne peuvent grandir et: ta, réformer autrement que par degrés. Tous les eiibrtfides hommes n'ont jamais pu suppléer au terpps ^ coque celui-là veut, il le veut bien. Avant de clore ce chapitre , je rappellerai un passage très-remarquable de l'Eiq[irit des Lois, liv. i8, où Montesquieu signale lavraie cause du port habituel des armes : c< Les peuplea, dit-il, qui ne cultivent pas les terres, sont plutôt ggov^nés par le droit des gens que par le droU dvily ils sont donc presque toujours armés l,.** ^» .
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