SUE L HISTOIRE ET LES MOBUES
morale de rinstituteur est plus désirable qae la science. Il fera toajoars plus par ce qu'il est , que par ce qu'il sait; si toute sa personne respire la piété , cette aménité d'humeur et de langage , qui gagne tout de suite les âmes , il sera plus puissant de moitié que si elle réfléchit l'amour propre et la colère. .
Cependant tout s'épure, à cet égard, et s'améliore de jour en Jorn*. Les communes se montrent moins injustes y moins ingrates dans leurs rétributions eoTcn l'homme précieux qui prépare la génération do lien. On ressent partout les bienfaits de la loi du 28 jnii i833 , yéri table charte de l'instruction primaire, qui organise un système d'enseignement si large et si populaire , et Eaiit une si belle part à i'intelligenoe. Depuis lors , un nouvel astre à lui sur l'horizon di peuple; il a vu qu'on s'occupait de lui , qu'on désirail Tarracher à l'ignorance , misère morale d'autant plus funeste , qu'elle engendre souvent la misère pfcjsique; il a compris qu'on n'instruit pas celui qja'on voudrait garder pauvre et esclave. Un poète à dit :
L*alpbabet est mortel aui pouvoirs absolus , Et l'homme veut ses droits , sitôt qu'il les a lus.
La jeunesse corse fréquente assidûment les écoles; elle en suit les cours avec ardeur , avec profit. L'instruction primaire enveloppe partout le pays de son vaste réseau ; en outre , l'Ile possède six établissements des Frères de la doctrine chrétienne , corps admirable par sa simplicité , par son dévouement reKgieux pour une profession toute de patience et
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de charité , par son esprit diseiplinaîre qui ne change pas quand le frère change , mais qui se perpétue immuable dans l'école.. Dignes maîtres , qui font i la Corse un bien inappréciable l on ne Saurait trop les y multiplier.
Il y avait aussi dans le département deux collèges communaux , et depuis peu de temps y l'un d'eux » établi à Bastia , a été converti en collège royal. De tels encouragements donnés aux étude» enlèvent chaque jour à la Corse quelque chose de ses vieilles mœurs , et transforment le peuple. Déjà dans les villages les plus arriérés les enfants parlent tous la langue française , fait d'une haute importance qui achèvera la fusion de la Corse avec la France. L'identité de langue , en effet , lie surtout les nations. Comment imaginer qu'on soit membre du même corps, lorsqu'on ne peut s entendre? Comment l'affection , la bienfaisance , toutes les passions douces qui servent a unir les hommes, pourraient elles pénétrer dans le cœur, si le langage ne leur sert d'interprète 7