‹ esquisse des moeurs et de l'histoireChapitre 31 sur 64 · SCR L HISTOIRE KT LES BOBURS · texte numérisé non relu

SCR L HISTOIRE KT LES BOBURS

Lorsqu'ils étaient maîtres du pays , les GéMÎi ra^aîent divisé en régions limitées par des ligMi idéales , plutôt que séparées par des bornes réelles. En avril 1770 , une ordonnance rendue par Louis XV atteste assez l'incertitude qui régnait à cet égard. On voulut connaître les propriétés partiinliéres , pour constituer l'étendue des domaines de l'Etat. Le travail fut long â s'achever. Commencé en 1770 , k terrier ne se termina qu'en Tan Y. On poiiTait eroin que la propriété était enfin créée en Corse. Yain espoir 1 Cette grande œuvre , par&ite , sous le point de vue typographique , fourmille d'erreurs sur toot le reste. Le terrier fixe d'une manière très-peo exacte les contenances ; il attribue au domaine ce qui est aux particuliers , et tnce versa. Cependant , fl sert encore de base. Depuis . les terres ont bien changé de valeur , de telle sorte qu'on ne paie presqoe rien. L'opération du cadastre coûterait trop cho*; l'impôt foncier , qui n'est que de 170,000 fir. , serait doublé ; aussi , le conseil -général n'en veut pas.

Uinfixiti de la propriété est telle qu'elle s'étend même à la partie la plus importante des terres de l'Ile , le sol forestier. Les montagnes de la Corse offrent un luxe de végétation prodigieux ; couvertes de plantes aromatiques et couronnées de bois jusqoe sur leurs sommets les plus élevés, elles renfermeat une immense étendue de forêts. Les plus belles sont celles d'Aïtone , de Vizzavona , de Rospa , de Pietropiana , de Parma. La plupart n'ont jamais été exploitées , n*onl jamais laissé appauvrir leurs fronts inviolables. Plusieurs sont remplies de pins larix , qui

surpassent , en qualité , ceux des Pyrénées et des Vosges. Les grands pins de la villa Atbano , à Rome , avec leurs larges panaches , paraîtraient bien petits comparés à ces vieux géants des forêts de la Corse, n y a dans l'Ile des arbres dont Tâge est aussi ancien que le granit des montagnes , et qui ont vu nattre , passer et mourir des milliers de générations. Théophraste , Polybe et Diodore parlent de leurs précieuses essences $ et Necker, dans son Traité de l'administration , signale ces bois comme excellents pour les constructions navales. Ils pourraient faire à eux seuls la fortune du pays ; ils suffiraient pour assurer les approvisionnements de notre marine, et pour alimenter une foule d'industries.

Jusqu'à ce jour , cette branche de la richesse de rtle a été une valeur morte (i); elle n'a eu d'au-

(1) Napoléon , dont l'intention était de tirer , après la paix générale, on grand parti (les foréls de son pays natal , avait fait construire , pour le transport des bols , une route depuis le golfe de Sagone jusqu'à la forêt d'Aïtone. Sans recourir à des Iraraux très-dispendieux , on pourrait ,>ur le versant des montagnes , employer la méthode usitée dans les Pyrénées , c'està-dire celle des plans inclinés avec des ressauts successifs sur lesquels on ferait descendre les troncs d*arbres par leur propre poids. On combinerait utilement ce moyen avec des rails en bols, aoit sur les surfaces d'une faible inclinaison , soit au-dessus du lit des cours d'eau ou des ravins t soit dans les plaifiès maritimes. Les Anglais usent fréquemment des rails en bols puur les transports sur les terrains accidentés , surtout dans la principauté de Galles et dans la partie montneuse de l'Ecosse. Il est fâcheux que les scieries mécaniques ne soient guère eu usage dans l'tle. La plus grande partie des planches et des madriers livrés au commerce, sont sciés à bras.

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tre résultat que d'exciter , diex les voyageurs , admiration stérile. Ces forêts , daos lesquelles n'enits aucun aménagemt^nt , sont souvent dévastées. Beatcoup d*arbres ont atteint l'âge de la caducité. Lei vents sèment le sol de cadavres de hêtres, selon Feipression d'un illustre écrivain. Ensuite^ de tout teoipSi la propriété des forêts de llle a été un sujet de vives contestations entre les divers possesseurs. Tant d'obscurité enveloppe encore le tien et le mien, que, d'après la statistique de France, publiée en 1837, par les ordres de M. le ministre de l'intérieur , h Corse possédait en bois 95,000 hectares , dont 21, 554 appartenaient à l'Etat. D'après les nouvelles déKnitalions faites par le domaine , le sol forestier de h Corse se composerait aujourd'hui de 129,000 hectares, sur lesquels 77,000 , dit-il , pourraient être contestés par les communes ou les particuliers , et 62,000 seraient acquis indubitablement an fisc.

Voilà un fait presqu'incroyable , qui montre à quel point la propriété est incertaine en Corse. Déjà des compagnies étaient venues dans Tlle, j avaient versé plusieurs millions , créé des établissements importants , ouvert des débouchés utiles à la production. Des capitalistes se proposaient d'exploiter les bois ; Les prétentions du domaine ont tout arrêté . et soulevé une masse innombrable de réclamations. Pour activer la fin de ces éternels litiges, et rassurer les compagnies , une commission a été nommée , et elle doit procéder a un bornage contradictoire qui assignera des titres certains à la propriété.

Un semblable élat de choses ne permet , dans un

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pays , que des eommeticements imparfails ût société y dés ébauches de civilisation. On ne peut espérer Hn'ûtk individu plante , construise , se close , mette dés engrais , fasse des améliorations sur des terres dont il n'a qu'une jouissance précaire, sur des terres banales , qui passent annuellement de mdn en main , 6t que chacun se hâte d*épuiser par une superficielle et grossière exploîlallon. Et qu'est l'agriculture sans plantations et sans engrais 7 De là , Tabandon et la nudité d'un des plus beaux sols de l'Europe.

L'Ile offre environ un million d'hectares ; 870,000 sont improductifs. Il y a à peu près 100,000 hectares en bois , et 5oo,ûoo seraient propres à toutes sortes de cultures. Sur les 5oo,ooo hectares, 187,000 seulement sont cultivés. (V. loi du 26 juillet 1840, sur Texploitation des forêts de ta Corse. )

En outre , avec cette possession éphémère , avec cette incertitude dans la propriété, un chemin, un mis* seau . un coin do terre, les fruits d*un «arbre , quelques pierres entassées les unes sur les autres pour former uu enclos , tout est sujet à contestation ; et , entre gens armés , la querelle est bientôt vidée dans le sang. Ailleurs , la propriété lie les hommes , parce qu'elle est fixe , et que chacun connaît ses droits ; ici elle les divise par la raison contraire , et on y en • tend répéter, avec Hobbes , cette effrayante parole: Homo homini lupus.

Le partage des biens communaux a été souvent sollicité par le conseil -général de la Corse. En fixant la propriété , on diminuerait le nombre des crimes ; on verrait Phomme industrieux bâtir au milieu de

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SCS champs , s'attacher à la terre , une culture régMe prendrait la place des travaux superGciek, chacuo chercherait i tirer le meilleur parti possible du lot qu*il aurait obtenu et qui se trouverait placé déinîtivenient sous la garde de l'intérêt personnel. Oi voudrait jouir du fruit de son travail. Les troa* peaux ne pourraient plus errer dans les campagnes qu'ils dévastent ; les chèvres surtout sont en Corse le fléau de l'agriculture. Il faudrait une loi qui les cantonnât dans les lieux non cultivés , iii code rural qui fit cesser aussi bien dans l'Ile que sur le continent un abus destructeur de toute amélioralion , le parcours. Napoléon dans ses premières années voulait qu'on les extirpât entièrement. U avait à ce sujet des prises terribles avec le vieil archidiacre, son oncle, qui en possédait de nombreux troupeaui, et les défendait en patriarche. Dans sa fureur, il reprochait â son neveu d'être un novateur, et il accusait les idées philosophiques du péril de ses chèvres.

Divisées en autant de lots qu'il y a de familles ou de têtes ayant droit , des portions des terrains communaux sont ensemencées l'une après Tautre, d'année en année. Chacun cultive le lot qui lui est échu au sort , et possède pendant cette année la partie de terre qu'il a labourée ; mais sit6t le grain enlevé, elle redevient propriété publique, ou, pour mieux dire» rapine et dévastation publique. Car tout le monde a le pouvoir d'y prendre et d'y ôter , et personne n'a celui d'y rien mettre. On ne peut y placer ni maison ni arbre ; c'est un vrai désert sauvage , livré au parcours et au vagabondage des troupeaux.

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On en esl encore é l'état de pasteur dans bien des localités , et les bergers sont les véritables maîtres da pays. Les pâtres corses , peuple de nomades , dispersés sur la surface de File , n'ont d'autre but que d'exister , d'autre règle que leurs convenances. Propriétaires ou dépositaires de leurs bestiaux , ils errent l'été sur les montagnes , l'hiver dans les plaines et les vallons , construisent des cabanes, les abandonnent pour en bâtir d'antres , vivent de châtaignes , de l^bieret de lait. Us ne reconnaissent d'autre supérieur que la coutume et leur volonté , qui sont une mémo clHïse.

Dans les forêts résineuses il n'y a pas d'herbages, et on sait quel prix ont pour nos arsenaux maritimes les bois résineux de Corse. Depuis qu'on a découvert le moyen d'extraire de la résine , un gaz propre à donner un éclairage vif et éclatant , bien supérieur à celui qu'on obtient de la houille par la distillation , la Corse doit trouver dans ses immenses forêts d'arbres résineux une grande source de richesses* La potasse étant le produit de la lixivation des cendres de bois, pourrait être abondante dans ce pays couvert de forêts et de maquis. On n'y sait pas utiliser les exsudations des pins et des autres arbres résineux pour en retirer, par la distillation, de l'huile de térébenthine dont le débit serait avantageux et assuré en France et en Italie. Dans leurs promenades vagabondes , les pâtres nourrissent leurs troupeaux avec les rejets tendres des jeunes pins. Animés d'un esprit inouï dé dévastation , et toujours munis d'une hache qu'ils portent i la ceinture , s'ils veulent éclairer leur

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cabane , Us attaquent le plus bel arbre pour se procurer un morceau de bois résioeui ; lorsqu'ils disîreil se chauffer , ils mettent le feu au pied d un mélin de vingt toises de haut ; ont-ils besoin d'argenl , ils coupent les meilleures plantes pour les Tendre. Di osent des forêts y comme si elles leur apparlenaîeat s ils les brûlent même quelquefois , pour rendre ploi abondante la végétation des herbes qui alîmeoteal leurs bestiaux. Platt-il , en effet » au berger oorse de refouler les envahissements du maquis , et de semer quelques poignées dWge 7 A Taide de sa pipe et d'un morceau d'amadou « il allume un vaste brasier et attend que l'incendie Tait débarrassé des arives qui gênent sa culture. S'il survient un ooup de venlt les ravages du feu s^étendeiit au loin , Inen au-deU des terres qiril voulait défricher; et tout orgoeilleai de ses eff^royables idées de destruction y il s'applaudit de sa puissance et se regarde comme an créateur.

Tels sont les sauvages , les ennemis néa de feule police , les hommes si près de la simple nature et n loin do la saine morale , auxquels un donne avec complaisance le nom de bergers, population d'oiiiCi que nulle occupation ne vient distraire, qui se fait de tout une affaire importante. L'idée qui Ta frappée une fois, la poursuit sans cesse , et les imn»enses loisirs dont elle jouit, favorisent eu elle cette susceptibilité, attisent ce long ressentiment qu'on hii refuocbe.

Chose remarquable , le pâtre si rude , si prompt à verser le sang , est cordial , hospitalier. Il vous reçoit près de aea foyer , partage avec vous son paia de châtaignes, son kroccw, et il ne réclame pour tout

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Ittîenient que les questions qu'attend de vous sa onriosîté naïve- Ces hommes sont des soldats braves» dea diplomates habiles, et ^ è voir, éil un auteur, beura expressions aisées, la vivacité de leurs gestes, on les prendrait tous p6nr des avocats plaidants (t).

J'ai dît que, pour opérer un défrichement , le berger corse ne savait d'autre moyen que de faire courir le féa i travers les maquis, espèce de bois taillis, de fbréis naines. Le paysan également , dans intérieur , 9e connaît guère d'antre culture. 11 jette sans plus de façon la semence sur le champ improvisé , y promène quelque peu la bi^rsa, et la terre fertilisée pur la cendre des maquis produit une récolte merveilleuse. La troisième année , il fant chercher la moisson parmi lea jets nombreux que les raeiM*s de ces arbustes ont pousisés ; la terre , non fécondée par les engrais , a'épuiae; on l'abandonne, et on va mettre le feu dans UB autre canton. Après avoir consumé de place en place Jea boîs de l'Ile . le laboureur revient aux terrains débisaés, où les maquis ont repris leur ancienne ifigoeitr , et il les soumet à la même opéralion . pQfmt s'é|)argiier la peine de les abattre. Celte yieilh) coutume s^est perpétuée de père en fils jusqu'à nos jours. Aussi , le maquis joue-l-il un grand rôle dans l'histoire du pays. Il est le patrimoine des ber^ géra , le refuge des bandits , la eîtadelte d'où ils traitent quelquefois de puissance à fuissance arveclea agents de la force armée.

(ly V. Jérôme de Marfnis (Tlifs. anCiq.), et le livre intitulé : La Gor8l«ar« saoi fgH sleall.

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Un tel mode de culture , le début de fixité de la propriété , l'étendue des biens communaux dont rile se compose en majeure partie, les perpétads ravages des troupeaux et des bergers , relienneRl nécessairement le pays dans l'enfance de la civilisation. Le morcellement infini des lerraiiis n*est pas moins préjudiciable. 11 arrive souvent que chaqie co-partageant veut avoir , non le quart ou le sixième de la totalité , mais le quart ou le sixième de chaque objet particulier , sans examiner si cette subdivisioR diminue la valeur réelle de sa portion et celle des autres domaines. On ne connait pas non pins les échanges si communs dans les autres pays, au mcjea desquels les héritages s'arrondissent et augmentât de prix dans une proportion double de la valeur de lobjet cédé. Chacun tient à la parcelle de terre c[ui lui est échue en partage , et on ne consentirait pas à s'en dessaisir pour une autre plus considérable , ou qu*on serait à portée de mieux cultiver. En outre, les instruments de labourage sont si imparfaits et si grossiers , qu'ils ne peuvent qu'effleurer la terre ; de sorte que , pénétrée par les rayons du soleil , elle perd bientôt sa substance végétale, et se convertit en une poussière ou un sable aride , qui ne suffit pas à la nutrition des plantes.

Tous les bestiaux couchent à l'air ; dès-lors , pas d'engrais; la nécessité d'abandonner â euxmêmes , faute de bâtiments d'exploitation et de fourrages « les animaux de labour et les bétes de somme , entraîne de graves inconvénients. Ces bestiaux pénètrent , en effet , dans les terres ouvertes

OU daus les eoclos toujours mal fermés , el y causeDl , en quelques heures , plus de dommages que leur travail n'a donné de profit au maître durant phisieurs jours. De là des rixes perpétuelles.

La population , fixée sur les montagnes , au bord deatochers et des précipices , est pressée , et comme •Btassée dans des bourgs ou hameaux , dont la situalion excellente pour la qualité de l'air et des eaux , ainsi que soùs les rapports de la défense en cas de guenré, se refuse généralement aux développements nécessaires à Tagricullure. Le défaut d'espace , de cours , de granges , de tout ce qui constitue ailleurs l'accessoire indispensable de la maison rustique » rend lexistence à la campagne aussi gênante pour les cultivateurs , qu'incomplète et maussade pour les propriétaires aisés. Les dangers auxquels on est exposé dans un lieu isolé, au moindre événement qui crée une inimitié , ou dans les circonstances qui affaiblissent l'action de la force publique, empêchent la plupart des habitants de s'établir dans des fermes, ou de bâtir des maisons de plaisance éloignées des villages. L'on ne voit point ici ces groupes de maisons, ces habitations éparses, qui font partout ailleurs la richesse des campagnes et le charme de la perspective; et comme les par* ties susceptibles de culture sont dans les plaines , il faut que le laboureur quitte chaque matin sa demeure pour aller travailler au loin. Il emploie un temps considérable à chercher ses bœufs qui ont vagué pendant la nuit dans les fourrés , les terres étant fort morcelées, il consomme presque le surplus de, la

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journée à transporter sa charme d'un petit ehcaia à un autre , et à franchir les rafins et les escaifements qui séparent ses héritages. La longueur èi trajet qù^il est obligé de faire pour al teindra aoa champ , l'idée d'un retour pénible , le peu de latops qui reste pour le travail , l'incertitude et la modkilé du produit , seront toujours des motîb de déeearagement auxquels on n'aura rien à opposer ; point de peuple qui , placé dans les mêmes cireonstanees , ne fût rebuté par la réunion de tant d'bbstàdes.

il est une cause plus grave encore qui paraljie l'agriculture , et frappe de stérilité les riches tréMn que la nature e versés à pleines maîns sur le soi de ta Corse. L'état arriéré de ce département est dé surtout aux nombreux marais qui se sont fbrmés sur les points les plus fertiles do littoral et qfii rendeat Tair insalubre. Les marais sont aussi communs que lek themiAs y sont rares , parce que la nature £ûl tes premiers et ne fait pas les seconds^ parte qa'il faut de l'art et de l'argent pour détruire les uns ft tréer les antres. Les chemins sont , il est vrai , oodi' itiencés , mais les marais fleurissent dans leur intégrité native

Je cit(*rai Tétang de Biguglia , long de neuf iolé- Mètres y éitué dans la plaioe de MariaDsa , entre Basiia fet rembôudiure do Golo ; les étangs de Diaae^ d'Drbimiô , del S^le . de Ca^bianda qui désolent la t^sté plaide d'Aleris; lés marais de Fortoyeechio^ qni rendeht te village inhabitable Va moitié de l'iannés , ell etupécheAt de tirer parti <d'un territoire susceptible de lDoiirt*ii> 4o)<)oo individus , d'être a&ecté à de pré-

DE LA CORSI^. 3oi

eieuses cultures , où Ton pourrait naturaliser la plu* part tdes arbres et ^les plantes qui croissent dans les deùi Indes et qui confinent â Tua des meilleurs ports de la Méditerranée , le s^l d'ailleurs que présente la oèie orientale delà Corse. De médiocres travaux Miffiimient pour assainir les marais de PdrtoTecchio q«i pourraient devenir alors ua vaste entrepôt commerciaL

Il y a aussi les marais de Figari , de Ventiligne , celui du clos del Bodidone, qui corrompt Tair de l<i plaine di Campo di laro (Cbamp d'or} , où se trouvent l«a meilleures terres du canton d'Ajaccio. La ville de Caivi dont le port est le plus voisiu d^ côtes de France, a autour d'elle plusieurs amas d'eau stagoante diint tes émanations causeat une loule de maladies. St.-Florent , point militaire le plus important dellle, a»direde Napoléon , voit ses rares habitants décimés ckaque année par les vapeurs délétères qui s'élèvent da ses marais.

L'air brûlant et mal sain du littoral , VAria Cattiva,

a contraint les habitants à fuir des plaines infectées

|àar les fièvres , par la tezzofta, fièvre tierce qui mine

«B quelques semaines les constitutions les plus ro-

ëusles , et donne au convalescent l'aspect d'un cadavre

échappé du tombeau ; elle e&erce ses ravages et dans

les lieux voisins de la mer , son séjour habituel, et

dans les endroits élevés contre ceux qui arrivent de

là plaine , «t qui , sans changer les manières de se

vêtir et de se nourrir , passent brusquement de l'air

épais et chaud des vallons , à t'air frais et raréfié des

montagnes; les habitants se 9ont réfugiés sur les

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hauteurs où de misérables villages apparaisMBi 4e loin, comme des aires d*aigle suspendues aux rochen. La population qui descend des montagnes pour aller dans la plaine , a soin de quitter le trSTail i h chute du jour , et de ne pas le reprendre avant le lever du soleil , parce que ce sont les deax mornsoU où il s'échappe le plus d'exhalaisons des terrains marécageux. On ignore quelle est la natare de eetle substance pestilentielle , et la cause de son actioo délétère ; mais de même que le chêne dans les UMmtagnes d'Amérique est la limite que la fidyre jaoM ne franchit pas , le mauvais air ne dépasse jamaii ici les châtaigniers dont la région commence i 4^ mètres de hauleur et finit â 2000 mètres ; puis visanent les sapins , les hêtres , les frênes plus capaUei de lutter contre la violence du froid.

La dépopulation et la misère de la Corse sontaoaii la cause de l'Arta Cattiva (i). H faut ajouter la malpropreté , fléau endémique des pays méridionaux. Li

(I) Horace nous parle souvent de^ fièvres qui régnaient à Rome en Juillet , août et septembre. Il demande lui-même à être pr^ serve incolumen septrmbribus horis. Suivant Tite-LIve , dlM l'espace de T3 ans, il y eut k Rome et dans les liens eoTlronmalii 19 pestes. Caton , De re. rusticn , m<^ntionne plnsleors endroili où il n'élait pas possible de résider, à cause de l'insalubrité de l'air en automne. Peut-être, cependant, les anciens Romains, avec leon habits de laine , leurs frictions» leurs bains répétég, leur vie trjeactive et très- variée , étaient-ils moins sensibles ans influences de La Mararia. Il paratt que certaines parties de la Sardaigne n*étaieiit guère plus salubres qu'aujourd'hui. Les Romains en redontaient le séjour ; c'est ce qui eipllque le bon mot de Martial : C«« mors venfirif ^ in mtdio Tibure S/trdinia est.

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mauvaise nourriture et les vêtements percés du pauvre lui donnent autant de maladies que Tair qu'il respke ol 4)ue d'ailleurs il empoisonne lui-même. Le Corse n'est vêtu que d'un drap grossier , qui imite la peau de ses chèvres ; il ne vit que de châtaignes , d'un peu de- : viande salée ou de fromage souvent acre. Un tel régime lui cause des maladies cutanées fréquentes.

Livrée à ses propres ressources ou mesquinement aidée, la Corse ne pourra jamais rendre ses plaines habitables , détruire les marécages qui s'opposent à toute culture et décimi^nt les populations. Tout sera impuissant tant que les parties les plus fertiles, dç son territoire resteront dans Télat d'abandon où elles se trouvent , tant que les insulaires ne quitteront pas les lieux escarpés et sauvages qu'ils habitent , siège de, l'ennui et de la misère. L'assainissement est pour le pays une question de vie pu de mort. Hélas ! plus de trois siècles de dévastations et de guerres n^ont mis sous les yeux des Corses que des scènes sanglantes , ne lea ont occupés qu'à repousser la violence ou bien i la venger. Ce peuple que, par sa position, la nature appelait i être pêcheur et agricole, n'a su manier que les armes. Mais les armes sont stériles ; des rochers offrent un asile , non une subsistance ; la terre, que les habitants ne cultivaient plus, a hérissé son sein de ronces et leur a refusé, ses dons ; la mer qu'ils avaient délaissée , n'a cessé d'entasser ses ravages ; le peuple, toujours guerrier, est resté sans culture , sans jouissances ; ses talents naturels , qui auraient dû faire sa gloire, sont demeurés! en friche»

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ainsi que le terrain d^finé à le nourrir. Env»ÎD,rîidiMlrie s*eftt portée ailleurs dans tous les aeM » s'art approprié les riehesses de tous4escliniala, aoofeft mille sources nouvelles de plaisirs ; il n*a été «khumi de ses voisins que par ses malheurs el racharaeneil quM mettait h se détruire 1 C'est bien de leors ptaiaei et de leurs montagnes que l'on peut dire t

Prh*at€ (Varaior da crude guerre , Gravide di tetor dnrmom le terré (1).

N'est- il aucun moyen de changer cette doalooreaie situation? Il faut attirer les Corses dans la plaine, d les faire descendre de leurs habitations aériennes, ci facilitant à des propriétaires snges et indostrienx quelqu'établîssement dans les lieni les moins exposb à l'intempérie. On verrait bientôt naître ane génération nouvelle qui, naturalisée dans ces bas-fonds, ea supporterait plus aisément les travaux. Une telleeipérience, en rassurant les habitants des montagnes» les déterminerait insensiblement à Tenir dans la plaiae pour recueillir les mêmes fruits. Filippini , liMorieB corse , atteste que de son temps (au commencemeat do XVI*. siècle) , la population de Plie s^élevait i environ 5oo,ooo âmes , ce qui fait plus du domble da celle qui existe aujourd'hui (220,000). Elle pourra un jour presque se tripirr, si on parvenait à fertiliser les plaines.

(ij Privée» de laboureurs par de« guerres cruellei, les terres dorment sur les trésors qu'elles rpcélenî.

Bfi LA couse. 3^

Un ()elît nombre de cultivateurs bîpii clioiriê ^t dfe • ^t^éà dam les diflërentes parties de Die , réveillerait ptr son exemple Tardeur de tous les an»tre& V^ffti*' isahure n'est pas une scîenre compliquée; il ne faut q«Mi dés yeux et de Fémulation pour l'apprendre* Las procédés qui auraient réussi , serviraient de règles et eliacun tenterait de les imiter , en propoNion de ses i«K>yens. Les sommes que distribuerait radminislration pourraient n'être que des avances, et il serait faeiie dé ptetkàr^ des mesures pmir s'en assurer le remboqr* sèment. Quand on veut établir un nouv^M commercé» on Fencoarage non-seulement par une prctéotion sfpi^ cMe^maisle gouvernement excite le zèle dH négociants pat des primes. Or , quel commerce plus intéressant que celui qui tendrait à ressus<»iter ragHeult«ife d'une vtiste province , susceptible de toute sorte de pnoductlM^t Le tabac, te sucre, t'indtgo , le coton, que tioua alitons eberdier à grands frais sur des terres éloignées, iw>uÀ potrrrions les trouver dans ce département , que len Romains appelaient une seconde Sicile. La Corse ti*aitend que des travaux et ^es dépenses pour se cnutrir d'bomuies et de moissems. D'aifleurs , comme le disait M LimpéranI à la tribune, ie 25 avril i^3S> tonte amélioration dans Y^t doit commencer f^f l^gHcttltnri!

Le premier effet d'un ttav^il régulier serait de déitn\tiè presqu'Mrtîérement Finsatobrité , en extirpant les plaates nuisibles , en desséchant la multitude des petits ruisseaux qui sé perdent inutilement sur le trrrain et in'fjCtent le pays par leurs exlialaisons. L'air n'aurait pas la même pureté que sur les montagne^ ^

3o6 SUR l'histoire bt les mobobs

mais n'est-il pas une foule de terrains bas en Fraaee et en Italie , qui sont tous habités? La population et la culture j annullent Finfluence du climat ; les corp mêmes s'y façonnent par l'bab.tude d'y vivre, et souvent on y parvient à une vieillesse ausd avancie que dans les pays les plus sains.

Qu^nd on nomme la plaine en général , on entend la partie de terrain située entre la mer et l« montagnes, depuis Bastia jusqu'à Portoveochio ; die a 7$ kilomètres de longueur sur 6 ou 9 de largeur, et occupe presque toute la c6te orientale de l'Ile ; peu de provinces en Europe sont aussi fertiles el jouissent d'un sol plus beureux. Ce ne sont pas des vallées isolées, coupées par d'arides rochers; on j voit une plaine continue, traversée par de nombreuseï rivières; on pourrait lui appliquer un système d'irri gation, qui ajouterait encore à sa fécondité (i). Depnb Cervione jusqu'à Âleria, on remarque plusieurs moD' ti<:ules variant laspect du terrain sans nuire à sa qualité ; là , partout les sites sont délicieux ; d'un côté, Timmensilé de la mer , plusieurs lies semées dans cet espace , de l'autre, la perspective rapprochée des montagnes , dont quelques-unes offrent des neiges éter nelles , et les autres la plus riante verdure.

Il parait que cette plaine fut à peu près la seule partie habitée par les Romains, si Ton en excepte diverses places situées sur la c6te occidentale. Quant

(1) L'orgsniMtlon des cours d*cau est destinée k eiercer sur Tagricuilure une influence du même ordre que le« chemins de fer sur l'industrie. Combien de richesses , eu effet , que nos rivlèrei fmporlcnl inutilement dans la mer I

au reste de VWe , ils se bornèrent à contenir les habitants dans leurs montagnes, en leur imposant un léger tribut. Ils prouvèrent tout le cas qu'ils faisaient du beau littoral du levant , quand ils établirent , aux embouchures du Golo et du Tavignano, les deux colonies d*Aleria et de Mariana , dont plus d'un auteur ancien atteste la prospérité , mais que d*affreuses calamités ont fait ensuite disparaître de la surface du sol. La plaine où se trouvaient jadis les deux villes d'Aleria et de Mariana , autour desquelles se groupaient nécessairement une multitude de villages et une population nombreuse , était alors parfaitement saine , et n'a cessé de l'être que depuis qu'elle a été abandonnée par la crainte des Sarrazius et des fréquents ravages de la guerre. On conjecture qu'un tel événement arriva dans le XP. ou le XIP. siècle ; on n'a point de monument certain pour en constater la date.

La mer n*étant plus contenue par le travail des bommeSi a pu franchir impunément ses limites. Les désastres causés par âne tempête en auront préparé de plus grands pour la suivante , et , entassés pendant une longue suite de siècles , ils auront à la fin métamorphosé le terrain. Ainsi ont dû se former les étangs que l'on voit le long de cette plage. On a jugé , ptit quelques anneaux fixés dans les rochers de l'étang de Diane , que là était autrefois le port d'Aleria. Le lac de Biguglia . n'a peut-être pas une autre origine. Un vaisseau que les directeurs du terrier , en 1770 , découvrirent à plus de trois mètres sous les sables , indique clniroiuent combien le terrain

So6 SUR l'uistuinb kt lus «OKUmft

t*est eibausfié» et toute» les ré?olutioiu qu'il a éprouvées.

Quoi qu'il en soil, la plage si étendue et ai fertUedont noua parlons , ne contient presque pas d'habîtatioas. Les propriétaires des terrains n*en cultivelit pas la Sti*. partie. Une pareille culture , toujours éloignée de plusieurs kilomètres de la demeure des possesseurs» exploitée sans bestiaux , sans engrais , et avec de mauvais instruments de labourage , d'ailleurs livrée pendant rbiver aux dégâts des troupeaux de chèvres et de brebis, qui errent alors librement dans toute la plainei el dont les fruits , sous cet air pestilentiel , sojdI toujours mêlés avec des semences de maladie et de nwrt, une pareille culture , dis-je , rapporte peu ^ et le sol le plus riobe de l'Ile reste abandonné de ses babiianis.

L'insalubrité est la cause de ce délaissement , et elle est telle que , depuis le mois de jain jusqu'à b fin d'octobre , il est dangereux de voyager même pendant le jour , et qu'il en a parfms coûté la vie i ceux qui ont été ibrcés de passer li une seule nuit Dans les autres saisons» on peut babiter la plaiae impuBément ^ et il n'est pas de pays qui jouisse d'une température plus agréable et plus douce.

On l'a vu, le mauvais air vient des six grandi lacs ou étangs dispersés le long de la côte , et dont les eaux stagnantes, frappées en été par les rayons du soleil y répandent partout des exhalaisons funestes. Ensuite , toute la plaine est coupée par une multitude de rivières et de ruisseaux qui , presque à sec pendant l'été, couvrent pendant la saison des^iluies ou à la fonte des neiges , les tenains voisins , de

leurs débordements. Ce^ terraiBS sont béciisé» de foréU d*arbustes , tek que le oiyrte , le lentUque et autres plantes touffue» dont les branches entrelacées opposent un abri impénétrable aux rayons du soleil. L'eau qui s'y trouve amassée» soit par les pluies, soit par les inondations, ne peut s'y évaporer, et se mêlant avec la dépouille des arbres, elle s'y corrompt et forme des mares fétides

Si le terrain était nettoyé par le feu > si les racines en étaient extirpées , si > à la place de ces buissons fangeux, l'on plantait des ailées régulières d*arbres utiles qui , se coupant dans tous les sens , Laisseraient librement circuler l'air quMs agiteraient par la mobilité de leurs feuilles , il n'est pas douteux que l'air ne fût promptement assaini; il le serait davantage encore si y \,ar une culture régulière , la terre se couvrait de plantes dont la végétation absorbe les vapeurs malfaisantes , si la population se fixait sur le sol , l'assainissant par ses travaux et par ses feux.

C'est ainsi que la ville de Bastia , quoique placée sous l'influepce du principal étang , et environnée d'algues marines , ne laisse pas de jouir d'une grande salubrité , parce que la culture et les feux d'une nombreuse population repoussent ou absorbent les uMaames qui pourraient être pernicieux.

Dans nos colonies d'Amérique , où la chaleur est bien plus vive^ on trouva d'abord presque toutes les plaines et les bords de la mer noyés en partie sous des eaux stagnantes que le travail a fait disparaître . et le pays est devenu salubre. Les mêmes causes produiraient sûrement en Corse h^s mêmes effets -,

3lO SUR LHISTOIRB ET LES MOEURS

les obstacles y sont moindres , et ce qui s'est pané au Migliarciaro ne laisse aucune place à rincrédolitè. Les travaux ne devraient s'exécuter que dans la saison d'hiver, sans rien exiger de la terre, la première et peut-être la seconde année, en attendant que la pluie, le soleil , et les autres agents de la nature eussent détruit le germe de mort qui s'y trouve semé.

Quant aux eaux , la plupart des rivières ou ruisseaux arrivés dans la plaine, n'y ont qu'une pente très-faible, mais certainement cette ponte existe ; on pourrait la favoriser et ouvrir des canaux d'arresement. Chaque situation demanderait sans doute des procédés différents , et la terre une fois ouverte i là culture , absorberait sans aucun effet préjudiciable pour la santé, les eaux qu'une inondation ferait sortir de leur lit.

La Corse est semblable à ces terres dégradées qui languissent sans culture , et ne rapportent presque rien à un petit propriétaire. Pour devenir an domaine excellent , elles n'ont besoin que de passer dans les mains d'un maître riche qui , y versant de grandes sommes, se rembourse bientôt et au-delà de ses avances.

Mais en même temps qu'on fait un nouvel appel à la sollicitude du gouvernement qui , depuis i835, verse l'or de toutes parts dans l'Ile , et se montre si libéral envers elle , il faut que les Corses s'aident puissamment eus-mémes , ne restent pas lès bras croisés et indifférents aux abus qui rongent leur pays. Un fonctionnaire surtout « qui ne connati pas l'étendue de ses devoirs , ou qui les connati et ne

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les remplit pas , est un mauvais citoyen , qui doit compte à la localité qu'il administre , à ses supérieurs , à Dieu , du mal qu'il n'a pas empêché , et du bien qu'il n'a pas fait. Qu'ils sont coupables les juges de paix qui manquent de zèle dans Texercice de leurs fonctions ! qu'ils sont coupables les maires oublieux des plus chers intérêts de leurs concitoyens , et pour qui le pouvoir n'est qu'un moyen d'intimidation ou une arme vengeresse ! En l'absence même de la loi, si impatiemment attendue , sur la police rurale , il est certain que la législation actuelle , à cet égard, bien interprétée , bien exécutée, pourrait extirper le plus grand nombre des abuâ ; il est certain que les langes qui étouffent l'agriculture disparaîtraient , si les maires surveillaient sérieusement les gardes-champétres ; s'ils tenaient la main à la poursuite des délits ruraux , on parviendrait à garantir les campagnes du vandalisme dont elles sont l'objet , et à restituer à la propriété la sécurité dont elle manque entièrement.

Un document qui renferme sur ce point les plus hauts enseignements pratiques, vient d'être publié par l'administration ; nous voulons parler du tableau des amendes prononcées en matière de police rurale pendant l'année 1845. 121 communes n'y sont pasnotnméeSy c'est-à-dire que pas un seul des délits commis sur leur territoire, n'a été déféré à la justice. Dans 17 autres , la répression n'a porté que sur un fait poiir chacune d'elles, et dans 46 les peines n'ont pas excédé 6fr. d'amende.

Il est positif que , dans les localités où la répression

Si 9 SUR l'histoieb et les MOBUmS

a été à peu près nulle , les propriétés sont le pim dévastées, et Tagriculture est très-languissante* Là, an contraire , où le résultat des amendes atteint le chiffre comparatif le plus élevé , l'agriculture est ea honneur , et la propriété respectée. Dans l'arrandiisement de Caivi , le montant des amendes a été de 3,6f4fr. 47 ^' ^ans celui de Bastia, il est porté i 3,5o9 fr. 5?. c. L'arrondissement de Calvi ne compte que 25,ooo habitants , l'autre en possède trois foi» plus ; mais la culture n'y est pas aussi généraleneat étendue, et il renferme plusieurs cantons dont les populations paresseuses . turbulentes , vivent du pr»* duit de châtaigniers ou de quelques troupeaux qn'ellei entretiennent sur les propriétés d'autrui. La traiH quillité publique , de même que la prospérité 4e l'agricultiire, est proportionnée au nombre de déKis ruraux réprimés. £n effet, dans le chiffre total de 3,5o9 fr. 52 c. , U^ communes du cap Corse et b ville de Bastia , contrées si industrieuses et si paisibles, y iBgurent pour 1,772 fr. , c'est-A-dire pour plus de la moitié. Les cantons où le parcours exerce le plus de ravages , sont ceux où les amendes de simple police n'ont guère excédé la somme de six fr. ; par exemple , Lama, Volpaiola . BIguglia.

Dans l'arrondissement d'Ajaccio , dont la populaties est de 5i 000, le total des amendes recouvrées est de 982 fr. 40 c* 9 ^^ celui de Tarrondisseinent de Gorte qui contient 62,662 habitants , est de g63 fr. 77 c. Presqu'égaux en superficie , ces deux arrondissements se trouvent dans une position analogue. Dam Tun comme dans l'autre , il existt une immense

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éiendiie de biens communaux, sujets de contestations sans fin , de rixes sanglantes et d'usurpations qui augmentent d'année en année. Dans Tun comme dans l'autre , les crimes sont fréquents , et le penchant â manier les armes remporte sur l'habitude de se servir d'instruments aratoires. On j remarque une énorme quantité de maquis avec leur cachet de sombre tristesse, voilant, tant bien que mal, les pointes aiguës des rochers au milieu desquels stérilement ils végètent; on y voit une multitude de landes , de terres incultes que les propriétatre» sont obligés d'abandonner à la rage dévastatrice des bergers , parce que les autorités locales, par impuissance ou tout autre motif, ne s'occupent pas de les protéger et de les garantir.

Dans l'arrondissement d'Ajaecio , les communes ak les délits n'ont été l'objet d'aucune poursuite, s'élèvent à 4^ 9 ^^ ^^ ^^^ précisément les communes les plus pauvres , les moins avancées en civilisation , et les plus célèbres dans les annales de la justice crimiaelle* Leur état arriéré est dû en grande partie au défout de surveillance , et au complet abandon dans lequel est laissée la police rurale.

Les cantons où nul délit rural n'a été réprimé , gont au nombre de 39 , dans l'arrondissement de Corte. En lisant leurs noms, on reconnaît les loca» lités qui possèdent le plus de biens communaux. Ëh bien ! il est positif que là les propriétés n'ont été l'objet d'aucune surveillance , et qu'elles sont vouées à la destruction. Il suffit de nommer (a commune d'Albertaccie , dans le territoire de laquelle

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sont silaées la plaine de Galeria , les yaUées deFibsorma et de Marzolino , où les bergère abattent m* punément les chênes verts, et régnent en maîtres pendant plusieurs mois de l'année. Pas de répression non plus dans les communes où ont commencé leur aSreose carrière les bandits les plus redoutables, et où h défaut d'activité et de vigilance de Tnatorité municipale a poussé si souvent les propriétaires i employer la force pour défendre leurs récoltes et leure plas* tations ; de là tout le sang qui a arrosé tant de fini une terre qui ne demandait qu*â être fécondée pv le travail ; ainsi débutèrent les frères Bartoli , qui ont presque fait un désert du village de Tox , oà prospère si bien Tarbre de Minerve ; Ampriani est la patrie du trop fameux Gallocchio ; Rusio , celle do plus monstrueux des assassins , Sarrocchi ; et St.-Laarent, Garpineto et Tarrano ont été , dans ces dermères années , le théâtre de plusieurs crimes.

Il est donc vrai que la civilisation en Corse est es rapport direct avec le nombre des délits signalés et réprimés; que les maires et les juges de paix ne cherchent pas assez â inspirer le respect de la propriété et i régénérer le territoire corse qu'ont envahi les bruyères dont les immenses touffes encombrent toutes les routes , et parent d'un luxe inutile une terre qui pourrait devenir si riche et si productive !

En l'état , ce qui constitue la principale richesse du pays , est Tolivier. Tous les rochers du cap Corse en sont couverts , toutes les plaines de la Balagne en sont remplies. Point de village, s'il n'est trop élevé dans la montagne, qui ne soit entouré de ses plan-

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talions. Il viest partout , depuis les bords de la mer jusqu'à 35o mèlres au-dessus de son niveau. Placezle dans une terre d'alluvion , il y prendra les formes d'un arbre de haute futaie; donnez-lui une terre moins féconde , aride même , il n'atteindra pas à des proportions semblables , mais il n'en sera que plus productif. Il est autrement grand et robuste qu'en France. On se demande comment la Corse , où l'olivier se propage si aisément , n'a pas tiré un meilbur parti de cette heureuse aptitude de son sol. Mais sous le gouvernement génois , elle ne pouvait exporter d'huiles qu'au moyen de droits excessifs , établis dans la vue de protéger les huiles de Gènes , et de la soustraire à une redoutable concurrence. Sous la restauration, jusqu'à la loi du 17 mars 1826 , les huiles de la Corse » à leur entrée en France , étaient soumises au même tarif que celles de la Calabre , de la Sicile et de l'Espagne. Le droit était de 25 pour cent. Depuis la disparition de cet impôt oppressif , une grande impulsion a été donnée à la culture de l'olivier ; elle se manifeste dans toutes les parties de rile. Il est vrai qu'on pourrait encore mieux utiliser ce noble et bel arbre , et le rendre l'objet de soins plus intelligents ; bien qu'on le greffe assez généralement, on n'apporte aucun engrais, on fait rarement quelque labour , au pied de l'olivier , qui permette aux eaux de pluie de s'infiltrer à travers les terres et d'humecter les racines; de plus , le bois mort reste sur l'arbre , tel qu'il est entassé par le temps » de sorte que l'air ne peut circuler , et les branches saines sont étoufifées.

3i6 SUR l'histoieb et lbs mobubs

La vigile est assez bien cultÎTée , Bortout au cap Corse, seul canton qai fasse ane eiporUtioD detiBs, boissons très-spîrltueuses qui se vendeat, à Livounie, i des marchands étrangers foiirnis^nt l'Allemagae et le Nord de ces vins qu'on j débite sous le nos d'Espagne. Les autres parties de Ttle consommeDl celui qui vient sur leur territoire. Environnée de peuples qui ont comme elle cette liqueur en aboi« dance , la Corse devrait , si elle prétend emporter, perfectionner la qualité de ses vins , et les mettre m état de soutenir un voyage de long ooars.

Partout entreconpé de hautes montagnes , le pays réunit toutes les expositions et toutes les températures ; joignez à cela ta nature schisteose du terrain dans plusieurs cantons. Le raisin y est inoompa' rablement meilleur que dans nos climats. Les viss de la plaine et ceux qui l'avoisinent ont une saveur douce et sucrée . commune à tous les vins d'Italie. Mais , en se plaçant à de plus grandes hanteurs , on obtiendrait des qualités différentes ; il y aurait une foule d'expériences à faire sur la nature des plants , sur la culture et la manipulation du via. Tous les essais de ce genre ont parfiitement réussi. A Cervione , à Âjaccio , à Corte , a Tallano , os boit d'excellent vin La Corse est un pays essentiel* lement vignoble.

Les mûriers sont encore peu multipliés dans Tlle ; là partie du cap Corse et du Nebbio se trouve peni^étre trop exposée au vent du Libeeeio, pour qn'en furiase s'y flatter d'un grand succès ; là cependant on les voit davantage. Dans totis les valkNM de Tlie, il

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pourrait y en avoir de nombreuses plantations. La grande plaine d'Aleria , si elle était assainie et cultivée, contiendrait seule plusieurs millions d'arbres. Dans la saison des vers à soie , il ne pleut ni ne tonne presque jamais. La qualité de la soie est excellente y elle vaut celle du Piémont ; mais on ne sait guère la filer ; il faudrait appeler en Corse des personnes qui eussent Tart de la bien préparer. Les mûriers réussiraient, jBans contredit , dans tout le pays dit la Costapiiccia* Cet arbre a le privilège de pouvoir s'allier à toutes les autres cultures , et dans nulle contrée il ne devrait mieux prospérer qu'en Corse II serait utiled'en faire des plantations considérables , en se servant de préférence de Tespèce de mûriers nains de TArdèche, ou des mûriers à feuilles longues des Philippines.

£n Corse , l'œil se porte avec ravissement sur les bois d'orangers^et de citronniers dont l'tie est peuplée. Le citronnier surtout estd*un très-bon produit^ puisqu'on évalue au moins à 5 fr. le revenu de chaque arbre , dès qu'il a atteint 8 années. Il serait même porté plus haut, si on savait y faire usage des fleurs^ Mais on les laisse périr sous Tarbre ainsi que celles de l'oranger. Par <une telle négligence, ce gobi' nierce, si important èHyères ^ k Grasse, est presq^ Dul en Corse.

Le pays renferme des carrières du plus beau granit^ des marbres aussi remarquables que ceux des min^s de Carrara en Italie. Le vert antique , la serpentîae «t les porphyres gldiuleuac , raires ailleurs , lont U^communs dans ce département. Le graait orbiculair^ deTaHaao »dont la formation est un problècne iaso-

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lubie dans la géologie , n'est connu que dans l'Ile. U chapelle de St. -Laurent , à Florence , est en partie ornée des marbres de la Corse. Pline atteste que les Komains en faisaient un grand usage. Jasqu^i ee jour on n'avait pas songé à les exploiter. Cependant quelques- unes de ces richesses se trouvent sur le bord de la mer et seraient facilement un objet d'industrie. On a enfin compris l'avantage qu'il y aurait â étudier de près et avec attention les gisements et les produits des carrières de marbre. Des scieries hydrauliques ont été établies à côté des courants d'eaux ; et des blocs de granit de toutes les dimensions et de la plus belle espèce ont été livrés au commerce. Qui ne s'étonnerait en voyant une si précieuse variété d'ébhantillons , que Ton ait attendu si tard pour la mettre au jour , et en apprécier la valeur , alors qu'il suflBsait des fouilles les plus légères pour la découvrir 7

U est une autre mine plus féconde , et qui souvent a suffi seule pour nourrir une nombreuse population, et y répandre l'abondance des plus opulentes contrées. Je veux parler du voisinage de la mer. Combien d'Iles et de peuples maritimes subsistent , et même s'enrichissent uniquement par la pèche ! Que de ressources les Corses pourraient tirer de l'élément qui les environne ! ils ne font guère avec succès que la pèche de l'anchois et de la sardine. Ce sont les Génois et les Napolitains qui viennent pécher sons leurs yeux et leur ravir tout le poisson , de même que les Lucquois leur enlèvent les produits les plus clairs de l'agriculture.

L'Ile abonde ensources d'eaux minérales; j'en ai parlé

DE LA COmSE. 319

dans ma relation du voyage de M. le duc d'Orléans en Corse. Elles ne tiennent pas à des volcans ; on n'en aperçoit aucune trace en Corse , malgré le voisinage de l'Italie , et on n'y connaît pas les tremblements de terre. Les eaux sont de trois espèces, les unes thermales , les secondes fortement gazeuses , les dernières enfin ferrugineuses. Celles de Pietrapola ou Fiumorbo passent pour très-efficaces contre les maladies de peau et les rhumatismes Les eaux de Guagno produisent les mêmes effets. Pour les hydropisies , les maiix d'estomac , on conseille celles d'Orezza ; il y a dans le pays voisin huit ou dix de ces sources. La meilleure se trouve à Stazzona ; elle a d'autant plus de prix qu'elle est la seule , avec celle de Vais, qui existe dans le midi de la France, et qu'à leur défaut on est obligé d'aller jusqu'en Lorraine. I^s eaux d'Orezza gazeuses, et très-acidulées , picolent le nez comme le vin de Champagne, et semblent brûler la langue , mais bientôt la bouche se sent rafraîchie. A la fin de juillet , les visiteurs y affluent de toutes parts ; nulle auberge pour recevoir les buveurs et les curieux i seulement , on établit des barraques en branchages sur une vaste esplanade entourée de trois cètés par les montagnes. Au-dessous de cette terrasse , la petite rivière du Fiumalto roule en cataractes. Eu face, dans des bois de châtaigniers, sont deux villages où les buveurs louent de mauvaises chambres- Des traiteurs de Baslia y arrivent. Ce petit coin de terre est trois fois privilégié de la nature, par le charme de sa situation , par de précieuses sources minérales , et

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par les trésors de géologie qo'îl renfiomie. Comm dans Theureux séjour qui souriait à Horace , os trouve Ul un ciel aussi beau que eelai des nuMlagaei de la Sabine , Tombrage de vieux anarronniers pii« férable aux oliviers de Tibur , un vallon étroit pareil à celui de TAnio , et les plus beaux martirea. Sur le lit du FiumaltOy on voit des blocs de vert corse comparable au plus beau vert antique. Les aonrces m^ uérales sont de véritables richesses nalionalea ; c'eit plus qu'un simple établissement sanitaire , qu'ai moyeu de guérison pour les malades ; une soofoe minérale convenablement exploitée offre pour le psyi qui la possède , plus d'avantages que la mine la ph» productive , et ce que ne saurait fiiire la mine , la source l'opère constamment. Elle contribue â répandre les lumières , elle est un mojen assuré de porter dans un pays les lois, les mœurs , les usages des peuples civilisés.

Jusqu'en i835 , un vieux système de dooane avait paralysé les facultés industrielles des habitants p« une concurrence oppressive , et par le manque d'os vaste débouché. La contrebande inondait les rivages de l'ile de produits étrangers , et les objets manufacturés de la Corse acquittaient en France des droiti très-onéreux. Les seules productions du sol , dans le sens le plus restreint du mot , étaient admises en franchise sur le continent français. Aussi » une <m deux tanneries , quelques fabriques de pAte , de la toile grossière, un petit nombre d'ateKers d'artisans, voilà dans quel cercle resserré se traînait alors l'indnstrie. La toi du 26 juin i83S a mis. un ferme A

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