TYRTÉE ET B16AS
graphes ont inconsidérément puisé leurs documents Sans craindre le plagiat , ils se sont dérobé jusqo*aui phrases et jusqu'aux mots ; ils ont même enchéri su^ rinexactitude de Tabréviateur latin , qui donne seulement à Tjrtée le titre de chef de guerre ; ils Yonr transformé en stratège consommé. Ce fait de peu d'importance , au fond , révèle que la substitotion d'ui mot à un autre peut entraîner de graves erreurs et que prendre un guide ou un conseil n*est pas h même chose que demander un stratège consommé» Heu — reux le lecteur , s*il n'avait à reprocher à l'histoir^E que des méprises de ce genre ! La vérité , en passan 'C par quatre ou cinq bouches, a subi quatre ou cinq modifications. Tyrtée , suivant l'orateur «Lycurgue, e&t devenu orpoLToyàç y stratège , chef d'armée ; suivanC Strabon qui a respecté le mot de l'oracle , il est redevenu iiytiJLwv y chef ou guide ; selon Pausanias , qni a le mieux interprété l'oracle , en se conformant à la vérité des faits, il a été qualifié de <rîtiiQov\oç ^ conseil ou conseiller ; mais avec Justin il a repris le titre àedvx belliy chef de guerre, et M. Gail en a fait un stratège consommé (i) !
Tyrtée , pris comme conseil et non pas comme général par les Lacèdèmoniens , quitta son école et s'en vint à Lacédémone. On dit qu'à son arrivée dans
(i) Moréri, dans son diclfonnalre, v". Tyrtée, dit: •Ijf» « Lacèdèmoniens cnnsuHèrent Toracle de Delphes, ()ai leur ré- « pondit de chercher chez les Athéniens un homme capable de <f les aider de ses avis. » Morèri a vu la vèrilè , mais il ne U pas développée. L'opinion erronée de Tabbé Sevjn , homme d'ailleurs très instruit, avait besoin d*ètre combattue » pour que les biographes cessassent des récits fabuleux.
CHANTS GUËBRIËRS DE LA GRÈCE. ByS
cette ville, it se mit à réciter, en présence des magistrats , des poëmes auxquels l'orateur Lycurgue a donné le nom d'élégies On ajoute même que» récitateur infatigable , (ruva7»v on6(roxtç Tâ;^t , il rassemblait tous ceux qu'il rencontrait pour leur chanter ses vers. Ce n'est pourtant pas à son occasion qu'Horace a dit plaisamment : quem vero arrtpuitf tenet occidùque legendo. Excitateur du courage des jeunes Spartiates, il fut, avant Callinus etMîmnerme, le type de nos bardes qui consacraient leurs veilles à célébrer les grands hommes de la Gaule ^ en accompagnant leurs poésies de la harpe ; les chansons martiales de Tyrtée étaient aussi accompagnées de la flûte. Sans s'exposer au péril des combats , et sans courir le danger de jeter dans la fuite son bouclier comme Horace , il relevait en temps opportun le courage du soldat.
Ses hymnes , dans les commencements de la guerre y ne furent pas des chants de victoire. Les Lacédémoniens furent battus comme- ils le méritaient. Aussi , dans la seconde de ses élégies conservées , rappellet-il aux jeunes Grecs qu'on les a vus alternativement fuir devant l'ennemi ou le poursuivre à outrance. On dit même qu'il conseilla aux Lacédémoniens découragés d'incorporer les Hilotes dans Tarmée , en promettant de leur donner en mariage les veuves de ceux qui périraient dans le combat , et de leur accorder le droit de bourgeoisie. Les Messéniens, toujours conduits par le brave Aristomènes , tinrent tête à l'ennemi long-temps ; mais enfin victimes de la trahison , ils se retirèrent dans Ira dont le siège dura onze ans»