SUR LES COMBINAISONS
Par m. J. Isidore PIERBE
Professear de Chimie à la Facnllé des Sciences de Caen.
L*acide silicique est tellement répandu dans la natare , il fait partie d*un si grand nombre de composés , disséminés dans presque toutes les couches qui constituent Pécorce solide de notre globe , que tout ce qui se rattache à l'étude de ses propriétés doit nécessairement intéresser le chimiste » le miné* ralogiste et le géologue. — Aussi avons-nous vu , à différentes époques , les chimistes les plus distingués s'occuper de l'étude des composés du silicium et ea particulier de Facide silicique.
Cependant , malgré ces nombreux travaux , malgré Thabileté bien reconnue de leurs auteurs , l'histoire chimique des composés du silicium laisse encore beaucoup à désirer.
Il suffit , pour s'en convaincre , de comparer les résultats obtenus par les savants qui s*en sont occupés.
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On sait que les chimistes ne sont pas encore tombés d'accord sur la formule qu*îl convient d'attribuer à Faeide silidqiiet et par sotte, en chlorure de silicium.
Les uns admettent que Tacide silicique doit être repréfenti par la foroMila SiO^, et fla prennent le nombre 266,7 pour l'équivalent du silicium.
D'autres admettent la formule SiO> , en prenant Si = 177,8.
Enfin , d*après l'opinion d'autres chimistes , la formule rationn^le de l'acide silicique doit être SiO , et l'équivalent du silicium Si =88,9.
Chacune de ces trois formules se présente à nous sous le patronage de chimistes illustres, et cette dernière circonstance est encore de nature à augmenter notre incertitude.
La première de ces formules , admise par le plus grand nombre des minéralogistes , se présente avec remportante autorité de MM. Berzélîus , Thénard , etc.
La formule SiO^, admise par un certain nombre de chimistes et de minéralogistes allemands , parmi lesquels il faut citer M. Gmelin , aurait , suivant M. Câhours> davantage de faire rentrer dans les conditions ordinaires le volume de vapeur qui représente réqufvalent du protôsîlîcàie étbjKque de M. Ëbelmen.
Enfin , la formule SiQ parait admise aujourdliai par le plus grand nombre des chimistes français ; elle avait été proposée par M. Dumas , il y a déjà longtemps , lorsqu'il publia son beau travail sur les poids spécîfiques des vapeurs.
SUR LES COMBIMAISOUS DU SILICIUM. igZ
M. Ebelmeri , dans son intéressant mémoire sur les élhers siliciqaes, s'est rangé à cette dernière opinion , après une discussion savante et approfondie.
Comme , aux yeux d'un certain nombre de chimistes, les faits si curieux de l'éthérification de l'acide silicîque ne paraissent pas avoir résolu complètement la question , je me suis proposé , dans le travail que j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui à l'Académie , de rechercher s'il ne serait pas possible d'obtenir, soit par quelques faits de substitution y soit par la production de quelques chlorosilicates ou chlorures doubles, analogues atlt fluosilicates on fluorures doubles, soit, ènûn ^ par la production de quelques nouveaux composés éthérés ou amidés, des résultats de nature à permettre aux chimistes de fonder leur choix sur des données plus explicites , et surtout plus vairiées dans leur nature.
Les diflBcùltés que Ton rencontre dans la préparation de ces diverses sortes de composés , les longues et dispendieuses- manipulationiâ qu'exigent des recherches de ce genre , dans lesquellcfs le chlorure de silicium est la matière première indispensable^ tontes ces circonstandes réunies ne m'ont pasj perrtiîs dé varier et dé moltipliei' les opéralioiis autant qte je le désirais; mais, tout incomplètes, tout imparfaites que sont ces recherchcfs , j'ai pensé qu'elles n'étaient pas tont-à•^ait indignes de fixer un instant l'attention des chimistes.
Je no m'occuperai, en ce moment, que des fafts de la première catégorie, de ('eux qui se rapportent
3c^ BECHERCHES
aux phénomènes de substitution que j*ai obserrés dans certains composés du silicium.
CMMi^ 4èrtTé8 di CUirire de SOkfen par nktttiilMi.
Lorsqu'on met en contact, à la température ordinaire , le chlorure de silicium et le gaz acide sulfhydrique , ces deux substances ne paraissent pas réagir Tune sur l'autre d*une manière sensible. Mais si l'on fait passer simultanément, dans un tube de porcelaine préalablement chauffe à une bonne température rouge , de l'acide sulfhydrique parfaitement sec et du chlorure de silicium en vapeur , ces deux corps réagissent l'un sur l'autre ; il se produit en abondance de l'acide chlorbydrique, qui se dégage avec l'excès de chlorure de silicium et avec la petite quantité d'acide sulfhydrique qui échappe à la décomposition.
Une disposition conunode pour faire rexpérience , consiste A faire arriver l'acide sulfhydrique par la itubulure d'une petite cornue de verre, contenant, dans sa panse , le chlorure de silicium.
Il est bon de ne faire arriver le tube adducteur du gaz qu'à fleur du liquide; si on l'y £aiisait plonger profondément, la quantité de vapeur de chlorure de silicium , entraînée par le courant de gaz , serait trop considérable, et une assez grande partie du chlorure échapperait à la réaction.
La cornue de verre s'engage dans le tube de porcelaine, au moyen d'un bouchon de. liège bien sec. A l'autre extrémité du tube de porcelaine , on