‹ Esquisse du commerce de pelleteries des Anglois, dans l'Amérique septentrionale [microforme]Chapitre 11 sur 19 · D PE · texte numérisé non relu

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chili en 1809; avec dix-huit hommes pour établir un Poste de Commerce à l’le à la Crosse, près du:

pays de l‘Athabasca, mais cependant dans les Terri-

toires de la Compagnie de la Baye d‘Hudson Il y demeura deux ans, et envoya des détachemens de ses hommes au Lac Vért et à la Rivière aux Castors. Il eut quelque succès pendant le premier hiver, mais ensuite on l‘empêcha d‘une manière efficace d‘en avoir d’avantage.: Plusieurs fois, avant Jui, les Offciers .de cette Compagnie avoient tenté de faire le Commerce dans cet endroit, qui est’ le centre d‘un pays abondant en Castor, mais ils avoient toujours été.forcés de renoncer à leur entreprise. Les moyens employés à l‘égard de Mr. Fidler, ve me les raisons de ce défaut de succès.

Mr. Fidlér avoit eu dans le commencement de l'hiver, pour,compétiteur, Mr. John M’Donell, qui (etant point disposé à violer tous les principes de la justice et des lois) fut remplacé d’abord par Mr. Robert F'enry, et ensuite par John Duncan Campbell, La Compagnie du Nord:Ouest étant établie depuis long-tems à l’Ile à la Crosse, s’étéit acquis ce qu’elle nomme attachement des Sauvages, c’est-àdire,qu’elle les avoit reduits à un tel état d’esclavage, que la vue seule d’un Canadien suffsoit pour les effrayer. Pour les maintenir dans cette crainte salutaire, on renforça le poste à l'Île à la Crosse d’un

plus grand nombre de Canadiens, afin d’empêcher efficacement les Sauvages d’avoir aucun rapport avèc

les Traiteurs de la Compagnie de la Baye d'Hudson,

ét afin d’empêcher Mr, Fidler, par la vue d’une force si supérieure, prête à l’écraser, d’essayer de défendre ses pratiques. On bâtit une petite maison près de son fort, de sorte qu’ilne pouvoit y entrer un Sauvage sans qu’il fût apperçu: On y établit un parti de batailleurs de profession, non seulement pour

veiller les naturels du pays, mais en outre pour ha.

celer autant que possible, jour et nuit, les serviteurs de la Compagnie, On voloit leur bois de chauffage. On les génoit dans leur chasse—leurs jardinages é«

toient détruits ; leurs lignes, tendues pour la pêche,

étoient enlevées pendant la nuit, et leurs filets, qui étoient leur principal moyen de subsistance, étoient

coupés en morceaux. Les scélérats ainsi postés pour

veiller Mr. Fidler passoient d‘un acte de violence à

un autre, et devehuüs plus confiants par le peu de

résistance qu’ils éprouvoient, donnèrent enfin aux gens de la Compagnie ‘de la Baye d'Hudson l’ordre formel de ne pas bouger de leur fort, et firent suivre cet ordre de tels exemples de cruauté, que les hommes de Mr. Fidler refusèrent de rester d’avantage à ce poste. Ils furent forcés de l’abandonner, et les

Canadiens brûlèrent immédiatement sa maison.

D’après le: peu que nous venons de dire, le lecteur peut se former une idée passable des moyens que

pourroit employer la Compagnie du Nord-Ouest, pour se débarässer de quiconque huiroit à ses inté-

rêts, et l’on ne sauroit plus trouver surprenunt, que

cette Société, sans aucune autre titre légal, que ceux

qui lui sont communs avec tous les sujets Anglois, à 2

ni 68 / | ait pu se maintenir en possession exclusive d’une En branche de Commerce aussi lucrative.

hr" . Cette Compagnie a essayé de pallier ses aggres- Dh sions contre les serviteurs de celle de la Baye d’Hud- |: son, en faisant elle-même des récriminations contre ses compétiteurs. On devoit s’yattendre. En effet, quand on ne peut nier des faits, le parti le plus sûr, paroit être de récriminer. . Elle a essaye de jusitfier ll de cette manière des actes encore plus atroces que | | ! ceux que nous avons cités. Maïs comme le tout est [| Sur le point d’être soumis à une enquête judiciaire, il (en conséquence de laquelle ces faits seront soumis au public dans un tems plus convenable, et d’une manière plus régulière) il ne. conviendroit pas d’en : parler maintenant. S’ilest vrai cependant, comme 4 la Compagnie du Nord-Ouest l’allègue dans ses récriminations, que la Compagnie de la Baye d‘Hud. | son ne vaille pas mieux qu’elle, ils’en suit qu'il est d’autant plus: nécessaire que le Gouvernement s’occupe de cet objet d‘une manière sérieuse. Cette “accusation néanmoins paroit dépourvue de l’ombre même de probabilité. Les serviteurs de cette der- 111 nière Compagnie se sont toujours trouvés trop inférieurs à leurs antagonistes dans l'intérieur, pour qu'il fût prudent pour eux d'être les aggresseurs en

| aucun tems. En outre leur objet a toujours été in- 11F dubitablement légal, tandis que leurs antagonistes

br n’en avoient d'autre que de les dépouiller de leurs | justes droits.

On peut encore remarquer une autre circonstance,

qui montre combien il est extrêmement improbable que la Compagnie dela Baye d‘Hudson, ait été en aucun téms aussi portée à commettre des aggressions que son antagoniste. Les Officiers de cette Com. paguie, excepté depuis un petit nombre d‘années, ont toujours reçu dés appointements fixes, et n‘avoi.nt aucun intérêt personel dans l‘extension du Commerce, ou l’augmentation des retours, Cela suffir peut-être pour rendre raison en grande partie de la nonchalence rélative, dont on a accusé la Compaguie, par rapport à la l'raite des Pelleteries. Ses

* Officiers dans l’intérieur ne sentoient jamais cette al-

guillon qui anime les Associés hivernants de la Compagnie du Nord-Ouest, dont chacun d’eux a un in. terêt direct et personel dans l’avancement de la Traite des Pelleteries, et a sous lui un grand nombre de Commis et d’Engagés, qui cherchent continuelle.

ment l’occasion d’obtenir l’approbation de leurs Su-

périeurs, et qui loin de fuir les occasions de danger

-personel, les chérchent au contraire avidement. Les

allégués de cette Compagnie ne peuvent donc manquer de paroître singuliers, lorsqu’elle accuse les ser. viteurs de l’autre Compagnie, d’être sans activité et sans ambition, et en inême tems d’être les aggresseurs! Si l’on admet qu’elle n’encourageoït pas suffi

samment ses serviteurs, pour les engager à faire dans l’intérieur, tous leurs efforts pour promouvoir les in. térêts de leurs Maîtres, il n’est assurément pas probable, que ces mêmes serviteurs, ainsi dépourvus d’intérêt personel, s’exposassent par leurs aggressions,

au risque presque certain du danger, de la part de compétiteurs plus nombreux.et plus puissants. (4) Si l‘on considère en outre la constitution de la Compagnie de la Baye d’Hudson en Angleterre, il paroîtra encore plus surprenant que ses employés soient les aggresseurs. Le soin des affaires de la Compagnie, (comme c’est le cas pour les Corps semblables qui ont des Chartres) est confié à des Directeurs à Londres, qui veillent aux intérêts de la Compagnie, plutôt par un sentiment de devoir par rapport à leurs Commettants, que par l’espoir d’aucun profit considérable résultant de leurs effo.'s. Chacun d’eux a d’autres occupations d’un pius grand intérêt que celui qui naît de ses rapports avec la Com- “pagnie de la Baye d'Hsdson: il ne peut pas consacrer toute son attention aux affaires de la Compagnie. Les Associés de la Compagnie du Nofd-Ouest au contraire ont toute leur fortune dans le Commerce; au moins c’est le cas pour tous les Associés hiver-

nants, et pour tous ceux qui en Canada font les affai-

(a) Depuis peu d’années, il s’est fait quelques changements dans l’Administration des affaires de la Compagnie, en ce qu’on a accordé aux principaux Officiers une part considérable dans les profits du Commerce. On j jugea absolument nécessaire d’avoir recours à quel. que moyen semblable, parcequ’il ne falloit rien moïns que cela, pour'arrêter le cours des aggressions que la Compagnie avoit éproue vées de la part de celle du Nord-Ouest. Elle auroit été totalement ruinée, si on n’avoit pris des mesures efficaces, non seulement pour corriger quelques abus qui s’étoient glissés sous l‘ancien système, Mais aussi pour engager ses Officiers à opposer une résistance plus cfficace aux violences sans borne que commettoit la Compagnls de Nord-Ouest.

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res de la Compagnie Il est donc tout naturel qu'ils portent toute leur attention aux intérêts du corps au quel ils appartiennent, et qu’ils s‘y livrent avec un déuré d’avidité, qu’on ne peut supposer dans les Directeurs de la Compagnie de la Baye d'Hudson, qui par leur situation dans la Société, se respectent trop eux-mêmes, pour sanctionner les violences de leurs serviteurs. En outre, dans le service de cette Compagnie, il ne se fait rien d’important, si ce n’est d'après les instructions . par écrit des Directeurs, et il n'est pas à supposer qu’ils voudroient se compromettre en donnant des instructions tant soit peu suspectes. L‘un autre côté, leurs Officiers n’ôsent pas agir, lorsqu’il est question de quelque chose d’important, sans avoir des instructions par écrit : et s‘ils agissoient d‘une manière contraire à ces instructions, cela, seroit considéré par les Directeurs comme une raison suffisante pour les renvoyer. Ainsi la maniè. re dont cette Compagnie est constituée, fournit des moyens presque assurés, de prévenir des aggressions de la part de ses officiers, qui d‘ailleurs n‘ont pas lés mêmes sujets de tentation de s‘en rendre coupables

‘que les Associés et les Commis de la Compagnie du Nord-Ouest. La vérité de ces remarques paroîtra dans un plus grand jour, par la citation de quelques faits, qu‘on ne sauroit révoquer.en doute.

Peu après l‘Etablissement de la Compagnie de la Baye d'Hudson, on fixa un tarif d‘après lequel ses Officiers devoient traiter avec les Sauvages; ce tarif établissoit la quantité de chaque espèce de Marchan.

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