‹ Esquisse du commerce de pelleteries des Anglois, dans l'Amérique septentrionale [microforme]Chapitre 4 sur 19 · CHAPITRE HE · texte numérisé non relu

CHAPITRE HE

| Préténtions dé là Compagnie du Nord. Ouest —So

© Conduite en aubant qu'elle regurde.—Ses Servi. teurs.—Les Naturels du Pays.—Les Traiteurs particuliers qui se ur dan eh concurrente avec ele.

On a élevé bien Haut l'acvité ét és efforts de la Compagnie du Nord:Ouest.On à mis tout en œuvre pour faire croire qu’elle pouvoit seule faire avec succès la Traite des Pelleteries :—que les Sauvages ont tiré des avantages etbentiels de leurs rapports avec elle; et que ses efforts ont ‘contribué puissamment à promouvoir la prospérité commerciale de la ‘Grande Bretagne. Elle a, dit-on, étendu le Com- -merce de Pelleteries jusques dans des régions jus- : ques alors inconnues, et ouvert par là des houveaux débouchés au Commerce et aux Manufactures du

j Royaume. — A cela il'suffit de rémarquér qe le montant de Vexportation des Marchandises Angloises faite par cette Compagnie pour alimenter son Commerce dans ces régions immenses, n’est que de #30,000

"par année. Ceux qui ässurent que cet objet est un

‘encouragement cousidérable pour FUSRRe et les B 8

Manufactures de la Grande” Bretagne, le font dans

l'intention d’en imposer à à l'ignorance d'autrui, où sont eux-mêmes dans une ignorance profonde sur . ”

les ressources de. Commerce de l’Empire, Quel-

que petit que soit le montant entier de ce Com: merce par rapport aux intérêts généraux de la Na

tion, on ne peut pas même attribuer le petit avantage qui en resulté, uniquement aux efforts de la

Compag. je du Nord-Ouest. Elle n’a fait que dons

ner une autre direction à la plus forte partie dé ce Commerce, en faicant passer par Montréal, les re, tours qui,. sans cela, parvenoient en Angleterre par

un chemin différent et plus direct. Avant l’existence de la Compagnie du Nord-Ouestavant que le pre. :

mier Traitewr Anglois eut pénétré du Canada dang le Nord-Ouest (comme on le nomme) les Sauvages

de ces régions recevoïent des Marchandises Angloi.

ses, et leurs Pelleteries se rendoïient en Angleterre par la voie de la Baye d'Hudson,

Nous pouvons produire au soutien de cette assertion, les relations mêmes des Aventuriers du Canada, Sir Alexander M‘Kenzie, quoique bien éloigné de

faire l’éloge de la Compagnie de la Baye d'Hudson,

fournit la preuve de ce fait. En parlant de P'Expédition de Mr. Frobisher en 1775, dans des pays jusques là inconnus aux Canadiens, il dit qu'il rencon-

tra au Portage de Traite, sur le bord du Miseinipi,

ou Rivière Churchill, des Sauvages qui, avec leurs

canots pleins de belles Pelleteries, se rendoient an.

ri

vus D9.-9e “0 on Gée à nn =, 5 % : .

Fort Churchill, (sut li Baie d'Hudson) et quece ne fut qu'avec difficulté,. qu’il les enga jea à'traiter avec lui. L’Auteur ne veut pas ajouter que la Compa: gnie de la Baye d'Hudson avait fai désarances à ces Sauvages Pannée: précédente, sur leur prarhésse qu’ils payeroient-keurs dettes en apportant le produit de leur chasse de lhiverÿ: de sorte que la Traite. du Canada dans ce quartier, commença par stimuler les naturels à commettre une fraude, : On.doit attribuer les difficultés ‘qu’ils firent de Traiter avec Mr. Fro: bisher; à la répugnance qu’ils éouvoient à manquer à leurs promesses ; —sentiment qui prouve l’hon; nêtété de leur caractère, avant qu'ils aient été cor-

‘rompus. Le même, Auteur donne une preuve de ”

l'honnêteté de ces Sauvages, en parlant de Mr. Pond, qui, quelques années après, hiverma avec eux. Ce Monsieur ayant amassé plus de Pelleteries qu’il ne pouvoit en émmeñer, laissa le surplus dans une dé ses cabanes d'hiver, ét retrouva le tout l‘année sui. vante dans le même état où il l’avait laissé.

Sir Alexander M‘Kenzie parle de l’'Expédition de. Mr. Pond comme l’époque de la découvette de l‘Atha. basca,-qui, dit-il, n’étoit alors connu (que sur les rapports des Sauvages. : Cependant plusieurs années auparavant. la Compagnie de la Baye d'Hudson avoit envoyé un de ses serviteurs. dans l‘intérieur pour inviter les Sauvageside cet endroit à venir Traiter au Fort Churchill, et Sir Alexander M‘Kenzie admet

dui-riême que Mr. Pond vit à Athabasca un grand concours des Tribus de Kinistineaux et de Chippe: ,

vrayan, qui avoient coutumede porter tous les ans leurs à à Pelleteries à Churchill. (Page 12, 91.) ti

:* On a dit néanmoins que le systéme de Commerce de la Compagnie de la Baye d'Hudson, n’étoit pas propre à suffire aux besoins des Saüvages, ni à don. ner à la Traite toute l‘étendue qu'elle pouvoit avoir, Les Serviteurs de cette Compagnie demeuroient, à leurs Factories sur la côte, et les Sauvages y venoient faire la Traite; ils descendoient le printems peur disposer du produit de la chasse de l'hiver, et.s'en retournoient l’automne ‘avec les Marchandises An. gloises qu’ils.ävoient reçues en échange. Quand les Traiteurs du Canada eurent pénétré dans l'intérieur : et y eurent établi des Maisons de Traite dans le voi: sinage des Sauvages; cesdernirs furent fort aises qu‘on leur épargnât un long trajet de chemin et preférèrent acheter, ‘pour zinsi dire, à leurs portes, ce dont ils avoient besoin, La Compagnie de la:Baye d'Hudson, fut en consequence forcée d‘abandonner son ancien systême, et d'établir, comme sa rivale, des Postes de Traite dans l‘intérieur. : Ce change. ment favorisoit Mindolence naturelle des Sauvages, mais il est jbien douteux qu'il fut préférable à:l‘ans . cienne méthode. : Si l‘on a condamné celle de la Compagnie de la Baye d'Hudson, c‘est parcequ‘elle n‘étoit pas bien connue et qu'on ñ‘en apprécioit pas exactement les résultats, . Il est vrai que la Compa-

gnie du Nord. Quest, ens attribuant beaucoup de mé-

“rite pour. les efforts qu'elle a faits, a accusé celle de

la. Baye d‘Hudson de négligence, en ce qu'elle n‘avoit pas. établi plutôt des Postes de Commerce dans

l'intérieur. - Mais cette accusation n'est pas fandée,

On sait que l‘hiver #st la meilleure saison pour la chasse des animaux qui donnent les Fourrures ; l'été, la Fourrure est bien inférieure, etc‘est letems d’ ailleurs

où ils:élevent leurs petits. Il vaut mieux, pour ces

deux raisons, suspendre la chasse péndant les mois dfété ;, et c'est ce qui arrivoit lorsque les meilleurs chasseurs, lorsque tous lesjeunes gens les plus actifs des Tribus. Sauvages, se trouvoient engagés, dans une excursion lointaine. Il étoit donc très avantageux de les obliger de laisser pendant été les lieux où ils fai. soient la chasse, et de venir aux Factories sur la côte pour avoir. les Marchandises, Eurgpéennes dont ils avoient besoin. Tandis qu‘on suivoit cette méthode, on n'envoyoif, en Angleterre que des. Pelleteries. de la meilleure eSpÈces . et comme le, Castor. et les auires animaux qui fournissent les autres Fourrures. Précieuses n‘étoient, point troublés, pendant la saison. de l'année la plus critique, l'espèce : se conservoit, et. les

retours étoient. considérables. : Maintenant. que Îek Traiteurs. demeurent constamment dans l'intérieur,

les Sauvages sont tentés de chasser toute l'année, Ils sont trop imprévoyants pour. S‘abstenir de tuer les femelles ou leurs petits. Ils tuent le Castor sans disdoçtion d'âge, et ils‘en suit que le nombre de ce

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