PS
s animaux précieux diminue au point que l'espèce ap
proche presque de sa destruction totale. : Des Dis:
tricts.dans lesquels ils étoient äbondants, et d‘où l‘on faisoit des retours considérables, en produisent maintenant très peu et même sr en n‘en ditri ape plus. De *
Pour augmenter encore le mal, a Compagnie du :
Nord-Ouest à adopté l'usage d‘employer un grand
nombre de jeunes gens des Villages Sauvages du Ca-
nada ; elle tes envoye comme chasseërs dins les dif. férents Districts de l'Intérieur, et leur payé un prix
fixe pour les Pelleteries qu'ils en rapportent. Elle
prétend que ‘ces jeunes gens ‘sont les meilleurs c'iasseurs, mais comme e!le ne juge du mérité d'un chasseur que par la quantité de Fourrures qu'il rapporte, il est probable que la supériorité apparente de ces é-
traggers vient de ce qu'iis sont -entièrement ‘maîtres
de leurs terres, qu'ils peuvent chasser continuellement,
et qu'ils n‘ont pas de familles’à soutenir. ‘ On peut
aussi attribuer en partie leurs succès à tamanière dont ils font, la chasse, #xtirpant itidistinctenérit tous les animaux, dans un pays dans lequel ils n‘ont aucun
intérét' ‘permanent, et les tuant sans distinction de
. tems.et dé’saison, de jeunes où de vieux. Les malheureux naturels intimidés par le pouvoir et la réputätiont ‘guerrière de ces étrangers, et craignant le reséentiment plus durable de la Compagnie du Nord- Ouest, contemplent cette destruction sans ôser. l‘empêcher; mais ils se plaignent amèrement que leur
… paye est fav de cette Soie: comme sil. toie | consumé par un incendie. Tant qu‘on suivra ce sÿs= tème de destruction, il n‘y a pas de doute que les retours annuels de Pelleteries seront plus considérables; maïs aussi il est évident que les ressources coms merciales’ de l'Empire diminueront en proportion...
Le mérite que s‘arroge la Compagnie du Nord- Ouest, ay sujet de l‘extension qu'elle a donnée au Commerce de Pelleteries ‘n°est pas une prétention nouvelle 3 mais à ces prétentions elle en à dernière. ment ajouté d‘autres, fondées sur la part qu'elle pré. tend avoir eue à la défense du Canada pendant la dernière guerre. - Quand aux services qu'elle peut avoir rendus dans cette occasion, il est assez singulier que celui qui paroit le plus: thportauts soit celui dont elle: parle le moins. :
L'occasion de rendre .ce service “public auquel j je: fais allusion dans ce moment, se rencontra immédia: R tement lors du commencement de la guerte avec l'A: mérique,: tems auquel on s‘apperçut que les Magazins du Département Sauvage se trouvoient entièrement vuides ;: qu'on n‘avoit rien de préparé pour les’ présents qu'on jugeoit nécessaires de faire aux Sauvages, pour obtenir leur coopération, et que la sai. son seroit entièrement. perdue, s‘l falloit attendre jusqu'à ce qu‘on se fut procuré les articles récessaires de Angleterre. Dans cet état de choses, on ne trouva pas de meilleur moyen que de s‘adresser à a Compagnie du Nord-Ouest dont les Magazins'é-
toient amplement fournis de toutes les Marchandises
nécessaires à à leur Commerce dans l‘Intérieur.' Dans ces circonstances la plupart des Marchands se seroiént
crus autorisés à faire payer au Gouvernement quelque. chose de plus pour le service qu'ils lui auroient
rendu de cette manière ; néanmoins les Chefs de la
Compagnie du Nord-Ouest prirent. une route diffé.
| rente.—[ls ouvrirent leurs Magazins et prièrent les Surintendants du Département Sauvage de prendre ce dont ils auroient besoin, sans aucune autre condition que de remettre en nature les effets qu'ils auroient pris, lorsque le Gouvernement auroit envoyé d'Angleterre les choses nécessaires à ce Département. Quoique le. Gouvernement ‘Provincial. témoignât en
quelque façon sa reconnaissance de ce service, en nommant immédiatement le principal Associé de la Compagnie du Nord- Ouest, Membre du Conseil Lé-
gislatif de cette Province, cependant il paroit sin. À
gulier qu'il, nait pas adopté la mode usité de faire des remerciments ‘publics à la Compagnie, et de püblier. le $ervice Hnportant qaurse avoit rendu à la Colonie.
La Compagnie du Nord-Ouest s attribue aussi
beaucoup. de mérite à l'occasion de la prise de Mi. chilimachinac; événement aussi important qu'aucun de ceux qui ont eu lieu pendant la dernière guerre. Op sait que lors des premières hostilités avec l‘Amérique, iln‘y avoit qu‘uñe poignée de troupes réglées dans les deux Canadas ; la milice étoit à peine Orga-
29 nisée, et la disposition d‘une grande partie de cette milice étoit douteuse. Les Américains avoient rassemblé une armée nombreuse, et bien organisée sui-
‘ vant les apparences: cette armée-marchoïit contre le
Haut-Canada, comme à une Conquête assurée. .Le courage invincible et la conduite admirable avec les quels le Général Brock arrêta ce torrent, lui ont mérité de justes éloges. Mais dans les circonstances critiques dans lesquelles il se trouvoit placé, circons-
tances tellement difficiles, qu‘il est étonnant qu'il ait
pu se tirer d‘embarras, il est évident que le succès lui auroit été impossible s‘il eut été obligé de détacher une partie tant soit peu considérable de sa pe-
‘tité armée. Les Sauvages formoient une partie im.
portante de ses forces et eurent une grande part à la
‘prise du Général Hull. Il n’y a pas de doute que . Iimmense supériorité apparente des Américains ne ‘ dût donner de l‘inquiétude aux Sauvages aussi bien
u’aux autres habitants du Canada; et si cela les eût q ; orté 4 hésiter ou à se tenir én arrière, il est proba- P ble que le Général Brock auroit été écrasé, et que les premiers succès des Américains auroient décou-
ragé les habitants du Canada, et les auroient empê-
ché de faire aucune fésistance. On doit en conséquence compter le courage et la valeur que montrè. rent les Sauvages, comme une des premières causes de la conservation de la Province, et il est certain que le succès brillant des troupes Angloises à Michilimackinac produisit un effet admirable, en augmentant
la confiance et l‘attachement de ceux d'entre les Sauvages qui avoient montré de la Ne à chan celler.
n’y a donc aucun doute sur l'importance de cet * événement. Il est également certain que les troupes ' régulières à St. Joseph, n‘auroient pu réussir: sans la ‘concurrence des Marchands. de Pelleteries qui se trouvoient heureusement sur les lieux avec un ‘grand nombre de leurs engagés qu'ils amenèrent avec eUX, ‘et avec lesquels ils prirent part à l'attaque de lamanière la plus courageuse. On leur doit donc de justes éloges pour le succès de cette attaque qui, en grande partie, a sauvé le Canada, mais pour laquelle la Compagnie du Nord-Ouest de Montréal, a reçu des louanges qu’elle ne méritoit pas. ‘Le fait est qu’elle n‘eat au. cune part à l‘entreprise : le coup fut exécuté par des personnes engagées dans le Commerce du Mississipi et d‘autres Districts, et totalement étrangers à . Ja Compagnie du Nord- Ouest.
On a trop négligé ceux du le succès de cette entreprise est dû, et il est juste que le public en soit mieux informé, ‘ Parmi les particuliers. qui déployèrent en cette occasion le plus de courage et : d‘habilité, on convient généralement que Mr. Robert .Dickson mérite le premier rang; outre ses propres : Engagés, ce Monsieur emmena un corps considérable de Sauvages Sioux, dont exemple encouragea considérablement les Sauvages voisins. Mr. John Askin prit le commandement des Ottawas, et Mr. Jacob
Franks assista Mr: Dickson dans la Soul des.
Sioux. Les Voyageurs Canadiens furent divisés en trois Compagnies de Volontaires, ou de Milice. que commandoient. Mr. Lewis Crawford comme Colonel, Mr. Toussaint Pothiet comme Major, Messieurs John Johnson, Charles Érmatinger et Jean Baptiste Nolin, ‘comme. Capitaines ; et Jos. Porlier, Paul Lacroix, Joseph Rolette et Xavier Biron comme Lieutenants. : Mr- Henry Forrest prit le commandement de la goelette Caledonia ; il avoit pour Lieuténant Mr. John Law. Le Capitaine de ce vaisseau étant Américain avoit refusé de servir. - Ce vaisseau appartenoit à la Compagnie: du Nord-Ouest, et si on y ajoute cinq :matélots on aura le montant. de la contribution - de cette Compagnie au succès de l‘entreprise, Malgré cela on a publié à plusieurs reprises dans les papiers publics en Angleterre que Michilimackinac. avoit été pris par un petit détachement du dixième Bataillon des Vétérans Royaux, sous le Capitaine Roberts, aidé des Traiteurs et Voyageurs au service de la Compagnie du Nord-Ouest. Les Agents et. Associés de da Compagnie à Londres ne purent ignorer ces ràpports et-ne prirent cependant aucune mesure pour détromper le public, ni pour refuser au nom dé leurs Associes, des éloges qui AR ena En) à juste titre à d’autres personnes.
Un autre objet pour lequel la Compagnie du Nord- * Quest s‘arroge encore beaucoup denerite et prétend avoir rendu des services imporanis Prada la guere,
a ne ponts 5 in tee mn Te
.. Lang tt an
est la Foriiation du Corps des Voyageurs au soià de em on fit croire au public que li Compagnie it levé à ses dépens un corps de sés engagés, afin de les enroller cotrie volontaires pour là défense de là Province; on suppôsoit naturellement que cela ne pouvoit se faire sän$ nuire beaucoup aux affaires de la Compagnie. Il faut observer que cette Compagnie employe pour son Commerce trois ou quatre céns Voyageurs tous les Étés, pour träñispôrter én canôts dés Marchandises de Montréal au Lac Supérieur, Ces Voyageurs portent les articles nécessaires au Commerce de la Compagnie, j jusques au Rendez-vous au Grand Portage, où ils rencontrent les autres Engâgés de la Compagnie qui ont hiverné dans l‘intérieur, de qui ils réçoivent des Pellereries pour aménet :: à Montréal. Ce voyage et les sérvices incidents qu'on requiere d‘éux au Rendez-vous occupe ces Voyageurs | pendant quatre ou ‘cinq mois. On leur:paÿe un prix fixe pour le voyage; mais ils sont cout-à-fait li. bres lorsqu'ils sont de retour à Môhtréal avec “leurs canots, et la Compagnie n‘a plus alors aucune affaire
-avec eux, ni aucune autorité sur eux. C‘ést de ces hommes sur lesquels la Compagnie prétendoit avoir
une influence illimitée, qu'elle offrit de lever un Corps;
en conséquence le Gouverneur Général émana l‘ordre suivant: Il a plu à son Fxcéllence le Gou-
& yerneur Général, d‘ordonner à John M“Donell, “ Ecuyer, d'enroller les noms de toutes personnes #résidentes dans les Paroisses de la Pointe Claire,
6 &c, &c.s à Messiéurs A. N. M'‘Leod et James ‘“ Hughes, Ecuyers, d‘enroller les noms Pat “. geurs dans les Paroisses de St Ours, &c. &c. ; < Mr, William M‘Kay, Ecuyer, d‘enrollet les noms ‘ des Voyageurs dans les Paroisses de la Norraye, “ &o &c.; à Mr. Pierre de Racheblave, Ecuyer, “ d‘enroller les noms des Voyageurs dans les Pa- “ roisses de la Prairie, &c. &c. qui sont actuellement “ Voyageurs.ou qui, l'ont été autrefois, et les faire “ passer à Montréal, pour le 1er, d'Octobre, pour ‘“ en former un Corps qui sera nommé le Corps des “ Voyageurs, sous. le commandement de William ‘“ McGillivray, Écuyer.” Les personnes désignées
d’une manière aussi arbitraire, furent forcées de seta vir, quoique l’Acte de Milice n’autorise aucun enro-
lement forcé, excepté de ceux qui ont été ballotés, Cettemesure étoit évidemmentavantageuse à la Compagnie du Nord-Ouest. Ces hommes étoient payés par le Gouvernement pendant tout le tems qu’ils ne ravailloient pas pour la Compagnie, Quand la navigation s’ouvrit le printems, ils se trouvoient prêts à un moment d’avis à monter les canots de la Come pagnie, ce qui lui épargnoit la peine de chercher dans
| cette saison le nombre de serviteurs dont elle avoit
id besoin pour l'été. Même ‘en tems de paix, cet ou-
© vrage ne laïssoit pas que d’être coûteux et incom-
"A mode, mais en tems de guerre tandis qu’une si grande ‘4 proportion des habitans du Canada étoient employés
dans le service militaire, il étoit très difficile de se precurer des hommes pour aucun autre objet civil: On évitoit heureusement toutes ces difficultés par l’ingénieuse invention du Corps des Voyageurs. La Com. pagnie du Nord-Ouest est donc bien éloignée d’avoir droit aux louanges qu’elle reclame, pour le patriotisme et le dévouement au service public qu’elle prétend avoir montrés ; et quoiqu’on puisse donner un grand prix au premier service qu’elle rendit au Gou. vernement et dont nous âvons parlé plus haut en supposant que ce fut réellement un service désintéressé, cependant en le rapprochant des avantages résultants à la Compagnie de la formation du Corps des Voyageurs, et de quelques autres circonstances, on nous permettra certainement de douter si l'offre illimité que la Compagnie fit de ses Magazins au Département Sauvage étoit un acte de patriotisme où uné spéculation avantdgeuse.
Après avoir examiné les prétentions de la Compagnie du Nord-Ouest vis-à-vis le public, voyons mainténant comment elle se conduisoit avec les particue liers. On peut les diviser en trois classes : d’abord ses serviteurs ou engagés dans l’intérieur—en second lieu les naturels du pays ; enfin les Traiteurs qui fai. soient individuellement le Commerce des Pelleteries dans les mêmes pays que 1 Compagnie ou dans son voisinage. Quand à la première classe nous citerons d’abord, le témoignage d’un savant étranger, dont l’impartialité ne sauroit être revoquée en doute.
| 35 ‘,Le Comte Andreani voyagant en Amérique et “#791, visita le Grand Portage, où il eut occasion de s’instruire de la manière dont se font les affaires dans le Nord-Ouest, mieux que ne le peuvent faire les Voyageurs qui s’en instruisent à Montréal. Il dit dans son. Journal, èn parlant de la Compagnie du Nord-Ouest :. “ Comme les employés sont payés en “Marchandises, on comprend par le prodigieux pro- 4 fit que fait la Compagnie sur leur vente, combien “6 les salaires lui coûtent peu. Tous les employés # achetent d’elle leurs besoins ; celle-ci tient avec ‘eux un compte ouvert; et comme tous hivernent ‘ dans l’intérieur, et généralement au-delà du Lac # Winnipeg,.le rum qu’ils boivent, les couvertures “6 .et les draps qu’ils donnent à leurs femmes, &c. &c. “ leur reviennent fort chers. Ces employés sont #6 généralement libertins, ivrognes, dépensiers; et la ‘ Compagnie n’en veut que de cette espèce. Telle *6..est la spéculation sur leurs vices, que tout employé ‘6 qui témoigne dans ses dispositions économie et 50e. ‘4 briété, est chargé des travaux les plus fatiguans, ‘ jusqu’à ce que, par une suite de mauvais traite- ‘“ ments, on aît pu le convertir à l'ivrognerie et à. ‘ l’amour des femmes, qui font vendre le rum, les ‘couvertures et les ornements. En1791, il y avoit “ neuf cens des employés de la Compagnie qui lui “ devoient plus que le produit de dix à quinze an- . nées de leurs gages à venir.’ (Voyage dans l’A-
DNS à :
érique gai le Rochefoucauld Hener 12 vol. f;: pe \ 835, Para)
"On péut'encore Citer nù soutien de té que Pon sien de lire, Te tompté que rend Sir Alexander MeKen-
216 de la: ‘énte tants bôrnes’et de Ha dissolution de
ceux qui sôht émployés à Faite la Traîte de: Pelleté. res dans l'intérieur. Chacüh saît ‘en Carida -eotnbieh. ést petit te nonibre des Voyageurs engagésau sérvice de la Compagnie du Nord-Ouest, qui parviennent À ‘air asser quélqhe bien, quoique engagés péridant de iôngues añnées, e: 1'des prix qui sont nomindiem.sst Aoublés ou tiiples ‘des gages que l'on paÿé dans la Province. ‘Bien loin d‘amasser quelque arpénit, bù de fire leur condition meilleure, un grand
rtémbré de ces Voyageurs laissent leuts famillesdans
la irisbre,/&t'h'envoÿent aucune partie de leuts gages pour soutenir Yeürs fémines et leurs-enfants. Les'é. t'angers qui Voyagent à trävers le Bas-Canäda, sont souvetit frappés de la vue de pauvres cabanhes, ‘än-
, notiçaht un dégré dé misère que l'on ‘trouve raremetit dans d’autres partits de l'Amérique, ’et-dont il
eët Uifficile de'se rendre’contipte dans un pays où le travail‘ést à haut prix et où les'terres fertilescoûtént peu de those. : En exäminädht ‘de près la chose, on ‘rouveta que’ces miséräbles huttés'cotitiérinent les familles de Voyageurs äu’service ‘de la Compagnie du Nord-Ouest, ‘qui ne leur envoyerit souvent/rien pour léur soutien. ‘Et cependant/la Cürhpagnie du Nord Ouest s’attribue beaucouy-de mérite pou: l’encoura-
gemnt qu'elle donne la population industrieuse du
Canada, et se vante du grand nombre d'hommes qu’elle. employe pour son Commerce dans les pays
éauvages comme d’un-bienfait public.
Qn ne doit pas: çpasidérer. la spéculation .que tt k Compagnie sur les vices de ses engagés comme un
abus qui s'est glissé par hazard. C’est au contraire
une partie essentielle de son systéme, et sags laquelle
le Compagnie ne saurok exister sur le pied où..çlle est-actuellement. Le nombre des-engagés est plus grand que ne le permettroit les profits du Commerce,
si les gages étoiens payées ep espèces. IL est bien vrai que la Traite pourrait se faire d’une manière
‘moins dispendieuse, ayec un moindre, nombre d’en- \gagés, mais cela seroit faral aux intérêts de la Com- «pagnie sous un autre rapport. On verra.bieprôt que …æ’est sur-tout au moyen de çe nombre excessif d’en- :gagéss que la Compagnie peut s’assurer le monopole flans-des pays immenses dans lesquels: Le. Castor est
lé plus:abondant. La Camragnie se cropvant ainsi,
(suivant ellé) dans la necesiiré d'employer plus d’epgagés qu’elle ne peut convenablement en paver, son
Commerce seroit.bi:ntôt interrompu, si elle ne. poyvoit employer, pour payer leurs gages, Les moyens
dont parle le Comte Andreani.
On peut juger par quelques faits de nôtorjété publique, de Pétendue de se systême et de son impormice pour la Comraguie..… Elle n‘employe.pas moins
de 2000 voyageurs, dontles gages se portent nori. nalement de #30 à #60: quelques uns même ont,
“#80 et #100: le prix moyen ne sauroit étr8 moin-
dre que #40 ; il excède probablement cette. $oinmé;. 3 de sorte que le montant de leurs gages doit s'élever à 80 où #90,000. Le retour entier du’ Commerce de la- conpans excède rarement #150,000. Si
l’on calcule le prix des Marchandises de Traite et
toutes les dépenses de la Compagnie, il doit être évi..
dent qu’elle ne peut payer avec cette somme, des saaires aussi considérables, Pour obvier à cela, elle
donne à ses engagés des Marchandises, dont on ne
Sauroit fixer au juste le prix sans consulter les livrés
de la Compagnie ; mais suivant l’opinion de gens qui
‘peuvent le mieux en juger, les Marchandises employées à cet usage ne coûtent pas plus de #10,000 sterling d’achat. ‘Un seul article peut donner une
idée du reste. On vend le rum aux engagés dans Vintérisur à huit piastres la pinte, et il ne coûté gueres plus d’une piastre le gallon à la Compagnie à
‘Montréal ; en sorte que pour peu qu’un engagé soit
porté à boire (ce qui n’est pas rare) il est très facile de porter à son compte #10 ou #20.
Il est en conséquence du devoir essentiel de celui qui commande un Poste de Traite, de faire en sorte que les engagés qui sont sous lui aient ie moins possible de gages à retirer en argent au bout de l’année.
‘On regarde la Traite avec les Sauvages comme uñe
ghose très facile en comparaison de l’habileté qu’exi-
gexla conduite des engagés Canadiens. Lies métho:
- dés qu’on employe, rapport du Compte ‘Andreani;
pour les porter à la débauche:et à l’ivrognerié;ne sont assurément pas les seules que l’on met.en usage.: : Dès qu’un engagé montre de l’inclination à faire
de la dépense; on lui fait des avances avec la plus -
grande facilité, jusqu’à ce qu’il soit beaucoup endetté: envers la Cornpagnie. ‘ Rendu à ce point, il est ab-
solument esclave, et n’a d'autre alternative que la:
prison ou une soumission aveugle à ses maîtres." Il faut qu’il en passe partout ce qu'ils veulent. ‘On: doit aussi remarquer qu’ils trouvent une grande faci-
lité à faire endetter leurs engagés au moyen:du couts
partieulier qu’ils donnent à l’argent (cours du Nord Ouest) par lequel ils ne lui donnent que la moitié de la valeur qu’il a en Canada, un:shelling valant deux shellings,: monnoie commune de cette Provin-
ce. Les hommes :ngages à Montréal, ont leurs gas
ges calculées sur le taux ordinaire de l'argent, mais
on porte à leur compte au cours du Nord-Ouest,
tous les effets qu’on leur donne dans Pintérieur. On Ait à un engagé le prix de ce dont il a besoin, ‘il le compare peut- -être avec le paix du Magazin de son village; mais lorsque l’on règle son compte dans les
livres de la Compagnie à Montréal, chaque loüis se
trouve doublé, : Ceux quiconnoissent le peu d’éducation des paysans en Canada, et combien ils sont peu susceptibles en général d'aucun Kane ne seront pas
“dir (ee
tt 40 surpris qu’on les porte par ce moyen à des dépenges audessus de leurs forces. 11 est évident néanmoins que la Compagnie du Nord-Ouest est forcée d’agir avéc beaucoup de circonspection parcequ’elle a con: tinuellèment besoin de nouveaux engagés du Canada.
Best nécessaire en conséquence pour aveugler les
ignorants, que le système suivi par la Compagni: à légard de ses engagés dans l’intérieur, soit caché.en: grande partie, et par suite de ce principe la conduite dé la Compagnie à l'égard de cette classe d’hommmes; tient plutôt de l'adresse que de la force auverte.
“Hene ‘"ement à l’égard des Sauvages qui habitent les jp. : où se fait la Traite des Pelleteries. On fait une très grande différence «entre les diffé: rentes Tribus.' Ceux qui habitent dans les plaines de la Saskatchewan, de la Rivière Rouge, ou dans d’autres Districts fertiles, ont le Bœuf Sauvage et le Gibier en si grande abondance, qu'ils ont rarement
” besoin de provisions. Ils peuvent se rassembler en
très grand nombre, et sont d’un caractère brave et guerrier; il n’en est pas ainsi de ceux qui habitent
: les contrées stériles à l’Est du Lac Winipic, au Nord
sur la Rivière Churchill, ou dans l'Athabasca. Ces endroits sont pleins de rochers et de maraïs qui con: viennent bien au Castor, mais nourissent peu d’animaux d'uhe plus grande éspèce. La subsistence de ces Sauvages est insuffisante et précaire; ils sont en,
conséquence peu nombreux, et il est rare que plu-
sieurs familles puissent subsister ensemble. Ainsi