‹ Esquisse du comté de Savoie au xie siécleChapitre 5 sur 7 · HOTES · texte numérisé non relu

HOTES

Rodolphe III 9 surnommé le Pieux, le Fainéant ou l'Impuissant, fut le dernier roi du second royaume de Bourgogne; ayant sa mort, qui eut lieu en 1033, il envoya à Conrad-le-Salique la lance et 1 anneau de Saint- Maurice, qui étaient les signes d'investiture de son royaume. On ignore comment cet anneau a passé ensuite à l'abbé de Saint-Maurice en Yallais, qui en fit présent au comte Pierre de Savoie. (V. le 11»« extrait des chroniques. )

Une emprise était le signe d'un vœu à remplir ou d'une foi jurée : c'était d'ordinaire un ruban ou un cercle de fer.

Bagaudes ou assemblées des esprits. (Albanîs-BeaumoDt. )

Le priviléfe da canon exoonnnanie ceux qui pcHient U main sor les clercs on les moines.

Cette grotte, plos connue sons le nom de grotte d'Aïlèves, est aussi remarqnable<|ne celle de Balme, quoique beaucoup moins visitée. On a cru long-lemps que les eaux du petit lac situé à son extrémité renfermaient des paillettes d*or que les Genevois venaient pécber clandestinemoit ; au moisd*août , la nuit , à rentrée de la grotte, on voyait , disait-on, un grand feu auprès duquel ils faisaient cuire leurs aliments. En 1740 , quelques paysans d'Héry^sur-Albi voulurent engagor un prêtre à dire la messe à reculons, et à baptis»* un chevreau, pour obliger le diable à leur découvrir les trésors enfouis dans cette caverne.

Ce spectacle est vraiment Cuilastique, je l'ai admiré

plusieurs fois aux semailles d'automne; il faut, pour en jouir, se lever une heure ou deux ayant Taube.

Ce péage était, suivant la tradition, établi dans le lac à un quart-d'heure de Sevrier; on appelle cet endroit le Châtillon , et FoDi découvre encore des lignes de pilotis sur lesquels la tour était établie^ Dans les beaux jours de mon enfance, j'ai plongé plus d'une fois sur cet emplacer ment, et j'aimais à toucher avec la main ces vieux restes d'un édifice inconnu , que mon imagination prenait vo*^ lontiers pour un ouvrage des fées.

Le Var se jette dans le Loddon ; on croit que le Var est le dégorgement du lac de la grotte de Bange, et les paysans racontent, sur le puits d'où il sort, mille traditions merveilleuses ; on prétend avoir vu jaillir de sa source des boucliers et des lances.

Saint Guerin, moine de Saint- Jean-d'Aulph , où il est mort en 1150, préservait le bétail des maladies épidémiques, en le touchant avec sa clé : on a pensé pouvoir attribuer le même miracle à Termite de Bange.

«r Advint un jour que le comte Amé se vint présenter » à rhuis de la chambre où se tenait le conseil , et B ayant heurté , loi fut incontinent la porte présentée B pour sa personne seulement, le priant Thuissier du B conseil de vouloir faire retirer cette grande troupe qui » estait à sa queue , à quoi ne voulant acquiescer ne lui • voulut Thuissier permettre rentrée : dont il persista 9 encore de heurter si haultement, que l'empereur oyant Ji le bruit demanda que c'était; l'huissier répond que 9 c'était le comte de Haurienne qui menait après soi un JD grand nombre de gentilhommes. Lors, dit l'empereur , JD qu'on le laisse entrer et qu'il laisse sa queue dehors : B ce qu'ayant entendu, le comte répondit avec mécon- B tentement : Si ma queue n'y entre avec moi, je n'y B entrerai jd, et vous en quitte (Paradin). Alors Tempe- Ji reur ordonna que la porte fut ouverte au comte et à B sa queue, ji

Simon-le-magicien a donné son nom au crime de simonie.

Nos vieux chroniqueurs racontent que notre pays s'appelait Malevoie , à cause du peu de sûreté qu'il offrait aux voyageurs, mais qu'il fut nommé Sauvevoie ou Savoie,

lorsque Bérold et ses descendants l'eurent purgé des brigands et voleurs qui l'infestaient.

HaUali ou haitM, dameor par laquelle les chasseurs annoncent qu'une béte est prête à succomber , et qu'elle est étendue par terre.

Au bas des manuscrits du bienheureux Ponce de Faucigny y qui a fondé le couvent de Sixt en 1144 , on voyait un sceau représentant une vierge filant avec un fuseau.

Je ne sais trop pourquoi les historiens modernes traitent de fable le mariage d'Humbert avec Laurence : il est pourtant bien possible que les chroniques aient raison , et que ce prince ait été marié deux fois.

Cette scène est imitée du passage de la chronique de Servion , où il raconte comment Bérold fut fait chevalier.

Le cri de guerre de la maison de Savoie est Saint- Maurice ou Bonne nouvelk.

170 SIÉGB

L'oratoire de Notre-Dame-du-Clhamiez est sitaë audessus de M odane : Jacques Bertrand a raconté les miracles de cette vierge, dans un ouvrage intîtolé : Diva Vùrgo ckarmensit.

Suivant un vieux missel de Téglise de Tarantaise , dont parle Besson , on devait laver le corps du défunt avant de le mettre en terre.

C*esl de Saint-Pierre de Tarantaise que Eleury nous a fait ce portrait.

Dans son Histoire eedêsiastique , Fleury dit du chapitre de Tarantaise ce que nous avons cru pouvoir attribuer par analogie au chapitre de Maurienne.

Le miracle raconté par Raoul est puisé dans la Diva Furyo ekwrmensis : seuleoKnt, il s*agit dans cet ouvrage d*uno invasion des Français.

Expressions du père Rochex » dans sa Gloire de Vahbaye de Novalêse.

Theseusy fils du roi de Cologne , était tout bossu et contrefait; mais entendant parler de la miraculeuse beauté de la fille de Tempereur deConstantinople , il eut si vif désir de pouvoir lui plaire , qu'il en devint subitement bel et droit. Ses merveilleuses aventures sont racontées dans le manuscrit de Servion.

Conflans était nommé anciennement ad Publicanos, parce que probablement il y avait un péage.

;vi.

C'est le cri du sauvage dont parle Delille, dans son , Poème deê jardins :

Je t'en prends à témoin, jeune Pontaveri, e^c.

J'ai entendu le son des cornets d'écorce sur les magnifiques sommets du Righi : on les retrouve aussi en Tarantaise et dans la vallée de Chamonix.

Sur le petit Saint-Bernard existait une eolonne de marbre, haute de quatorze pieds, dédiée au dieuPenninus; à son sommet, il y avait une escarboucle qu'on appelait Vceil de la statue.

Charlemagne, dans sou testament, a fait un legs à Téglise de Moutiers ; il a servi, dit-on , à bâtir les quatre clochers qui existaient encore il y a quelques années.

Lorsqu'une personne meurt en Tarantaise , on porte un fagot de paille dans le champ le plus voisin, parce qu*on suppose que Famé du défunt vient s*y reposer.

Le sire de Petit-Cœur, chaque fois que l'empereur d'Allemagne passait sur ses terres, lui devait fournir un fer d'or pour le pied droit de son cheval.

La description du siège a été puisée dans le récit de celui du Châtclard, par le comte Edouard.

xxKHXm

La trêve du seigneur était une espèce d'armistice subsistant chaque semaine, depuis le mercredi soir jusqu'au lundi matin, sous peine d'excommunication.

rin DE LA PAtlUÈAE PAETIE.

IMTHOIIIFOTIOM •

Txi puisé les anecdotes suivantes dans la chronique de Servion , dont M. Tavocat Montréal possède un précieux exemplaire , copié exactement en 1 783 par Tavocat Danaudy , de Turin , sur un vieux manuscrit qui existait à cette époque dans la maison des princes de la Gisteme , et qui parait avoir été écrit sous le règne d'Amédée VIII , premier duc de Savoie.

Cette chronique , qui a été citée par Âlbaniâh

Beaumont, mais de laquelle Guichenon ne

semble pas avoir eu connaissance , est plus

i 78 INTRODUCTION.

complète que les chroniques de Champieret des deux Paradin ; les faits y sont exposés dans une forme plus dramatique.

Servion ayant écrit en vieux gaulois , mêlé de patois savoyard , j^ai dû remplacer plusieurs mots qui auraient été inintelligibles ; j^ai refait plusieurs phrases , j^en ai retranché quelquesunes : mais j'ai mis tous mes soins à conserver la naïveté de Toriginal ; j'avoue aussi m'^être emparé des expressions de Paradin ou de Champier, quand je les ai trouvées plus heu- Ig^uses que celles du manuscrit.

Peu de personnes étudient l'histoire dans ses sources ; la plupart des lecteurs sont rebutés par le style difl^ , par les longueurs et les répétitions insignifiantes des chroniqueurs imprimés : je crois donc rendre service aux gens du monde , en leur dévoilant quelques coins d'un tableau plein de fraîcheur et de nouveauté.

Sans doute, beaucoup de ces anecdotes <mt tous les caractères de fabuleuses inventions ;

Page 1