‹ Esquisse géologique sur le Canada [microforme]Chapitre 13 sur 14 · SR RIRE · texte numérisé non relu

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— 28 — | sont ceux de Pointe-du-Lac et de Sainte-Anne-de-Montmorency. Les ocres de Pointe-du-Lac sont exploitées, et donnent, par diffcrents procédés, une variété de couleurs qui sont fort estimées. Le phosphate de fer, vivianite, sous forme pulvérulente, se trouve en quantité avec le limonite de Vaudreuil.

Des étendues considérables dans la partie est du Canada sont cou- | vertes par des savanes qui fournissent des tourbes, mais ce combus- | tible est jusqu’à présent presque inconnu au pays. Il se rencontre | beaucoup de ces savanes sur le nord du fleuve, depuis Mille-Iles jusqu'à Champlain, une distance de près de quarante lieues, et sur le côté opposé du Saint-Laurent on les trouve par intervalle, depuis le comté de Beauharnais jusqu’à la Rivière-du-Loup, sur une étendue de plus de | cent lieues. La savane de Saint-Hyacinthe couvre une superficie de près ‘ de deux lieues, et il y en a d’autres qui sont encore plus grandes. La tourbe a souvent quatre ou cinq mètres d'épaisseur, et elle est d’une qualité supérieure. La tourbière de Longueuil, dans les environs de Montréal, est exploitée depuis un an, et fournit un combustible qui 1 deviendra plus tard très-1nmportant pour un pays où la houille manque et le bois est déjà devenu cher.

| { | DES EAUX MINÉRALES. | î , Les sources minérales du Canada sortent toutes des roches pal:ro- | zoïques non métamorphisées, et offrent, par leur nombre et la variété À

de leur composition, un sujet d'études très-intéressantes. Les rapports annuels publiés par la commission géologique, donnent les analyses | par M. T. Sterry-Hunt, des eaux de cinquante-neuf sources, dont | cinquante-quatre sont plus ou moins salines, et peuvent être divisées | en deux classes : celle des eaux neutres, qui contiennent, outre les sels | de soude, des chlorures calciques et magnésiques, et celle des eaux | alcalines qui contiennent du carbonate de soude. Les eaux de ces deux | classes offrent presque toujours des bromures et des iodures en petites À quantités, ainsi que des bicarbonates calciques et magnésiques qui | sont souvent très-abondants. Dans les sources qui ne contiennent pas : de sulfates, on rencontre toujours des sels de baryte et de strontiane, 1 et dans toutes, des petites portions des oxydes de fer et de man- | ganése. | Dans quelques-unes des salines neutres, les quantités des chlorures |

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calciques et magnésiques sont si considérables, que les eaux sont fort amères; mais d’autres, qui en contiennent moins, sont trèsagréables au goût, et beaucoup fréquentées par des invalides. Dans le rapport de la commission géologique pour 1853, on a fourni une liste de vingt sources de cette classe, donnant depuis quatre à trente-six grammes de matières solides par litre. Parmi ces sources, les mieux connues sont celles de Saint-Léon, Caxton, Flantagenet, Lanoraie et Point-du-Jour; mais d’autres, également bonnes, se trouvent à Nicolet, Sainte-Geneviève et ailleurs. Les quantités de bromures et d’iodures, et des sels de baryte et de strontiane que contiennent plusieurs de ces sources, leur donnent des propriétés médicinales qui les rendent très-précieuses.

Dans le rapport déjà cité, se trouve une liste de dix-huit sources alcalines, dont douze fournissent de deux à douze grammes de matières solides par litre ; parmi ces douze il y en a neuf qui contiennent des carbonates de baryte et de strontiene, ces deux bases étant presque toujours associées, Dans les plus salines de ces eaux, la proportion de carbonate de soude est relativement petite, égalant de un à douze centièmes du poids total des sels à base de soude, tandis que dans les eaux plus faibles, elle monte jusqu'à cinquante et même quatre-vingts centièmes. La plupart de ces eaux contiennent de petites quantités variables de borate de soude, qui est compris, avec le carbonate de la même base, dans les chiffres que nous venons de donner.

Les mieux connues de ces sources sont celles de Varennes et de Calédonia, qui sont faiblement alcalines et très-agréables, au goût, Une source à Chambly donne deux millièmes de matières solides, dont la moitié est du carbonate de soude, et une autre à Nicolet contient dans un litre, 487,135 de carbonate alcalin, et seulement 08",493 de chlorure. La proportion de potasse dans ces sels mixtes ne s'élève que rarement au-dessus de deux ou trois centièmes, mais les alcalis d’une source de Saint-Ours, dosés à l’état de chlorure, donnent vingtcinq centièmes de chlorure potassique. Les eaux de cette source contiennent 08,53 de matières solides par litre, principalement des carbonate alcalins. Toutes les eaux de cette classe tiennent en solution de la silice, souvent en assez grande quantité, et déposent par ébullition des silicates de chaux et de magnésie, mêlés avec des carbonates de ces bases. La silice, sous une forme soluble, se trouve toujours

même dans les eaux salines neutres.

A quelques exceptions près , les sources de ces deux classes sortent des couches appartenant à l'étage silurien inférieur ; les eaux des calcaires qui en forment la base sont généralement neutres, tandis que les sources qui traversent les schistes qui recouvrent ces calcaires, sont souvent alcalines.

Parmi les sources du terrain silurien supérieur, il y a quelques salines neutres, et celles des eaux acides dont nous avons déjà parlé à l'égard des gypses du Haut-Canada. Les analyses de quatre de ces sources ont donné de 2 grammes à 48,3 d’acide sulfurique libre, et de 08',60 à 181,87 de sulfates de fer, alumine, chaux, magnésie, et d'alcalis, par litre. De ces eaux acides, celle de Tuscarora est la plus connue, et a une grande renommée parmi les habitants du lieu dans le traitement de plusieurs maladies : toutes ces sources contiennent un peu d'hydrogène sulfuré. Plusieurs des sources du terrain silurien sont légèrement sulfureuses; mais la source de Charlotteville, qui se trouve sur l’affleurement des roches devonienne, contient 28' ,50 de chlorures et sulfates, et 410 cent. cubes d'hydrogène sulfuré par litre.

Les sources acides dont on vient de parler, ainsi qu’un grand nombre de salines , déchargent du gaz hydrogène carburé , et souvent en quantités considérables. Aucune des sources du Canada, jusqu'à présent observées, ne paraît mériter le titre de thermale.

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