‹ Esquisse sur la GaspésieChapitre 5 sur 15 · pouces · texte numérisé non relu

pouces

Ncw-Carlisle..,.

Diliérciice

JJ

Québec

JJ

New-Carlis’e...

JJ

Diîîérence

JJ

C’est-à-dire que durant les trois mois d’automne, il y a 23 jours pluvieux et 36.11 pouces de pluie, puis 16 jours neigeux et 11.80 pouces de neige de plus à Montréal qu’à îTew-Carlisle. Et nous signalons ce fait à l’attention des gens — malheureusement trop nombreux — qui seraient portés à croire que sous le rapport du climat la baie des Chaleurs ne l’emporte pas de beaucoup sur le district de Montreal, bicm connu pour être la plus belle partie de la province de Québec.

Le thermomètre est descendu plus bas que le . point de congélation, pour la première fois, aux dates suivantes : à Carleton, 23 septembre, 29° 5’ ; à ISTev/- Carlisle, 2 octobre, 31° 1’ ; à la Pointe-au-Père, le 25

LA GASPÉSIE

octobre, 31® 3’; à Québec, 14 octobre, 31®; à Montréal, 20 octobre, 31^ 3’. Les premières gelées ne se font donc sentir dans la baie des Chaleurs seulement quelques jours plus tôt qu’à Montréal et Québec. Cela est beaucoup plus que compensé par la moindre quantité de pluie et de jours pluvieux, qui est établie plus haut en faveur de la baie des Chaleurs.

L’hiver ne commence définitivement que vers le vingt novembre. Ce mois, surtout dans la dernière partie, est neigeux et passablement froid. Il y a pourtant de bien belles journées dans la première partie, ainsi que nous l’avons mentionné en parlant de l’automne. En général, cependant,, la température de ce mois est bien plus belle dans la baie des Chaleurs qu’en Ecosse et en Angleterre et moins désagréable qu’à Paris et à Berlin, où les beaux jours de l’été de Saint-Martin sont inconnus. La première semaine de décembre est ordinairement neigeuse ; le reste du mois est froid, surtout aux environs de Noël, mais généralement très beau. Le temps est clair, pur, l’air sec ; et tout cela com^pense amplement le froid, qui n’a rien de réellement incommodant. On l’attend même avec anxiété pour commencer les travaux dans la forêt. Au comniencement de janvier, il y a d’ordinaire quelques jours de froids exceptionnels, qui sont suivis par une bordée de neige ; mais la température

LA. GASPÊSIE

durant le reste du mois n'a rien d'incommode et ne * sort pas des variations usuelles du thermomètre à cette saison. Le ciel est toujours clair, le soleil brillant et le temps des plus agréables. Les plus grands froids se font généralement sentir dans la première partie du mois de février, qui est aussi le plus neigeux. La température commence à s’élever graduellement dans la dernière quinzaine de ce mois, pendant laquelle le mercure monte parfois jusqu'à 40° et même 45°. Les températures moyennes pour les trois mois d'hiver sont :

Décembre Janvier Février Hiver

New-Carlisle 19® 8’ 16® 2’ 15® 2’ 16® 9’

Oarleton 17® 2’ 13® 4’ 11® 3’ 15® 5’

Pointe-au-Père 16® 2’ l-® 9’ 12® 6’ 14® 2’

Oap-Rosiér : 12® 2’ 12® 2’ 15® 8’ 13® 4'

La Gaspésie 16® 2’ 13® 9’ 13® 9 15® 0’

Eapprochée de celle des principales villes d'Europe^, cette température hivernale présente les résultats suivants :

Londres

St-PétersboLirg....

Liverpoül...;,

New-Oarlisle

Glasgow

Carleton

Edimbourg

Fointe-au-Père....

Beiliu

Cap-Rosier

Paris !...

Ces chiffres accusent une température joliment plus basse que celle des principales villes de l'Europe ;

LA GASPÉSIE

mais il faut dire qu’ils ne la représentent pas exactement pour ce qui regarde la Gaspésie, où, durant l’hiver, on souffre moins du froid qu’au Angleterre et en Ecosse. Dans ces pays, le thermomètre ne descend pas aussi bas que dans la ^3rovince de Québec ; mais riiumidité rend le temps cru, insupportable, tandis qu’ici le temps est clair, l’air sec et le froid des ,plus faciles à supporter. Si minces que soient les vêtements, du moment qu’ils ne laissent pas traverser le vent, on peut sortir, même quand le thermomètre est à 10° et 15° au-dessous de zéro, sans souffrir du froid. Ce fait est attesté par un grand nombre d’écrivains anglais qui, après avoir longtemps vécu en Angleterre^ ont voyagé ou demeuré au Canada. Nous en citons quelques-uns.

“ En hiver, dit Anderson, (1) le froid est intense; mais, comme la gelée se continue sans interruption et comme, durant cette saison, le ciel est généralement clair, l’air pur et sec, cela la rend salubre et agréable, le fro/d étant infiniment moins pénétrant que dans

les climats humides Il n’y a peut-être pas, dans

le cours de Thiver, deux ou trois jours de froid assez intense pour empêcher les charpentiers de navires et les autres ouvriers travaillant en plein air de continuer leurs travaux sans interruption. Ceci est une

(1) Andersorû s Views of Canada,

LA GASPÉSIE

des preuves les plus convaincantes et les plus irréfutables qu’au Canada, comparativement à la Grande- Bretagne, on ne souffre pas du tout du froid dans la mesure indiquée par les degrés de froid marqués par le thermomètre. Durant toute cette saison, il y a beaucoup plus de temps clair au Canada qu’en Angleterre. Tout bien considéré le climat du Canada, comparé à celui de la Grande-Bretagne, est également' agréable, également favorable à Vagriculture et beaucoup plus salubreé*

Quoique la température soit plus basse, écrivaifc Gray en 1809, on souffre moins du froid au Canadai qu’en Angléterre. L’air est extrêmement sec em hiver.” (1) .i

Au dire de Lambert, l’hiver, de Noël à la Notre- Dame, se fait presque toujours remarquer par la pureté de l’atmosphère, qui est claire, couleur d’azur et rarement obscurcie par la brume ou les nuages.' Le temps sec et froid est rarement interrompu par des tombées de neige, de verglas et de pluie. Tout cela rend l’hiver si agréable et si plaisant au Canada que les habitants ne sont jamais dans la nécessité de changer de vêtements.

J’étonnerai peut-être ceux qui ont entendu raconter des histoires affreuses sur les hivers du Canada,

(1) Gray' s Lettsrsf rom Canada^

LA GASPÉSIE

en affermant comme un fait que les postulations de la Grande-Bretagne souffrent beaucoup plus du froid que celles du Canada, ” (1)

Ces citations montrent bien qu’on se tromperait grandement en jugeant du froid de nos hivers par les indications du thermomètre et elles établissent que de fait, en hiver, on souffre moins du froid ici qu’en Angleterre et que le temps est infiniment plus beau. Cela s’apxfiique surtout à la région de la baie dos Chaleurs qui, sous le rapport du climat et de la temj)érature, est incontestablement la plus belle partie de la province de Québec. Le voisinage de la mer exerce une grande influence sur la température, qu’elle adoucit et à laquelle elle donne une uniformité qu’on ne rencontre guère ailleurs. Puis, en arrêtant les vents du nord et du nord-est, les montagnes Schickshock contribuent aussi pour leur large part à l’amélioration du climat hivernal de cette belle contrée.

En 1880, les températures extrêmes de l’hiver ont été comme suit :

Plus haute température

déc.

jan. fév.

déc.

jan.

fév.

New-Carlisle

Carleton

Pointe-au-Père.,

Montréal

Québec.

(1) Lambert' s Travels in Canada,

LA GASPÉSIE 63

' En 1870, le thermomètre est descendu en janvier à — 28° à Montreal et à — 26° 7* à Québec. L’année suivante, il est descendu à — 28° à Montréal, en février, et à — 28° 5’ à Québec, en février, ce qui n’est pas arrivé dans la baie des Chaleurs, où la température d’hiver, prise d’une manière générale, est plus élevée q^e celle de Québec et aussi chaude que celle de Montréal. Pour les trois mois d’hiver, la température moyenne a été comme suit : à Montréal, décembre, 15° 7’; janvier, 22° 4’ ; février, 19° 9’; hiver, 21° 5’; il Québec, décembre, 14° 1’ ; janvier, 17° 4’ . février, 14° 8’ ; hiver, 16° 3’. Ces chiffres, comparés à ceux de l’avant dernier tableau, établissent ce que nous venons d’avancer.

Le nombre des jours neigeux et pluvieux ainsi que la quantité de neige et de pluie ont été comme suit :

NEIGE PLUIE

déc. jan. fév. déc. jan. fér.

jrs j)cs jrs pes jrs pc$. jrs pes jrs pes jrs pes New-Carlisle 6 3.00 3 9.00 9 17.00 0 0.00 2 légère 1 0.32

Carleton 7 9 50 12 32.00 6 18.00 0 0.00 0 0 00 2 0.20i

Pte-au-Père..l4 13.90 17 25.50 12 17.10 0 0.00 1 légère 3 0.26 Cap-Rosier... 3 14.30 6 21.40 7 63.00 1 légère 4 0.89 2 0.27

Montréal 18 17.60 11 16.30' i6 26.00 2 0.29 12 1.27 6 1.14

Québec 16 27.30 20 30.60 17 34.40 0 0.00 4 0.51 5 0.60

64 LA GASPÉSIE

! Pour tout l’hiver, nous trouvons les chiffres suiivants :

Neige

Pluie

jrs

pcs

jrs

pcs

INew-Carlisle

iCarleton

!Pointe-au-Père

! Cap-Rosier

\Quéhec

^Montréal

j Ces chiffres établissent clairement que Thiver est (plus beau, moins neigeux et moins pluvieux dans la ibaie des Chaleurs qu’à Montréal, et surtout qu’à /Québec, où il tombe à peu près au tant de neige et où il y a beaucoup plus de jours neigeux qu’au Cap-Eosier, la localité de la Gaspésie où l’hiver est le plus mauvais. A Carleton et Îfew-Carlisle, l’épaisseur de la couche de neige qui recouvre le sol est ordinairement de trois pieds et atteint rarement quatre, dans les endroits où elle n’est pas accumulée par le vent. Il est donc constaté qu’il tombe bien moins de neige et que le temps est bien plus beau en hiver dans la •partie sud de la Gaspésie que dans les districts de Québec et de Montréal,

La saison agi-icole, c’est-à-dire l’intervalle exempt de gelées, est bien plus longue qu’il ne faut pour faire mûrir tous les grains et permettre de les récolter avec la plus grande facilité. Ce fait est constaté plus bas

LA GASPÉSIE

dans le tableau, dont les chiffres sont pris dans le Rapport du Bureau de Météorologie du Canada pour Vannée 1880.

Dcrnih'e gelée Prsmüre gelée Intervalle

le printemps V automne sans gelée

New-OarlLie 19 mai 28'^ 1’ 2 octobre 3P 1’ 135 jours

P Carleton 14 ” 24"^ 0’ 29 septembre 29° 5’ 138 ’’

IPointe-au-Père 19 ” 30° 0’ 25 octobre 31° 3’ 159

Québec 15 ’’ 32° 0’ 14 ’’ 31° 0’ 152 ’’

Montréal 1er 22° 9’ 20 ’’ 31° 3’ 172

C'est-à-dire qu'à ISTew-Carlisle, où elle est la plus courte, la saison exempte de gelées excède quatre mois et demi. Et ces premières gelées, — le tableau l'indique — sont très légères, incapables de nuire même aux grains et aux j)lantes les plus sensibles.

• C'est à peine si le mercure atteint le point de congélation. Les gelées blanches vienilent bien plus tard et pratiquement la durée de la saison agricole excède cinq mois et davantage. Qu’est-il besoin de plus f La récolte commence vers le vingt-cinq août, même avant en plusieurs endroits, en sorte qu'il y a plus d'un mois et demi pour la faire, avant les gelées sérieuses et les pluies de l'automne, dont la première moitié est toujoursdrès belle. Constatons aussi que les gelées de mai ne nuisent aucunement aux semailles,, ce qui augmente encore la longueur de la saison agricole et la porte pratiquement à plus de cinq mois.

LA GASPÊSIE

Complétons ces données par le tableau de la température moyenne pour cbaque mois de l’année :

New-Carlisle

Ca,rleton

Fointe-au-Pére

Cap-Rosier

Janvier

Février.:

Mars

Avril

.. 3QO 3’

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