‹ Esquisse sur la Gaspésie (volume 2)Chapitre 13 sur 17 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

LE FORT DE PASrÉBLVC — LE CHEMIN DE FEU DE LA BAIE DES CHALEURS — SON IMPORTANCE AU DOUELE POINT DE VUE DU COM- MERCE ET DE LA COLONISATION

Ce qui a manque jusqu'à présent à la province de Québec pour lui donner le premier rang, au point de vue du commerce de transit, c'est un port de mer permanent, c'est-à-dire accessible pour la navigation océanique en liiver comme en été. Durant cette dernière saison, notre belle voie du Saint- Laurent est sans rivale et offre incontestablement les plus grand.s avantages à l'exportation des produits agricoles de l'Ouest; mais du moment que Ihiver arrive, les ports de Québec et de Montréal sont bloqués par les glaces et les immenses quantités de produits venant de rOuest par chemin de fer sont ol.iligées de prendre la voie des Etats-Unis pour atteindre la navigation océanique dans les ports américains. C'est-à-dire que nos chemins de fer perdent une grande partie du trafic venant de l'Ouest parce que nous n'avons pas, dans la province, un port de mer accessible eu hiver et par les chemins de fer et par la navigation.

Eh bien, ce port d'hiver nous l'avons dans la baie des Chaleurs, à Paspobiac, et il ne faudrait construire qu'une centaine de milles de chemin de fer pour nous en assurer tous les avantages. Contrairement à l'idée erronée, malheureusement trop répandue, la navigation de la baie des Chaleurs, — que l'on pourrait appelée la ^Méditerranée . du Canada — n'onre pas le moindre obstacle sérieux à la navigation durant les mois d'hiver, au moins du côté de la province de Québec. Jusqu'à Paspébiac et même plus loin en allant vers l'ouest, la surface de la mer est toujour:5 libre de glace et ne présente aucune obstruction à la marche d'un navire, surtout d'un navire a vapeur. Il n'y a pas, non plus, entre la baie des Chaleurs et Terreneuve de glaces dans le golfe qui puissent affecter la navigation. Enfin, en tout temps de l'année un navire à vapeur peut faire sails la moindre difi&culté le trajet entre Paspébiac et Liverpool. A ceux qui auraient quelque doute sur ce point, nous recommadons la lecture du rapport fait en IST-i par un comité spécial nommé pour s'enquérir de la route la plus courte " pour le transport des malles et des passagers entre le Canada et l'Europe et de trouver sur les rives canadiennes un havre accessible en hiver et en été, pour être le terminus de la rovite la plus courte." Ce comité était présidé par l'hori. M. Robitaille, actuellement lieutenant-gouverneur de

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Québec et alors député de Bonaventure. Après avoir obtenu le témoignage d'hommes choisis parmi les plus compétents, ce comité a fait au sujet de Paspébiac le rapport suivant :

" Le port de Paspébiac, situé sur la côte nord de la baie des Chaleurs, offre tous les avantages d'un havre de première classe, car, d'après les témoignages, il est accessible en toute saison.

'• En examinant le mérite et les désavantages du havre de Paspébiac, votre comité a jugé à propos de se renseigner de son mieux sur la navigation du golfe Saint-Laurent.

" D'après le témoignage du col. Farijana, basé sur de soigneuses études hydrographiques, il appert que les parties sud et ouest sont navigables en toute saison.

" Il a été démontré à votre comité que les glaces polaires apportées dans le golfe par le détroit de Belle-Isle se dirigent au nord-est d'Anticosti avec une vitesse d'un demi-mille à l'heure, que les glaces du fleuve Saint-Laurent suivent la rive sud de la même île avec une rapidité de deux milles à l'heure ; que le courant du fleuve, qui est plus fort, force les glaces polaires à se diriger vers la rive sud de Terreneuve et laisse ainsi libres, tel qu'il vient d'être dit, les parties méridionale et orientale du golfe."

LA GASPÉSIB 143

Le témoignage du col. Fari)ana est positif des plus favorables au port Paspébiac.

•* Le golfe du Saint- Laurent, dit-il. étant navû gable en toutes saisons, il est évident que Paspébiac offre le plus d'avantage. Par sa position géographique, le Canada en possède l'entier. contrôle. Il est plus rapproché des grands centres du Canada qu'Halifax ou Louisbourg. Au point de vue commercial, il est préférable, parce que le trajet par chemin de fer .serait moins long, et par conséquent tout le parcours moins dispendieux."

Il est bon de remarquer que ce témoignage du col. Farijana n'est pas basé que sur des études théoriques, mais aussi sur l'expérience pratique. Ce monsieur, en effet, a fait la navigation du golfe Saint- Laurent et de la baie des Chaleurs durant l'hiver. Lors de l'affaire du Trent, en 1861, il a passé l'hiver en qualité d'ingénieur hydrographe à bord du navire de guerre que le gouvernement américain a tenu en croisière dans le golfe pendant l'hiver afin d'empêcher les vaisseaux des Susdites d'aller se réfugier là pour faire la course aux navires marcliands du nord. Le vaisseau à bord duquel le col, Farijana se trouvait a fait la croisière dans le golfe sans plus de difficulté qu'en été, ce qui prouve bien que les difficultés imaginaires dont on a parlé quelquefois ne sont que des

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K^ves dont il est facile d(3 prouver Tinanit^. Il en sera de la navigation d'hiver comme il en a été de la navigation d'été : on a prétendu longtemps que celleci était impraticable : mais l'ex^jérience s'est chargée lie démentir cette absurde prétention et les vingtdeux lignes de steamers, sans compter les voiliers, qui font le trajet entre les ports do l'Europe et ceux lie Québec et Montréal attestent d'une manière assez tani^ible que la voie du golfe Saint-Laurent ne présente aucun obstacle et constitue l'une des plu.s belles lignes de n;ivii:ation océanique qu'il soit po&sibîe (i'imaginer.

Pourtant, la navigation de la baie des C^iialeurs est encore plus facile. Ici, il n'y a ni îles, ni écueils, ni liauts-fonds, presque partout un navire peut approcher à quelques arpents des côtes sans avuir à craindre les récifs, enfin la navigation se fait comme en haute mer, avec la seule difîérence que les va;?r.es et les vents sont moins forts. Et remarquons en ]\assant que par la voie de la baie des Chaleurs on évite les dangereux couiants de la baie de Fundy, le rap Sable et les autres endroits dangereux (»u:i vendent si fertile en naufrages la voie suivie par les navires qui fréquentent les ports américains. Cette considt-ration seule suffirait à établir la supériorité de la voie de la baie des Chaleurs.

LA GASPÊSIE 145

Mais il en est une autre plus importante : l'abréviation de la distance entre les ports de la Grande- Bretagne et ceux du Canada. En prenant Montréal pour point de comparaison, on trouve les résultats suivants :

De liverpool à Paspébiac, navigaf on 2,500 mfllea

De Pa^ébiac à Mètai>é<lùi par lo chemin de fer de la

baie des Chaleurs, en construction 101 milles

De Métapédiac, à la jonction d3 la Chaudière, par

rintercolouial 234 "

Da la jonction de la Chaudière à Montréal, par le

Grand-Tronc 163 «• 568 «

De LivcriKK)! à Montréal, via ra8i>ubiac " 3,068

D3 Lirerpool à. Halifû^ navigation 2,48(3 miSea

D'Halifax à la jonction de la Chaudière par l'Inter-

colonial 68) millos

De la jonction de la Chaudière à Montréal, par lo

Grand-Tronc 1G3 " 843 "

De Liverpool à Montréal, via Halifax 5,3^3 ««

De Liverpool à Portland, navigation (l) 2,7% mille»

De Portland à Montréal, par le Grand Tronc 297 "

De Liverpool à Montréal, via Portland 3,093 "

C'est-à-dire que la voie de Paspébiac est de 25 milles plus courte que celle de Portland et de 255 milles plus courte que celle d'Halifax.

En prenant la vitesse moyenne des steamers et des trains de voyageurs, on trouve les chiffres suivants :

Heures de navigat ion Chemin de fer Total

Par Paspébiac 156.25 22.75 179. Od

«< Portland 174.75 12.00 186.76

«« Halifar 155.00 33.75 .18S-7S

(1) Chiffre étaUl par Saadford Flemming.

Pour la durée du trajet, la voie de Paspébiac l'emporte donc de 7.75 heures sur celle de Portland et de 9.75 heures sur celle d'Halifax, ce qui a bien son importance pour le transport des malles et des passagers.

Le port de Paspébiac occupe donc une position exceptionnellement avantageuse sous tous les rapports et il est de la plus haute importance de le mettre eu communication continue, en hiver comme en été, avec les grandes villes du Canada, afin de conserver aux chemins de fer canadiens le trafic qui aujourd'hui prend la voie des ports américains. Pour cela, il suffit de construire le tronçon du chemin de fer delà baie des Chaleurs, long d'une centaine de milles, compris entre Paspébiac et Métapédia.

Au point de vue du commerce de transit comme du commerce interprovincial, ce chemin de fer de la baie des Chaleurs est absolument nécessaire et sa construction répondra à uri besoin pressant, vivement senti.

Il ouvrim aux provinces de l'ouest un nouveau port de mer et, surtout, il ouvrira aux produits variés de la baie des Chaleurs, cette méditerranée du Canada, les marchés de Québec, Montréal, Toronto et Winnipeg. Actuellement, une bonne partie du poisson de mer qui se consomme dans les provinces de

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Québec, Ontario et Manitoba nous vient des Etat^- Unis. En 1882, ces impoitations se sont élevées pour les trois provinces à 7,509,253 livres, ou 3,753. 55 tonnes, et à $288,559. Ces importations sont ainsi reparties par cliaque province :

Morae, aigrefin Ontario Québec Manitoba

lingue 1,691,710 Ibs $74,S9G 3,187,480 Ibs $122,299 10i,C60 Ibs $2,593

Hareng 658,199 " 15,236 8^,727 " 2,G43 49,669 '« l,lo9

Maquereau.. 133,885 " 4,787 19,SG3 •' rCG 49,969 " 1,7C6

Autre loisson 0,577 " 515 ],2SG " 182

Homard 5,806 '• 308 145,248 '• 4,361 8,S38 " S44

Saumon 225,309 *' 21,761 97,::46 " 10,506 39,275 '= 3,112

Totaux 3,723,492 " .sll7,153 3,538,704 " ,$01,405 244,897 <> $3,001

Une grande partie de ce poisson est prise dans nos pêcheries puis transportée sur les marchés américains et de là expédiée sur les nôtres. Pourquoi ne réaliserions-nous pas nous-mêmes les profita que donne ce commerce ? Tous les poissons, surtout le saumon, abondent dans la baie des Chaleurs et les eaux qui entourent la Gasjiésie ; ce qui manque, cVst un moyen de transport rapide. Eh bien, avec le chemin de fer de la baie des Chaleurs, roKo à rintercolonial, nous aurons ce moyen do transport et nous pourrons faire ce commerce nous-mêmes ; nous pourrons encore l'augmenter et nous procurer à meilleur marché du poisson plus frais et de meilleure qualité. [N'ous avons surtout besoin de ce chemin de fer pour l'expédition des grandes quantités de poisFion sec et salo

qu'exigera la consommation des populations toujours croissantes de Manitoba et du Nord-Ouest. Avant peu d'années, nos pêcheurs de la Gaspésie auront là un marché considérable et des plus avantageux. Cela compensera le terrain qu'ils perdent un peu sur certains 'marchés d'Europe où les pêcheurs de la Norwège, qui ont appris depuis quelques années à bien préparer la morue, commencent à leur faire une concurrence assez difficile à soutenir. Et du moment que le chemin de fer ouvrira ce débouché à nos pêcheurs, il sera facile de l'alimenter, car nos pêcheries sont inépuisables et peuvent produire encore beaucoup plus qu'elles produisent aujourd'hui.

A ce point de vue, le chemin de fer de la baie des Chaleurs est une entreprise vraiment nationale. D'abord, il donnera un nouvel essor à nos pêcheries et en second lieu il amènera une somme considérable de trafic à l'Intercolonial et au chemin de fer Canadien du Pacifique, deux lignes construites aux frais du gouvernement comme entreprises nationales.

L'avenir de la plus belle partie de la Gaspésie dépend de la construction de ce chemin de fer. En Amérique, la colonisation n'avance sérieusement qu'avec le développement des voies ferrées et la région qui avoisine la baie des Chaleurs et le golfe Saint-Laurent, entre Matapédia et Gaspé, si bien

douée qu'elle soit sous le rapport du sol et du climat, n'échappe pas à cette loi invariable du progrès. Que l'on construise le chemin de fer de la baie des Chaleurs et avant peu d'années la Gaspésie aura une population de 100,000 âmes ; ses richesses forrestières et agricoles seront exploitées, fourniront une large part à l'exportation ; des centres de commerce seront créés, enfin le progrès se fera sentir partout et la Gaspésie prendra le rang qu'elle a droit d'occuper panni les régions les plus florissantes, non seulement de la province de Québec, mais même du Canada.

Jusqu'à présent, la population agricole de la baie des Chaleurs ne s'est accrue que par l'excès des naissances sur les décès et c'est à peine si elle compte quelques centaines de cultivateurs qui ne sont pas nés dans cette contrée. Il en sera bien autrement quand une voie ferrée longera le bord de la mer. Toutes les belles terres qu'elle traversera seront mieux connues, les produits agricoles s'expédieront sur les marchés en tous temps de l'année, l'hiver comme l'été, et alors l'agriculture oflrira tant d'avantage qu'elle attirera nécessairement un grand nombre de colons étrangers. Les immigrants d'Europe pourront se rendre là avec la plus grande facilité et du moment que les premiers seront établis, ils formeront indubitablement un noyau qui se grossira d'une

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grande partie de leurs parents et de leurs amis. Le succès qu'ils ne manqueront pas d'obtenir sera pour les autres un attrait irrésistible. Ce qui se fait actuellement le long de l'Iutercolonial, dans la vallée de la Métapédia, dit assez ce qui se fera dans la région, plus riche et plus avantageuse que traversera le chemin de la baie des Chaleurs.

jSTew-Carlisle deviendra avant peu d'années un de nos principaux ports de mer, en hiver comme en été, et alors le chemin do fer de la baie des Chaleurs sera incontestablement une des lignes les plus importantes de la province. Ce n'est qu'une question de temp-s.

CHAPITEE XII

AD^NISTRATION* CIVILE ET KELIGIEL'SK — i^:GLISES ÉCOLES

Pour les iins de l'administration civile, la (r;isr ];)ésie est devisée en districts judiciaires, eu municipalités de comté et en municipalités locales.

Les comtés de Bonaventure et de Gaspé formou'u chacun un district judiciaire distinct de la partie de cette région comprise dans les hmites du comté de Kimouski. Le siège du district de Gaspé est à Percé, où se trouvent le palais de justice et tous les otlicit'rs

LA GASrÉSIE 151

(Ixi tribunal. Le clief-lieu du district de Bonn-ventuie est à iNew-Carlisle. 11 faut dire à la louarige des Gaçpésiens qu'ils ne donnent pas beaucoup d'occupation aux oiiiciers de justice criminelle et civil ■ puisque les afiaires de ce genre, dans Gaspé et Bonaventure, suffisent à peine pour vjAtq vivre modestement cinq ou six avocats.

La municipalité de comté est administrée par le conseil de comté, qui se compose des maires de toutes les municipalités locales. Le président de ce conseil est le préfet du comté. Ce conseil ne siège que rarement et ne s'occupe que des affaires d'intérêt général pour le comté. Il y un conseil pour chacun des comtés de Bonaventure et Gaspé et le reste de la Gaspésie est soumis au contrôle administratif du conseil de comté de Eimouski.

La municipalité locale, c'est-à-dire de paroisse ou de canton, e.st administrée par sept conseillers, dont le président s'appelle maire, élus par les contribuables de la paroisse ou du canton. Ce conseil s'occupe de voierie ainsi que de toutes les affaires de police et d'administration locale. En 1880, il y avait douze municipalités locales dans le comté de Bonaventure et seize dans celui de Gaspé.

L'administration des écoles est sous le contrôle des commissaires et des syndics d'écoles, qui perçoivent

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les taxes scolaires et veillent à tout ce qui concerne les écoles. Ces commissaires et ces syndics sont élus par les contribuables, qui ont ainsi le contrôle indirect des sommes qu'ils paient pour les fins de l'instruction publique.

Dans la Gaspésie, comme dans toutes les autres parties de la province de Québec, l'instruction primaire est obligatoire, en ce sens que tous les citoyens sont tenus de contribuer au maintien des écoles, au moyen d'une taxe modique imposée sur leurs propriétés et produisant un montant égal à la subvention scolaire accordée par le gouvernement à chaque minicipalité. Chaque père de famille est tenu en sus de payer une rétribution mensuelle, variant de vingt-cinq centins à deux francs, pour chaque enfant en âge de fréquenter l'école, (de sept à quatorze ans) qu'ils y assistent ou non.

Les deniers publics affectés à l'enseignement sont répartis proportionnellement à la population et au nombre d'élèves qui fréquentent chaque école primaire ou autre institution d'éducation. Une somme de quarante mille francs est affectée annuellement au soutien des écoles dans les municipalités pauvres, eu sorte que les personnes qui n'ont que le nécessaire ne sont pas inquiétées pour leurs contributions scolaires. ^'H ^'

LA GASrÉSIE 153

Dans les localités de reL'gions diverses, c'est la majorité religieuse qui gouverne. Si la miKorité n'est pas satisfaite de l'administration des écoles, en ce qui la concerne spécialement, elle n'a qu'à faire le choix de trois syndics pour diriger ses propres écoles et à signifier son dissentiment au président des commissaires. Dès* lors les écoles de la minorité prennent le nom d'écoles dissidentes et les syndics sont investi.s . à leur égard des mêmes pouvoirs que les commissaires à l'égard de celies de la majorité. Toutefois les commissaires continuent de prélever les contribution.^ sur toute la municipalité, mais à la chai*ge de remeitre aux syndics le montar.t prélevé sur les cont]ibuables dissidents, ainsi qu'une partie de la subvention publique proportionné»^ ;\ leur nombre- Grâce à ces garanties la minorité, qu'elle soit '.""atht)lique ou qu'elle soit protestantx?, n'a jamais à redouter aucune oppression et la plus parfaite harmonie ne cesse d'exister entre les différentes croyances.

Les recettes des commissaires d'écoles proviennent de trois sources : les taxes, la rétribution mensuelle et la subvention du gouvernement. Les taxes sont prélevées sur toutes les propriétés foncières. La rétribution mensuelle est une taxe que paie chaque enfant en état de fréquenter l'école. Ces taxes sont presque insignifiantes, ainsi que cela se voit t»ar les

154 LA GASPESI2

obiffres suivants, qui indiquent 1g montant des recettes scolaires provenant de chaque source de revenu ;

Boiuivanftin Gaspc

Cotisationa $10,595.80 $10,42«C7

Rétribution mensuelle 2,408.39 • 547.5&

Subvention du gouvernement 3,323,29 1,918.29

Ces deux totaux fomient 829,773.99 ; mais il n'a ^té payé que $24,032.41 par les contribuables : S13,- 064.19 par ceux de Bonaventure et $10,968.22 par ceux de Gaspé. Ces différentes sommes ont été employées à l'entretien de 139 écoles, 105 catholiques et 34 protestants, fréquentées par 600 élèves. Tous ces chiffres sont tirés du Rapport du Surintendant de V Instruction pour V année 1881-82. Il est impos- ,sible de donn«!:r des détails pour la partie de la Gaspésie comprise dans Rimouki, vu que le rapport ne donne que les totaux pour tout le comté. Dans tous les cas, les détails qui précèdent montrent que l'instruction élémentaire ne fait pas défaut dans la Gaspésie, puisqu'il y a une école par 43 élèves et que cette instruction ne coûte pas cher aux habitants, qui ne paient pour cette fin que 52 centins par tête dans Gaspé et 69 centins dans le comté de Bonaventure, où les écoles sont très bien tenues, grâce au zèle des

LA GASPÉàlE 155

habitants pour tout ce qui se rattache à Tinstructian de leurs enfants.

Pour ce qui regarde le service religieux, les curès catholiques reçoivent la dîme, c'est-à-dire le vingtsixième des céréales et des pommes de terre, en certaines localités. La Gaspésie forme partie du diocèse de Kimouski, qiri a pour titulaire Mgr Jean Langevin et dont le siège est dans la ville de Kimouski. Le clergé catholique de la Gaspésie se compose d'environ cent prêtres. Les ministres du culte protestant sont entretenus, au moyen de contributions par les membres de leur corigration et par les secours qu'ils reçoivent do certaines associations formées dans les grandes villes pour venir en aide aux cougrégations trop pauvres ou tçop peu nombreuses pour entretenir un ministre exclusivement à leurs frais. C'est .assez dire que pour les catholiques comme pour les protestants, les frais de culte et de service religieux s'élèvent comparativent à bien peu de chose.

Au point de vue des croyances religieuses, le recensement de 1881 répartit la population de la Gaspésie comme suit :

Catholiqnea 13,877 17,755 16,725 48,357

Anglicans 2,173 2,536 15 4,7:14

Méthodistes 132 319 147 5PJ

Presbytériens 2,670 43 3Uj 3.073

©irersei eectc« . 56 32 15 lO.s

13,908 20,6SÔ 17,i:67 iO^a

C'est-à-dire que la population catholique forme 85 pour 100 de la population totale.

Toutes ces données montrent que pour ce qui regarde Tadministration civile et religieuse, la Gaspésie jouit d'une organisation complète et n'a rien à désirer. L'Européen qui émigré dans cette région si favorisée par la nature est sûr d'y trouver tout ce qu'il faut pour faire respecter ses droits, pratiquer son culte religieux et faire instruire ses enfants.

CHAPITEE XIV

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