‹ Esquisse sur la Gaspésie (volume 2)Chapitre 4 sur 17 · PRINCIPAUX CENTRES DE POPULATION · texte numérisé non relu

PRINCIPAUX CENTRES DE POPULATION

PLACES d'eau

La Gaspésie forme un immense plateau dont le principal versant incline vers la V^ie des Clialeurs. Ce plateau est divisé en deux parri'^s distinctes par les monts Xotre-Dame, qui ne sont que l'extrémité orientale de la chaîne des Alleghanys. A partir de Gaspé, Taxe de cette arête montagneuse longe la rive méridionale du golfe Saint-Laurent, à une douzaine de milles du bord de la mer. La partie la plus éle^-ée a une largeur qui varie de deux à six milles, l-u par-

tant de Gaspé, ces montagnes gagnent vers l'inte'rieur, dans la direction du nord-ouest, puis se retournent vers l'ouest aux environ*^ de Sainte- Anne-des-Monts et du Cap-Chattes, où elles prennent la direction du sud-ouest. Les parties les plus élevées se trouvent dans la région où la rivière du Cap-Chat et la rivière Matane prennent leurs eaux : là, il y a des sommets qui ont jusqu'à 3,973 pieds de hauteur.

Ces montagnes, cependant, ne forment pas une chaîne continue, car les principales rivières qui se jettent dans le golfe Saint-Laurent ont leurs sources au delà et au sud de la ligue décrite jmr cette série de monts isolés.

Sous le rapport de la continuité et de l'altitude, cette chaîne de montagnes est d'un caractère varié. L'arête ];rincipale ou l'axe de cette chaîne est à une distance du Saint-Laurent qui varie de douze à vingtcinq milles. En arrière de Métis, le sommet de ces montagnes ne s'élève que rarement à plus de seize cents pieds, et cette région constitue plutôt un haut plateau, accidenté par quelques pics élevés, qu'une rangée de montagnes continue.

Sans être d'une qualité supérieure, le sol est pour la plus grande partie susceptible de culture et s'améliore en allant vers le Saint- Laurent, où l'on rencontre généralement des ten*ains glaiseux, profonds et fer-

tiles, surtout dars la vallée de la rivière Métis. Au nord de cette raugée de monts élevés, il y a une autre lisière montueitse, mais plus basse, au delà de laquelle s'étend une bande de terre fertile qui a parfois une largeur considérable. Cette bande ainsi que les terrains bas qui bordent le fleuve et l'embouchure des rivières dont il reçoit les eaux, sont très propres à Li culture et presque partout recouverts d'établissements. A la rivière Sainte- Anne, la chaîne se divise en deux branches, dont l'une court au sud tandis que l'autre s'avance vers le fleuve. A Mont-Louis, la chaîne incline à l'est et son élévation diminue en allant vers le cap Gaspé, où elle se termine, laissant sur une longueur de vingt milles au-dessus du cap Rosier, entre elle et le golfe, une large lisière de bonne terre.

Au sud de cette chaîne, il y a une grande vallée intérieure dont la surface est en plusieurs endroits accident-ée par des hauteurs ou rétrécie par les terrains montueux qui la bordent de chaque côté, au nord et au sud. Sa largeur varie de dix à trente milles et elle offre généralement tous les caractères d'un plateau élevé. Le sol de cette grande vallée est pauvre et léger en certains endroits, pierreux en d'autres, mds il est généralement arable et fertile. Il y a même de grandes étendues d'excellentes teiTes,

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notammeni dans la région où la rivière Matane a ses sources et le long du chemin Kempt.

Du eôté de la baie des Chaleurs et formant la limite sud de la vallée intérieure qui vient d'être décrite, il y a une -autre ligne de hauteurs, accidentée en plusieurs endroits par des monts de peu d'étendue, mais d'une certaine élévation. Vers l'angle nord du comté de Bonaventure et pas loin des bords de la rivière Bonaventure, trois de ces monts ont respectivement 1,394, 1,324 et 1,757 pieds d'altitude. Le mont Conique, vers les sources de la> rivière Cascapcdia, a 1,910 pieds de hauteur.

Le versant méridional de cette rangée de hauteurs s'abaisse graduellement jusqu'à la baie des Chaleurs. Il forme une bande de bons teiTain^ arables, large de vinçrt à trente milles, offrant tous les caractères d'un plateau un peu élevé vers sa limite septentrionale, coupée transversalement par les vallées profondes et étroites ari milieu desquelles coulent les grandes rivières qui ont leurs sources dans le plateau inbii-ieur situé au nord de la rangée montueuse qui vient d'être décrite. La lisière qui borde la baie des Chaleurs est partout formée par des terrains d'excellente qualité. Depuis la Pointe-au-Maquereau jusqu'à la rivière Cascapédia, le littoral décrit en s'avançant dans la mer une courbe qui augmente considérablement la

largeur de cette lisière de bons terrains arables. Le sol est uni et l'on pourrait avec .avantage former des établissements jusqu'à une trentaine de milles de la côte. A l'ouest de la rivière Cascapédia, la surface du"sol est plus accidentée et presque toutes les pointes qui projettent dans la mer sont dominées en allant dans l'intérieur par des montagnes isolées, mais qui ont jusqu'à 1,800 pieds d'élévation, comme le mont Tracadigèche, en arrière de Carleton.

Le long de la rivière Eistigouche, les montagnes sont moins élevées et bordent presque la rivière. Ces montagnes offrent au regard les paysages les plus pittoresques qu'on puisse imaginer. Leurs flancs quelquefois abruptes, mais généralement inclinés en pentes, douces, sont entourés par des vallées d'une étendue considérable et de la plus grande richesse. Le sol, même sur la cîme des montagnes, est partout riche, fertile et généralement exempt de roches, puis couvert de belles forêts de bois dur. La vallée de la rivière Nouvelle forme la plus belle partie de cette réç^'ion montueuse, mais possédant nn sol qui sous le rapport de la fertilité ne le cède en, rien à celui des plus riches régions de la vallée du Eichelieu et du Saint-Laurent.

Vu de la mer, le httoral de la Gaspésie n'offre à l'œil qu'une série continue de paysages magnifiques.

OÙ le pittoresque le dispute au grandiose. Du côté du golfe, le rivage forme une ligne courbe à peu près régulière et dont la course n'est accidentée c^ue par de petites sinuosités, à peine perceptibles à une légère distance. Il n'y a d'enfoncements un peu considérables qu'à l'embouchure des principales rivières, dont l'estuaire forme ce qu'on appelle dans le langage du pays des harachois.

L'entrée de ces rivières fournit généralement aux goélettes et aux navires d'un faible tirant d'eau des mouillages où ils peuvent attérir avec plus ou moins de facilité. A Matane, à Sainte-Anne, à la Eivière- Blancbe, à Mont-Louis, à l'Anse-à-Griffou, à la Eivière-au-Renard, il y a de ces mouillages qui constituent autant de petits ports fréquentés par les goélettes employées à la pêche ou au commerce de cabotage.

A Sainte-Anne, le village est bâti sur une presqu'île sablonneuse, formée par un barachois et l'embouchure de la rivière. Les habitations s'étendent le long du fleuve, de chaque côté de ce point central. Une grève de sable blanc, ferme et unie, s'étend autour de l'anse. Vers l'intérieur, à quelque distance du fleuve, le terrain s'élève et les collines s'étagent les unes au-dessus des autres jusqu'à ce qu'elles se (terminent par les Chic-chocs, dont quelque-s cîmes.

dans les environs, ont plus de trois mille cinq cents pieds de hauteur. .

Plus loin que Sainte- Anne, en descendant, on aperçoit les Chêmiinées, rochers ainsi nommés à cause de leur forme, et plusieurs gentilles cascades de cinquante à soixante pieds de hauteur, dont la blancheur contraste avec la teinte sombre des arbres voisins. Toute cette côte, depuis Sainte-Anne, est haute, escarpée, coupée par de profondes ravines. Dans l'intérieur, les terres sont bonnes et pourraient nourrir un grand nombre de familles.

A trente-six milles plus bas que Sainte-Anne est ^lo'nt-Louis, remarquable par l'abondance de la pêche, la fertilité des terres de la vallée et les avantages de son port pour les petits bâtiments employés aux pêcheries. Le blé mûrit ici aussi bien que dans les environs de Québec. Les habitations du poste sont placées sur les bords de la rivière et abritées contre les vents par l'éperon d'une haute montagne.

La baie formée par l'embouchure de la rivière Madeleine est bordée à l'est par un banc de gravier d'environ un mille de longueur et peu élevé au-dessus du niveau des hautes marées. Ce petit port offre un bon mouillage aux bâtiments d'un faible tirant d'eau

La baie de la grande rivière au Eenard forme un demi-cercle dont le diamètre peut être d'un mille.

L'entrée est entre deux caps, sans cesse minés parles flots ; antour du bassin le terrain présente un amphithéâtre couvert de verdure et couronné de bois franc. Cette baie est assez sure ; les bâtiments y mouillent sur un bon fond et à l'abri de tous les vents, si l'on excepte ceux qui viennent du nord. Autour de la rivière au Eenard, le sol est excellent ; il produit de bon blé, de l'orge, de l'avoine, des pommes de terre qui viennent à merveille.

Environ quinze milles plus loin que la rivière au Eenard, une terre basse s'avance au pied des montagnes et se termine à la mer par une pointe qui n'a guère plus de trente à quarante pieds de hauteur. C'est le cap des Eosiers, ou Rosier. A sept milles au delà de ce cap se termine par le promontoire du Fdurillon la chaîne des montagnes qui bordent la rive droite du Saint- Laurent. Le Fourillon est une péninsule étroite qui s'avance hardiment jusqu'à une lieue dans la mer, entre l'anse du cap des Rosiers et la baie de'Gaspé. Du côté nord, il présente un roc nu, taillé à pic et s'élancant à une hauteur de sept cents pieds ; c'est le reste d'une montagne dont une moitié a été précipitée dans la mer après avoir été minée à sa base par la glace et' par les eaux ; l'autre moitié est restée debout, droite comme une muraille.

Au sud du Fourillon est l'entrée de la baie de

Gaspé, belle nappe d'eau large de huit milles et s'avançant environ six lieues entre deux terres hautes. L'une, le revers du Fourillon, est montageuse ; l'autre €st diversifiée par des coteaux, des vallons, des bois, des groupes de maisons. La terre du nord est généralement escarpée. Sur quelques points, néanmoins,, les montagnes s'éloignent de la mer et laissent à leur base un espace plus uni, sur lequel se sont formés les établissements de la Grande-Grève, du Cap-aux-Os et de Penouille. Au fond de la baie de Gaspé est le meilleur port de toute la côte ; il est séparé de la baie par deux pointes qui laissent entre elles un canal navigable pour de gros navires. Avant d'arriver à l'entrée du port, on rencontre à la côte sud l'entrée de la petite rivière Saint-Jean, près de laquelle, sur un coteau, est le village de Douglasstown. Sur la côte opposée se trouve la pointe au Penouille, d'où l'on aperçoit tout le port, avec une grande partie du bassin, ainsi que le village. Dans le port de Gaspé se jettent la rivière Darmouth ou du Nord- Ouest, et la rivière York ou du Sud-Ouest. L'entrée de la dernière forme le bassin, qui a moins d'un mille do longueur et dont la profondeur varie de cinq à neuf brasses d'eau. Ce port intérieiir peut recevoir une flotte considérable.

Le village de Gaspé, situé à la tête de cette baie»

►est une localité qui ne peut manquer de croître en importance, à cause de la commodité de son port qui, sans être très grand, est accessible aux gros navires >et offre un abri sur contre la violence des vents. Les iiiavires incapables de tenir tête aux tempêtes du golfe viennent s'y réfugier et les bâtiments de pêcbe j .1:ouclient, soit pour faire des provisions soit pour ■charger des marchandises à destination des pays étranïgers. Les maisons, disséminées sur une colHne qui (domine tout le port, présentent un coup d'œil charimant. Il n'y a pas en Canada d'endroit plus attrayant et plus salubre dans la belle saison. C'est la jplace d'eau à la fois la plus -retirée et la plus pittotesque du bas du fleuve. Les eaux de la baie ont itoujours la température fraîche stimulante qu'il faut fpour le bain de mer, cette souveraine panacée capable •de rajeunir ceux dont la vigueur et la santé ont été ruinées par les habitudes sédentaires ou routinières de la vie des villes. Outre les bains de mer, il y a pour achever de réconforter, la vue du paysage environnant, disposé pour charmer la vue, les dilicieuses promenades à pied sur le rivage ombragé par la forêt voisine et les petites excursions sur une belle nappe d'eau à l'abri des vents. Il y a aussi la brise, qui se lève d'ordinaire sur la fin de la matinée, pendant les jours les plus chauds de juillet et d'août, et dont la

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fraîclieur augmente le bien-Otre du touriste et du malade qui visitent ce lieu enchanteur. " Ga?pé est le seul port du golfe qui arme des goélettes baleinières et cette aventureuse industrie de la grande pêche s'est conservée par tradition dans les mêmes familles. Ceux qui s'y livrent aujourd'hui descendent des hardis marins qui se fixèrent à Gaspé après la déclaration de l'indépendance par les Etats-Unis et s'adonnèrent aussitôt à cette -pêche, qui rapportait alors de gros profits

" A proprement parler, on ne fait pas la pêche de la morue à Gaspé, mais la plus grande partie de ce poisson qui est pris sur les côtes du nord et du sud y est apportée tout préparé pour l'exportation. Ce commerce attire un bon nombre de navires et fournit de l'emploi à la population pauvre de l'endroit et des environs. L'occupation, certes, ne manque pas dans le port non plus que dans les fermes, qui sont mieux cultivées ici qu'ailleurs."

Le village de Percé, le chef-lieu du comté et du district judiciaire de Gaspé, est bâti sur la pointe du promontoire qui borde la baie de Malbaie à l'ouest. C'est un des sites les plus pittoresques de toute la Gaspésie et il est renommé à cause du singulier rocher qui se trouve en face. Ce rocher paraît avoir autrefois été lié avec le mont Joli ; il n'en est séparé que par un

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étroit canal, qui assèche à basse mer. La loDgneur de cette île de roc est de quatre ou cinq arpents et sa largeur n'est guère que de soixante à quatre-vingts pieds. Dans tout son pourtour le rocher n'est qu'une falaise continue, dont la hauteur moyenne est de deux cent quatre-vingt-dix pieds. Vers le milieu, la mer et la glace ont perce dans ce roc une arche assez grande piour permettre aux berges d'y passer sous voiles. C'est de cette arche que la localité tire son nom de Fercé, qui n'est qu'un abrégé de Roc-Percé. Du côté du mont Joli, le cap Percé est coupé à pic. Dans cette direction, le plateau se rétrécissant, s'avance de plusieurs pieds au-dessus de la mer et se termine en pointe.

C'est Percé qui emploie le plus d'hommes et do bateaux à la pêche. Le port est excellent pour les petites embarcations et les rivages rocheux de cette localité sont très propres à la préparation du poisson. Si Percé ne peut se vanter d'avoir un port sur, il possède des beautés naturelles qu'on ne rencontre nulle part ailleurs, un sol fertile, bien cultivé et produisant en abondance des céréales de toutes sortes.

La Grande-Rivière est une des paroisses les plus populeuses — elle a 2,150 habitants — et les plus riches de la Gaspésie. Les gens se livrent surtout à l'agriculture et il y a là des fermes qui feraient honneur aux régions agricoles les plus avancées. Les établis-

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sements s'avancent dans l'intérieur, où il y a d'excellentes terres, et progressent sensiblement. Le village forme à l'emboucliiire de la rivière une espèce d'amplntliéatre qui offre un coup d'œil des plus agréables. Il règne partout une propreté et une aisance qui donnent un cliarme particulier à cette localité.

VAnse-du-Cap est un centre de commerce assez considérable. Il y a plusieurs marchands dans cette localité et les affaires ne manquent vjas d'activité. Le port est fréquenté par un bon nombre de goélettes qui font le commerce de cabotage et même par des navires qui viennent y prendre des cargaisons de poisson pour les marchés d'Europe et de l'Amérique du Sud.

Port-Daniel, comme son nom l'indique, est un petit port d'une importance réelle. 11 est fréquenté par un bon nombre de goélettes, engagées dans le commerce de cabotage et surtout par celles de l'île du Prince-Edouard, qui viennent y prendre des cargaisons de- l'excellente pierre à chaux que l'on trouve d>jn.> cette localité. Outre la pêche, qui est bonne, l'agriculture fournit aux habitants de cette paroisse des produits abondants et l'on compte dans Port- Daniel des cultivateurs riches.

Paspéhiac est une des plus belles paroisses da la baie des Chaleurs. Les terres sont fertiles et culti-

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vées avec soin. Les habitations des cultivateurs sont proprettes et bien bâties : tout révèle l'aisance et la prospérité.

C'est ici que la princière maison Eobin, dont la fortune se compte par millions, a sa principale place d'affaires , la résidence de son premier employé, qui dirige et contrôle tous les autres établissements, indique asî^ez que ses patrons figurent parmi les millionnaires de l'île de Jersey. A une couple de milles du havre de Paspébiac se trouve la magnifique résidence de Thon. Théodore Eobitaille, actuellement lieutenantsgouverneur de la province de Québec, et un peu plus loin le coquet village de Xew-Carlisle, qui est le cheflieu du comté et du district de Bonaventure.

Dans Paspébiac, le terrain s'approche en pente douce du rivage et offre partout un niveau à peu près uniforme. Les terres sont fertiles et généralement bien cultivés, notamment celles de la maison Eobin, qui feraient honneur aux endroits de la province où l'agriculture est le plus avancée.

Le port de Paspébiac est déjà muni d'un quai où les navires d'un moyen tonnage peuvent accoster avec la plus grande facilité. Du côté de l'est, il est protégé par une espèce de digue naturelle, un cordon littoral qui s'avance à une certaine distance dans la mer. Grâce à la libéralité du lieutenant-gouverneur

Eobitaille, qui a donné le terrain, et de Ja municipalité de New-Carlisle, qui a souscrit 82,500, le gouvernement fédéral a commencé en 1881 une jetée qui aura cinq cents pieds de longueur et donnera aux bâtiments de treize à quatorze pieds d'eau à marée basse, dans les grandes marées. .En cet endroit, les petites mers montent de 3.5 et les grandes de G. 5 pieds.

Paspébiac est le terminus du premier tronçon du chemin de fer de la Baie des Chaleurs, actuellement en voie de construction. Une fois le chemin de fer en exploitation, ce port aura une importance considérable, vu qu'il est accessible par la navigation océanique en hiver comme en été.

Le village de Xew-Carlisle, bâti sur une petite éminence et entouré pour ainsi dire par la mer, offre un coup d'œil des plus jolis et des plus agréables.

Keiu-Richmond, entre les deux rivières Cascapédia, est une paroisse riche, très avancée au point de vue de l'agricultuie et offrant en plusieurs endroits des sites d'une beauté ravissante. Il se fait ici un commerce de bois assez considérable. Sous le double rapport du site et de la richesse, Xew-Eichmond est une des premières paroisses de toute cette région.

Maria est située au fond de la baie de Cascapédia, formée par l'estuaire de la rivière du même nom. Les

terrains de Maria sont plats sur les bords de la mer et la paroisse est pour ainsi dire entourée par des hauteurs qui sont en quelque sorte la continuation du mont Tracadigèche. Le sol est fertile et le homard se prend en grande quantité dans la baie, ainsi que le hareng et plusieurs autres poissons. L'agriculture €st la principale occupation des habitants, qui en général vivent dans l'aisance.

Carleton est la paroisse la plus avancée de la baie des Chaleurs. Le village est bâti sur les bords de la baie de Tracadigèche, au pied d'une montagne qui a plus de dix-huit cents pieds de hauteur et sur un des sites les plus pittoresques qu'il soit possible d'imaginer. Cette localité est déjà très recherchée comme place d'eau et le sera encore davantage quand on !°ura bâti un hôt^l assez spacieux pour recevoir tous ceux qui désireraient y passer l'été. C'est incontestablement une des plus belles paroisses de cette région. Il s'y fait un commerce d'une certaine importance et qui ne pourra que se développer avec l'ouverture du chemin de fer. Il y a dans cette localité une tannerie, un mouhn à farine, un moulin à carder et plusieurs magasins. Enfin Carleton possède le seul couvent qu'il y ait dans toute la Gaspésie et un quai qui rend des plus faciles l'accès de cette localité.

La partie ouest de Carleton est située sur le bord

de la baie de Tracadigetche, que domine la montagne du même nom. Les deux côtés de la baie sont formés par la pointe de Tracadigetcbe, à l'est, et celle de Mi^uasha (terre rouge) à l'ouest. Cette baie mesure une dizaine de milles de largeur et quatre ou cinq de profondeur. Elle est pour ainsi dire entourée, du côté de la terre, par la montagne, dont les parties les plus élevées ont une attitude de 1,814 pieds audessus du niveau de la mer. Entre l'église de Carleton et la rivière Nouvelle, qui ^^jette dans l'extrémité nord-ouest de la baie, le flanc de la montagne forme presque partout une falaise abrupte, et ne laisse' entre elle et le rivage de la mer qu'une lisière de terrain de moins d'un mille de largeur, sur une distance d'un demi-mille. A i'oxtrémit.é est de la baie, l'estuaire de la petite rivière Carleton forme un grand barachois qui est entouré par deux longs bancs de gravier. Celui de l'ouest s'avance une couple de milles dans la mer, en partant du pied des montagnes, et il a deux cent cinquante à trois cents pieds de largeur. Ce banc commande incontestablement un des plus beaux, sinon le plus beau point de vue de toute la baie des Chaleurs, et forme l'un des plus beaux sites qu'on puisse imaginer pour une place d'eau. Protégé du côté du nord par la montagne contre les vents froids qui soufflent de cette

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direction, il n'est expose qu'aux briser refr.iîchissaiites et si hygiéniques qui viennent de la mer et maintiennent constamment la température à un degré uniforme. Du côté de la baie, la grève a très peu de déclivité, se compose d'un gravier fin, libre de cailloux ainsi que de tout autre obstacle et offre l'un des endroits les plus favorables, les plus agréables, les moins dangereux et les plus propres pour prendre les bains de mer, sans compter que la pêche, même la pêche au homard, abonde dans les environs, notamment dans la rivière Nouvelle, où l'on prend des truites qui pèsent jusqu'à quatre et cinq livres. L'a crri culture est pratiquée avec assez de soin et d'intelligence dans Carleton, et le long du chemin qui fait le tour de la baie, les établissements présentent partout un air d'aisance, de confort et de prospérité qu'on n'observe qu'à la Grande-Rivière, dans toute cette partie de la Gaspésie.

Entre la rivière Nouvelle et la rivière Patapédia, les montagnes s'avancent jusqu'à la mer et au bord de la rivière râstigonche. Le terrain est partout très accidenté, mais se compose d'un sol de bonne qualité, • même sur le sommet des hauteurs, qui sont couvertes de beaux bois. Cette région n'est qu'une série de paysages d'une beauté ravissante et sous ce rapport elle égale pour le moins les plus belles parties de

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l'Ecosse et de la Suisse. Elle est le rendez- vous d'un assez grand nombre d'amateurs qui viennent de l'Angleterre et des Etats-Unis pour jouir du spectacle qu'offrent ces beaux paysages ainsi que des agréments de la chasse et de la pêche, qui abondent dans les environs. A Métapédia, les MM. Vanderbilt et quelques autres millionnaires de JS^ew-York, formant le club Kistigouche, ont une superbe maison d'été où ils se rendent chaque année pour jouir de tous ces agréments.

Le littoral de la baie, des Chaleurs offre plusieurs endroits qui ne sauraient être surpassés comme places d'eau. La douceur et la fraicheur du climat, la pureté de l'atmosphère, la beauté des points de vue tout concourt à faire de cette région un véritable paradis teiTestre pour ceux qui ont besoin de repos ou se trouvent dans la nécessité de refaire iir.Q santé délabrée. Ici les constitutions les plus faibles, les tempéraments les plus délicats n'ont pas à craindre la froideur des vents de' nord non plus que les changements soudains dans la température ; le plateau intérieur de la Gaspésie enlève aux vents qui viennent du golfe leur froideur comme leur humidité et partout, l'on ne sent qu'une brise de mer légère, rafraîchissante, capable de redonner la force et la vigueur aux constitutions les plus avariées. ,^

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Les deux plus belles places d'eau sont incontestablement Carleton et Xew- Carliste. La gi'ève est on ne peut plus belle, mieux adaptée pour prendre des bains de mer, les paysages environnants sont d'une beauté ravissante, en un mot tout semble avoir été disposé comme à dessein pour faire de ces localités les deux stations balnéaires les plus attrayantes de la province. Carleton, surtout, est sans rival et laisse bien loin dans l'ombre la Malbaie, Cacouna et toutes les autres places d'eau qui attirent chaque été des milliers de touristes jusque des parties les plus reculées des Etats-Unis. Si cette localité était plus connue, elle deviendrait en peu de temps la place d'eau la plus recherchée, le Old Orchard Beach de la province de Québec. Jusqu'à ces dernières années, elle était d'un accès assez difficile, vu que les touristes ne pouvaient s'y rendre que par la navigation, en faisant le grand tour par Gaspé, ce qui faisait un voyage long, fatigant et dispendieux ; mais ces inconvénients ont disparu depuis l'ouverture du chemin de fer Intercolonial et aujourd'hui l'on peut se rendre de Québec à Carleton en moins de quinze heures et en ne faisant que trente- cinq milles par la navigation, ce qui prend moins de deux heures et constitue l'un des plus beaux trajets que l'on puisse parcourir. Il ne manque à Carleton, pour devenir une place d'eau

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à la mode, qu'un hôtel, et des capitalistes aussi entreprenants que clairvoyants sont en voie de combler cette lacune. Quand cela sera fait, Carleton deviendra assurément une des statioHS balnéaires les plus recherchées et les plus fréquentées.

CHAniT.E III

GÉOLOGIE SUPERFICIELLE — SOLS — ÉïEXDUE DES DIFFÉ- EE^'TS TEKRAINS

Au point -de vue géologique, la Gaspésie forme l'extrémité orientale de la contrée montueuse désignée par M. le professeur Hunt sous le nom de région apalachienne et elle n'est que la* continuation ou le prolongement des Cantons de l'Est. En effet, les terrains de la Gaspésie sont absolument semblables à ceux des Cantons de l'Est sous le double rapport de leur composition et de leur configuration.

Ces terrains appartiennent aux formations géologiques appelées " groupe de Québec " par Sir William Logan, le fondateur de la commission géologique du Canada. Ils forment trois séries de strates plus ou moins altérées, bouleversées et appartenant au silujien inférieur. Ces trois séries sont : V une série de

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Strates palv-'azoïques plus ou moins altérées, dans la l'ir.part des localités où elles ont été observées ; l" une .série de roches éruptives, trachy tiques et granitiques > o^ une série de dépôts superficiels ou quaternaires.

Les altérations qu'ont subies plusieurs de ces forniations pcdéîizoïques, les pertubations dont elles laissent presque partout voir les traces, fout qu'il est un peu difficile de déterminer d'une manière exacte l'nge auquel elles appartiennent ; mais il est évident qu'elles doivent être classées dans les groupes de lïige silurien inférieur et supérieur, de l'âge devonien et du sous-carbonifère.

Une lisière de terrains appartenant à la formation de la rivière Hudson s'étend depuis la rivière au Marsouin jusqu'à l'anse à la Tierce, distance excédant soixante milles, sur les bords du golfe Saint- Laurent, (.'es terrains se composent de bandes de grès, de dolomites et d'argile bitumineuse. Ces formations, cependant, sont bien moins étendues et bien moins importantes que celle du groupe de Québec, qui recouvrent les calcaires et les gi'ès de Gaspé ainsi que la formation sous-carbonière de Bonaventure, sur les liords de la baie des Chaleurs. " Le groupe de Québec occupe une position médiane entre les formations calcaires et celles de Chazy, ou représente les deux réunies. Il se divise en trois formations qui sont.

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par ordre ascendant, celle de Lé vis, celle de Lauzon et celle de Sillerj.

La formation de Lévis se compose en grande partie de schistes ou d'argiles noires contenant beaucoup de graptolit€s et d'autres fossiles. La formation de Lauzon se compose d'argiles rouges et vertes, de grès et de dolomites, mais surtout de strates métaphorphiques parmi lesquelles figurent pour la plus grande partie des roches talqueuses et magnésiennes : schistes serpentines, etc. La formation de Sillery se compose pour la plus grande partie d'argiles rouges et vertes, de grès* et de dolomites, mais renferme en certains endroits des roches altérées, des schistes cristallins, des strates épidotiques et gneissoïdes.

Telles sont les roches qui forment la base des terrains de la Gaspésie. Comme nous l'avons vu plus haut, elles sont presque partout recouvertes par les calcaires et les grès ainsi que par la formation souscarbonifère de Gaspo.

La formation calcaire de Gaspé correspond, par sa position, aux séries inférieures de la formation de Helderberg. Bien que composée en grande partie de couches de calcaire gris, elle renfenne aussi des lits d'argile et de schiste noirs qui appartiennent au silurien moyen. La partie inférieure de cette formation se rencontre dans les Cantons de l'Est et la partie

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supérieure, celle qui reiifernie le plus de calcaire, a son plus grand développement dans la Gaspésie. A l'extrémité orientale de la péninsule, au cap Bany, à Percé ainsi qu'en jlusieurs autres localités, ce calcaire présente des falaises abmptes et des pointes qui ont été usées et creusées par l'action des eaux de la mer.

La formation des grès de Gaspé, ainsi que ses fossiles l'indiquent, appartient à l'âge devouien et correspond anx formations d'Oriskany, de Hamilton et de ChemunLi; des c(éoloG:ues américains?' Elle se compose de grès, d'argile et de conglomérats interstratifiés et renfermant en certains endroits beaucoup de débris de plantes à l'état de fossiles. A l'anse du Petit Gaspé, il y a dans ces strates une couche légère de charbon impur, puis à Douglasstown et en pl>:sieurs autres endroits des sources de pétrole suintent à travers les lits de cette formation.

La formation de Bonaventure appartient à Tâge sou s- carbonifère, mais ne renferme pas du tout de charbon. Ses strates se composent principalement de conglomérats, associés avec des grès, des argiles rouges et verdâtres, renfermant parfois des restes de j^lantes carbonisées. En beaucoup d'endroits elles sont percées par des dykes de trapp. Elles recouvrent en position discordante les couches du 'grès de Gaspé.

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Cette formation se rencontre sur la côte orientale de Gaspé et surtout le long de la baie des Clialeurs, où sir William Logau estime qu'elle n'a pas moins de trois mille pieds d'épaisseur.

Sur les formations de Québec et de Sillery, qui forment la côte septentrionale de Gaspé, reposent en stmtirication discordante sept cents mètres environ de calcaire et scliistes fossilifères qui représentent le terrain silurien supérieur, auxquels succèdent plus do mille cinq cents mètres de grès devordens intercalés avec des scliistes rouges. Sur la côte méridionale de Gaspé, les couches relevées de ce terrain devonien sont recouvertes par mille mètres de couches horizontales de grès meulier qui forment la base du bassin houillier du Xouveau-Brunswick, mais ne contiennent pas de minéral combustible. Les calcaires fossilifères de Gaspé peuvent être suivis vers le sudest jusqu'au lac Memphrémagog. Le terrain devonien qui est purement siliceux, dans le comté de Gaspé, offre vers le sud-ouest des couches de calcaire qui se trouvent dans la même vallée avec les calcaires siluriens dont il vient d'être parlé.

La formation de Bonaventure a peu d'étendue. Elle forme la lisière comprise entre la baie des Chaleurs et une ligne tirée depuis le confluent de la rivière Métapédiac avec la Eestigouche jusqu'à la

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tête de la baie de Cascapédia, puis une antre ligne s'étendant de renibonchure de la petite rivière Cascapédia à l'estnaire de la rivière de Port-Daniel, enfin entre le littoral du golfe et une troisième ligne partant de Donglasstown, Hécliissant nn peu à l'ouest vers le milieu de sa longueur et aboutissant aux environs de l'embouchure de la Grande-Eivière.

Le groupe de Québec forme une bande dont la laroeur varie de quinze à trente milles et longe le rivage du golfe Saint- Laurent entre la rivière Métis et le cap Gaspé. Sa largeur augmente en allant vers Test et elle n'est entamée que par une étroite bande de terrains appartenant à Ja formation de la rivière Hudson, entre la livière au Marsouin et l'anse à la Tierce, et à son extrémité sud par une petite étendue de terrains de la formation de Cliazy, entre la rivière Sainte-Anne et la tête de la rivière Madeleine.

L'espace compris entre ces deux lisières, bordant le rivage du golfe Saint-Laurent et celui de la baie des Chaleurs, est occupé ou plutôt recouvert par les calcaires et les grès de Gaspé. Le grl-s forme une espèce de carré long s'étendant en droite ligne à l'ouest <ic la purtie de la formation de Bonaventure comprise entre Donglasstown et le cap Kouge, puis se prolongeant jusqu'à la rivière Bonaventure, dans l'intérieur des terres. Un peu plus à l'ouest, à mi-distance entre

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le golfe et }a baie des Chaleurs, il y a r.ne autre aire de grès qui s'ëteud du nord-est au nord-ouest depuis la grande rivière Cascapédia jusqu'à m rivière Mctapédia. Enfin, ces terrains de grès entourent l'embouchure des deux rivières Cascapédia et forment là le trait d'union entre les deux parties de la formation de Bonaventure, qui borde la baie des Chaleurs de chaque côté de Xew-IiichiuonJ.

Ces différentes formations ont respectivement les étendues qui suivent, autant qu'on peut en juger par les explorations faites jusqu'à présent :

Formation-'< Mil'es Acres

Calcaires lie Gaspc 4.000 2,500,000

GrèsdeGaspé 3,000 1.920.000

Groui-ede Québc 3,000 1.020,000

Forni'tion <ic Bonavent:ire COO 384.00

Fcr:uatiou de rHiulsou 184 147,700

Ce tableau montre clairement que la plus grande partie du sol de la Gaspésie est d'excellente qualité, facile à cultiver et produit alfondammcnt le foin ain.si que toutes les espèces de céréales.

Les teiTo.in.s calcaires, nui occupent une étendue de 2,560,000 acres, apparciennent aux formations siluriennes supérieure et moyenne, qui se renconlrem. dans toute la partie nord du Xouveau-Brunswick.

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C'est dans ces formations que se trouvent les terrains élevés les plus riches de la province. Les terres fertiles et cultivées de la vallée de la rivière Ee&tigouche et les terres qui bordent les deux rives de la rivière Saint-Jean, en approchant de sa source, reposent sur ces roches et en sont formées en grande partie.

Les terrains de cette formation sont ordinairement plus lourds^et plus forts que ceux de la région carbonifère. Les roches dont ils se forment sont généralement des schistes plus on moins durs qui, en se désagrégeant, donnent naissance à des terrains d'une force considérahle, comme disent les cultivateurs, et quelquefois très durs. II s'y lencontre aussi des couches de bonne jjierrec^ilcaire, plus ou moins riches en fossiles. Dans l'ouest de l'Etat de New- York, ces formations constituent les terrains les plus riches et les plus feniles.

Les grès rouges qui recouvrent une grande étendue delà Gaspésie forment aussi des terrains d'une grande fertihté. Les terres les plus riches et les mieux cultivées de l'Ecosse reposent sur des roches rouges de cette espèce. Au Nouveau-Brunswick, les excellentes terres de la vallée de Sussex, de iSackville et de la rivière Shepody se trouvent dans le voisinage de roches de cette nature.

D'ailleurs, la fertilité du sol do la Gaspésie est att^^stce par les récoltes qu'il produit, ainsi que cela est démontré à la page 9 par les chiffres relatifs à l^ production du blé, La comparaison est encore plus avantageuse quand on l'applique à la production totale des autres provinces de la confédération. Cela se. voit clairement par le tableau suivant :'

Gaspésie Minets de lié à Vacrs

Gasp»3 15.00 minots)

Bo, aventure 11.70 " \ 11.66

Ilismouski 8 30 '• J

rrovinee du Nouveau-Brunswick 10.^5

<^ No-ivelle-Ecosse h 11.78

" Québec 8.04

" Ontario... 10.42

C'est-à-dire que dans la Gaspésie le rendement moyen de hlé excède de 1.24 minot ixir acre le rendement de la même céréale dans la province d'Ontario, dont le sol est réputé des plus fertiles. Et l'on peut dire sans crainte de faire en^eur que si la culture était aussi bien faite, aussi soignée dans la Gaspésie que dans la province d'Ontario, le rendement serait d'au moins 25 pour cent plus élevé. Il est donc évident, incontestable que le sol de la Gaspésie est riche, fertile, capable de faire vivre dans l'aisance et la richesse les colons qui le cultiveront avec soin.

CHAPITEE IV

CLIMATOLOGIE — POSITION ASTRONOMIQUE — LES VKKTS — LES SAISONS — TEMPÉRATURES MOYENNES — LONGUEUR DE LA SAISON AGRICOLE — NEIGE — PLUIE

Nous avons vu ailleurs que la Graspésie est située entre 47° 49' et 49° 15' de latitude nord. Sous la même latitude, en Europe, on trouve le nord de la France, y compris la vallée de la Loire, le nord de la Suisse et de l'Autriclie, puis le sud de l'Allemagne et de la Eussie, jusqu'à la mer Noire et la mer Caspienne.. C'est-à-dire que cette latitude embrasse tout le centre et la partie la plus riche comme la pi liabitée de l'Europe continentale. Les Iles-Brita niques, une partie de la France, la Belgique et Hollande, la pdus grande partie de l'Allemagne et de la Eussie, le Danemark, la Suède et la Norwègc sont au nord de cette latitude et ont, en général, une ternpériiture moins élevée que celle de la Gaspéfeie.

Au point de vue climatologique, cette dernière rccfion occupe une position spéciale. La mer qiii l'entoure sur trois côtés régularise son climat et atténue les variations entre le froid et la clialeur. La

us

la

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nature même des différentes parties de cette mer partage la péninsule de Gaspé en deux régions climatiques distinctes, celle du nord et celle du sud. La région du nord, exposée aux vents plus ou moins froids du septentrion ainsi qu'au voisinage des eaux refroidies par le courant du Labrador et des glaces qui entrent dans la partie nord-est du golfe par le détroit de Belle-Ile, est un peu plus froide que celle du sud. Cela n'empêche pas qu'elle jouit d'une température aussi chaude que celle des parties les plus peuplées de l'Ecosse et assez élevée pour faire nuirir toutes les céréales, principalement le blé, qui vient en abondance et de première qualité, dans toute la région qui avoisine la rive sud du golfe Saint- Laurent. Le climat de la région du sud est un peu plus chaud et, pour ce qui regarde les opérations agricoles, bien supérieur à celui de la Grande-Bretagne et de l'Irlande. Ainsi le maïs, qu'on ne peut pas cultiver en. Angleterre à cause delà tempériiture, réussit parfaitement dans le comté de Bouaventure, où il en a été récolté des centaines de minots en 1881, tel que le constate le recensement. Protégée d'un côté par les monts Xotro-Dame et Shickshock contre les vents du nord, exposée de l'autre aux brises chaudes du sud, (jui lui apportent une par*-ie de l'air chaud du gulf-stream, recevant presque pcrpenuicu-

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lairement les rayons ardents du soleil du midi, cette région du sud jouit d'un climat des mieux éqnilibrés et des plus avantageux, comme des plus agréables. Il faut voyager dans la baie des Chaleurs, respirer les brises si douces et si pures de cette petite mer intérieure, pour apprécier le cbmat si salubre et si réconfortant de ce beau pays, qu'on appelle avec tant de raison la Méditerranée du Canada. Ici, le climat est si pur, si salubre, que les maladies sont inconnues, à tel point que les quatre ou cinq médecins dispersés parmi les 39,593 âmes qui habitent les comtés de Bonaventure et Gaspé ont peine à vivre modestement de Texercice de leur profession.

Sur les bords de la baie des Chaleurs le vent de nord-est, si cru, si humide et si désagréable dans la vallée du Saint-Laurent, ne se fait pas du tout sentir ; il est arrêté par les montagnes et complètement neutralisé par les courants d'air chaud venant du sudouest. Le vent d'est, ordinairement, est accompagné de pluie en été et de neige en hiver Mais, cl i ose remarquable 1 dans cette région la pluie et la neige ne sont jamais de longue durée, et quand elles persistent pendant plus d'une journée, on trouve cela extraordinaire, surtout en été. Le vent sud-est a plusieurs traits de ressemblance avec le sirocco de la Méditerranée, qui est aussi un sud-est ; comme lui il

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