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ADMINISTRATION CIVILE ET RELIGIEUSES— ÉGLISES, ÉCOLES

Pour les fins de l'administration civile, la Gaspésie, est devisée en districts judiciaires, en municipalités de comtés et en municipalités locales.

Les comtés de Bonaventure et de Gaspé forment chacun un district judiciaire distinct de la partie de cette région comprise dans les limites du comté de Bimouski. Le siège du district de Gaspé est à Percé, où se trouvent le palais de justice et tous les officiers du tribunal, à l'exception du juge qui, en violation de la loi, n'y réside pas et ne s'y re»d que pour les termes de la cour. Le chef-lieu du district de Bonaventur » est à New-Carlisle. Il faut dire à la louange des Gaspésiens qu'ils ne donnent pas beaucoup d'occupation aux officiers de justice criminelle et civile, puisque les affaires de ce genre, dans Gaspé et Bonaventure, suffisent à peine pour faire vivre modestement cinq ou six avocats.'

La municipalité de comté est administrée par le conseil de comté, qui se compose des maires de toutes les municipalités locales. Le prési dent de ce conseil est le préfet du comté. Ce conseil ne siège que ra remement et ne s'occupe que des affaires d'intérêt général pour le comté. Il y a un conseil pour chacun des comtés de Bonaventure et Gaspé et le reste de la Graspésie est soumis au contrôle administratif du conseil de comté de Birnouski.

La municipalité locale, c'est-à-dire de paroisses ou de canton, est administré par des conseillers, dontile président s'appelle maire, élus par les contribuables de la paroisse ou du canton. Ce conseil s'occupe de voirie ainsi que de toutes les affaires de police et d'administration locale. En 1880, il y avait douze municipalités locales dans le comté de Bonaventure et seize dans celui de Gaspé. Le bilan de ces municipalités locales était comme suit i

Bonaventure Gaspé

Becettes...... $3,720.19 ......... $10,418.04

Dépenses , 3,011.33 ......... 1,834.64

Excès des recettes, $ 508.82 $8,593.40

Actif..... $13,320.46 ......... $7,546.81

Passif 1,095.65 ......... 394.74

Excès de l'actif.'.. $1,224.81 $7,152 10'

Le chiffre des dépenses pour l'administration municipale locale est insignifiant quand on le compare à celui de la valeur de la propriété

foncière, qui était do $1.245,158 dans Bonaventure et de $1,384,157 dans Gaspé.

L'administration des écoles est sous le contrôle des commissaires et des syndics d'écoles, qui perçoivent les taxes scolaires et veillent à tource qui concerne les écoles. Ces commissaires et ces syndics sont élus par les contribuables, qui ont ainsi le contrôle indirect des sommes qu'ils paient pour les fins de l'instruction publique.

Dans la Gaspésie comme danstoutes les autres parties de la province de Québec, "l'instruction primaire est obligatoire, en ce sens que tous les citoyens sont tenus de contribuer au maintien des écoles au moyen d'une taxe modique imposée sur leurs propriétés et produisant un montant égal à la subvention scolaire accordée par le gouvernement à chaque municipalité. Chaque père de famille est tenu en outre de payer une rétribution mensuelle, variant de vingt-cinq centimes à deux francs, pour chaque enfant en âge de fréqueuter l'école, (de sept à quatorze ans) qu'ils y assistent ou non.

" Les deniers publics affectés à renseignement sont répartis proportionnellement à la population et au nombre d'élèves qui fréquentent chaque école primaire ou autre institution d'éducation. Une somme de quarante mille francs est affectée annuellement au soutien des écoles dans les municipalités pauvres, en sorte que les personnes qui n'ont que le nécessaire ne sont pas inquiétée pour leurs contributions scolaires.

" Dans les localités de religions diverses, c'est la majorité religieuse gouverne. Si la minorité n'est pas satisfaite de l'administration des écoles, en ce qui la concerne spécialement, elle n'a qu'à faire le choix de trois syndics pour diriger ses propres écoles, et à signifier son dissentiment au président des commissaires. Dès lors les écoles de la minorité' prennent le nom d'écoles dissidentes, et les syndics sont investis à leur égard des mêmes pouvoirs que les commissaires à l'égard de celle de la majorité. Toutefois les commissaires continuent de prélever les contributions sur toute la municipalité, mais à la charge de remettre aux syndics le montant prélevé sur les contribuables dissidents, ainsi qu'une partie de la subvention publique proportionnée à leur nombre.

Grâce à ces garanties à la minorité, qu'elle soit catholique ou qu'elle soit protestante, n'a jamais à redouter aucune oppression et la plus parfaite harmonie ne cesse d'exister entre les différentes croyances." (1)

Les recettes des commissaires d'écoles proviennent de trois sources : les taxes, la rétribution mensuelle et la subvention du gouvernement. Les taxes sont prélevées sur toutes les propriétés foncières. La rétribution mensuelle est une. taxe que paie chaque enfant en état de fréquenter l'école. Ces taxes sont presque insignifiantes, ainsi que cela se voit par les chiffres suivants', qui indiquent le montant des recettes scolaires provenant de chaque source de revenu :

Bonaventure Gaspé

Cotisation $10,595.80 $10,420.67

(1) La Province de Québec et l immigration européenne.

Rétribution mensuelle 2,468.39

Subvention du gouvernement. 3,823.29

Total , $16,887.48 $12,886.51

Ces deux totaux forment $29,773.99 ; mais il n'a été payé que $32,023.41 par les eonstribuables :$13, 064.19 par ceux de Bonaventure, et $10,968.22 par ceux de Gaspé. Ces différentes sommes ont été eni ployées à l'entretien de 139 écoles, 105 catholiques et 34 protestants fréquentées par 600 élèves. Tout ces chiffres sont tirés du Rapport du Surintendant de V Instruction publique pour Vannée 1881-82. 11 est impossible de donner des détails pour la partie de la Gaspésie comprise dans Bimouski, vu que le rapport ne donne que les totaux pour tout le comté. Dans tous les cas, les détails qui précèdent montrent que l'instruction élémentaire ne fait pas défaut dans la Gaspésie, puisqu'il y a une école par 43 élèves, et que cette instruction ne coûte pas cher aux habitants, qui ne paient pour cette fin que52centins par tête dans Gaspé et 69 centins dans le comté de Bonaventure, où les écoles sont très bien tenues, grâce au zèle des habitants pour tout ce qui se rattache à l'instruction de leurs enfants.

Pour ce qui regarde le service religieux, les curés catholiques reçoivent la dîme, c'est-à dire }e vingt-sixième des céréales et des pommes de terre, en certaines localités. La Gaspésie forme partie du diocèse de Bimouski, qui a pour titulaire Mgr Jean Langevin et dont le siège est dans la ville de Bimouski. Le clergé catholique de la Gaspésie se compose d'environ cent prêtres. Les ministres du culte protestant sont entretenus au moyen de contributions par les membres de leurs congrégations et par les secours qu'ils reçoivent de certaines associations formées dans les grandes villes pour venir en aide au congrégations trop pauvres ou trop peu nombreuses pour entretenir un ministre exclusivement à leurs frais. C'est assez dire que pour les catholiques eomme pour les protestants, les frais de culte et de service religieux s'élèvent comparativement à bien peu de chose.

Au point de vue des croyances religieuses, le recensement de 188Î répartit la population de la Gaspésie comme suit :

Bonaventure Gaspé Rimouski Gaspésie

Catholiques 13,877 17.755 16,725 48,357

Anglicans 2,173 2,536 15 4,724

Méthodistes 132 319 147 598

Presbytériens 2,S70 43 365 3,078

Diverses sectes 56 , 32 15 103

C'est-à-dire que la population catholique forme 85 pour 100 de la population totale.

Toutes ces donnée montrent que pour ce qui regarde l'administration civile et religieuse, la Gaspésie jouit d'une organisation complète et n'a rien à désirer. L'européen qui émigré dans cette région si favori sée par la nature est sûr d'y trouver tout ce qu'il faut pour faire res pecter ses droits, pratiquer son culte religieux et faire instruire ses enfants.

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