‹ Esquisse sur la Gaspésie [microforme]Chapitre 13 sur 41 · DS · texte numérisé non relu

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des merisiers magnifiques, On voit des épinettes qui peuvent mesuier seize pouces cariés à soixante pieds de la souche. Enfin le sol, composé de terre jaune, est le plus riche que j'aie vu. Parmi tous ces arbres que je viens de mentionner, il pousse aussi d’énormes cèdres, indice certain de la bonne qualité du sol.”

Ce canton, ainsi que celui de Métapédia, qui l’avoisine, ont été explorés avec soin par M. W. A. Sims. Dans son rapport ce monsieur dit :

# Le canton de Ristigouche est situé à la tête du courant de marée de la rivière Ristigouche, qui le borne au sud. Le terrain est de la terre brune ou jaune de bonne qualité, exempte de pierre et reposant en général sur des couches de trapp qui, en se décomposant, foument un sol extrêmement fertile. Il est bien boisé et produit du bouleau noir et jaune, de l'érable, du bouleau blanc, du supin, de l'épinette, du hêtre et du frêne. Ces derniers bois se rencontrent aussi mêlés de pin et de cèdre, sur le versant des collines. L’étendue des plateaux dans les ravins et les vallées est très restreinte, Le bois qu'on rencontre en ces endroits est, générulement du bois mou mêlé de fiêne et d'ormeau. Cette description s'applique au canton Métapédia, qui est aussi borné au sud par la rivière Ristigouche.”

Toutes ces données, puisées aux sources les plus authentiques et les plus autorisées, démontrent clairement que les forêts de la Gaspésie, notamment celles de la région qui borde la baie des Chaleurs entre la rivière Saint-Jean et la rivière Métapédia, sont aussi riches en bois de commerce que celles du Saguenay, du Saint-Maurice et de l'Outaou.is. Il y a dans ces belles forêts de la baie des Chaleurs assez de pin, d’épinette et-de merisier pour alimenter pendant des années et des années un érorme commerce d'exportation, Quant au cèdre, c’est le seul endroit de la province où l’on en trouve autant, d'aussi beaux et d'aussi gros. Le frène et l’orme atteignent aussi des proportions colossales et pourraient fournir leur bonne part à l'exportation.

Quant à l'exploitation de ces belles forêts, elle est des plus faciles et infiniment moins dispendieuse que n’est cette industrie dans les autres parties de la province. k

Ailleurs, il faut aller chercher le bois jusiu’à trois, quatre même six et sept cents milles des endroits où il est embarqué à bord des navires pour être expédié en Europe. Dans la Gaspésie, les forêts les plus éloignées ne se trouvent pas à cent milles du bord de la mer. C’est déjà un avantage immense, Il en est un autre plus considérable encore. Le cours des rivières où l’on descend le bois, dans les autres parties de la province, est accidenté, intercepté en beaueoup d’endroits par des chutes et des cascades où il est impossible de faire passer le bois, et pour éviter ces obstacles, il faut construire des glissoires et faire des travaux d'améliorations qui coûtent des sommes énormes. Il n’y a rien de

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tout cela dans la Gaspésie ; les forêts sont traversées par des rivières dont le cours est rapide, mais n'offre pas le moindre obstacle sérieux à la flottaisun des bois. IT suffit pour ainsi dire de les mettre à l'eau et de les laisser descendre d'eux-mêmes, Enfin le transport en Angleterre est bien moins dispendicux que de Québec et des autres ports du Canada, Outre qu’ils ont de quatie à cinq cents milles de moins à parcourir, c'est-à-dire de huit cents à mille milles pour l'aller et retour, ce qui est considérable, les navires fréquentant les ports de la baie des Chaleurs, Percé, Pabos, New-Carlisle, Carleton, etc. n'ont pas un seul sou à payer pour pilotagé, quaiage, remorquage, toutes choses qui s'élèvent à des montants considérables dans les autres ports. Puis la navigation se prolonge près d’un mois de plus dans la baie des Chaleurs que dans le Saint-Laurent, ce qui est encore un item qui a bien son importance,

Toutes ces considérations montrent à l'évidence que l’industrie forestière offre les plus grands avantages et la plus belle perspective dans la Gaspésie: si elle n’a pas encore été exploitée d’une manière sérieuse et sur une grande échelle, c’est uniquement parce que que les richesses des forêts de cette contrée sont générulement inconnues. Muis cette ignorance finira par disparaître, et alors le commerce du bois dans la Gaspésie prendra dès proportions énormes et rapportera des millions, Qui ne sait que jusqu’en 1840 on se doutait à peine qu’il existât de beaux bois de commeice dans la région du Saguenay ? Et, pourtant, cette réuion fourrit aujourd’hui son large contingent à l'exportation. L'esprit d'entreprise de la muison Price a transformé le Saguenay, et il en sera de même dans la Gaspésie; du moment qu’un homme entreprenant et compétent prendra en mains l'exploitation des forêts qui recorivrent ce beau pays.

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