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CHAPITRE VII \ INDUSTRIE AGRICOLE

Sous le double rapport du sol et du climat, la Gaspésie est incontestablement une des plus belles, sinon la plus belle partie de la province de Québec, sans compter que la mer fournit aux cultivateurs de cette région des quantités inépuisables du meilleur engrais. Le varech abonde presque yartout sur le rivage et, outre les déchets de poisson, il est facile de prendre dans la mer même, en quantités immenses, des poissons d'espèces inférieures et qui ne s’emploient ni däns la consommation locale ni dans le

‘comrherce d'exportation.

La vase de grève, les herbes marines et surtout le varech sont des engrais d’une valeur universellement reconnue. Le varech s’emploie surtout pour améliorer les prairies et les pâturages, qui

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donnent alors une herbe plus succulente et que les animaux

| geusement à l’orge et surtout à la culture du chanvre et du lin,

fl En" (L mangent avec plus d’avidité. On l’applique aussi très avanta- le | | 1 dont il augmente la quantité et la qualité de la filasse. La vase É hi de grève, formée en bonne partie par les coquillages et les décom- A ‘1 positions de matières organiques et végétales, est aussi un bon 2 | 1 engrais et que les cultivateurs intelligents, dans la Gaspésie N | 1 comme partout ailleurs, emploient avec le plus grand avantage. te ‘à ‘“ Les poissons gâtés, leurs vidanges, leurs écailles, les moules, | 1 les oursins, les étoiles de mer sont aussi de très puissants engrais pe 1 pour les localités qui se trouvent à portée de les recueillir, (1)” . | | Toutes ces matières abondent dans la Gaspésie, principalement À {1 | sur les bords de la baie des Chaleurs. À chaque marée, surtout ont \h quand l’eau est un peu agitée par le vent, il s’aecumule sur le sé (| | rivage des masses de varech et d’herbes marines, Et cette accu- Li mulation se renouvelle constamment : le cultivateur a là un appro- | visionnement constant de bon engrais pour recouvrir ses près ou c’ augmenter le rendement et la qualité des grains qu’il récolte. en Cet engrais ne lui coûte rien, il n’a qu’à le transporter dans son oh | champ, puis à l’épandre, Dans les pâturages, cela ne nuic ras à la 4 US . dépaissance, lPaugmente même, car les animaux broutent de Ê À 1 préférence l'herbe à laquelle ces plantes marines ont donné un pl (4 petit goût de salin. Les moules, les étoiles de mer et les oursins oh (Lis peuvent former la base d’un excellent compost, qu’on peut encore Ne Li enrichir avec la vase de grève et les écailles, Jà ï Mais l’engrais le plus riche est fourni par le poisson et ses té 1 déchets. Tous leyétablissements de pêche à la morue peuvent vi | |] fournir des quantités énormes de cet engrais, qu'on peut enfouir ab PL à l’état brut dans le sol, Si les cultivateurs de la Gaspésie savaient dés 1 en profiter, ils auraient dans ces déchets de morue une source de de | richesse dont il est facile de concevoir la valeur. Ils pourraient LL encore l’augmenter en faisant boui lir ces déchets pour en dégager ds ii l'huile, qui retarde ou empêche même la végétation. ot | É: Le poisson à son état entier est aussi un excellent engrais et sé. ‘ | qui abonde partout sur les bords de la mer. Un emploie à cet usa- L À | 1 1 ge le capelan et le hareng qui est trop maigre ou trop petit pour NS S être avantageusement livré au commerce. On en consomme ainsi hi ‘ des milliers de barils ; mais on pourrait en employer encore bien col : is plus, et surtout on pourrait prendre pour le même usage d'autres ul LU poissons qui sont en grandes quantités et nullement acceptés duns qu po le commerce ou pour la consommation domestique. Entin, la mi | À | quantité d'engrais que peut fournir la mer est pour ainsi dire Sa || 11e illimitée, de même qu’elle est à la disposition de tous ceux qui sis ti sont assez intelligents et assez laborieux pour en tirer parti, nt || Il est parlé ailleurs de la fabrication des engrais artiticiels avec un haie pa (1) Landry —Traité populaire d'Agriculture. 6

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les déchets de poisson, Si, un jour, cette précieuse industrie prend naissance dans la Gaspésie, les cultivateurs de cette contrée auront encore là une source de grande richesse, puisque cet engrais artificiel est à peu près arssi riche que le guano, que les bons agriculteurs de France et d'Angleterre trouvent profitable d'acheter à plus de vingt piastres la tonne, aux commerçants qui l’importent des côtes de l'Amérique du sud.

Le plâtre est un autre engrais que ies habitants de la Gaspésie peuvent se procurer à des conditions exceptionnellement avantageuses, Il y en a des carrières inépuisables aux îles de la Made.

leine, qui sont, comparativement aux autres parties de la province,

dans le voisinage des côtes de Gaspé. Le transport peut en conséquence se faire à bien meilleur marché, ce qui donne un avantage considérable aux cultivateurs de ces parages,

Il y a des dépôts de marne en plusieurs endroits de la Gaspésie. C’est encore une autre source de richesse agricole. La marne, c’est bien connu, jouit de la double quaiiié d’être à la fois un engrais et un amendement. Elle agit physiquement sur le sol pour lui donner plus ou moins de compacité, en même temps quo le carbone qu’elle renferme fournit aux plantes un des gaz les plus nécessaires à leur alimentation, En France, où elle est très employée, on regarde ectte substance comme une des plus précieuses pour améliorer le sol et les cultures. Il est établi qu'avec la marne, employée avec une quantité convenable d’engrais naturels ou artificiels, on double facilement le rendement d'un terroin. Or les cultivateurs de la Gaspésie, qui ont de l’engrais en abondance, sont évidemment des mieux situés pour profiter de ces dépôts de marne et doubier le rendement de leurs terres, qui sont naturellement des plus fertiles.

On peut donc dire säns crainte que sous le rapport des engrais, de la facilité de se les procurer en abondance de première qualité et pour le seul frais de les recueillir ou de le: transporter, [a Gaspésie otfre à l’agriculteur des avantages qui re se rencontrent nulle part ailleurs, au moins dans la partie du Canada située plus à l’ouest.

Quant au climat, il est des plus favorables aux opérations agricoles : c’est un fait connu. Cependant, la partie sud de la péninsule de Gaspé jouit, au point de vue climatérique, d’un avantage qui est généralement ignoré, nous voulons dire son exposition au midi. À partir de la chaîne de hauteurs qui longe le bord du Saint-Laurent, le terrain va en déclivité vers le suu et se trouve ainsi des mieux exposés à l’action bienfaisante des rayons solaires, si importante pour la végétation, à laquelle elle donne une activité, une énergie extraordinaire, Les rayons solaires perdent une partie de leur chaleur par la rétraction, et c’est ce qui explique

ourquoi sur la côte du Nouveau-Brunswick, de l’autre côté de la aie des Chaleurs, la température agricole est moins élevée que dans lu Gaspésie, où les rayons du soleil tombent d’aplomb sur le

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