‹ Esquisse sur la Gaspésie [microforme]Chapitre 8 sur 41 · M NÉRALOGIE—ESPÈCES MINÉRALES—GISEMENTS SUSCEPTIBLES D'EXPLOITATION · texte numérisé non relu

M NÉRALOGIE—ESPÈCES MINÉRALES—GISEMENTS SUSCEPTIBLES D'EXPLOITATION

Les richesses minérales de la Gaspésie sont malheureusement peu connues, Les explorations de la Commission Géologique ont été peu nombreuses, limitées la bande de terrain qui avoisine les bords de la mer ou de quelques-unes des principales rivières qui traversent cette région, puis, il faut bien le dire, faites trop à la hôte pour produire les réiultats que ne manquerait pas dé

‘donner un examen plus minutieux et plus soigné de cette, partie de la province. à

Au reste, les hommes les plus compétents n’ont pas le mnindre doute sur la richesse miné:ale de la Gaspésie et ils sont bien comvaincus que le jour où cette grande et belle contrée pourra être

| \ | un 94 — | | | (| parcourue plus facilement, visitée plus en détail et explorée plus t | facilement, on y découvrira indubitablement de riches dépôts de c 1 minévais. Voici ce que nous trouvons à ce sujet dans le Æapport à | du Ministre de l'Intérieur pour l'année 1882, dans la partie qui e | traite des travaux do là Commission Gélogique et de l'explora- t | tion faite par un de ses membres, M. Ells, dans une partie de la | |l Gaspésie : à (1 * Cette région est pr Gbabletient une région importante; mais n il Les difficultés qui s'opposent à son exploration sont très grandes, 1 ‘1 Le cours raboteux, rempli de précipices, des rivières qui la tra- p li | versent, les forêts denses qui recouvrent toute l'étendue comprise « F | entre ces rivières, à lexception des sommets de montagnes 1 dénudés qui s'élèvent au-dessus du niveau de la forêt, de même ec | 1 que l'absence de sentiers ou de chemins quelconques, sont des tr 1 obstacles qui ont jusqu’à présent empêché de se procurer des ren- à LI seignements détaillés et réellement exacts sur la géographie et la Se | géologie de cette région. m ‘ Cependant, on peut maintenant affirmer que cette vaste con- qt trée montueuse n’a pas de rapport avec les formations cambriennes àn (siluriennes inférieures) du groupe de Québec, mai ::: ‘elle constitue | une aire détachée des formations pré-cambrienn. qui for ment la tic principale zone minière des Canions de l'Est, zone qui s'é étend pic depuis la frontière de Vermont, en allant vers le nord- est, jusqu’un di peu en arrière de la latitude ädo Québec. ‘Jusqu'à présent On a co | 8 constaté dans la région des montagnes Shichshock l'existence d’e À seulement de la serpentine et du fer chromique; mais comme ces an ji minéraux accompagnent pastout des gisements de chrysolite ou Ce il d’asbeste, ainsi que de cuivre, de plomb, d'antimoine et de fer, même tr 1 d’or ou d'argent, dans la région qui se trouve plus au sud-ouest, il é l il n’est pas invraisemblable de prédire qu'on trouvera aussi ces ot, ill minerais dans la région non explorée de la péninsule de Gaspé.” po pl La même opinion est exprimée par M. le professeur Hunt, dans po pi une brochure publiée en 1865. * Sous ce titre, dit-il en parlant pai Ni des Cantons de l'Est,, est comprise la zone montueuse, située au ( 14 sud du Saint-Laurent, ainsi que la région plus au sud- est s'étendant cal h jusqu’à,la frontière et formant une succession de vallées qui se co Al. suivent depuis les sources de la rivière Connecticut en allant vers me | 1 le nord-est jusqu’à la baie des Cho Il est vrai que les Cantons à l’ | de l'Est, tels qu'on les désigie ordinairement, ne comprennent KE qui | if pas ce prolongement vers le nord- est; mais, Comme il leur appar:- by j tient au point de vue de la géogri aphie. et de la géologie, on peut nal | avec raison l'inclure sous la même désignation. Les Cantons de ma | 1h l'Est, en sus, abondent en minéraux métalliques, en arabe es, en sie | ardoises, etc.” ter [1 Ces citations établissent clairement la richesse minière de la rel: | | Gaspésie. Du moment qu’il est bien constaté que les formations KE pré

géologiques sont les mêmos dans la Gaspésie que dans la zone mi- dit

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nière des Cantons de l'Est, il faut bien admettre que la péninsule de Gaspé renferme les mêmes espèces minérales que la région située un peu plus au sud-ouest, à moins de supposer que la nature ait traité en marâtre l'extrémité sud-est de la province et gardé toutes ses richesses pour les répandre à profusion quelques milles, plus à l’ouest. C’est tellement contraire aux lois de la nature, aux enseignements de la géologie comme au bon sens le plus élémentaire, qu'il suffit de poser la question pour la réfuter. Puis nous avons la preuve véritable des richesses minérales de la Gaspésie dans l’existence des gisements et des espèces qui ontété bien constatés et que nous allons indiquer brièvement, |

Asbeste—Ce précieux minéral, qui est l’objet d’une exploitation considérable dans quelques parties des Cantons de l'Est, a été trouvé par sir William Logan dans les environs du mont Albert, à l'extrémité des montagnes Shickshock, dans le voisinage de la Serpentine. Ce gisement n’a guère d'importance par lui-même; mais il indique assez l'existence de couches plus considérables, qu'on ne manquera pas de découvrir en faisant des examens plus soignés et des explorations plus étendues.

Pierre à chaux—Les calcaires silariens inférieurs de la formation de Chazy et du groupe de Trenton, qui fournissent de la pierre à chaux de première qualité, se rencontrent en plusieurs endroits dans les terrains calcaires de la Gapésie, Le dépôt le plus considérable et le plus pur se trouve à Port Daniel. IL fournit d'excellente chaux. De grandes quantités sont exportées chaque année à l’1le du Prince-Edouard, où il n’y a pas de pierre à chaux Cette exploitation est considérable. ; De la carrière, la pierre est transportée sur un tramway jusqu'aux bâtiments à bord desquels il est chargé, Il en est expédié plusieurs cargaisons chaque année et ça augmente d’année en année. C’est une industrie importante pour cette localité, qui peut aussi fournir d’exceilente chaux, pour les fins de construction et de l’agriculture, à toutes les paroisses de la baie des Chaleurs.

Chaux hydraulique—Certains calcaires impurs donnent par la calcination une substance qui, au lieu de se dissoudre dans l’eau comme la chaux ordinaire, forme une pâte qui se durcit promptement quand elle est exposée à l’eau. Cette propriété de se durcir à l’eau est communiquée au calcaire par la présence de l'argile, qui est un silicate d’alumine. On peut donc faire un ciment hydraulique en mêlant de la chaux pure à une quantité convenable d'argile et en calcinant ce mélange. On prépare de cette manière le ciment de Portland, qui est en si grande vogue, et plusieurs autres compositions semblables, en France et en Angleterre, Cependant, quand on peut se procurer dans leur état naturel des mélanges d'argile et de carbonate de chaux, ils sont bien préférables aux mélanges artificiels, Les chaux magnésiennes, dit sir William Logan, fournissent des ciments hydrauliques aussi

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bons que ceux de chaux pure et un mélange de magnésie avec de la pouzzolane ou avec de l'argile calcinée forme un bon ciment hydraulique.

‘ Il y a des calcaires argileux et des dolomies fournissant de bons cimeuts hydrauliques, dans beaucoup d’endroits du Canada, et on les à employés en certaine quantité. Ilse trouve dans le groupe de Québec, à la montagne du Pcrtage, une dolomie en lits minces, à euviron cinq milles de l'embouchure de la rivière Madeleine, dans le comté de Gaspé. Où voit par les analyses que nous en avons données qu'elle contient environ vingt-cinq pour cent d'argile. Elle prend une couleur chamois, par la calciuation, et fournit un ciment qui se durcit sous l’eau dans l’espace de cinq minutes et acquiert bientôt un haut degré de solidité. Il y a une roche semblabie à [a Grande-Coupe, à six milles au-dessous de Îla rivière du Grand-Btang, et on pourra probablement trouver d’autres lits dans plusieurs endroits de cette région.” (1)

M. James Richardson, de la commission géologique du Canada, a lui aussi fait une étude de ces roches et constate qu'elles peuvent taire un excellent ciment hydraulique, ‘Les dolomies noires, ditl, jaunissant par l’action du temps et de l'air, que l’on trouve au portage de la Montagne, et qui sont semblables à celles dela Grande-Coupe, à six milles plus bas que la rivière du Gr'and-Etang, forment une matière qui fait un ciment hydraulique très fort, se durcissant en quelques minutes, sous l’action de Feau, en une masse très dure ettenace, de ‘couleur jaunâtre. L'étendue de la formation qui renferme ces bandes de matières à ciment démontre qu'on pourra trouver une quantité considérable de cette pierre dans les différentes lecalités qui bordent la rive sud du Saint-Laurent.”

La transformation de ces pierres à ciment pourrait être l'objet d’une exploitation considérable, En 1882, nous avons importé, dans tout le Canada, pour $80,330 de ciment hydraulique ou de pierre en morceaux ou broyée pour faire ce ciment. À elles seules les importations de la province de Québec formeat une somme de $419,939 et celles du Nouveau-Brunswick un montant de $11,705. Ces importations sont ainsi réparties, au point de vue des pays d’où elles viennent: *

| Grande-Bretagne Etats-Unis Allemagne Belgique Matière brute, en pierre pulvérisée..... vs. 19,094 nue TO Ciment de Portland ou ciment romain. $49,980 13,953 52,699 54.00

Des Etats-Unis, nous avons importé 11,985 barils de pierre pulvérisée, trente-neuf tonneaux de pierre en morceaux et 386 minots de pierre préparée.

(1) Géologie du Canada, page 854.

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Pourquoi ne remplacerions-nous pas ces importations par l'excellent article que nous pourrions si facilement préparer avec la pierre de la rivière Madeleine? Elle fait un ciment aussi bon que celui qui nous vient de l'étranger et son exploitation est des plus faciles. Cette pierre ne se trouve qu'à cinq ou six milles du bord de la mer et le terrain va en déclivité, en sorte que le transport, pour l’amerer au lieu d'embarquement, serait des plus faciles. Le bois abonde dans cette localité, ce qui rendrait la calcination très peu dispendieuse, Il y a sur la rivière même des pouvoirs d’eau qui donneraient à très peu de frais la force motrice requise pour broyer la pierre, si c'est nécessaire. Enfin la baie qui se tiouve à l'embouchure de la rivière offre un bon port, un bon mouillage aux bâtiments d’un faible tirant d’eau, qui sont les mieux appropriés au transport de la pierre ou du ciment. Il y a done tout ce qu'il faut pour rendre l'exploitation des plus faciles, sans compter que la main-d'œuvre ést à très bon marché dans cette région-là Nou attirons spécialement l'attention des capitalistes sur cette exploitation, qui pourrait facilement fournir tout le ciment qui s'emploie dans le pays, et même une quantité consilérable pour ‘exportation.

Ardoises à toiture et pierre. meulière—Sir Wiiliam Logan, qui a fait lui-même l'exploration de ces localités, constate que “ l’ôn pourrait obtenir de magnifiques dalles et de bonnes pierres à toiture de quelques couches de calcaire arénacé qui se trouvent un peu à l’ouest de l’anse à la Vieille, et elles se fendent facilement en plaques de presque toutes les épaiiseurs voulues, d’un quart de pouce à trois ou quatre pouces, ce qui est dû à la présence du mica dans les plans de division. Le’lit de conglomérat siliceux, à la base de la série de calcaires, ainsi que d’autres d’un caractère semblable et en plus grande quantité, sur la rivière de l'Ouest, pourraient fournir de bonnes pierres meulières.” (1)

Pierres à faux—A la chute de la rivière Darthmouth, dans le détour que la rivière fait au nord du mont Serpentine, et le long cette rivière, ‘ les couches à la base des calcaires sont un peu tendres et arénacées et passent parfois en grès à lits minces propres à fournir des pierres à faux.” (1)

M. l’arpenteur Sullivan a aussi trouvé dans la vallée de la rivière Bonaventure des roches qui feraient d'excellentes pierres à faux et même de bonnes pierres à aiguiser les autres outils. Ces roches sont par lits et pourraient se travailler facilement, ainsi que le font bien voir les échantillons emportés par M. Sullivan.

Serpentine—" A l'extrémité orientale des montagnes Shickshock il y a une grande exposition de serpentine qui paraît venir au-

dessus des englomérats calcaires, avec une bande mince de schiste

noir qui la sépare des conglomérats, et fait un contour vers l’é

(1) Géologie du Canada, page 470. Idem, page 935.

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paulement sud-est de la chaîne, formant le mont Albert, un des principaux pics. Elle se continue vers le sud-ouest sur une dis- | tance considérable, le long du tributaire de la grande rivière Cas- } capédia, constituant le flanc sud de la chaîne, et finalement elle disparaît plus loin, sous Les terrains siluriens moyens. L'épaisseur | de cette grande masse de serpentine est estimée à environ 1000 | 1 pieds. Le tout présente des évidences de stratitication, très claires À et très distinctes dans quelques endroits et plus obscures dans : fl d’autres. Une grande partie des 600 pieds inférieurs est d’un k vert bouteille, avec des lits, vers le haut, de couleur rougeñtre ct |] panachée et brun verdâtre, très parsemés de petits cristaux de diallage. Les 400 pieds du haut montrent très bien leur disposi- : 4 tion en lits par les différences de couleurs sur les tranches chan- 1 gées par l'influence atmosphérique ainsi que «sur les surfaces A récemment exposées. Les surfaces exposées à l'air sont marme quées d’une série de bandes rouges et blanches opaques, les HN blanches étant plus larges que les reuges ; elles varient d’une |A . ligne à un demi-pouce et deviennent souvent interstratifiées de 4 lits de couleur chamois brunâtre, qui varient en largeur de la | même manière. Quand la serpentine est taillée et polie, elle présente des bandes parallèles brunes, avec des lignes ressemblant à des veines rouge sang, qui coupent celles qui sont rouges sur la surface exposée à l'air, Ces lignes rouges sont quelquefois disposées en faux lits, (page 281).

‘ Au mont Albert, dans Gaspé, les serpentines qui sont là asso-

1 ciées avec des schistes chloritiques, épidotiques et kornblendiques ll et qui ont été décrites à la page 281 (de la Géologie du Canada) recouvrent une étendue d’au moins dix milles carrés. Une grande | partie de la serpentine est distinctement stratitiée et souvent rubannée de couleurs rouge et brune. Il y a peu de doute qu’on co puisse obtenir là et dans beaucoup d'autres localités de cette région, | toute quantité voulue de belles variétés de serpentines propres à être no employées comme marbres. Les serpentines de Roxbury et de : su: Cavendish, dans le Vermont, qu'on trouve dans la continuation ri\ : de la même formation, dans le Canada oriental, out été trè: ex- sul a ploitées sous le nom de marbres vert antique. Ælles ressemblent vil 1! au vert antique qu'on à trouvé dans les anciennes ruines des qu 1 L Romains, qui tiraient cette serpentine d’une localité restée tr he inconnue... six | ‘ On exploite sur une grande échelle en Italie, en France et en d’é LAN Angleterre des serpentines semblables à celles des Cantons de air | l l'Est (et du mont Albert, qui sont supérieures à ces dernières); me | do elles sont employées à faire des tables, des chambranles, des colon- les fl nes et à décurer les églises. Le prix des blocs des belles variétés . l des serpentines de France et d’talie était à Paris, en 1854, de pl: 83.00 à $3.50 par pied cube, et celui des dalles polies, de $0 60 à la $0,70 par pied carré.” Rs ch

Il y a d’autres gisements considérables de serpentine dans les environs du mont Serpentine, et là aussion pourrait ouvrir des carrières capables d'alimenter une exploitation importante. Le transport de ce marbre pourrait se faire assez facilement, notamment celui de mont Albert. Cette localité se trouve entre les sources de la rivière Sainte-Anne et de la grande rivière Cascapédia. On pourrait probablement utiliser le cours de cette rivière qui n’est interrompu par aucune obstruction sérieuse, pour descendre le marbre en bateaux plats. Cela pourrait faire pour les commencements, et quand l'exploitation aurait pris un peu d'extension, on pourrait construire, pour l’accommoder, un chemin de fer à voie étroite, qui aurait aussi pour effet de stimuler ‘puissamment la colonisation et l'établissement des magnifiques terres que l’on trouve dans cette région. (Cette petite voie ferrée pourrait aussi être utilisée pour le transport des’ bois de commerce, qui abondent dans la vallée de la rivière Casc-pédia. Le fer chromique et l’asbeste que l’on trouve au mont Albert, avec la serpentine, fourniraient aussi leur contingent au trafic de cette petite voie ferrée.

Marne—Cette substance peut servir à de nombreux us: ‘es. Quand elle est pure, on l’eraploie pour blanchir les bâtin, :'<, nettoyer les métaux, etc, En la calcinant, on obtient une chaux trè< blanche et on ne peut plus propre à faire du mortier de première cualité. Mais son principal usage se trouve dans l’agriculture, pour l’amélioration des sols trop sablonneux ou trop glaiseux, Aux sols glaiseux, elle fournit la chaux qui leur manque et aux terres sablonneuses elle donne une consistance qui les fait produire abondamment. En Europe, mais en France surtout, la marne ost Considérée comme une soutce de grande richesse et comme l’un des meilleurs amendements par tous les cultivateurs,

Dans la Gaspésie, la marne se trouve en plusieurs endroits, notamment sur les bords du lac Métis, à son extrémitésupérieure, sur la côte du Saint-Laurent, à cinq ou six milles plus basque la rivière Matane, et principalement aux environs de New-Carlisle, sur les bords de la baie des Chaleurs. A une couple de milles du village, dans une vallée d’un mille et demi en superticie, il y a quatre ou cinq petits lacs au fond et sur les bonds desquels on trouve un lit de marne blanche et pure d’une épaisseur de cinq ou six pouces. À Matane, le dépôt, qui a une quinzaine de pouces

. d'épaisseur, forme le fonds de plusieurs marais qui occupent une |

aire de soixante à soixante et quinze arpents carrés. Ces gisements pourraient être exploités avec le plus grand avantage par les agriculteurs des régions environnantes.

Chrome—Ce minerai se trouve en quantité susceptible d’exploitation dans les serpentines du mont Albert, sur les bords de la riviè. Sainte-Anne, On le rencontre sous la forme de fer chromique, par masses détachées pesant jusqu’à vingt livres cha-

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cune, e’ d’anrès l'examen des lieux fait par sir William Logan, il est constaté que les couches de ce minerai, qui ontété suivies sur une distance de plus d’un demi-mille, forment un dépôt considérable et offrent un vaste champ à l'exploitation.

C’est de ce fer chromique ou oxyde de chrome, qu’on obtient le bi-chromate de potasse, avec lequel on prépare les chromates de plomb rouge et jaune—ou jaune chrome—ainsi que l'oyyds de chrome vert, dont on se sert en peinture comme couleur verte indélébile et pour préparer une encre verte d'imprimerie. On emploie aussi de grandes quantités de bi-chromate de potasse dans la teinturerie et pour l'impression des indiennes. Ce bichromate de potasse se compose d’un équivalent, ou de quarante-sept parties de potasse, et de deux équivalents, ou de cent deux parties d'acide chromique. Dans le commerce, on détermine la valeur de ce sel par le pour cent d'acide chromique qu’il renferme, et il y a quelques années il se vendait une piastre le tonneau par chaque unité d'acide chromique. Ainsi un échantillon provenant de la mine de Ham et contenant 57.4 pour 100 d'acide chromique, a été vendu à Londres douze livres sterling ou 658.32.

La préparation du bi-chromate dr potasse se fait de la manière suivante : + On broye le minerai t:ès fin, on le mêle avec de la potasse brute, pareillement broyée, et l’on calcine le tout duns uue fournaise exposée à l’action d’un courant d'air, qui acidifie l’'oxydede chrome et le combine avec la potasse. La masse ou le sel ainsi obtenu est dissout dans de l’eau ct cette solution est étendue d’une certaine quantité d'acide sulfurique, puis en se cristallisant par l’évaporation, ce mélange produit le bi-chromate de prtasse du commerce,

Si, entre Matane et le mont Albert, le transport est possible et pas trop dispendieux, il est évident que cette mine de fer chromique pourrait être l’objet d’une industrie très payante. Le peu de frais avec lesquels on peut se procurer là le minerai ainsi que le bois pour faire la potasse et calciner le mélange permettrait de fabriquer à des prix excessivement réduits et do gagner 40 ou 50 pour cent, Puis, si on préférait ne pas employer l'acide sulfurique, on pourrait livrer le mélange à l’état brut et l'envoyer en Angleterre pour être traité par cet acide et réduit complètemen) à l’état de bi-chromate pur de potasse.

Dans tous les cas, il est bien certain qu’il y a là une riche mine à exploiter et il est bon de la signaler à l'attention des hommes entreprenants capables d’en tirer parti.

Plomb—La galène se trouve en quantités assez considérables

our être.exploitée dans des veines qui traversent le calcaire de aspé, au cap de Gaspé et à l’Anse-des-Sauvages. A la baie du

Petit-Graspé, le filon se trouve dans une masse de calcaire stra-

tifié qui plonge environ $. O. 24° et forme vers le nor une mon-

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tagne d'environ 700 pieds de haut, c’est-à-dire le promontoire de Gaspé, Ce filon a une largeur d'environ dix-huit pouces : il se compose dé calcite renfermant des masses de galène ainsi que des petits morceaux de blende et de minerai decuivre. En creusant un puits de vingt pieds dans la veine principale, et quelques autres veines parallèles, on a obtenu vingt tonneaux de minerai qui ont donné douze tonneaux de plomb pur. On a aussi trouvé de la galène dans plusieurs autres localités, notamment dans les calcaires qui se rencontrent au sud du promontoire de (Gaspé, ainsi que du côté nord, dans une veine qui semble être la continuation de celle dè l'anse du Petit-Gaspé. On a aussi trouvé des petites quantités de galène en veines dans les calcaires de Percé de même qu à l’anse à Cousin (1) etil est évident qu’en en trouverait encore ailleurs, dans ces endroits, en faisant des recherches un peu plus soignées. Dans tous les cas, ce qui est déjà connu pourrait faire l’objet d’une exploitation payante.

Cuivre—Ce minerai doit exister en abondance dans la Gaspésie, puisque les monts Shickshocks sont composés des roches chloritiques du groupe qui, dans les Cantons de l'Est, renferment les mines d’Acton, de Wickham et de Harvey-Hills. Si l’on n’a pas encore découvert de grands gisements euprifères dans la Gaspésie, cela est probablement dû au fait que les forêts qui recouvrent presque partout le sol ont empêché d’y faire les recherches qu’on a faites ailleurs avec tant de succès, dans des régions absolument semblables au point de vue des formations géologiques.

Les seuls endroits où l’on ait constaté l'existence de dépôts de cuivre, dans la Gaspésie, sont l'embouchure dela rivière du Grand- Capucin, à quatre milles plus bas que le cap de Chastes, le voisinage du mont Serpentine, près de la baie de Gaspé, et le Port- Daniel. Au Grand-Capucin on à remarqué l'existence de petites pyrites de cuivre dans une :'ine de quartz enfermée dans une gangue de schiste rouge. On a trouvé de bons échantillons de cette pyrite près du mont Serpentine, à six milles de la tête de la baie de Gaspé. Enfin, on a constaté que la partie inférieure des schistes et Ges calcaires de Port- Daniel renferment aussi de petites quantités de cuivre, et sir William Logan prétend qu'il y a :es mêmes probabilités de la présence des dépôts de cuivre dans toute la région orientale (de la Gaspésie) que dans les cantons situés plus au sud-ouest.” À

Résine fossile —Cette matière se trouve dans quelques lits des grès dévoniens de Gaspé. Elle -se présente sous forme de lames irrégulières, dans Les bords de ces lits de grès, en couches de quelques lignes d'épaisseur. Elle ressemble un peu à l’ambre; mais elle se rapproche davantage de la sclérétinite et de la middleto-

(1) Sir William Logan, Géologie du Canada.

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