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FAMILLE DES TCHIPPEWETAXS OU MONTAGNAIS

En quittant les prairies et les nations qui les habitent, on perd de vue les scènes de sang, de vol et de brigandage, et ce, pour en-

trer dans une région plus calme, au milieu d'un peuple différent de ceux qui viennent de fixer notre attention. La famille tchippeweyane ou montagnaise forme un contraste bien frappant avec ceux qu'elle appelle les Grandes-Oreilles (Saulteux), les Mauvaisétrangers (Pieds-Noirs), etc., etc. Les noms mêmes donnés à la famille indienne dont nous voulons parler, la font confondre avec d'autres auxquelles elle n'appartient certainement pas. Ainsi, le nom montagnais a fait croire que nos Montagnais du Nord sont frères des Montagnais qui habitent le bas du Saint-Laurent et les bords du Saguenay. Ces derniers se rattachent à la famille algonquine, dont ils parlent la langue; tandis que nos Montagnais sont une race tout à fait distincte. La douceur de caractère établit sans doute un grand rapprochement entre ces deux bandes de Montagnais, et je crois que c'est ce rapprochement qui a valu à ceux du nord-ouest le nom qu'ils portent. Des voyageurs qui avaient d'abord vu les Montagnais du Canada, doni ils ignoraient la langue, étant arrivés parmi ceux du Nord qu'ils ne comprenaient pas davantage, ont pu facilement croire que c'était un même peuple. Le nom de Tchippeweyan se confond aussi quelquefois avec celui de Tchippewey, que les Anglais donnent toujours aux Saulteux.

Le mot Tchippeweyan, pluriel Tchippeweyanak, emprunté à la langue crise, a son étymologie dans les deux racines tchipwaw (pointu) et weyan (peau, couverture, vêtement), et ce nom a été donné par les Cris aux Montagnais, leurs voisins, parce que primitivement ces derniers portaient des vêtements terminés en pointe, comme font encore les Loucheux et les Esquimaux. La forme élancée des canots montagnais aurait pu aussi déterminer cette appellation qui, en lui supposant une élision, exprimerait aussi cette forme des embarcations. Quoi qu'il en soit de ces deux noms, que tout le monde confond, la famille de Denè (Hommes) qui les porte, diffère considérablement des autres peuples dont nous avons déjà parlé. Le dialecte, d'abord, n'a pas la moindre analogie, puis leurs mœurs diffèrent autant que le langage. Le Montagnais est doux, timide, lâche encore plus que les autres sauvages. Quoique perdus à de grandes distances dans les forêts épaisses qui les protègent, ils se croient toujours poursuivis par des ennemis, par les " mauvais étrangers " (ennaslini). Jusqu'à l'arrivée des missionnaires parmi eux, ils étaient souvent saisis de terreurs paniques et insensées qui les faisaient courir à perte d'haleine ou à franc et bel aviron, et cela, lors même qu'ils étaient réunis en grand nombre. Une femme, un enfant avait cru entendre le bruit de la détente d'un fusil; il venait, tout épouvanté, en avertir la famille ou le camp; et, de suite, sans autre donnée, toute la bande de ces preux prenait la fuite. Ces craintes chimériques avaient sans doute une raison d'être dans le souvenir des guerres que ces sauvages ont eu autrefois à soutenir contre les nations voisines. S'ils ont été vaillants soldats, ils sont bien changés; pour le quart d'heure du moins, l'esprit guerrier ne domine pas les Montagnais. Les Cris, leurs ennemis d'autrefois et alliés d'aujourd'hui, disent cependant qu'ils étaient braves une fois l'action engagée: a

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qui, en définitive, met leur courage, à peu de chose près, au niveau de celui de bien d'autres qui passent pour braves.

Les Montagnais n-avaient pas peur seulement des vivants, mais bien aussi des morts. Au décès de quelqu'un, ils tiraient force coups de fusil pour apaiser les mânes irrités, se hâtaient d'enfouir les cadavres dans la terre, partaient de suite et évitaient autant que possible de revoir cet endroit qu'ils regardaient comme fatal. Je voyageais avec deux Montagnais infidèles, le mauvais temps nous força de d'emeurer un jour entier auprès d'un lieu de sépulture. A midi, un de mes compagnons est saisi d'une fièvre brûlante, sa figure s'enflamme, son pouls bat violemment, sa respiration est gênée. Il soupire, souffle, s'agite. Je le crois bien malade et il l'était de fait. Le lendemain nous partons. Je change de rôle avec mon homme, je l'installe chaudement dans une couverte au milieu de mon canot, et prenant mon aviron, je rame de toutes mes forces pour hâter notre arrivée au prochain établissement sur notre route. A peine éloigné du rivage, je m'aperçois que la respiration de mon malade est plus facile son agitation se calme, bientôt il demande à manger. Quelques heures après, il était parfaitement rétabli, m'avouant que la peur des morts avait seule causé son mal.

Au décès de leurs proches, les Montagnais infidèles se livraient à une douleur extravagante; ils pleuraient, ils hurlaient même, brûlaient, détruisaient tout ce qu'ils possédaient. Couverts d'un misérable haillon qu'ils devaient à la charité d'autrui, ils demeuraient une année entière sans chasser, attendant leur subsistance du sentiment de compassion que leur état pitoyable pouvait inspirer aux autres. Une frayeur exagérée de la mort se remarquait aussi parmi cette nation. Va sans dire que cette crainte excessive, ainsi que les usages précités, ont disparu par l'enseignement chrétien, qui, sous ce rapport comme sous bien d'autres, a de beaucoup amélioré les dispositions de ces infortunés. Les Montagnais ont une hon-eur très prononcée pour le sang, et ne comprennent pas qu'on se batte autrement qu'en se saisissant à la chevelure, et en luttant ainsi corps à corps. Il y a cependant loin de cette disposition à la sensibilité de caractère. Les Montagnais ne se livrent pas à des voies de faits sanglants. Xéanmoins, avant d'être chrétiens, ils étaient d'une insensibilité telle qu'ils abandonnaient leurs parents sans ressources, au milieu des forêts, lorsque l'âge ou les infirmités ne permettaient pas à ces derniers de suivre la famille. D'autres nations tuent leurs vieillards et infirmes, eux les laissaient mourir. Les orphelins, même adoptés, étaient traités avec une rigueur que l'on serait facilement tenté de qualifier de cruauté. Puis la femme! Oh! comme elle était malheureuse la Montagnaise infidèle! Ces hommes si doux, si bons avec les étrangers, si lâches avec des ennemis imaginaires, devenaient souvent les bourreaux de la compagne de leur vie. Aucune nation, peutêtre, n'avait un pareil mépris pour la femme; ce mépris égoïste qui disposait tout de façon que l'homme recueillît toutes les satisfactions possibles, laissant à sa mère, à son épouse, à sa fille, tout ce qui leur était physiquement possible d'endurer de souffrances.

de privations, de travail. 0 religion sainte, que tes maximes font de bien aux nations comme aux individus !

Un trait bien consolant du caractère des Montagnais, c'est leur éloignement pour le vol : il n'y a certainement pas un peuple plus honnête. Tous les voyageurs ont lieu de reconnaître et d'admirer cette disposition qu'ils possédaient, même avant l'introduction du Christianisme parmi eux. Cet éloignement du vol ressort avec d'autant plus d'éclat, que les Montagnais sont, je crois, les plus intéressés des sauvages. Ils n'ont point l'imprévoyance des autres, et gardent, autant que possible, quelque chose pour le moment de la détresse. Ils ne partagent pas le désir effréné qu'ont les Cris, de manger en festins tout ce qu'ils possèdent; ils convoquent quelquefois leurs parents et amis à un régal, mais en temps et lieux, et jamais à la condition d'être le lendemain dans la disette ou la souffrance. Tous les sauvages sont demandeurs, les Montagnais plus que les autres, sans pourtant s'offenser des refus qu'ils subissent souvent. Leur curiosité est insatiable: il leur faut tout voir, tout toucher, et, chose vraiment extraordinaire, invariablement ils remettent en place les objets qui naturellement excitent davantage leur convoitise, lors même qu'ils pourraient les dérober sans danger de provoquer le moindre soupçon contre eux. L'esprit de superstition, naturel à l'homme ignorant et suite du besoin de croire, se trouve sans doute, parmi les Tchippeweyans, restreint néanmoins dans des limites plus étroites que chez certains autres sauvages. Ils ont leurs jongleurs (Jkanzè), qui n'osent pas revendiquer une puissance analogue à celle que s'arrogent les Cris et les Saulteux. La polygamie, commune parmi toutes le* nations infidèles, se retrouve aussi chez ceux dont nous parlons: l'union conjugale ne leur semble pas un lien obligatoire; de là, eans doute, de grands désordres ; il est néanmoins consolant de dire que ce peuple avait conservé la loi naturelle, au point de ne pas commettre de crimes contre nature, malgré les exemplee nombreux de ces montruosités fournis d'une manière notoire par les Cris, avec lesquels ils sont en relations journalières.

On comprend facilement que cet ensemble de qualités avait prédisposé favorablement les Tcrippeweyans à embrasser le christianisme. Aussi, presque toute cette famille a accepté notre sainte religion, et la grande majorité en pratique fidèlement les importantes obligations. Parmi nos Montagnais sont quelques-unes de nos plus belles missions. Leurs heureuses inclinations nous les ont fait rechercher tout d'abord. Dans l'impossibilité d'évangéliser tous les sauvages du " Département du Nord ", Mgr Provencher et son successeur ont fait travailler de préférence à la conversion des Montagnais.

Le succès a prouvé l'à-propos de cette détermination. Un vicariat apostolique a été créé presque exclusivement en faveur de ce groupe de tribus. De plus, les Montagnais du District de l'Ileà-la-Crosse, viennent aussi de passer sous la houlette d'un nou veau pasteur, par suite du succès des missions établies chez eux, ainsi que dans le haut de la rivière Saskatchewan.

La famille montagnaise habite les districts de la rivière aux

Anglais, d'Athabaska et de la rivière MacKenzie, à l'exoeptioii pourtant du littoral de la mer Glaciale, envahi par les Esquimaux. Quelques familles crises s'étendent aussi jusqu'à Athabaska.

La race des Tchippeweyans comprend un grand nombre de tribu© que nous classerons en quatre nations: les Tchippeweyans, les Castors, les Esclaves et les Loucheux.

1. Les Tchippeweyans renferment trois tribus : les Montagnais proprement dits, les Mangeurs-de-Caribou et les Couteaux- Jaunes, qui se ressemblent sans traits saillants de différence, si ce n'est ceux que le plus ou moins de ressources locales leur permet d'admettre dans leurs vêtements.

2. La nation des Castors comprend les Castors proprement dits, qui habitent les bords de la rivière à la Paix et les magnifiques terres qu'elle arrose; les "Mauvais-Mondes", qui avoisinent les premiers et se trouvent sur les bords de la branche orientale de la rivière du Liard; enfin les Sarcis dont nous avons déjà parlé, qui se sont détachés de la famille montagnaise, pour s'unir à la famille des Pieds-Noirs. La langue des Castors diffère de celle des Tchippeweyans proprement dits, elle en est pourtant une branche et c'est l'analogie de ces idiomes qui permet de rallier à une même souche les deux nations qui les parlent. Les Castors se séparent de leurs frères dont ils n'ont pas absolument toute la bonté; plus de légèreté, de générosité, d'imprévoyance et une passion effrénée pour le jeu, indiquent aussi une différence de caractère.

3. Les Esclaves tirent leur nom du mépris profond que les nations autrefois ennemies leur avaient voué au temps des guerres et à l'époque où ils fuyaient devant leurs adversaires. Les tribuis qui composent cette nation sont: les Esclaves, les Peaux-de-Lièvres, les Plats-côtés-de-Chiens, les Tekenè, les Nahanè et autres petites tribus composées seulement de quelques familles. Des différences dans les langues de ces tribus, tout comme certaines analogies, semblent les rattacher au groupe que nous leur assignons dans la famille. Il est difficile de se faire une idée de la pauvreté dans laquelle vivent ces derniers sauvages. Le climat qu'ils habitent est des plus rigoureux; l'élévation de la latitude tient dans certains endroits le soleil sous l'horizon pendant des semaines entières, et ils sont là, dehors, souvent sans loges ou tentes, n'ayant qu'une cabane de branches. Quand les lièvres ou lapins leur manquent, la disette est affreuse. C'est au milieu d'une de ces terribles épreuves, qu'on en a vu se livrer à toutes les horreurs du plus révoltant cannibalisme. Dans cette circonstance, quatrevingts Peaux-de-Lièvres ont été mangés par leurs frères, à la porte d'un fort de l'honorable compagnie de la baie d'Hudson. I^a justice et la vérité veulent que l'on dise que, comme règle invariable, les sauvages en détresse trouvent du secours dans les postes de traite; quand on le peut, on va même au-devant de ceux qu'on sait être réduits à l'extrémité. Cette fois, pendant l'hiver de 1840 à 1841, M. Fisher, en charge au fort Good Hope, au lieu de pouvoir porter secours aux sauvages "Peaux-de-Lièvres" qui jeûnaient, se vit dans l'obligation d'abandonner lui-même l'établissement qu'il commandait, pour aller avec ses hommes chercher re-

fuge ailleurs, ne laissant qu'un Canadien du nom de St-Amaud pour garder le comptoir. Redoutant les sauvages qui s'étaient groupés autour du fort, dans l'espoir d'y trouver du secours, St- Amaud se vit dans la cruelle nécessité de leur en fermer les portes, pour sauver sa vie et l'établissement confié à ses soins. Luimême n'assura son existence et celle de sa famille, qu'en mangeant les parchemins qui servaient de croisées aux maisons, et les bouts de cordes ou morceaux de cuir perdus dans les hangars ou dans le fort. Pendant ce temps les infortunés Indiens subissaient toutes les horreurs de la famine: un grand nombre mourut, quatrevingt-dix furent mangés.

A la lueur du feu du camp, St-Amaud vit de malheureuses mères tombées dans l'agonie du désespoir, saisir leurs petits enfants, morts d'inanition, les élever en l'air, en poussant des vociférations affreuses, suivies de ce rire désespéré plus cruel que les pleurs, puis rôtir ces enfants pour en déchirer les membres et les partager avec ceiix qu'un reste de forces protégeait encore contre le dernier râle de l'agonie! Ces malheureux, d'ordinaire si doux, surprirent dans le sommeil deux employés de l'honorable compagnie de la baie d'Hudson qui portaient les dépêches. Des femmes les tuèrent à coups de hache, dans leur campement, et la tribu s'en nourrit.

Je pense que ce sont des misères extrêmes qui, depuis cette époque jusqu'à celle de l'arrivée des missionnaires, avaient porté cette tribu infortunée à détruire les petites filles au moment de leur naissance ou même quelques mois après. Cette coutume monstrueuse ne se trouve point parmi les autres sauvages du " Département du Nord ". Tous, au contraire, aiment beaucoup leurs petits enfants, ils préfèrent sans doute leurs fils, en donnant néanmoins aussi à leurs filles une large part de cet amour gravé par la nature dans le cœur des pères. Si les bords de la rivière Mackenzie ont entendu les gémissements de ces innocentes victimes, que l'écho de ces voix plaintives arrache à notre âme un sentiment de compassion pour l'horrible et profonde misère qui seule a pu conduire à ces excès. Sont-ils donc inutiles, indifférents, les eft'orts héroïques des hommes qui vont vivre de la vie de ces infortunés, pour améliorer leur condition morale d'abord, puis, comme conséquence, leur position physique? C'est sur cette plage inhospitalière au milieu des tombes ignorées de tant de victimes de la souffrance et de la douleur, c'est à Good Hope que reposent les dépouilles mortelles de notre cher et zélé Père Grollier.

Que la sublimité de son sacrifice s'élève jusqu'au trône de Dieu, comme un encens d'agréable odeur, pour neutraliser l'épaisse et dégoûtante fumée qui s'exhale de tous ces sacrifices humains ! Que les accents ardents de la prière de ce premier martyr de l'apostolat dans le vicariat MacKenzie, fassent descendre une pluie abondante de grâces sur les trop infortunés sauvages auxquels le premier il a dit : " Ne tuez pas vos filles," puisque, pour donner du poids à sa parole, il a dépensé lui-même, généreusement et rapidement, en faveur de ses néophytes et catéchumènes, une existence marquée de tant de noble délicatesse !

4. La quatrième nation qui se rattache à la famille montagnaise est celle des Loucheux; ce mot est la traduction du montagnais " Dékedlié." Ceux qui les portent se nomment eux-mêmes Dendjiye (Hommes) et les voyageurs anglais les appellent généralement Quarrellers (Querelleurs). D'ordinaire, on rattache les Loucheux à la famille montagnaise, à cause de la grande analogie du langage, et quoique la différence de mœurs semble leur assigner une autre parenté. Vn petit no-mbre d'entre les Loucheux habite en dedans des limites dans lesquelles nous avons circonscrit le " Département du Nord " ; le gros de la nation réside au delà des montagnes Rocheuses, dans le territoire cédé par la Eussie aux Etats- Unis. Ces dernières années encore, les Loucheux étaient en guerre avec les Esquimaux et même entre eux. Cette circonstance a nécessairement influencé les habitudes de ces sauvages. Les Loucheux sont grands; leur esprit guerrier se trahit par l'ornementation, dont ils sont très avides; à eux aussi il semble que, pour être beau et bon soldat, il faut un riche et élégant costume. Les armées civilisées prouvent assez que ce soin n'est pas en dehors des préceptes de l'art de la guerre. Pourquoi nos guerriers des bois et des prairies ne se chargeraient-ils pas la tête de plumes longues? les plus vaillants capitaines des armées les mieux organisées regardent un panache comme le complément obligé de telle ou telle arme. Les Loucheux ont un goût marqué pour les rassades, que dédaignent les Montagnais. On en peut dire autant de l'usage de se barbouiller la figure avec des couleurs. A part l'esprit de coquetterie, cette coutume chez le sauvage qui fait la guerre, est due en grande partie, au désir de se donner une tournure formidable, ou de déguiser les trop fortes émotions auxquelles les livre la crainte qui, assez souvent, les fait trembler de tous leurs membres, lorsqu'ils pensent aux chances du combat.

Les coquillages ainsi que les verroteries sont extrêmement recherchés comme objet d'ornementation; les rassades servent, de plus, comme moyen d'échange, faisant mieux que les fourrures les fonctions de monnaie. Les Loucheux ont la prétention de mieux traiter leurs femmes que les autres Montagnais. Ils habitent, non des tentes coniques comme leurs frères, mais des tentes semi-elliptiques qu'ils ont le soin de bien arranger contre le froid excessif auquel ils sont exposés. Les différentes nations montagnaises forment une population d'environ quinze mille âmes. Les tribus de la rivière ^lacKenzie surtout, sont depuis quelques années en proie à une maladie contagieuse qui les décime rapidement.

Les Montagnais, sans avoir la barbe aussi fournie que la race blanche, en sont pourtant mieux pourvus que les autres tribus peaux-rouges. J'ai vu un grand nombre d'enfants de pur sang montagnais avec des cheveux châtain clair et ces mêmes enfant-s, parvenus à un âge plus avancé, avaient les cheveux noirs comme le reste de la nation. Cette observation, souvent faite, a ajouté à la conviction où je suis que les circonstances, autant que la race, déterminent plusieurs des différences qui existent entre les peuples sauvages et leurs frères de la civilisation.

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