TROISIÈME ORDRE
Malacoptèrygiens Subbrachitns.
Des trois familles qui composent cet ordre nous en avons deux:
I. — La famille des Gades nous fournit deux espèces du même genre, qui sont :
La Loche Gadiis Lota inaculosns The Methy.
La Barbotte (Burbot) Gadus Phycis punctatns Spotted Phycis.
Notre Loche n'est point un poisson à la mode, puisque l'on dit vulgairement dans le pays : " Comment voulez-vous que noua en mangions, les chiens même n'en veulent pas ? "
C'est un fait certain que les chiens, quelque habitués qu'ils soient à se nourrir de poisson, refusent cette espèce de Loche. Pour mon compte, j'ai plusieurs fois mangé de sa chair et je n'ai rien trouvé dans sa saveur qui justifie la répulsion qu'elle inspire. Ce n'est pas un [loisson délicat, mais apprêté par un cuisinier assez ordinaire, il est aussi bon que la plupart des poissons de rivière. Je crois que c'est l'espèce connue en Canada sous le nom de " queue de poêlon." A dire vrai, ce poisson n'est pas joli à voir. Gorgé de nourriture ou rempli d'un nombre incalculable d'œufs, son corps, naturellement court, se dévelo})pe démesurément, et sa queue, assez semblable à celle d'une anguille, ne
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s'ajuste que très mal à ce corps obtus. La loche a des écailles, mais elles sont si petites et tellement enfouies dans un épiderme gélatineux, qu'on peut à peine les distinguer dans un grand nombre de sujets. Ce poisson fait beaucoup souffrir les pêcheurs pendant l'hiver; il s'embarrasse d'une manière étrange dans les filets, qu'il mêle en tous sens.
Quand il est sorti de l'eau, il continue à se tortiller, puis à se raidir, de façon qu'il devient très difficile de le dégager. Sa peau lisse et gluante est beaucoup plus froide que celle des autres habitants des ondes, en sorte que le tueur de poisson qui grelotte des heures entières sur un lac par les froids les plus intenses, n'est pas trop aise de trouver des loches dans le filet qu'il tire de dessous la glace. D'ordinaire, on les abandonne en pâture aux Corbeaux, on n'en prend que les œufa et les foies. Dans les postes de l'intérieur, on pile les œufs pour en faire une sorte de gâteau auquel on donne le nom qui plaît davantage. Le foie, qui est riche et délicat, est préparé comme aliment, à moins que le défaut de luminaire ne force à en extraire l'huile, pour entretenir une lampe auprès de laquelle on ne voit qu'à demi et qui exhale un parfum fort peu agréable. Notre barbotte re:?serable à celle du Canada, mais elle est très rare, tandis que la loche abonde partout.
II. La deuxième famille du troisième ordre renferme deux espèces ;
Le Poisson Plat...Pleuronectes (Platessa stellatu8)...The Stellated Flounder. Le Turbot du Nord Pleuronectes glacialis The Arctic Turbot.
Les embouchures de la rivière de Cuivre et de quelques autres sont visitées par deux espèces de Poissons Plats, dont l'une a reçu le nom de Turbot arctique, à cause de sa ressemblance avec le Turbot d'Europe. La famille qui fournit ces espèces ne se trouve pas, que je sache, dans les lacs de l'intérieur, non plus que la famille des Discoboles.
Le quatrième ordre,celui des Malacoptérygiens Apodes, fait ici défaut complètement. Nous n'avons point d'anguilles, ni aucune espèce de poissons anguilliformes.
Le cinquième ordre, celui des Lophobranches, n'existe pas davantage ; nous n'avons ni Pégases, ni aucune espèce de poissons cuirassés.
Le sixième et dernier ordre des poissons osseux, les Plectognathes, qui se rapprochent des poissons cartilagineux par le durcissement tardif du squelette, n'est j^as non plus connu dans nos parages. Les Hérissons de mer, les Boursoufflus et les Môles ne se trouvent point, naturellement, dans nos bassins intérieurs et j'ignore s'ils fréquentent notre océan glacé.
La deuxième série des poissons, celle des Cartilagineux ou Chondroptérigiens, moins abondante partout que les précédents, subit ici une dépression encore plus considérable.
Des deux ordres qui composent cette série, celui à branchies fixes ne se trouve nulle part ici. Nous n'avons point de requins, ni marteaux, ni scies. Ces tyrans des ondes amères ne troublent pas nos eaux douces ; je suppose même qu'ils n'aiment pas notre océan Glacial. Je ne puis qu'émettre ie même doute pour les Raies et les Lamproies.
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