IL ÉCRIT DE SA PRISON A LA FAMILLE BEAUDET ET A SA FEMME
Quinze jours, après son départ, M. Girouard, écrivit de sa prison, comme il l'avait promis, à la famille Beaudet ses bons amis, leur disant qu’il était bien et content, et de ne pas s’appitoyer sur son sort.
Dans une lettre que m'a communiquée son fils Joseph, notaire de Saint-Benoît, le 12 mars 1890, il écrivit à sa femme : “ Lorsque j'eus appris que tous ou presque tous mes amis s'étaient laissés prendre, j'ai de suite changé ma détermination et j'ai compté que ce serait, de ma part, une espèce de lâcheté de les abandonner daus une circonstance aussi pénible et où je pouvais leur être utile ; je résolus donc de me rendre avec eux et de partager leur sort quel qu’il fût.”
“ Le jour de Noël donc, j'écrivis au lieut.-colonel Simpson, en lui disant que je n'aurais aucune objection à me remettre entre entre ses mains, persuadé que j'étais de son honneur et de sa générosité, et qu'avec sa protection, je pourrais aller joindre mes amis, sans être sujet aux risées, aux infamies et même aux brutalités auxquels plusieurs avaient été exposés en allant à la prison, — et le lendemain peu après midi, j'y étais rendu, sans qu. personne le sût.”
ARTICLE SEIZIÈME