‹ Esquisses biographiques [microforme]Chapitre 45 sur 188 · PA · texte numérisé non relu

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un connétable, François Jérémie, de La Prairie, et Joseph Goguet, de St-Constant, aiusi qu’un nommé Longuetin, ont été témoins de ces horreurs, ,

I serait trop long de vous rapporter, entre nombre de faits du même genre, tout ce qu'ont eu à endurer, à l’Ile-aux Noix et à St-Jean, MM. Boucher de Belleville, Marchessault, le brave

capitaine Jalbert, le Dr, Kimber et 17 autres citoyens respectables. Liés séparément, puis plusieurs ensemble, on les jeta,

pour ainsi dire, par bottes, dans les wagons, Ts furent ensuite enfouis dans des cachots infects (black-holes)}, tout mouillés et ? transis de froid qu’ils étaient, plusieurs sans chaussures et sans

A habits, obligés de se rouler les uns sur les autres, pour s’empô- Ÿ cher de geler. Là, ils étaient obligés de satisfaire à leurs bee soins, dans le coin de leur cachot, où on leur refusait jusqu’à

; un brin de paille, Après des privations de toutes sortes et des Le | souffrances inouïes, nos malheureux compatriotes furent trans- X portés plus loin, de la manière la plus cruelle. On les attacha il séparément, puis deux par deux, et ensuite ils furent tous liés, la serrés à un cable commun. C’est ainsi qu’on les força de mar. 15 cher, à coups de baïonnette, et qu'on leur fit parcourir une 10 longue distance. Des galériens, à la chaîne, et des esclaves que re l’on tire de l’intérieur de l'Afrique, n’ont jamais été plus indi- Ée gnement traités.

re

en Mais je n’en finirais pas, mon sensible ami, si je voulais vous de écrire les outrages dont nous avons été les victimes, Il est ce temps que je vous dise quelque chose des scènes de sang, de de carnage et de désolation, qui ont couvert mon malheureux comté nt de cendres, de ruines et de pleurs. Mais comme cette lettre est

" déjà bien volumineuse et que je suis b'en fatigué, jé remets à ns, une autre fois, de vous en entretenir, Ses d | ni RE

Quant à votre bon ami, je vous en parlerai une autre fois ; il

. a eu aussi ses aventures et ses souffrances, Qu'il vous suffise pis-

de savoir, aujourd’hui, que sa santé n’est pas mauvaise et que vec k a R À jamais le courage et la force d'âme, nécessaires pour supporter

‘les cafamités de son pays et les siennes propres, ne Jui ont mran-qué, Dépourvu de tout, il est maintenant, pour ainsi dire, dans Pabondance de toutes les petites choses nécessaires aux besoins. de la vie. Il a le plaisir de devoir un soulagement à la générosité et aux soins touchants de la bonne et aimable Madame La Fontaine, à laquelle il ne saurait témoïsner trop de reconnais sance, Aidez-moi, cher anni, à remercier cette excellente dame de toutes ses bontés,

Tous vos amis ici, vous embrassent de tout leur cœur, et vous savez combien vous aime et vous chérit

J. d. GIROUARD.

A. N. Morin, EcCr.

M. P. P. Québec,

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