ESQUISSES CONIQUES
pressionne, les réflexes divers qu'elle, sollicite, sont de nature à redresser les troubles pathologiques des divers organes, à assurer la déplétion des tissus et l'apaisement de l'excitabilité morbide ou de la douleur (modalités diverses de la perversion du système nerveux).
Il importe aussi de noter les incidents révulsifs et sudorifiques de l'hydrothérapie : bien que secondaires, ils sont salutairement régulateurs et nettement protecteurs des processus vitaux. En effet, la peau, qui est le principal théâtre des crises dans les maladies, a le plus grand besoin d'acquérir et de conserver son maximum de perméabilité physiologique.
Gomment 'expliquer les raisons pour lesquelles nous agissons si efficacement sur le système nerveux par l'intermédiaire des téguments externes ? C'est que l'épiderme et le système nerveux affectent entre eux les plus étroits rapports tissulaires, l'un et l'autre se développant et évoluant, chez l'embryon, aux dépens du même feuillet ectodermique. De là, cette étrange et remarquable affinité. La santé profite aussi du perfectionnement imprimé aux phénomènes d'exhalation : l'impression périphérique entraîne une série de vibrations atomistiques se propageant graduellement aux centres nerveux cérébro-spinaux, pour s'irradier ensuite du côté des divers centres ganglionnaires circulatoires. L'hydrothérapie agit par une véritable transformation de force, par une équipollence dans la modalité des mouvements, en vue de la réhabilitation constitutionnelle.
L'eau froide en applications externes ressortit surtout à la médecine perturbatrice. La force, la direction, la pression, la durée des projections aqueuses, la variété des applications (bains, douches, affusions, ceinture, etc.), l'immense variété des
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procédés hydriatiques généraux ou locaux sont toujours proportionnés aux cas à traiter. On voit, peu à peu, tomber les entraves de la circulation capillaire, se modifier les états dépressifs et spasmodiques ou convulsifs ; toute la vie sensitive se modifie, en même temps que les complications nutritives se préviennent et s'amendent. Car l'alanguissement des fonctions cutanées n'est souvent que le témoignage et comme le stigmate de l'amoindrissement de forces plastiques. Aussi, l'action intime de l'eau froide se traduit, le plus ordinairement, par une impressionnabilité moindre aux influences atmosphériques et météoriques et par l'augment de tonicité de l'économie tout entière, avec neutralisation visible de l'anémie et du lymphatisme constitutionnels. Tel est le bilan habituel de la résurrection des fonctions de la peau, qui équilibre le budget des recettes et des dépenses et donne un coup de fouet à la névrarchie, qui tient pour ainsi dire les rênes de l'organisme animal.
Partielle ou totale, l'immersion dans l'eau ou bain possède des pouvoirs différents suivant la température du liquide. C'est ainsi que le bain froid amplifie la respiration, ralentit la circulation, abaisse la thermalité et provoque de vigoureux réflexes du côté du grand sympathique. Il diminue la contractilité musculaire, réveille les forces digestives et génito-urinaires. Les réactions que procure le bain froid (bain de mer, bain de rivière, etc.) sont essentiellement toni-sédatives, harmonisent le système nerveux, procurent une sensation marquée de bienêtre et de rajeunissement. Ils conviennent aux natures molles et lymphatiques, ainsi qu'aux systèmes nerveux déprimés.
Pour la constrictian périphérique qu'il détermine, le bain froid reîoule et condense l'activité vitale dans les organes profonds, épanouit le système ner-
veux et galvanise les centres circulatoires. Dès que la réaction s'établit, le thorax se dilate et s'agrandit, la chaleur animale se diffuse et les mouvements deviennent plus vifs, plus libres, plus légers en même temps que plus précis. Cette action toni-sédative convient surtout aux tempéraments lymphatico-nerveux.
Le bain froid, qui congestionne momentanément les organes profonds, doit être prescrit dans les maladies aiguës.
Le bain chaud relâche les fibres, ouvre les pores, nettoie les téguments an décapant l'épiderme, repose les muscles et les nerfs. Il s'adresse aux troubles fonctionnels et nutritifs de la peau, aux états inflammatoires, catarrhaux, rhumatismaux. Il renouvelle délicieusement la nutrition, repose les organes fatigués, modère l'irritabilité cérébro-spinale et l'excitation circulatoire. Le bain trop chaud est contre-indiqué chez les tempéraments franchement sanguins et congestifs, qui feront bien de se contenter du bain tiède.
La durée des bains de température extrême doit toujours être courte (2 à 3 minutes), alors qu'on peut prolonger plusieurs quarts d'heure les bains tempérés : cette prolongation est précieuse contre certaines dermatoses sèches, contre les phlegmasies rebelles, les formes aiguës de la manie, etc..
Les bains partiels sont dérivatifs et révulsifs, sédatifs et décongestifs, astringents et aseptiques, selon leur durée, leur température, leur composition.
Toutes les pratiques balnéaires tendent, d'ailleurs, à l'équilibration des grandes fonctions et à l'harmonie de l'ensemble des systèmes organiques. C'est ainsi que nous pondérons les constitutions, que nous transformons les tempéraments et que nous réussissons à amender les di a thèses (véritables
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tempéraments morbides). Le déblayage progressif des tissus, l'expulsion des matières organiques extractives, des ptomaïnes et leucomaïnes, physiologiquement drainées par la dialyse osmotique, nous permettent d'obtenir ces résultats physicothérapiques. Quant à l'absorption par la peau, elle n'est guère niable : mais, à moins de bains prolongés, son importance ne domine pas l'influence curative du bain, qui se manifeste surtout par voie réflexe, ainsi que je l'ai déjà dit.
La douche consiste en une colonne d'eau dirigée sur le corps. Plus stimulante que le bain, grâce à la réaction plus profonde qu'elle sollicite au sein des organes, la douche offre des modalités très diverses : elle est en pluie, en colonne, en nappe, en lance, en cloche, en cercle, générale ou locale, froide, tempérée, chaude, alternative, écossaise, suivant qu'on veut obtenir des effets analgésiques, stimulants, dérivatifs, etc..
On peut, en 'somme, résumer ainsi la valeur physicothérapique de l'eau :
1° L'emploi de l'eau comme agent physicothérapique se fait intus ou extra ;
2° Administrée à l'intérieur, l'eau est le type du dépurat.eur, le moteur des échanges, le véhicule du sang, le convoyeur de la vie cellulaire ;
3° Pénétrante et dissolvante, nutritive et rénovatrice, l'eau représente l'intermédiaire obligatoire pour l'absorption et l'assimilation ;
4° Froide, elle 'est surtout toni-stimulante et diurétique ; chaude, elle dilue, nettoie et excite la diaphorèse ; tiède, elle est dépurative et éliminatrice par excellence ;
5° Le régime sec est un non-sens physiologique : dans les affections viscérales aiguës et chroniques.
il constitue un véritable danger, surtout lorsqu'il se surajoute encore à l'intoxication médicamenteuse ;
6° Le traitement par l'eau est la base de la cure des pyréxies, de tous les états infectieux, où l'indication primordiale est de lessiver l'organisme de matériaux résiduels et de ses toxines. C'est ainsi que l'on combat le mieux l'hyperthermie et les désordres nerveux. C'est ainsi que l'on amende les diathèses, qui ne sont, le plus souvent, que des auto-intoxications chroniques ;
7° Administrée à l'extérieur, l'eau n'est pas moins précieuse dans son rôle hygiénique et curatif. Principal théâtre des crises dans les maladies, la peau a besoin d'être stimulée et de conquérir le maximum de perméabilité fonctionnelle ;
8° Mais l'hydrothérapie externe agit surtout par les vibrations propagées, de manière réflexe, aux centres nerveux et irradiées ensuite sur les divers points de l'organisme en souffrance ;
9° L'eau froide ressortit surtout à la médication perturbatrice. C'est pourquoi son administration réclame un certain doigté, surtout lorsque les forces plastiques sont fort alanguies et qu'il s'agit de donner à la névrarchie un sérieux coup de fouet ;
10° Les réactions, dans ces cas, doivent être harmoniques et toni-sédatives, tandis qu'avec le bain chaud, les fibres sont surtout relâchées et les voies d'élimination nutritive sont largement ouvertes. Il y a, alors, modération de l'irritabilité spinale et du torrent circulatoire ;
11° Toutes les pratiques balnéaires tendent à pondérer, à équilibrer, à harmoniser li s fonctions et systèmes organiques. La douche suscite des réactions plus profondes et plus complètes que le bain, grâce aux réflexes essentiellement dynamogéniants: froide, elle est stimulante et anti-phlogistique ; chaude, elle est résolutive et anli-spasmodique ;
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12° Toutes les pratiques hydriatiques ont l'avantage d'assurer la netteté régulière du fonctionnement cutané : la peau étant notre grande soupape de sûreté, la souplesse de nos organes et de nos fonctions est essentiellement subordonnée à la parfaite activité des pores.