‹ Esquisses cliniques de physicothérapieChapitre 20 sur 32 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Traitement des Anémies

L'air, l'eau, la chaleur, le mouvement, l'électri cité constituent de puissants agents de reconstitution pour le liquide sanguin et des modificateurs éprouvés de la nutrition comme de la circulation. Au lieu d'être relégués au rang d'accessoires, les agents physiques doivent, à mon avis, commander en maîtres, dès qu'il s'agit de régénérer les globules appauvris et de modifier la composition du sang. Les courtes douches froides sont préconisées, depuis Priessnitz et Fleury, d'une manière classique, pour stimuler rhématopoïèse et augmenter les échanges nutritifs abaissés. Les bains d'acide carbonique se montrent héroïques dans la chlorose accompagnée de perturbations menstruelles, de troubles nerveux et dyspeptiques.

La privation d'air et de lumière crée, on le sait, l'anémie expérimentale. Il s'ensuit que les inhalations d'oxygène et d'ozone et les applications lumineuses conviennent à la cure des anémiques, qu'elles relèvent, à la vérité, assez promptement. A ces agents, il faut adjoindre la cinésithérapie sous toutes ses formes (en commençant par la mécanothérapie passive, qui est la moins fatigante).

L'exercice musculaire stimule la circulation et augmente les mouvements respiratoires, ce qui perfectionne les échanges et suroxyde la « chair cou*

lante ». Certaines chloroses attribuables à une sorte d'angustie vasculaire congénitale (suivant de célèbres théories allemandes) bénéficieront particulièrement de la plus grande énergie apportée à la musculature générale. Ce qui est certain, c'est que la gymnastique bien conduite atténue promptement la céphalée, les vertiges, les névralgies, les palpitations et la sensation de fatigue habituelle dont se plaignent les chloro-anémiques, pour la plupart.

La douche chaude ou écossaise, l'électricité statique ou les courants de Morton, journellement appliqués, conviennent aux anémies rebelles et remédient à ces états de dystrophie neuro-motrice, le plus souvent réfractaires à l'action pharmaceutique la mieux combinée.

Les bains thermo-lumineux sont précieux contre le chloro-brightisme de Dieulafoy et remédient au refroidissement tégumentaire, qui inquiète sj habituellemenet tous les hypoglobuliques. Le débarras excrémentitiel effectué, en outre, par la vaste surface de l'émonctoire cutané, soulage le rein disposé à la toxémie et éloigne l'état infectieux général. En ce qui concerne les troubles nerveux concomitants, faisant cortège à la dystrophie hématoblastique (névroses, névralgies), les effluves et étincelles de haute fréquence triomphent assez promptement de tous les accidents.

La physicothérapie de la chloro-anémie n'exclut nullement la médication martiale : bien au contraire, elle assure et sollicite la parfaite tolérance et l'intégrale assimilation des ferrugineux. Car l'hypoglobulie consiste beaucoup moins dans un déficit de fer (étant donné les réserves métalliques permanentes du foie et de la rate) que dans la difficulté, pour la nutrition, de faire proliférer les cellules de Phématopoièse (dyshémie de quelques auteurs).

Page 1