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CHAPITRE XXI Traitement des affections du Tube Digestif

La déchéance organique et la vieillesse prématurée sont reconnues (depuis les travaux de deux illustres médecins français, Lancereaux et Huchard) comme liées, le plus habituellement, à la dégénérescence artérielle ; mais l'origine de l'artério-sclérose elle-même est, en dehors de l'encrassement général de la machine par toxines humaines, dans les fermentations gastro-intestinales, qui sont de puissants agents de destruction pour nos éléments anatomiques, et des coefficients permanents de déficit pour notre énergie nerveuse.

Dans notre travail intitulé : Traitement curatif et abortif des maladies aiguës, de la typhoïde et de l'appendicite en particulier par le calomel, l'huile de ricin, Veau et la chaleur, donnés d'une façon judicieuse (Communication faite à la British Médical Association, juillet 1901), nous avons attiré l'attention de nos confrères de tous pays sur la toxicité des matériaux putrides que recèle souvent l'intestin, véritable égout collecteur de l'organisme.

Nous avons fait ressortir, à cette époque, l'immense étendue que représentait la muqueuse intestinale avec ses replis multiformes ; nous avons ajouté que cette muqueuse, à la fois surface d'ab-

sorption et surface d'infection, servait d'abri à une culture microbienne des plus intensives et des plus dangereuses.

Le fait d'avoir jugulé toutes les maladies aiguës par le calomel, l'huile de ricin, la chaleur et l'eau, nous avait aussi conduit à parler du foie défécateur et à convaincre de nos théories le très regretté M. Charrin.

Mon travail, (reproduit dans les Annales de physicothérapie et envoyé, à différentes reprises, aux médecins de tous les pays) provoqua en France et à l'étranger des expériences de laboratoire qui vinrent confirmer nos idées.

L'auto-intoxication par toxines humaines et l'intoxication microbienne provoquent (à la faveur de l'insuffisance hépatique) des altérations fonctionnelles du système nerveux, suivies elles-mèmt s d'altérations organiques.

La cure des affections du tube digestif doit donc s'orienter plus haut et plus loin que le tube digestif lui-même. Elle doit être, avant tout, une cure de lessive intégrale, d'élimination, de désinfection générale ; elle doit s'adresser à tous les émonctoires organiques autres que l'intestin (foie, reins, peau, etc.), lutter corps à corps avec l'intoxication et rétablir la nutrition et le nervisme physiologique de tous les organes. Seule, la physicothcrapic peut remplir ce programme thérapeutique aussi vaste que bien défini.

La physicothérapie, qui a l'incomparable avantage de n'apporter aucun élément étranger à l'organisme, agit surtout en multipliant les défenses et en augmentant la résistance antimicrobienne, en relevant l'état général, en assurant la vitalité du sang et des tissus, ainsi que les éliminations des hétérogènes nocifs et la parfaite harmonie du système nerveux.

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Ne limitons jamais le traitement à l'estomac lui-même : car les états gastriques ne sont, le plus souvent, que la réaction, à distance, de l'organisme malade sur les voies digestives. C'est pourquoi les médicaments dits gastriques, non seulement ne guérissent pas, mais, parfois même, surajoutent la complication d'une dyspepsie médicamenteuse. Quant au régime seul, il est, d'ordinaire, impuissant à assurer la guérison complète et définitive.

La dyspepsie reste, d'ailleurs, souvent latente et ne se manifeste alors que par son ralentissement sur le système nerveux : somnolence après les repas et insomnie pendant la nuit, tête lourde, diminution de l'aptitude au travail, mélancolie invincible, bouffées congestives du visage, vertiges, etc. C'est que l'estomac irrité devient le point de départ d'un grand nombre de réflexes sensitifs, sensoriels et psychiques : la respiration, la circulation, la fonction cutanée, etc., souffrent de l'anomalie des processus digestifs, absolument comme les appareils cérébro-spinal et du grand sympathique.

Les entités morbides gastropathiques n'existent pas, cliniquement : la plupart des gastropathies sont des manifestations locales d'intoxications générales, à la suite de défaut d'hygiène morale ou physique. Aussi bien que de l'hygiène générale, elles relèvent de la physicothérapie bien comprise.

Le régime qui consiste à ne tolérer que les aliments facilement digérés par le malade et le traitement qui consiste à fournir l'apport d'alcalins, d'acide chlorhydrique, de pepsine et d'autres ferments, sont des causes d'atrophie pour les glandes et les éléments anatomiques chargés normalement d'élaborer les matériaux hétérogènes nécessaires à La nutrition. Il est certain que supprimer la viande aux estomacs qui ne la peuvent digérer, donner de l'acide chlorhydrique aux hypochlorhydriques, des

alcalins aux hyperchlorhydriques, etc., etc., c'est entraîner l'organe dans la voie diamétralement opposée à la guérison.

Chacun sait que le ralentissement et la déviation fonctionnels conduisent à l'atrophie de l'organe, de même qu'un entraînement opposé favorise son développement physiologique.

C'est ce qui se produit journellement pour ceux qui sont condamnés à ne jamais manger ce qu'ils ne peuvent digérer et à prendre de l'acide chlorhydrique, sous prétexte que leur estomac n'en secrète pas, ou de fortes doses de substances alcalines, pour neutraliser l'excès d'acide.

Le régime, lui-même, ne guérit, le plus souvent, que pour avoir affamé le malade et lui avoir ainsi permis de se libérer de son excédent de déchets résiduels, cause de la plupart des maux. Le symptôme gastrique disparaît alors avec l'arthritisme qui l'avait engendré.

L'emploi de la sonde, qui vide l'estomac, peut concourir à cet effet, mais il offre le grand inconvénient de faire perdre au malade la faculté de déglutir lorsqu'il est appliqué trop souvent. L'emploi d'une pompe peut, en faisant le vide dans l'estomac, provoquer des gastrorrhagies, peu importantes, il est vrai, mais susceptibles d'amener des erreurs de diagnostic et de provoquer des opérations au moins inutiles.

Traitez par les agents physiques ces insuffisances et ces déviations fonctionnelles, ces parésies gastriques, ces pertes de contractilité, ces opérations chimiques défectueuses, traitez-les uniquement par le régime et les agents physiques : vous assisterez à de véritables résurrections et vous n'aurez pas de complications à craindre. Voici, par exemple, un hypochlorhydrique flatulent : nous le soumettons aux bains thermolumineux, aux appli-

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cations statiques générales, aux bains d'acide carbonique et hydro-électriques, aux massages vibratoires localisés, aux applications de lumière bleue, etc., au bout de quelque temps, la digestion cessera d'être lente et pénible ; les gonflements, les pesanteurs, les malaises, les nausées disparaîtront, au fur et à mesure que les applications physicothérapiques rationnelles amélioreront la motricité et l'eupepsie de l'organe ; — s'il s'agit d'un arthritique avéré, d'un goutteux hyperchlorhydrique et hypertendu, les courants de haute fréquence généralisés et localisés, l'hydromassothérapie, la gymnastique suédoise, apaiseront l'hyperpepsie et la rétractibilité exagérée de l'organe. Il va sans dire que, dans l'atonie avec gastrectasie caractérisée, le régime alimentaire pâteux, la suppression des mets fermentescibles s'imposent absolument.

La douche chaude épigastrique convient aux gastralgiques et aux spasmodiques, tandis que la douche froide est celle des atoniques et des névrosés de l'estomac. Le courant galvanique dorso-épigastrique donne d'excellents résultats, s'il y a suspicion de gastrite ulcéreuse. Le massage mécanothérapique convient, ainsi que iles mouvements gymnastiques latéraux du corps, en cas de gastrite catarrhale et de sténose pylorique, même lésionnelle.

Les troubles sécrétoires de l'estomac sont souvent liés à des névroses du pneumogastrique. Cette étiologie nous explique pourquoi l'hyperchlorhydrie survient assez souvent par crises (gastro-succorrhée de Reichmann). Comme le dit, d'ailleurs, notre maître Lancereaux : « De système nerveux à estomac, d'estomac à système nerveux, il y a souvent échange de mauvais procédés, cercle vicieux de causes et d'effets. Mais c'est la névropathie qui a commencé, c'est l'hérédité qui a créé la prédis-

position morbide. Un choc nerveux quelconque conditionne l'apparition de la dyspepsie, qui devient, à son tour, le point de départ d'accidents nerveux secondaires. » On ne saurait mieux dire.

Lorsque l'on considère combien peu de neurasthéniques digèrent bien, on est porté à croire que la dyspepsie neuro-motrice flatulente joue un grand rôle dans la maladie de Beard, qui, pour nous, se rattache toujours à l'arthritisme.

La distension gastrique, le clapotage, les tiraillements, les crampes, la stase alimentaire, avec fermentations et embarras gastriques à répétition, bouche pâteuse, alternatives de diarrhée et de constipalion, se retrouvent, comme symptômes, chez la plupart des neurasthéniques. Mais ce sont souvent les troubles et les désordres engendrés par un surmenage intellectuel ou émotif et retentissant sur la sphère gastrique, par l'intermédiaire du grand sympathique. Ces désordres vont, parfois, jusqu'au vomissement, à la phobie alimentaire, avec dénutrition rapide. Pour combattre les gastropathies neurasthéniques, il faut mobiliser l'excitabilité exagérée de l'estomac par la douche écossaise, les courants continus, les bains hydro-électriques, les applications localisées de lumière bleue ; en cas d'anorexie mentale, la cure d'isolement et la suggestion bien faite obtiennent de grands succès.

L'hyposthénie fonctionnelle de l'estomac entraîne, dans le domaine de l'intellect et de la volonté, des perturbations qui vont du simple affaiblissement des facultés jusqu'aux hallucinations, à la folie et au suicide. Certaines anémies, dites pernicieuses, sont également d'origine gastrique, avec insuffisance hépatique consécutive. On peut dire que la plupart des agents physiques, appliqués avec douceur, d'une façon méthodique et rationnelle, donneront d'excellents résultats ; mais on doit s'a-

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dresser, tout d'abord, principalement à la gasirofaradisation percutanée — à la galvanisation du pneumogastrique et à la mécanothérapie. L'ozonothérapie et le bain statique combattront l'anémie et la déchéance générale des forces, en supprimant l'éréthisme nerveux. Pour réveiller la motricité de l'estomac, modifier les nausées et l'inappétence, calmer l'irritabilité du plexus solaire, rien ne vaut l'effluve de haute fréquence au creux épigastrique : c'est la révulsion de choix et une révulsion tout à fait spécifique. Le traitement pliysicothérapique multiforme et combiné (comme nous ne cessons de le préconiser par expérience) détruit la débilite nerveuse générale qui prostrait les forces et entretenait un état d'épuisement permanent de la fonction stomacale. On voit la tolérance alimentaire augmenter, au fur et à mesure que l'atonie et l'hyperesthénie gastriques s'atténuent. La volonté et 1' « expectant attention » se relèvent et l'horizon curatif bientôt s'éclaircit. Les résultats ainsi obtenus sont parfois si complets et si rapides qu'on doit s'étonner avec Glatz que « la physicothérapie n'ait pas encore détrôné la thérapeutique médicamenteuse ». On voit disparaître, en effet, tous les phénomènes sympathiques, si tenaces envers les autres médications : émotivité, angoisse, dypsnée, accablement, tachycardie, agoraphobie, cauchemars, embarras de la parole, lipothymie, etc., en même temps que les symptômes dyspeptiques s'amendent et s'atténuent. Les périodes d'euphorie complète font, de bonne heure, oublier les mauvais jours. L'abstinence de toute intoxication médicamenteuse et, notamment, des poudres et cachets (bismuth, bicarbonate, etc.), dont on fait de si grands abus, supprime les crises d'hyperchlorhydrie ou de gastralgie si fréquentes surtout chez les sujets sédentaires.

Rendus à la vie familiale et sociale, les dyspep-

tiques doivent avoir la volonté de continuer une bonne hygiène gastrique. Si certains troubles dyspeptiques reparaissent (dans un état morbide essentiellement soumis aux récidives), la reprise de quelques jours de traitement physicothérapique mitigera immédiatement toute intensité de symptôme et soutiendra la cure précédente, en renouvelant les provisions d'influx nerveux et en fortifiant, contre les auto-infections, toutes nos défenses cellulaires organiques.

Pour bien digérer, il faut, en somme :

1° Réduire au minimum (ration d'entretien) l'apport gastrique et éviter toute surcharge capable de gêner le passage des aliments dans le duodénum;

2° Remédier à l'insuffisance hépatique, qui favorise puissamment les autointoxications et entretient l'arthritisrae ;

3° Equilibrer le système nerveux, empêcher la viciation de la sensibilité, dont le rôle pathogénique est si souvent capital (c'est, après les fautes d'hygiène alimentaire et l'auto-intoxication, la principale raison de la fréquence croissante des dyspepsies).

En supprimant les causes d'irritation gastrointestinale et de fermentations anormales, en modifiant l'arthritisme constitutionnel causé par Pinsuffisance du foie, la physicotliérapic facilite singulièrement le travail de l'estomac.

La lutte contre la douleur (en dehors même des états gastralgiques ou tabétiqucs) est capitale dans un grand nombre d'états gastriques. La roënlgenisation, la franklinisation et la galvanisation saccadée peuvent être utilisées avec succès dans ces cas. S'il y a gastralgie véritable, avec nausées et disposition aux vomissements, la méthode d'Ajx^ toli (anode sur le pneumogastrique et cathode à l'hypogastrc) est le traitement qu'il faut préférer.

Aux <a toniques et aux dilatés, nous recommandons les rayons actiniques, la vibrothérapie, la mécanothérapie, les bains de CO2; sous leur influence, les digestions s'améliorent vite et l'estomac tend à reprendre ses dimensions normales, lorsqu'il y a môme relâchement déjà un peu ancien de la muqueuse.

Une cause assez commune de dyspepsie, depuis quelques années, c'est l'abus de la suralimentation, prescrite dans le but d'augmenter la force de résistance du terrain à la tuberculose. Outre l'intoxication générale de l'économie, l'insuffisance hépato-rénale, la gastrite toxi-alimentaire est le plus clair des résultats obtenus par cette fâcheuse méthode, offensive au premier chef pour l'intégrité de l'estomac et pour son fonctionnement nervo-moteur, qui s'affaiblit peu à peu, au grand détriment de l'état général et de la lésion pulmonaire lorsqu'elle existe. Ici encore, la physicothérapie représente une saine ressource, admise et recherchée par les vrais cliniciens.

L'entéroptose et le rein mobile, par faiblesse de la paroi abdominale et relâchement des ligaments viscéraux, constituent enfin des épiphénomcnes mécaniques qui sont loin d'être négligeables, en vertu des troubles graves qu'ils entretiennent : maigreur, flatulences, perte d'appétit, oppression, entéralgie, etc. La contention par les ceintures orthopédiques et les diverses opérations chirurgicales en pexies, n'empêchent guère l'évolution du mal. Il faut, comme l'a très bien vu Deschamps (de Rennes), procéder à la réfection de la musculature par l'excitation faradique dont l'activité s'exerce aussi sur les épiploons viscéraux. Un trailoment mécanothérapique, bien compris, complétera cette cure physique des ptôses et obviera aux

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récidives du rein flottant, si commun, surtout chez les jeunes femmes.

Nous voudrions aussi rappeler ici les succès obtenus par notre méthode de traitement de tumeurs malignes par les effluves et étincelles de haute fréquence, ainsi que la radiothérapie dans quelques cas de tumeurs gastriques. S'il est équitable de dire que les guérisons de cancers de l'estomac par ce moyen sont rares, il faut reconnaître que la suppression de l'élément douleur, la cessation des vomissements, l'amélioration notoire de l'état général de la nutrition, même dans les cas de sténoses pyloriques confirmées, sont souvent observées.

Quant aux cures, il en a été publié plusieurs (notamment par notre savant confrère, le docteur Dounier, de Lille) et nous-même en avons signalé de personnelles, au cours de notre travail sur les affections cancéreuses. Physicothérapie des tumeurs malignes, lu à l'Académie de médecine (1903) publié dans les Annales de Physicothérapie.

La dyspepsie intestinale joue un rôle pathologique général au moins aussi important que celui de l'estomac. C'est dans l'intestin, en effet, que réside la véritable indigestion chimique, avec {roubles profonds des sécrétions et germes microbiens innombrables, contenus dans les fèces ou dans les mucosités ; constipation alternant avec débâcles, météorisme, crampes et coliques, tachycardie, dyspnée toxique, anémie, maigreur, céphalée, etc. Dans l'intoxication intestinale, le foie et le pancréas, ces importants organes, occupent une place étiologiqiic de premier ordre. Le foie, l'organe le plus volumineux du corps humain, la glande qui, à elle seule,

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pèse plus que toutes les autres glandes réunies, reçoit, par la veine-porte, la plus grande partie de nos ingesta. Son pouvoir anti-toxique sur l'intestin s'exerce surtout par la sécrétion biliaire. Lorsqu'il y a insuffisance hépatique, l'intestin est le premier à en souffrir : la constipation opiniâtre, les colites muco-membraneuses, la typhlite (transformée en appendicite par les applications de glace, la morphine et la diète anhydrique; nous l'avons démontré le premier) sont les conséquences naturelles du « torpid liver » méconnu ou négligé. Cette action du foie est trop certaine pour que nous y insistions encore. Le pancréas, dont la fonction est sûrement en rapport avec son volume et sa position, exerce aussi une action considérable. Le dégoût profond pour les graisses, l'amaigrissement rapide, les selles décolorées, huileuses et putrides, le marasme fréquent, la glycosurie habituelle signalent le syndrome d'insuffisance pancréatique.

L'intestin est l'initiateur d'une foule de maladies : c'est souvent sa pathologie qui étiole et compromet toute notre nutrition. La physicothérapie doit donc s'efforcer de faire renaître son bon fonctionnement physiologique, en stimulant le plexus-solaire, en désentravant la circulation-porte, en facilitant la sortie des déchets par le rectum d'abord, puis par l'émonctoire du foie défécateur (>omme nous l'avons appelé) et, finalement, du rein.

La constipation habituelle est une grande cause d'atonie générale et de dépression névropathique. Localement, les matières durcies sont productives d'entérite congestive ou ulcéreuse et l'on conçoit les dangers d'une muqueuse irritée ou ouverte, en présence des toxalbumines, ptomaïnes, leucom aines, bacilles du côlon ou d'Eberth, etc., qui entrent à son contact et procurent de vigoureuses

poussées d'intoxication (fièvre, céphalée, migraines, névralgie, convulsions). Chez la femme, la dysménorrhée, les métrites, les déplacements utérins n'ont souvent pas d'autre cause que la constipation habituelle.

Pour réveiller la fonction parésiée, tout en supprimant les réflexes hypersthéniques ou spasmogènes, les agents physiques nous fournissent un secours que laxatifs et lavements sont, le plus souvent, insuffisants à nous procurer. En cas de coprostase rebelle, le lavement électrique de Boude t de Paris est d'un eff et aussi sûr que dépourvu de tout danger. Il faut savoir y recourir.

Quant au traitement des entérites, il doit viser, avant tout, l'état général et rétablir l'équilibre de la fonction hépatique.

Toutes les fois qu'il y a tendance à la constipation spasmodique, le courant galvano faradique, la haute fréquence localisée, appliquée, quotidiennement, jusqu'à complète régularité des selles, constituent la méthode de choix. Je la complète par les bains de CO2 et les exercices mécanothérapiques spéciaux qui exercent sur l'abdomen un massage régulier par les muscles. Le traitement agit : en rétablissant le péristaltisme, en excitant les sécrétions glandulaires et en diminuant l'irritabilité des ganglions mésentériques. Il s'agit toujours, en somme, de notre thérapeutique combinée et dirigée nettement contre les causes de la constipation et contre la stercorémie.

Lorsqu'il y a constipation atonique, avec ou sans hémorroïdes ou fissures, les courants de haute fréquence améliorent promptement l'état général et l'état local, ainsi que Doumer et Foveau de Courmelles ont pu le constater, au cours de nombreuses expériences cliniques. Les avantages de la haute fréquence sont aussi dans l'absence de toute

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sensation douloureuse pendant les séances ; ce qui n'est pas à dédaigner, surtout lorsqu'il s'agit, — chose fréquente, — de névropathes en traitement.

Les remarquables travaux du maître lillois Doumer ont montré les bienfaits du courant continu pour la cure des entérocolites mucomembraneuses. Une vingtaine de séances de 20 minutes, répétées trois ou quatre fois par semaine, avec 50 à 60 milliampères, suffisent, le plus ordinairement, pour obtenir une guérison parfaite. Parfois, les selles deviennent régulières, dès la deuxième séance ; les membranes et les glaires diminuent graduellement ; les douleurs disparaissent et le ventre se raffermit. La confiance du malade fait le reste : celui-ci est d'autant plus charmé des résultats qu'il peut abandonner les sévérités de son régime spécial, si particulièrement fastidieux.

La méthode de Doumer s'est vulgarisée et sa technique, universellement adoptée, est devenue la base de la cure physique de l'entérite desquamatrice. Les complications gastriques, l'achohe, les métropathies et annexites s'améliorent parallèlement à Fentérocolite, grâce à cette excellente méthode.

Dans certains cas légers d'entérite, notamment chez les herpétiques, l'effluvation statique, les bains hydro-électriques, les bains de lumière sont préférables à la galvanisation, lorsqu'il s'agit surtout de neuro-arthritiques irritables. Quelques séances de rayons X très affaiblis font disparaître aussi les paroxysmes douloureux, parfois accrus par la galvano-faradisation. La sédation se manifeste bientôt par le retour du sommeil, la régularité de l'appétit, la reprise de l'embonpoint et des forces, la disparition de l'éréthisme gastro-intestinal faisant place au calme bienfaisant. Les bains thermo-lumineux,

par la diaphorèse et l'hypercombuslion organique qu'ils sollicitent, résorbent les exsudats, souvent abondants chez les arthritiques, réveillent la circulation-porte et favorisent les oxydations globulaires, indispensables aux réparations des tissus et à la gymnastique vascomotrice des cellules.

La physicothérapie a l'immense avantage, non seulement de remédier aux défaillances fonctionnelles de l'appareil électro-moteur cérébro-spinal et sympathique, défaillances qui créent le déséquilibre abdominal, mais encore elle peut aussi concourir à l'antisepsie directe et à la désintoxication, sans parler de l'hydriatique interne par l'entéroclyse, véritable bain douche de l'intestin ; nous recommandons encore les bains de siège chauds, les bains hydro-électriques et de CO2, dont le dynamisme possède sur la sphère cœliaque une véritable affinité.

Tous ces moyens physiques concourent aussi localement (ainsi qui je l'ai dit déjà) à la guérison des ptôses qui compliquent et entretiennent l'état morbide. Une activité plus grande se manifeste dans la sécrétion des reins et dans l'augmentation des échanges azotés, avec élimination abondante de l'acide urique et des urates de l'arthritique, amendement de la diarrhée congestive, retour du foie à son volume normal et régulation de la circulation hémorroïdale. L'équilibre instable de l'énergie nerveuse nous explique fort bien cette allure capricieuse et récidivante de l'entérocolite et le bouleversement des conditions normales de la digestion gastro-intestinale, qui rend si précaire l'harmonie de toutes les fonctions. Ce cercle vicieux, ce malencontreux engrenage de syndromes, qui réagissent les uns sur les autres par un formidable échange de mauvais procédés, seule, la physicothérapie est capable d'en dénouer définitivement

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le complexus. Il faut que tout clinicien en soil convaincu.

La typhlite appendiculaire, aboutissant fréquemment de l'insuffisance hépatique, conséquence de l'infection de Yégout collecteur de l'organisme, guérit sans opération (ainsi que nous l'avons prouvé péremptoirement) par le calomel et l'huile de ricin, l'eau et la chaleur. Pour obvier à la constipation et à la pléthore abdominale, en rétablissant les fonctions digestives et pour rehausser vigoureusement la vitalité, on utilisera la mécanothérapie, la vibrothérapie et les courants continus.

J'ai souvent observé quelle puissance recèle la thermothérapie localisée pour apaiser le péristaltisme et décongestionner l'appendice enflammé à la suite d'application de glace sur l'abdomen. Il va sans dire que la diète sèche, l'opium et la morphine, qui enferment le loup dans la bergerie, doivent être à jamais proscrits.

Résumé et Conclusions

1° Les états morbides du tube digestif retentissent sur tout l'organisme, cela est entendu ; mais il est fréquent aussi que dyspepsies et entérites sont subordonnées à un état général et réclament avant tout les traitements qui convienent à Pauto-intoxication et à l'arthritisme.

2° En multipliant les défenses et en augmentant les résistances aux infections, en rehaussant la vitalité du sang et des cellules, en libérant les émonctoires et en équilibrant le système nerveux, la physicothérapie s'adresse à tous les états morbides, rebelles et chroniques, du tube digestif. Limitée à l'estomac, la thérapeutique ne saurait guérir définitivement un gastropathe.

3° Divers exemples cliniques montrent l'importance des agents physiques et, principalement, des modalités éleetrothérapiques, pour rompre le cercle vicieux, allant de la diathèse à la lésion locale, triompher de la neurasthénie et de l'hystérie gastrique, éloigner les complications qui guettent les dyspeptiques et rétablir l'influx normal du plexus solaire.

4° La physicothérapie des affections du tube digestif nécessite l'utilisation de la gamme la plus complète de nos agents physiques.

5° Guérir l'insuffisance hépatique et le vice de la sensibilité, lutter contre la douleur, supprimer la toxémie et triompher de l'entéroptose, tel est le programme, facile à réaliser avec les innombrables moyens dont nous disposons. Les rayons X et les grands effluves de haute fréquence sont réservés aux néoplasmes.

6° Contre la constipation et les entérites, la physicothérapie n'est pas moins active. Qu'il s'agisse d'atonie ou de spasme, il faut rétablir les sécrétions normales, régulariser le péristaltisme et apaiser l'irritabilité ganglionnaire. Nous y arrivons par une série d'actions fort simples.

7° Tout clinicien doit et peut se convaincre que la physicothérapie peut dénouer le complexus engrené des symptômes dans les gastro-entérites chroniques et mettre fin au cercle vicieux parcouru par l'organisme.

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