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CHAPITRE II

L'Electro thérapie

L'électrothérapie joue, dans la médication physique un rôle primordial. C'est à elle qu'échoit la plus large part thérapeutique ; c'est elle qui nous préserve le plus efficacement de l'abus de certains remèdes internes, plus ou moins toxiques, dont nous ignorons trop souvent le mode d'action et envers lesquels la sagesse pratique nous crie toujours méfiance.

C'est par l'intermédiaire des tissus neuro-musculaires que l'électricité s'incorpore (pour ainsi dire) à notre mouvement nutritif. Les éléments conducteurs de la peau, cette vaste surface nerveuse, ont la mission de propager dans l'organisme les réactions stimulantes des courants, pour suractiver, suivant diverses modalités, nos molécules trophiques. C'est par les courants électriques que nous imposons le mieux silence à certaines perturbations cellulaires, au moyen de la régression ou de la résorption directe des éléments hétérogènes, agissant comme autant de corps étrangers. L'électricité, selon Charcot, s'applique médicalement, à toutes les diminutions d'énergie et de sensibilité, à tous les genres d'abaissement ou de déchéance dans la vitalité phy-

siologique, à tous les troubles survenus dans la circulation réflexe.

En agissant sur les extrémités nerveuses, les courants redressent la sensibilité anormale ou réfrènent les sensations exaltées, qui impressionnent si douloureusement les divers appareils : l'hyperesthésie ou Féréthisme nerveux sont, au premier chef, justiciables de Félectro thérapie.

Certaines actions électriques peuvent s'expliquer par l'hypothèse de l'interférence, due à Claude Bernard : une excitation, jointe à une autre excitation, donne naissance à la sédation ou à l'annulation de l'activité normale. Ainsi, l'électricité se conduirait comme une force harmonieuse, équilibratrice, de l'irritabilité désordonnée, régénératrice de la vitalité compromise, curative, enfin, de l'incitabilité pervertie. Elle redresse les neurones.

Agir sur la force nerveuse et sur ses diverses sympathies physiologiques ; tel est le but poursuivi par l'électricité thérapeutique. Actuellement, la détresse neurique opprime la plupart des malades : la neurasthénie est la reine pathologique du jour. L'homme civilisé sent la santé et la vie lui échapper, faute de cette énergie, égale et fortifiante, du système nerveux, que l'électricité peut lui restituer, presque toujours, par ses diverses modalités esthésiogènes ou sensitivo-motrices, en régularisant le tonisme indispensable du cerveau et de la moelle épinière...

Mais il y a plus : l'électricité corrobore toutes les ressources de la nature médicatrice, puisqu'elle utilise, pour réussir, les diverses propriétés inséparables de la vie animale : sensibilité générale et spéciale, contractilité, expansion de tissus, irritabilité, caloricité, tonicité. Elle invigore l'assimilation et rehausse la résistance aux ictus morbides, par l'effort soutenu qu'elle suscite au sein des organes et

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des milieux de défense. C'est par ces processus naturels qu'elle parvient à atteindre et à déloger l'ennemi morbide, sans modifier, ni perturber en rien le substratum anatomique (comme le font, hélas ! certains médicaments actifs), elle imprègne, graduellement, l'économie d'un dynamisme spécial, pour accroître le taux des forces et inhiber l'incubation morbigène, lorsque le mal ne saurait être jugulé par la seule exaltation du ressort réactionnel intime. En d'autres périodes, l'électricité médicale est souveraine dans la période fonctionnelle ou de prélésion, qui précède les maladies à anatomie pathologique la plus chargée. Elle a le précieux avantage de militer dans le sens secourable et rationnel, de la nature, empêchant nos maux d'évoluer vers la chronicité, conférant aux constitutions débiles l'énergie nerveuse nécessaire à leur défense ; transfusant, en quelque sorte, la dose la plus disponible de résistance eff ective ; emmagasinant, enfin, le dynamisme vital dans la cellule nerveuse. Et tout cela s'opère avec la plus parfaite innocuité, lorsque les appareils d'électrothérapie sont maniés par des médecins expérimentés : car, pour donner toute son efficacité, l'électricité doit être formulée et dosée comme toute médication active.

1° Courants de haute fréquence. — A tout seigneur, tout honneur ! La haute fréquence, pour être d'introduction récente dans la pratique (travaux de d'Arsonval), n'est pas (bien au contraire) la moins active des modalités électrothérapiques. Koch déclare même que sa découverte est pour la médecine ce que Vantisepsie fut pour la chirurgie.

Le sujet placé dans le solénoïde absorbe de l'oxygène en grande quantité et exhale davantage d'acide carbonique. On constate chez lui l'augmentation du rythme et de l'amplitude respiratoires, sans élévations thermiques : cependant, les combus-

tions ultra-cellulaires se complètent à fond, ainsi qu'on peut le vérifier par le notable accroissement des déchets urinaires.

La haute fréquence influence très heureusement les troubles digestifs dus à la dyspepsie nervo-motrice et à l'ectasie gastrique ; elle apaise et atténue les phénomènes congestifs du foie et la fluxion hémorroïdaire, chez les arthritiques. (Doumer.) Certaines névralgies goutteuses, même avec névrites et atrophies musculaires, sont éminemment justiciables de la darsonvalisation, qui efface les points douloureux et a raison de la dénutrition, ainsi que du refroidissement, du territoire névralgique. On y voit reparaître, peu à peu, l'activité circulatoire et eutrophique : la guérison s'effectue après un certain nombre de séances de dix minutes (termes moyens) ; certains sujets, j'ai pu le constater, avec un nombre de séances relativement faible, ont le temps d'emmagasiner des réserves d'influx neurique nécessaire pour obvier aux récidives : cela dépend du tempérament, du terrain, du degré de chronicité, de l'hérédité, etc. J'applique aussi, avec succès, les grands courants chez les migraineux constitutionnels (la migraine n'étant qu'une manifestation de rarthritisme). Dans le cas de douleurs gravativt ;s iriennes et de migraine ophtalmique rebelle, on obtient la guérison des accès, avec atténuation parallèle des vices accommodatifs et arrêt fréquent de l'asthénopie. Ces phénomènes d'amélioration du champ visuel s'observent aussi, d'ailleurs, chez les diabétiques, les brigh tiques, les tabétiques, etc..

L'action des courants de haute fréquence s'exerce, d'ailleurs, principalement sur la nutrition. Ces courants, dont les ondes offrent plus d'un million d'oscillations par seconde, possèdent un voltage considérable qui, associé à leur intensité, expliquent, jusqu'à un certain point, leur influence aceé-

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lératrice sur les échanges organiques, avec rénovation de la vitalité, la vie n'étant, en somme, qu'une oxydation.

Régénération progressive, réveil prononcé de la digestion et de la nutrition, aisance et plaisir à la marche et au mouvement, résistance plus grande au travail, et joie de vivre plus marquée : tels sont les effets généralement observés. Augmentation de toutes les combustions et de toutes les sécrétions ; normalisation des rapports de l'acide urique à l'urée ; prolifération progressive des hématoblastes et de. ]'oxyhémoglobine : tels sont les phénomènes, plus précis, analysés par d'Arsonval, Apostoli, Doumer, Oudin et plusieurs autres auteurs, confirmés par l'expérimentation. C'est donc avec raison qu' Apostoli faisait de la haute fréquence le traitement le plus sûr de l'arthritisme, de la goutte, du rhumatisme, de l'obésité et du diabète : il est certain que, même dans la goutte la plus larvée et la plus anormale, voire dans la cachexie rhumatismale la plus marastique, on voit l'état général s'améliorer par ce traitement, en dépit même de tout pronostic pessimiste. Doumer, Leduc, Bordier, Guimbail, Gautier, et nous-même, avons publié de nombreuses observations dans ce sens. Les dermatoses arthritiques bénéficient également de la darsonvalisation, probablement à cause de son action générale et de son pouvoir microbicide : j'ai, pour ma part, enregistré, depuis dix-sept ans, de nombreuses guérisons d'affections cutanées rebelles (eczémas, pelade, furonculose, acné, lupus, psoriasis, etc.), guéries par le seul concours des grands courants et des effluves du résonnateur Oudin.

Nous appliquons aussi, depuis très longtemps, avec succès, les courants de haute fréquence, à la tuberculose pulmonaire et localisée, à la tuberculose des os et aux ganglions tuberculeux, aux ulcères

tuberculeux, aux cancroïdes de la face : nous 1-es employons enfin comme puissants remèdes aux tumeurs et aux cancers. (Communications du Dr J. Rivière, faites au Congrès international d'Electrologie et de Radiologie médicale. Paris, 27 juillet, 1er août 1900.) Doumer, Oudin et d'autres auteurs ont aussi mis en lumière les excellents effets des grands effluves de haute fréquence sur la tuberculose pulmonaire.

Ce qui est remarquable, ce sont les résultats favorables obtenus dans le goitre exophtalmique, le saturnisme, l'ulcère variqueux, la fissure anale (Doumer) : résultats dont on peut voir, journellement, des exemples dans notre Etablissement, ainsi que des guérisons d'engorgements rebelles, œdèmes chroniques, adénopathies anciennes. Car la langueur du système lymphatique est très fortement influencée par les grands courants, influence forcément réversible sur la phagocytose ; ce qui fait de cet agent thérapeutique un microbicide indirect, en même temps qu'un efficace corroborant de l'hématose.

Dans le diabète, les grands courants procurent un rapide amendement dans les symptômes les plus alarmants, et parfois de véritables résurrections. Constamment, on assiste à la diminution progressive du sucre, au réveil fonctionnel de la peau, dès longtemps frappée d'inertie ; à la diminution de densité des urines, avec augmentation de l'urée, de l'acide urique et des chlorures ; au retour des forces musculaires ; à la régularisation du cœur ; à la correction de l'asthénie génito-urinaire et de l'amblyopie perfide ; au retour du sommeil normal, à la disparition de la sensibilité au froid, etc..

Les malades les plus énervés sont, peut-être, ceux qui bénéficient le plus largement de cette sorte de succiission reconstituante insensible, toujours si

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bien supportée. Ils y puisent des sensations de bienêtre et d'euphorie, par la régularisation des combustions organiques et des éliminations nécessaires, autant que par le renouvellement métabolique des tissus et des cellules. C'est, à coup sûr, la vraie action antidiathésique, puisqu'elle nous régénère plus fidèlement que l'ozone (Churchod). Les bourdonnements d'oreilles marqués ont été guéris par la darsonvalisation.

Les névroses d'origine arthritique, la dysménorrhée, la névralgie iléo-lombaire ou lombo-abdominale liée à une métro-ovariopathie, qui font souvent le désespoir des malades et des médecins, guérissent par les effluves de haute fréquence, qui ont aussi une efficacité de premier ordre contre les accidents de pléthore ou d'hypérémie nerveuses : instabilités neuriques d'abord fonctionnelles, mais qui finissent bientôt par correspondre à des altérations structurales profondes, si l'on n'en triomphe pas à temps, c'est-à-dire avant la période suspecte de la ménopause et des tumeurs...

2° Courants continus. — Sédatifs, antispasmodiques, dolorifuges : tels sont les caractères des courants continus. Qu'ils s'appliquent aux douleurs du tabès, aux algies sciatiques, aux gastro-entéralgies (même aux lésions), aux cystites, etc., leur action est toujours hyposthénisante de la souffrance humaine. L'anode diminue la conductibilité nerveuse, tandis que la cathode produit sur les éléments médullaires un réflexe sédatif (Erb).

Benedikt, de Vienne, recommande le courant continu chez les épileptiques, pour éloigner les accès et diminuer leur importance. Dans les affections cérébrales, Leduc, de Nantes, a démontré leurs bons effets, qu'il rapporte aux échanges toniques effectués entre les éléments anatomiques de l'encéphale, pour favoriser la nutrition histologique. Chez les

obsédés, les neurasthéniques, les insomniaques, je combats ainsi l'éréthisme nerveux et l'hyperexcitabilité, si grande chez certains sujets réfractaires, d'ailleurs, à l'action médicamenteuse. J'ai fréquemment observé que ce sont les intolérants de la pharmacie qui deviennent les meilleurs tributaires de la physicothérapie, c'est-à-dire les sujets bénéficiant le plus complètement de l'électricité. Je suis aussi pour la suppression de certaines formules neuricides et dépressives, pendant le traitement électrique, afin de laisser les courants donner toutes leurs ressources.

Les malades affligés de bourdonnements d'oreilles, les amaurotiques, sont souvent recueillis par les électrothérapeutes. Le courant continu décongestionne la sphère cérébromédullaire, chez ces parias de la médecine classique et, souvent, rétablit l'influx névrogène par un rapport fluidique rempli d'affinités avec le système nerveux.

S. Leduc a prouvé récemment encore l'efficacité du courant continu pour empêcher la néo-formation de tissus scléreux et cicatriciels. On favorise ainsi le retour à l'état normal et la restitution intégrale des fonctions. Je pense, avec mon savant confrère nantais, que bien des infirmités et incapacités de travail, entraînant le paiement de grosses indemnités (si l'on songe aux sévérités des lois actuelles) disparaîtraient par l'emploi méthodique des courants continus. Pour résoudre les ankyloses tendineuses, mettre fin aux arthrites et fongosités, guérir un œdème chronique succédant à un phlegmon, triompher de cicatrices étendues, cette médication est la médication de choix. Dans les affections rhumatismales, ostéo-articulaires, dans les douleurs ostéocopes de la syphilis, fulgurantes de i'ataxie, conquassantes de la goutte, etc., toutes les fois qu'il y a exaltation de la sensibilité, on songera aussi aux

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courants continus. (Guilleminot, Larat, William Benham Snow, Morton, Titus.)

Dans les paralysies, on entretient la nutrition des muscles et on arrête les atrophies, en maintenant le ton des énergies contractiles : mais n'attendons pas les troubles trophiques et la réaction de dégénérescence, pour commencer le traitement. Dans l'atrophie musculaire progressive, les séances quotidiennes fournissent des améliorations bien senties et retardent la marche funeste d'une maladie fatale.

Dans bien d'autres situations pathologiques, le courant continu relève les ruines de l'organisme, corse l'activité trophique et suscite ce pouvoir de restauration naturelle, que les anciens nommaient la nature médicatrice, et qui brillera toujours au premier plan, dans le processus des guérisons ! Doumer, de Lille, nous a aussi enseigné une méthode curative de l'entérite muco-membraneuse par l'application des courants continus (20 à 30 milliampères) au niveau de la région hypogastrique.

Il nous faudrait une étude compendieuse séparée, pour parler dignement de l'action merveilleuse du courant continu dans le traitement des maladies utérines et des fibromes en particulier. L' électrothérapie gynécologique sait épargner bien des opérations mutilantes.

Les applications éleotrolytiques du courant continu (rétrécissements de l'urèthre, de l'œsophage et du rectum, épilation, etc., etc.) nous amèneraient aussi trop loin.

L'électrolyse a été appliquée enfin avec succès contre les cicatrices et cals difformes, les engorgements cellulaires succédant aux contusions et phlegmons. Fort et Foveau de Courmelles conseillent la bi-électrolyse dans les angines.

L'introduction électrolytique des médicaments dans les tissus ou thérapeutique des ions (Foveau

de Courmelles, Leduc, Labatu) est, actuellement, une méthode à son aurore. Ce qui est établi déjà, c'est que nous avons la possibilité d'exercer, localement, des actions antiseptiques ou spécifiques intensives et d'irradier dans l'organisme la lithine, l'iode, les salicylates, l'arsenic, le soufre, etc.

C'est là un immense progrès, celui qui permet aux médicaments de pénétrer dans l'organisme sans effraction et d'être certainement et entièrement assimilés par le torrent circulatoire; recteur des échanges vitaux et des éléments nutritifs.

3° Electricité statique. — L'électricité statique occupe, depuis vingt-cinq ans surtout, un domaine curatif étendu ; par son action esthésiogène fidèle et la variété de ses nuances, elle imite, à merveille, l'influx nerveux naturel, répare les nerfs trophiques et améliore le courant vital. Tout le monde sait, aujourd'hui, que les s}Tnptômes désagréables d'anarchie neurique, ressortissant à la nervous exhaustion de Beard, sont modifiés et améliorés par le bain statique.

Il supprime les vertiges et les troubles de l'équilibration et rend des services fréquents pour le traitement des dyspepsies, pour effacer les phénomènes douloureux et modifier le chimisme gastrique, en le ramenant peu à peu à son indice de chlorhydrie normale.

Les névroses hystérique et épileptique, l'insomnie, l'hypocondrie (sorte de névralgie du plexus solaire), les spasmes viscéraux réflexes, les pneumatoses des constipés et des névropathes aérophagiques, les contractures, le torticolis, les crampes et crises douloureuses trouvent, dans les bains et douches statiques, le plus grand soulagement, la plus vraie palliation.

Dans certaines dermatoses prurigineuses, le souffle électrique agit comme un cataplasme pro-

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fond décongestif , qui désencombre les tissus cutanés de leurs éléments phlogosiques et infectieux.

La femme trouve, dans le bain statique, le remède le plus sûr de la dysménorrhée et de la congestion utérine. Or, la décongestion de la matrice est sûrement la meilleure prophylaxie des néoplasmes.

Il faut aussi faire la part fortifiante de l'ozone sur les bronches et sur l'hématose : la machine de Wimshurst produisant de grandes quantités de cet oxygène électrisé.

Récemment, Bayer et Penninkx, de Bruxelles, ont fait voir les bons résultats obtenus par l'électricité statique contre la surdité, les bruits subjectifs, bourdonnements, jets de vapeur, vertiges, nausées, troubles d'équilibre, etc.

On sait que le sulfate de quinine n'est pas longtemps supporté par les sujets atteints de vertiges auditifs : on sait aussi que son action est souvent nulle chez les vieillards et les scléreux, les plus persécutés peut-être par ces troubles, si pénibles, de la fonction labyrinthique. C'est dans ces cas que nous pouvons, avantageusement recourir aux effets, calmants et décongestifs, de l'aigrette statique.

4° Courant faradîque. — Le courant faradique est tout puissant contre la constipation et contre l'atonie gastro-intestinale.

Il fortifie les muscles abdominaux, expulse du rectum les matières stercorales retardataires, et rend aux intestins paresseux leur contractilité réflexe, préparatrice d'une exonération alvine immédiate et complète.

Le lavement électrique est un moyen thérapeutique d'une grande énergie, qu'il faut réserver, le plus souvent, au traitement de l'obstruction intestinale, de l'iléus, du volvulus. Il active la circulation des parties intestinales, contracte les fibres lisses et stimule le système nerveux moteur, par les vibra-

lions qu'il sollicite tout le long des molécules cellulaires et la reconstitution sîsmothérapique, en quelque sorte, qui en dérive pour les tuniques intestinales.

Duchenne, de Boulogne, a, dès 1869, préconisé la faradisation du pneumogastrique contre les vomissements nerveux et les nausées incoercibles de la grossesse. Vingt ans après, Apostoli reprend ces expériences et constate l'action, en vérité autodîgestive, de la faradisation appliquée aux vomissements habituels. On peut affirmer aujourd'hui que les courants faradiques sont le seul remède spécifique des vomissements nerveux.

L'électricité volta-faradique constitue le traitement rapide des entorses. Mieux que le massage, elle fait disparaître la douleur de la claudication ; elle permet la marche ou les mouvements articulaires, en mobilisant la jointure la plus distendue.

Elle agit fort bien contre les engelures. (Larat.)

Les atrophies rhumatismales, les parésies musculaires, suites d'arthrites, accompagnées d'épaississements ou empâtements ligamenteux, font place à un besoin urgent de motilité parfaite, avec chaleur douce et agréable, comme à la suite d'un massage scientifique, mais avec un élément vitalisant en plus. Son action dans les paralysies d'origine centrale ou périphérique, dans les atrophies musculaires est trop bien connu pour qu'il soit nécessaire d'y insister. Comme le courant continu, il a, en électrothérapie, des applications multiples, qu'il serait trop long d'énumérer dans cette courte esquisse, où j'ai voulu surtout attirer l'attention de mes confrères sur certaines applications électrothérapiques moins connues d'eux.

5° Bains de lumière. — Les bains de lumière sont surtout précieux contre la chloro-anémic, les dystrophies cachectisantcs, l'atonie générale, les états

neurasthéniques rebelles, l'albuminurie, le lymphatisme des enfants et des femmes.

Les effets bactéricides de la photothérapie sont indéniables ; aucun médecin n'ignore l'action curative des radiations rouges sur la suppuration des pustules varioliques (la rougeole, la scarlatine et l'érysipèle sont aussi influencés, quoique un peu moins) ; tous ont pu constater la cure du lupus par ce moyen très esthétique, qui ne laisse que des cicatrices unies, donnant peu de prises aux récidives.

Dans les dermatoses les plus graves, la radiothérapie a l'avantage très apprécié de se montrer, sinon anesthésique, du moins fort peu douloureuse.

Contre la tuberculose pulmonaire des deux premières périodes, les bains de lumière bleue rendent également d'incontestables services.

La diffusion électro-magnétique des ondes lumineuses atténue les virulences exsudatives des alvéoles, combat la dénutrition et l'hypoglobulie et stimule les échanges nutritifs, par la grande solidarité fonctionnelle qui unit la surface pulmonaire et la surface cutanée, et par la dépuration, régulière et continue, qui en résulte pour l'économie souffrante. J'ai constamment observé, par les bains de lumière, l'augmentation, souvent doublée, des corpuscules rouges du sang, la convalescence rapide des états infectieux (grippe), de l'albuminurie aiguë et généralement de toutes les zymases et nosohémies où le retour des forces est particulièrement long et difficile à obtenir.

Il y a, certainemnt, du fait de la photothérapie, une action scientifique et d'affinité sur la nutrition histogénétique interstitielle.

La plupart des dyspepsies nervo-motrices, si fréquentes à notre époque de surmenage, se signalent par l'excès de sensibilité du tube digestif et la diminution de sa contractibilité. Eh bien ! la bal-

néation lumineuse, après quelques séances, retourne cette proposition, au grand profit et au grand avantage du dyspeptique et du gastralgique, qui, souvent, ont vainement essayé de tous les traitements et de tous les régimes. Il est extraordinaire d'obtenir, par une méthode en apparence si inoffensive, des résultats cura tifs aussi concluants.

Mais Ciniselli n'a-t-il pas, depuis longtemps, démontré que ce sont les courants électriques les plus faibles qui possèdent l'influence médicatrice souvent la plus marquée contre les manifestations dyspeptiques douloureuses émanant du pneumogastrique et du plexus solaire ?

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