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CHAPITRE IV Importance de l'Ozone en Physicothérapie

Gaz incolore, d'une odeur alliacée, d'un goût de chair de homard, l'ozone est envisagé par les chimistes actuels comme un état allotropique de l'oxygène, avec systématisation différente du groupement atomique des molécules. C'est pratiquement, un oxygène tri-condensé et suractivé par le potentiel électrique ; les phénomènes de combustion que l'ozone fournit industriellement sont environ trois fois plus vifs que ceux de l'oxygène. La formule générale de l'ozone est 03 ou plutôt 000. Rien d'étonnant, par conséquent, de le voir attaquer les ferments organiques oxydables, détruire les miasmes microbiens ; l'action désinfectante n'est-elle pas le corollaire habituel du pouvoir oxydant ?

C'est à l'ozone qu'est dû, en grande partie, le caractère bienfaisant de l'air des altitudes et de l'air marin, l'accélération respiratoire, la régularisation circulatoire, la stimulation nerveuse, la suppression des miasmes putrides et des maladies qui en dérivent. Ce sont surtout les vents soufflant de la mer sur les côtes, en temps d'ouragans et de bourrasques, qui semblent développer le plus d'ozone.

Van Bastelaer a démontré que l'agglomération

annule constamment l'ozonisation atmosphérique. C'est pourquoi les villes populeuses renferment si peu d'ozone, tandis que l'air des campagnes en est toujours pourvu. Lorsqu'il a passé sur une grande ville, l'air le plus riche en ozone n'en renferme plus : il a été, apparemment, utilisé dans un rôle providentiel d'oxydation et de combustion organique.

C'est au printemps que l'on relève, habituellement, les titres ozonométriques les plus élevés dans l'atmosphère. Ainsi peut s'expliquer le pouvoir vitalisateur de cette saison et l'activité de ses effluves sur la sève animale, aussi bien que sur la sève végétale.

Enfin, on observe d'une manière certaine et constante, que les papiers réactifs les plus sensibles de l'ozonoscopie ne décèlent aucune trace d'ozone dans les endroits où l'air est confiné ou habituellement souillé d'émanations : salles de réunion, hôpitaux, égouts, rues des grandes villes, etc.

Depuis sa découverte, en 1840, par Schœnbein (qui lui donna son nom à cause de son odeur (ozéo, je sens) et le considéra comme de l'oxygène à l'état naissant, on a reconnu que l'ozone était produit, en très grandes quantités, par les conifères, dont les sécrétions résineuses, riches en huiles essentielles empyreumatiques, jouent probablement un rôle d'action de présence (analogue à celui de In mousse de platine), pour la condensation de l'oxygène atmosphérique sous forme d'O3.

Quoi qu'il en soit, c'est à l'ozone venu du large et à celui qu'engendrent les essences forestières de sa cité d'hiver, qu'Arcachon doit la richesse signalée et incomparable de son air en ozone : 5 mm. 515 par 100 mq., d'après les observations de Dathil.

Il est avéré que ce surcroît important d'oxygène

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condensé agit ici comme le plus précieux des stimulants sur tous les échanges nutritifs : inspirations plus profondes, perspiration cutanée et diurèse plus marquées, prolifération notable des hématies, augment tangible de la puissance musculaire, reminéralisation générale, amélioration prononcée de tous les échanges moléculaires métatrophiques (tout cela, indépendamment, bien entendu, des bains de mer et même de l'exercice), tels sont les résultats, constatés à Arcachon, par nos savants confrères Festal, Vale, Lalesque et Dechamp.

La raréf action remarquable des germes est également la conséquence et l'avantage de tous les climats ozonisés. C'est pourquoi toutes les infériorités constitutionnelles, langueurs nutritives, ralentissements trophiques, oxydations en baisse, etc., sont justiciables de l'ozonothérapie. La chloro-anémie, la scrofulo-tuberculose, les névropathies à forme dépressive ou torpide, le rachitisme, l'obésité, le diabète et d'autres dystrophies, la phosphaturie, l'azoturie, les dyspepsies gastro-intestinales rebelles aux traitements et aux régimes, trouvent, dans l'ozonothérapie rationnelle, un soulagement rapide et une fréquente guérison.

Grâce à sa stabilité des plus précaires, l'ozone a, sur l'organisme vivant et principalement sur les hématoblastes, l'action oxydante la plus énergique. C'est, littéralement, un régénérateur des poumons et un revivifiant du liquide sanguin, lorsqu'on sait (en imitant la nature) l'employer à l'état de dilution faible.

Le bilan des cures annuelles de l'ozonothérapie rationnelle obtenues chez les chloro-anémiques, les prétuberculeux et les phtisiques non éréthiques, les coquelucheux rebelles, les adénopathiques, les asthmatiques, les emphysémateux est, d'ailleurs, des plus probants.

L'ozone joue, dans la santé publique, un rôle météorique important, bien que mal défini et parfois contesté : sa présence n'est-elle pas l'indispensable témoignage de la pureté atmosphérique ?

Les récentes expériences de Smirnofï ne prouvent-elles pas que l'ozone transforme les agents virulents en agents d'immunisation ; action visible, lorsqu'on observe sur le bacille pyocyanique et sur le bacille Lœffler principalement ?

Je sais bien que la plupart des auteurs (entre autres notre éminent confrère le docteur Foveau de Courmelles, qui a traité, avec un vrai talent, la question de l'ozone atmosphérique) ont noté l'augmentation des cas d'influenza, parallèle à l'accroissement de la quantité d'ozone dans l'air. Mais il faut remarquer, d'une part, que les grandes perturbations atmosphériques (et notamment les mouvements tournants des vents) donnent naissance constamment à de grandes quantités d'ozone. D'autre part, l'humidité marquée est l'indispensable condition de l'hyperozonoscopie atmosphérique. Ces conditions progressives sont parallèles : l'ozone et la grippe en dépendent, sans qu'il y ait, suivant nous, rapport démontré de causalité. L'ozone n'a vis-àvis de la grippe que le rôle prophétique, le rôle de témoin, si l'on veut.

La grippe est, comme nous l'avons souvent dit, une manifestation rhumatismale, où l'humidité de l'air est la condition étiologique primordiale : l'ozone monte avec l'hygromètre, voilà tout.

Du reste, combien d'observateurs déclarent, avec Becquerel, que la déficience d'ozone dans l'air coïncide habituellement avec la langueur vitale des êtres animés et le développement des aptitudes aux affections sep tiques et zymotiques ! C'est ainsi que la malaria coïncide toujours avec le minimum d'ozone dans l'atmosphère (Ireland, etc.).

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Il y a plus de cinquante ans que Scoute ttcn a démontré (dans de célèbres expériences nosocomiales), la valeur désodorisante de l'ozone, due à son pouvoir destructeur énergique de l'hydrogène sulfuré, de l'ammoniaque et des carbures d'hydrogène, oxydés par ce gaz.

A notre époque, d'Arsonval et bien d'autres auteurs ont prouvé la valeur bactéricide de l'oxygène allotropique, qui s'incorpore au protoplasma bacillaire des germes et des ferments virulents, pour l'annihiler ou pour transformer ses toxines. L'épuration des eaux potables, proposée théoriquement par l'illustre Tyndall et réalisée, dernièrement, par Rietsch, Otto et Marmier, n'est qu'une ingénieuse étape d'application de ces propriétés antimicrobiennes. L'ozone consomme la nitrification instantanée des matières organiques et transforme en acide sulfurique les acides sulfureux et sulfhydrique, ce qui est bien précieux.

D'après Hyacinthe Kuborn, la présence régulière de l'ozone dans l'atmosphère d'une localité constitue le plus sûr indice de salubrité, de même que l'absence régulière de ce gaz doit la rendre suspecte.

D'après Foveau de Courmelles, par l'excès d'ozone, nous nous consumons trop vite (pyrexies, influenza) et par l'absence d'ozone nos combustions sont trop lentes, nos fonctions s'accomplissent mal, notre nutrition s'encrasse, notre circulation devient mauvaise, notre sang anémique.

Dans une ancienne et ingénieuse théorie. His et Schœnbein donnaient aux globules rouges du sang le surnom d'ozonophores (en allemand ozontrager) et démontraient que l'oxyhémoglobine fournissait toutes les réactions de l'ozone, qu'elle accapare et monopolise, par une condensation probable de

l'oxygène accumulé comme dans la mousse de platine, par exemple.

Quoi qu'il en soit de cette théorie physiologique, il est plus que probable que, dans les mutations organiques incessantes que subit notre trophisme régulier, l'ozone du sang doit jouer un rôle de tout à fait premier ordre ; cette opinion est, du reste, celle de savants comme Hoppe-Seyler et Gorup- Besanez, dont les travaux font autorité.

En faisant proliférer les hématies, l'ozone accroît la fibrine du sang (Ireland) et diminue la leucocythémie (Barlow). C'est pourquoi les climats ozonisés sont si précieux aux chlorotiques, aux lymphostrumeux, aux leucémiques, à tous ceux qui ont besoin de raviver leur chaleur animale, d'enrayer leur désassimilation, d'équilibrer leur urée, de remédier à des combustions insuffisantes. L'ozone accroît l'acidité urinaire tout en retenant les phosphates : il agit un peu, dit Pitter, à la façon de la marche prolongée dans un air pur. C'est pourquoi l'ozonothérapie a été, de tout temps, chaudement recommandée aux goutteux, arthritiques, hépatiques, graveleux, diabétiques, albuminuriques, qui ont besoin de favoriser le tirage de leurs combustions normales.

Un des grands avantages de l'ozone, c'est que, tout en enrichissant le sang et en activant la circulation, il agit comme un sédatif hypotenseur, régularisant la pression artérielle : c'est ce qui le rend si précieux, à mon avis, dans la période prémonitoire de l'artériosclérose, chez les surmenés et les intoxiqués du milieu urbain.

L'ozonothérapie dégage la poitrine, excite l'appétit, concilie un sommeil rafraîchissant, provoque dans la journée un besoin plus impérieux d'activité, brûle les hétérogènes du sang (acide urique, glucose, etc., exalte la sphère intellectuelle et sollicite

une sensation étrange d'euphorie et de bien-être organique).

Chez les tuberculeux, on observe constamment le soulagement prononcé de la dyspnée, l'apaisement et la diminution de la toux, la suppression de l'anorexie et des vomituritions.

Pour pouvoir continuer à faire profiter longtemps les malades de ces bénéfices palliatifs et curatifs, il suffira d'éviter les fortes doses, surtout au début, et de se méfier de leur puissance incendiaire.On peut être plus hardi dans la thérapeutique de l'emphysème, de la dilatation bronchique, des toux nerveuses ou spasmodiques, des suffocations ou oppressions dues à des reliquats d'exsudations pleuro-pneumoniques.

Enfin, on peut (et même on doit) recourir aux doses maxima dans l'asphyxie oxycarbonée, les intoxications par la morphine, l'alcool, la nicotine, etc..

L'ozonothérapie mitigée et intermittente convient aux épuisés du système nerveux, aux migraineux et aux névralgiques, aux névropathes postopératoires, etc..

Il est nécessaire, pour ne pas nuire, d'employer toujours, comme l'exige, à bon droit, notre savant confrère Labbé, un gaz chimiquement purifié de tout produit nitro-phosphoré et de ne jamais dépasser, comme dose maxima, un milligramme d'ozone pour dix litres d'air, l'inhalation ayant lieu, 15 à 20 minutes, une ou deux fois par jour, de préférence avant les repas.

C'est par cette méthode que l'on relève le plus efficacement l'activité des échanges et que l'on enrichit le mieux l'hématose, en favorisant la répression des processus morbides et la stimulation de la nutrition élémentaire (travaux de D. Labbé, Butte, Bordier, etc., pour ne parler que des Français).

Les appareils que j'utilise personnellement dans ma pratique spéciale fournissent un rendement régulier, un débit constant d'ozone extra pur, oxygène transformé et condensé directement.

J'ai toujours observé (en évitant les doses congestives, capables d'entraîner l'hémoptysie ou la défaillance cardiaque) l'innocuité parfaite de ces inhalations et les améliorations puissantes qu'elles déterminent, principalement en augmentant la capacité pulmonaire et la richesse hématique.

Cet air de luxe, dont parlait Pries tley, devient un médicament à l'état naissant, dont l'activité, électriquement dynamisée, s'irradie en quelque sorte dans les poumons, revivifie les alvéoles, y détruit les germes dits pathogènes. C'est pourquoi l'oppression et les purulences se modifient si vite, en même temps que certaines lésions se cicatrisent. J'ai constaté aussi, comme Moutier, la disparition de l'enrouement professionnel des chanteurs et des orateurs et le perfectionnement de leurs cordes vocales.

Dans les anciennes pleurésies à fausses membranes, les infiltrations scléreuses des poumons, le catarrhe bronchique, les pharyngo-laryngites, les rhinites chroniques avec anosmie, l'asthme sans lésion cardiaque, j'ai constaté, toujours par l'ozone, l'action résolutive des exsudats et adhérences, l'ampliation pulmonaire augmentée, la disparition des sécrétions torpides et de la dyspnée qui en résulte, la remarquable stimulation imprimée au champ respiratoire.

Dans la coqueluche, nos résultats concordent avec ceux de Derecq, Oudin, Bergeron, etc. diminution du nombre, de la durée et de l'intensité des quintes, retour de la gaîté et de la santé des enfants.

A part les états inflammatoires, pblegmatiques et

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on

pyrétiques, qui sont des contre-indications à l'ozonothérapie, il faut conseiller la méthode à tous les dyscrasiques, surmenés, inappétents, convalescents, etc. ; la conseiller aussi contre, les vomissements gravidiques rebelles, l'anémie grave, le diabète (il y a plus de quarante ans que Scelles de Montdésert publiait une série de guérisons de la glycosurie par l'ozone) et enfin le paludisme (Lender n'a-t-il pas guéri ainsi des fièvres malariennes réfractaires à la quinine et à l'arsenic ?).

En résumé :

1° Oxygène allotropique, tri-condensé et électrisé, l'ozone jouit, au plus haut degré, des propriétés oxydantes, aseptiques et vitalisantes de l'oxygène ;

2° La climatothérapie nous prouve que les atmosphères les plus ozonisées (altitudes, plages, forêts de conifères) sont aussi les plus utiles pour restaurer les fonctions du trépied vital : respiration, circulation, innervation et supprimer les influences zymotiques nuisibles. L'ozone est le meilleur réactif d'un pays salubre ;

3° Toutes les infériorités constitutionnelles, langueurs nutritives, atonies, asthénies, dystrophies, ralentissement des oxydations, sont justiciables de l'ozonothérapie rationnelle et scientifique ;

4° Lorsqu'on a recours à l'ozone des laboratoires, il faut toujours imiter la prudence de la nature et l'administrer aux malades à doses très réfractées, dilué dans l'air respirable. En effet, l'ozone possède pour nos hématies la plus remarquable affinité, et son pouvoir oxydant, pour ne pas devenir périlleux et incendiaire, doit être sagement mitigé par le spécialiste ;

5° Ce dernier aura toujours recours à un gaz chimiquement pur, à la dose de 1 milligramme pour 10 litres d'air (15 à 20 minutes d'inhalation, une ou

deux fois par jour). On doit attendre de sérieux effets de cet air de luxe, de ce gaz vital à l'état naissant, principalement pour combattre les affections chroniques des voies respiratoires, les maladies du sang et les dyscrasies constitutionnelles.

Pour être complet, disons ici que Stokes a obtenu par l'ozone la cicatrisation des ulcères les plus rebelles. D'autre part, nous avons toujours professé que ce gaz entrait pour une certaine part dans les effets antiseptiques, modificateurs et cicatrisants des effluves de haute fréquence.

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