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CHAPITRE V Les Bains Thermo-Lumineux

Chacun sait que si Ton fait tomber un faisceau de lumière blanche (lumière émise par certains corps portés à une température convenable) sur un prisme, on obtient une image coloriée appelée spectre, image que l'on peut recueillir sur un écran et qui présente de bas en haut les couleurs de l'arcen-ciel. Newton, par diverses expériences, a démontré que la lumière blanche était composée d'un ensemble de radiations très variées, de réfrangibilité décroissantes du violet au rouge et réparties grossièrement en sept groupes de couleurs selon l'alexandrin bien connu : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. Mais ces radiations visibles, les seules que nos organes nous permettent de constater, ne sont pas uniques. En deçà du rouge, dans la région appelée infra-rouge, un thermomètre sensible (pile thermo-électrique et galvanomètre sensible) nous permet de constater la présence de radiations chaudes ; de plus, un papier photographique placé sur l'écran est impressionné au delà du violet, révélant dans la région obscure, l'ultraviolet, la présence de radiations susceptibles de produire des actions chimiques et que l'on nomme pour ce motif radiations chimiques ou actiniqu.es.

La théorie ondulatoire de la lumière (introduite dans la Science par Huyghens et Fresnel) a permis de préciser ce phénomène et de démontrer que la lumière blanche est due à la superposition d'une infinité de radiations simples, dites radiations monochromatiques, et caractérisées chacune par leur longueur d'onde, qui décroît des radiations calorifiques aux radiations chimiques dans l'ordre suivant :

Radiations calorifiques (Infra-rouge). — Radiations rouges. — Radiations jaunes. — Radiations vertes. — Radiations bleues. — Radiations indigo. — Radiations violettes. — Radiations chimiques (Ultra-violet).

Nous rappellerons qu'à cette dernière catégorie (Ultra-violet) appartiennent les rayons X, dont la longueur d'onde est de beaucoup inférieure à

N'oublions pas aussi que les rayons chimiques n'existent pas seulement dans l'Ultra-violet, mais dans tout le spectre ; ils se trouvent spécialement localisés dans le bleu, l'indigo, le violet et surtout dans l'Ultra-violet ; il en est de même des radiations calorifiques, qui se localisent dans le jaune, le rouge et surtout dans l'Infra-rouge.

Peut-on, par des moyens physiques, séparer les radiations lumineuses, soit des radiations calorifiques, soit des radiations chimiques ? radiations produites du reste en quantité très variable, suivant la nature des sources et leur température. Non, et quoique certaines expériences de Moore aient semblé montrer qu'on peut obtenir de la lumière froide, les radiations lumineuses sont toujours accompagnées, en proportion plus ou moins forte, de radiations calorifiques et chimiques. CYsl du reste, le cas de la photothérapie, où les trois espèces de radiations sont toujours réunies; on peut

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cependant, par certains procédés physiques (interposition sur le trajet du faisceau de la lumière blanche devenue colorée au moyen de solutions de certains corps, etc.), absorber (spectre d'absorption) presque complètement les variations d'une nature déterminée et utiliser les radiations qui restent au traitement des maladies correspondantes. Dans les bains thermo-lumineux, dont nous nous occupons aujourd'hui et que nous avons été le premier à employer en Europe, nous utilisons ou les lampes à arc, ou la lumière blanche produite par des lampes à incandescence, lumière moins riche que celle du soleil et de la lampe à arc, en rayons calorifiques et chimiques, mais dont la facile manipulation présente d'incontestables avantages.

Depuis quelque temps, nous employons des lampes chauffantes spéciales à radiations calorifiques très intenses, munies de réflecteurs, qui permettent des applications locales ou générales. La partie malade reçoit la chaleur rayonnante ou radiante lumineuse seule, avec circulation d'air libre, et elle bénéficie de deux modes de propagation de la chaleur dans un espace f ermé.

D'autres appareils de notre invention nous permettent d'utiliser la chaleur obscure seule.

Enfin le choix du verre des lampes nous donne la lumière rouge ou la lumière bleue.

Les bains thermo-lumineux ainsi produits constituent une acquisition thérapeutique précieuse. Ils agissent à la façon d'une véritable incubation solaire, artificiellement réalisée par le courant électrique et se montrent constamment d'une innocuité absolue.

Appliqué d'une manière générale, le bain thermo-lumineux est le meilleur tonisédatif biologique de l'organisme animal. Ses rayons chimiques, surtout, sont vivifiants, d'abord par voie nerveuse, et

ensuite par une action toute spéciale, exercée sur les vaisseaux capillaires et sur le sang lui-même.

Le savant médecin danois Finsen ne doute pas que cette action, complexe, soit due à des combinaisons moléculaires nouvelles du protoplasma des cellules.

Ce qui est certain, c'est que les rayons thermolumineux sont des promoteurs intenses de vie et d'énergie ; qu'ils sollicitent des réactions très puissantes et très particulières, et que la médecine actuelle aurait le plus grand tort de se priver de leurs services, si faciles à utiliser, dans la pratique dej tous les jours.

D'ailleurs, l'application des rayons lumineux à la thérapeutique humaine n'est-elle pas vieille comme le monde ? Du jour où l'on observa qu'une des causes capitales d'étiolement est la privation de la lumière, le bain thermo-lumineux était conseillé.

On pourrait croire avec Lavoisier que le mythe du flambeau de Prométhée exprimait cette vérité physiologique qui (pas plus que les autres vérités fondamentales) n'avait échappé aux observations des anciens.

Les progrès réalisés de nos jours tiennent simplement à la technique ; en utilisant l'énergie radiante lumineuse produite soit par des lampes à incandescence, soit par des lampes à arc, nous avons pu domestiquer, pour ainsi dire, la nature et les proportions des différentes radiations monochromatiques produites par ces origines, pour en faire une nouvelle source féconde de santé et de force.

La lumière constitue l'une des branches du trépied hygiénique, dont l'air et l'eau forment les deux autres branches.

Les bains thermo-lumineux généraux procurent une profonde imbibition de vie, un sensible déve-

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loppement nutritif, une diminution certaine de la vulnérabilité morbide, un arrêt sérieux de la diffusion bacillaire, avec augmentation des processus phagocytaires et même, dans certains cas, une influence germicide aussi incontestable que peut l'être la régularisation obtenue dans l'osmose organique.

Il y a plus de dix ans que j'ai observé cette série d'avantages sanitaires dévolus iau bain thermolumineux : je n'hésite pas à affirmer qu'en France, mes observations ont été les premières sur cette question et, conséquemment, que mon expérience en est très ancienne.

Je compulsais, récemment, des 'notes prises en 1893, où je notais déjà la régularisation profonde imprimée aux viscères et la désobstruction circulatoire remarquable, dues à la balnéation thermolumineuse. Et je n'étais pas muni à cette époque des perfectionnements offerts aujourd'hui à l'attention de mes confrères.

Comme nous le rappelions au début de cette étude, la lumière blanche, lumière du soleil ou lumière obtenue par une élévation convenable de température de certains corps solides, liquides ou gazeux, est due à la superposition d'une infinité de radiations simples, ayant chacune une longueur d'onde bien déterminée.

On a beaucoup discuté sur la question de connaître l'effet thérapeutique de certains groupes de radiations correspondant à certaines couleurs du spectre. Flammarion, dans sa communication à l'Institut (1896) a démontré, par ses expériences faites dans les serres vitrées de Juvisy, que (La lumière rouge, surtout, possède, sur la végétation, un extraordinaire effet de développement, qu'il ne saurait comparer, dit-il, qu'à l'action d'un engrais chimique. Ces faits concordent, d'ailleurs, avec ceux, antérieurs, de Prilleux et de Paul Bert. Après

le rouge, ce sont le vert, le blanc et le bleu qui possèdent le plus d'action sur le développement en hauteur et sur la vigueur des plantes.

Dehérain a, également, démontré que les radiations les moins réfrangibles, le rouge et l'orangé, augmentent la respiration des feuilles et l'assimilation du carbone par les plantes.

Sur l'homme, la lumière rouge favorise la transpiration, accroît la nutrition, règle la circulation ; de même qu'elle multiplie la chlorophylle, indice de la santé végétale, de même elle fait proliférer l'hémoglobine, dont l'augmentation trahit toujours la richesse croissante du sang.

Les bains de lumière rouge relèvent le système nerveux et stimulent l'ensemble de l'économie, à la faveur probable d'une influence chimique sur la cellule vivante, dont ils modifient, efficacement, les échanges métatrophiques.

L'augmentation de l'énergie musculaire, constatée au dynamomètre, l'équilibration de la sensibilité (mieux et plus vite que par la sérothérapie), la diminution de fréquence du pouls et sa régularisation, aboutissent, au sortir du bain lumineux, à une sensation marquée de bien-être, avec robustesse d'appétit, fonctionnement régulier de l'estomac et de l'intestin, sommeil profond et réparateur.

Comme action locale, l'empirisme séculaire a démontré que les rayons caloriques entravent la marche offensive des éruptions de variole, tandis que les rayons chimiques leur sont nettement favorables.

En plaçant les varioleux dans des chambres d'où sont exclus les rayons chimiques du spectre, par l'interposition de vitres et d'étoffes rouges, on s'aperçoit que les pustules ne suppurent point et que les malades guérissent avec des cicatrices extrêmement légères.

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D'après les expériences d'Arloing sur le bacillus anthracis, de Geisler sur le bacille typhique, de Charrin et d'Arsonval sur le pyocyanique, de Kelsch, enfin, sur le bactéricide charbonneux, il appert évidemment, que les rayons rouges et violets du spectre sont parfaitement bactéricides.

Il est facile de déduire, de cette physiologie microbienne, les plus précieuses conséquences thérapeutiques.

Tous les tissus vivants, les plus mous comme les denses, sont perméables aux radiations lumineuses et pénétrés par elles, d'une manière variable, suivant leur pouvoir d'absorption, de réflexion et de réfringence.

Ge qui prouve la valeur de la puissance actinique, c'est son incontestable action sur le relèvement de la circulation artérielle 'et la tonification du myocarde, action qm n'a d'égale que celles de la digitale et des injections de sérum !

La lampe à incandescence, à filament ordinaire ou spécial, suivant les cas de maladies à traiter, fixe et diffuse, constante et inoffensive, susceptible, grâce à ses rhéostats mis en série avec elle, d'être traversée par un courant d'intensité plus ou moins grande, ceci grâce aux perfectionnements de nos appareils nous a toujours paru suffisante, comme outillage d'instrumentation.

Avec elle, nous dégageons, à volonté, les circuits de décharge, nous condensons ou disséminons, suivant les cas, les ondes lumineuses et nous obtenons les résultats cliniques résumés ci-après.

D'abord, un mot sur le pouvoir analgésiant de la lumière électrique.

Il a été signalé, pour la première fois, il y a douze ans, par Von Stein, de Moscou, qui, par l'introduction dans la bouche, d'une petite lampe à incandescence, guérit de dysphagie chronique et de

douleurs violentes une femme nerveuse affligée de catarrhe pharyngo-nasal.

Depuis cette époque, j'ai bien des fois utilisé l'analgésie électro-lumineuse, dans les laryngites des tuberculeux, la céphalée et la migraine, les points de côté, le lumbago, les névralgies diverses, les douleurs dues à des reliquats rhumatismaux.

Il y a, évidemment, action moléculaire spéciale sur les extrémités nerveuses et relèvement de la capacité neurique locale, tout en faisant la part de la suggestion possible, chez certains sujets, du moins.

En eff et, la suggestion seule n'agirait pas sur les arthrites chroniques poussées à l'ankylose, et dans lesquelles nous voyons la cure thermo-lumineuse restituer aux articulations souplesse et mobilité, enlever progressivement endolorissement et raideurs, rendre faciles, après quelques séances, la marche ou les mouvements des doigts, par exemple.

De même, dans la sclèro-dermie, lorsqu'on voit s'effacer les œdèmes localisés ; lorsqu'on voit, chez les diabétiques, la diminution constante du sucre ; dans l'albuminurie, l'obésité, la tuberculose, etc., des résultats favorables dont ces états ne sont guère coutumiers, on est bien obligé de conclure à la valeur réelle de la méthode, au point de vue thérapeutique.

J'ai soigné, déjà, par la méthode thermo-lumineuse, une vingtaine de brighliques, à des degrés divers et d'âge très variable. J'affirme que la diminution de l'albuminurie se comporte d'une façon beaucoup plus régulière qu'avec les bains chauds et de vapeur ou les cures thermales.

La méthode thermo-lumineuse n'expose pas aux congestions et elle élimine beaucoup de toxines. En soulageant le rein, elle régularise les échanges,

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redresse les combustions déviées et diminue, d'une manière persistante, l'albumine, que j'ai même vue, plusieurs fois, disparaître totalement des urines, notamment dans deux cas de néphrite interstitielle.

Loin d'être contre-indiquée, du reste, chez les neurasthéniques, les artério-scléreux, les eczémateux (comme le sont les bains de vapeur sèche et humide), les bains thermo-lumineux sont très favorables à tous ces états morbides.

C'est merveilleux comme ils combattent la pâleur et l'atonie générale, dans la malaria urbana !

Outre la chlorose féminine, ils guérissent certaines aménorrhées à la faveur d'une action élective probable sur l'appareil utéro-ovarien engourdi ou torpide.

J'ai dit que la méthode thermo-lumineuse augmente les éliminations et l'alcalinité du sang. C'est là une double raison pour y songer, lorsqu'on veut modifier la diathèse acide, redresser ou exalter une vitalité cellulaire déviée ou insuffisante ; accumuler enfin le potentiel dans un système nerveux affaibli.

On me saurait exprimer tout le bien qu'on en peut attendre pour la cure rationnelle d'e Y obésité.

J'ajouterai ici, que, par son action douce, constante et progressive, la balnéation thermo-lumineuse mérite une place d'honneur parmi les médications vaso-motrices et totias substantiœ, grâce à la révulsion et aux réflexes provoqués sur les téguments.

On voit, par l'influence des bains de lumière, l'oligurie disparaître, l'excrétion de l'urée augmenter, les phosphates alimentaires retenus dans le milieu nutritif, les combustions suractivées, l'élasticité artérielle accrue (en même temps que la cryesthésie ou frilosité, si remarquable, disparaît parallèlement chez les arthritiques).

Enfin, le sérum sanguin témoigne d'une suractî-

vité dialytique du meilleur aloi, qui nous explique la plus facile élimination des excréta nécessaires.

Dans la neurasthénie, le soulagement apparaît des plus rapides ; car, l'action éliminatrice étant acquise, la radiation nourrit, en quelque sorte, le système nerveux, alimente la circulation déprimée, dégage la circulation, permettant ainsi une meilleure élaboration de la force neurique, invigorée et équilibrée dans l'intimité de ses cellules vivantes.

Au sortir des bains de lumière, le névropathe accuse une évidente réserve nerveuse, qui lui permet de ne plus mesurer à l'excès sa consommation.

La méthode triomphe, du reste, de l'insomnie, des vertiges, des bourdonnements d'oreilles, des palpitations, de l'impuissance, ainsi que des troubles sensoriels.

Je suis assuré qu'on peut l'utiliser, avec profit, dans la période prodromique du tabès et de la paralysie générale, parce que notre méthode calme promptement l'élément spasmodique et atténue les stases sanguines de cette période, en décongestionnant la sphère encéphalique et les cordons médullaires.

Le relèvement marqué du ressort vital s'explique aussi, dans bien des cas, par la stimulation du bulbe et la progressive amélioration de la nutrition nerveuse générale du sujet en traitement.

Les diverses radiations de lumière émises par un corps porté à l'incandescence ont une action thérapeutique différente. C'est ainsi que les radiations dont l'ensemble forme la bande rouge du spectre sont excitantes. Les radiations violettes, au contraire, sont caïman les.

On fera bénéficier les déprimés de la première lumière, les agités de la seconde.

D'ailleurs, notre méthode de dispensation lumi-

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neuse est la plus pratique, la plus mobile, la plus facile à régler.

A l'aide des phénomènes de réflexion et de réfraction, on peut généraliser la thermo-luminosité, en envelopper tout le corps, ou bien la localiser sur un point choisi, déterminé et limité : les rhéostats appropriés permettent de varier, à l'infini, le degré de chaleur et de lumière, tandis que les commutateurs se chargent de nous obtenir la couleur spectrale désirée suivant les cas.

Dans le rhumatisme chronique et la goutte, le bain thermo-lumineux procure une sudation artificielle, qui supplée à l'insuffisance de la diurèse, comme dans l'obésité, et active la destruction incomplète des matériaux azotés accumulés dans l'organisme. Gela se conçoit.

Mais comment expliquer la puissance incontestable de la balnéation thermo-lumineuse dans le traitement de la tuberculose ? Nous allons tenter de le faire, puisqu'aussi bien tous les faits invoqués en faveur de la méthode signalent les profondes améliorations obtenues, chez les phtisiques, par l'emploi des bains de lumière.

L'activité des échanges excite l'appétit, qui permet la suralimentation, si nécessaire aux tuberculeux. D'autre part, l'hypérémie cutanée dérive la congestion des sommets et apaise la toux, tandis que la diaphorèse diminue l'expectoration. Mais c'est surtout la stimulation nerveuse qui semble capitale, pour tonifier et endurcir les malades affaiblis et sans ressort.

Sauf les cas de fièvre et de sueurs trop abondantes, les bains thermo-électriques sont, pour les phtisiques, toni-sédatifs et transformateurs du trophisme général. En diminuant la réceptivité microbienne, en relevant le taux des forces et l'euphorie organique, en reconstruisant l'hématie compromise

et triomphant de l'implacable leucocytose, nous arrivons à obtenir les meilleurs résultats curatifs, sans risquer d'irriter les voies digestives ou l'appareil rénal.

Dans plus de cent observations, je note constamment la restauration de l'état général, le remontement de l'embonpoint et des forces musculaires, la renaissance de l'appétit, la régularisation de la menstruation, la joie de vivre faisant place au désespoir maussade, etc..

Tous ces résultats, que l'on a qualifiés de passagers, sont parfaitement durables, beaucoup plus durables et plus marqués que ceux dont se réclament les autres médications : je n'hésite pas à le proclamer.

Les récentes expériences de Renzi nous prouvent que, dans la tuberculose pulmonaire, c'est la lumière blanche qui se conduit comme la plus bactéricide. Il y a donc avantage à faire intervenir, de préférence, cette lumière, qui est à la fois un agent puissant d'épuration microbienne et de dynamogénisme cellulaire.

Pour stimuler l'eutrophie de défense, atténuer le virus tuberculeux, favoriser au sein des alvéoles le conflit purificateur de l'oxygène et des globules, emmagasinons les énergies lumineuses, que le grand sympathique transformera en force nutritive ; car il est notoire que les vibrations chromatiques jouent un rôle trophique moléculaire des plus marqués dans le jeu général de l'économie.

L'augmentation de la capacité respiratoire, l'agrandissement de l'ampliation thoracique nous en fournissent les preuves, ainsi que la disparition de l'anémie spéciale, la prolifération des hématoblastes, l'artérialisation du sang, coexistant (on peut •le remarquer) avec la pigmentation cutanée progressive.

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Il est fort probable que les bains lumineux et thermiques agissent surtout en facilitant dans l'hématose générale, les diffusions oxydantes.

C'est ce que nous explique la plus grande énergie observée dans l'assimilation; n'est-il pas, au surplus, de constatation vulgaire qu'un individu vivant au sein d'une région fortement ensoleillée a besoin, pour entretenir sa vie, de quatre fois moins d'aliments qu'un Lapon ?

Pour terminer cette courte esquisse, un mot sur les applications thermo-lumineuses locales dans les affections de la peau.

J'ai eu l'occasion d''en faire l'emploi contre T'eczéma, cette véritable goutte cutanée ; contre la séborrhée sèche et grasse, si rebelle aux topiques les plus divers ; contre le psoriasis, qualifié ordinairement d'incurable.

Tout le monde sait que certains exanthèmes résultent d'un rayonnement électrique éclatant : c'est le « coup de soleil » électrique, comparable à l'érythème solaire banal. Eh bien ! c'est assurément, de cette propriété que dérive l'action thérapeutique substitutive, dans les éruptions traitées selon la méthode thermo-lumineuse. Cette action est surtout bien remarquable dans des ulcères de jambes, les syphilides rebelles, le lupus.

C'est Finsen qui a démontré la puissance microbicide des radiations formant le bleu et le violet dans cette dernière maladie. En concentrant les rayons chimiques produits en proportion considérable par l'arc voltaïque sur les lésions lupiques, il a obtenu les modifications cicatricielles les plus heureuses des placards tuberculeux. Ces résultats thérapeutiques ont fait même l'objet d'une fort curieuse exposition, au Champ-de-Mars, en 1900.

Finsen estime que l'influence substitutive, très

pénétrante, exercée par la radiation sur les tissus malades, est surtout due à une action bactéricide sur le bacille de Koch, action spécifique, qui vérifie cette parole prophétique d'un hygiéniste : la lumière est un chimiste, travaillant sans relâche à oxyder les ferments morbides pour en annihiler la nature offensive.

Dans la concentration électrique des éléments lumineux pour la cure locale des dermatoses, ou élimine d'ordinaire les radiations thermiques.

Le traitement cause une légère irritation, presque indolente, mais notoirement dérivative et révulsive.

La cicatrisation nous apparaît le plus souvent plane et régulière, après une moyenne de quarante à cent séances, dans les cas suivants : lupus, cancroïdes, épithéliomas, acné rebelle, pelades datant de plusieurs années, chéloïdes, naevi, psoriasis, etc.. Toutes les dermatoses sont, d'ailleurs, au plus haut point justiciables de la photothérapie rationnelle.

Il existe encore bien d'autres applications scientifiques de la méthode.

Pour nous résumer, disons avec Hedley, Siblcy, Larat, Guyénot, etc.. que les bains thermo-lumineux sont efficaces : dans toutes les manifestations rhumatismales et goutteuses, l'arthritisme, les synovites, les arthrites, l'obésité, les entorses, les suites de fractures et de luxations, les ankyloses, les névrites, les névralgies, la sciatique, les maladies de la peau, les bronchites chroniques, les entérites, l'aménorrhée, la chorée, Fépilepsie, l'alaxie locomotrice, la paralysie agitante, l'anémie, la chlorose, la débilité générale, la neurasthénie, l'albuminurie et bien d'autres maladies où il y a grand intérêt à rappeler la fonction éliminatrice de la peau.

Avec la lumière électrique blanche, les affec-

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tions utérines et annexielles aiguës et chroniques voient leurs douleurs et leurs exsudats muco-purulents disparaître après dix à trente séances, en augmentant graduellement les intensités lumineuses (Orloff).

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