C PREFACE
verte, les fonctions générales seront comprises, et quand Tharmonie des fonctions générales étant conçue, Ténigme de la vi« elle-même sera expliquée.
Telle est la méthode des physiologistes. Si nous sommes parvenus à donner à nos lecteurs Tintelligence de la notion fondamentale qui la constitue, il nous sera facile de leur faire comprendre comment les physiologistes ont rencontré sur leur chemin certains faits de conscience , et ont été forcés de les reconnaître et de les adopter.
Parmi les phénomènes de la vie, il en est qui sont tout-à-fait indépendans du principe intelligent, volontaire et sensible. Tels sont, à peu de chose près , tous les phénomènes qui constituent les fonctions deniUrition et de reproduction. Ce n'est point le principe intelligent , volontaire et sensible qui les détermine, ce n'est point lui qui les produit, ce n'est point en lui qu'ils s'accomplissent. Toutes les circonstances constitutives de ces phénomènes lui sont extérieures, et comme nous n'avons
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oonscieDce que de ce qui se passe en lui, aucune de ces circonstances ne nous est donnée par la conscience. Toutes sont des faits matériels , que l'observation sensible nous révèle- Mais il n'en est pas ainsi des phénomènes qui constituent les fonctions de relation. Loin de là, le principe intelligent, volontaire et sensible, intervient toujours dans Taccomplissement de ces phénomènes. C'est lui qui en est toujours le point de départ ou le sujet. Dans le phénomène de la sensation, c'est lui qui sent; dans le phénomène de la perception des choses extérieures , c'est lui qui connaît ; dans le phénomène de l'action volontaire , c'est lui qui veut. La circonstance déterminante de ce dernier phénomène se produit donc en lui , et c'est en lui que les deux premiers viennent s'accomplir. En d'autres termes , la volonté , la sensation et l'idée, élémens intégrans de tout phénomène de relation, sont des faits de conscience , qui ne tombent point du tout sous l'observation sensible.
Cij PRÉFACE
Il y a plus : c'est par ces trois circonstances que l'existence des phénomènes de relation nous est primitivement révélée. Antérieurement aux recherches physiologiques, que savons-nous, en effet, des fonctions de relation? Nous savons que nous connaissons les choses extérieures , qu' elles nous donnent des sensations, et que nous avons, le pouvoir d'agir volontairement. Telle est la première idée , l'idée naturelle que nous avons des fonctions de relation. La sensation, la volonté , la connaissance sont donc les premières circonstances connues de ces fonctions , celles qui nous révèlent leur existence; et c'est d'elles aussi que nous partons, d'abord pour concevoir, ensuite pour découvrir les autres circonstances purement physiologiques des phénomènes de relation. Nous nous demandons : Gomment sentons-nous, comment connaissons-nous les choses extérieures, comment s'exécutent les mouvemens que nous avons voulus ? Et c'est en vertu de ces questionsque la physiologie a constaté par des expériences l'intervention
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des nerfs et du cerveau dans la production de la sensation et de Fidée, celle du cerveau, des nerfs et des muscles dans Texécution des divers mouvemens volontaires. Si notre conscience ne nous avait pas appris que nous sentons, que nous connaissons, que nous voulons , jamais nous n'aurions cherché, et par conséquent jamais nous n'aurions découvert les x^irconstances matérielles des phénomènes de relation. Non seulement donc la volonté, la sensation et Fidée, qui sont des faits de conscience, entrent comme circonstances constitutives dans tout phénomène de relation ; mais c'est par elles encore que ces phénomènes nous sont révélés et d'elles que nous partons pour les étudier.
Nous trouvons donc les faits de conscience tellement impliqués dans les fonctions de relation , qu'il est impossible, non seulement de concevoir ces fonctions d'une manière complète, maïs même de s'en former une idée, si Ton ne tient point compte de ces faits. Il est facile à présent de comprendre par quelle né-